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Full text of "Annales du Muse colonial de Marseille"

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ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 



DIRIGEES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-troisième année, 4® série, 3^ volume (1925) 

PREMIER FASCICULE 

ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM D'AFRIQUE 

par M. LABRANDE 
(Laboratoire des Résines de Vlnstihit du Pin, à Bordeaux.) 



-y^^^^^^ê^ir^ 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 
1925 



SOMMAIRES 

des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 



i^' Fas^cicale — 



2^^ Fascicule. 



P^ Fascicule. 



2^^ Fascicule. 



1918 

DouRON ET Vidal : Essais de fabrica- 
tion de papier avec la Passerine 
hirsute et d'autres Thyméléacées. 

DouRON et Vidal : Essais de fabri- 
cation de papier avec le Bois-bou- 
chon de la Guyane Française. 

H. Jumelle et Perrier de la Bathie : 

. Nouvelles observations sur les Mas- 

carenhasia de l'Est de Madagascar. 

H. Jumelle : Les Dypsis de Mada- 
gascar. 

G. Carle : L'Elevage à Madagascar. 

H. Jumelle ; L'Elevage et le Com- 
merce des Viandes dans nos Colo- 
nies et quelques autres Pays, 

Louis Racine : Palmistes et Noix de 
Bancoul de Madagascar. 

Herbert Stone : Les Bois utiles de la 
Guyane Française (suite). 

1919 

Félix Gérard : Etude systématique, 
morphologique et anatomique des 
Chlaenacées, 

G. Vernet : Notes et Expériences sur 
la coagulation du latex d'hévéa. 

R. Cerighellt : La farine des graines et 
la fécule des tubercules de l'Icacina 
senegalensis. 

H. Jumelle : Les Aracées de Mada- 
gascar. 

E. de Wilde m an : Quelques Palmiers 
congolais. 

H. GiiERMEZON : Revision des Cypé- 
racées de Madagascar. 

Denier et Vernet : Etude bactériolo- 
gique de la coagulation naturelle du 
latex d'hévéa. 

G. Clôt : Analyse de Pois du Cap de 
Madagascar. 

G. Clôt : Composition chimique de 
deux graines de Palmiers de Mada- 
gascar. 



ANNALES 



DU 



MUSEE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1925) 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 



DIRIGEES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-troisième année, 4® série, 3^ volume (1925) 

PREMIER FASCICULE 

ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM D'AFRIQUE 

par M. I.ABRANDE 
(Laboratoire des Résines de rinslilut du Pin, à Bordemx.) 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 
1925 






ÉTUDE CHIMIQUE 
DU BDELLIUM D'AFRIQUE 



PAR 



M. LABRANDE 

(Laboratoire des Résines de l'Institut du Pin, à Bordeaux.) 



Le hdellium d'Afrique étudié ici, et que le Musée Colonial de 
Marseille a reçu du Gouvernement de Mauritanie, est le pro- 
duit gommo-résineux du Balsamodendron africanum. 

Cet arbre de la zone sahélienne étant commun en Mauritanie, 
d'assez grandes quantités du produit pourraient être réguliè- 
rement importées en France ; il est donc intéressant de voir 
ce qu'est, au juste, cette résine, que les indigènes, sur place, 
utilisent comme parfum à brûler et aussi comme remède 
contre certaines affections, et de rechercher s'il y aurait pour 
nous des possibilités d'utilisation. 

C'est le travail que j'ai fait au Laboratoire des Résines, à 
l'Institut du Pin, à Bordeaux. 

Caractères généraux et composition générale 

du bdellium. 

Le bdellium reçu était un produit tout venant, d'aspect 
un peu hétérogène ; j'en ai broyé 10 kilogrammes, pour, en 
•mélangeant toutes ses parties, déterminer ses propriétés 
moyennes. 

Certains morceaux sont recouverts d'une couche blanchâtre 
et pulvérulente due à une oxydation superficielle pendant le 
séjour à l'air, à Thumidité et au soleil. Cette croûte enlevée, il 



6 M. LABRANDE 

apparaît des morceaux jaune clair ayant la forme de larmes 
et ressemblant à de la gomme arabique ; d'autres morceaux 
sont noirâtres. La solubilité de tous ces morceaux est, d'ail- 
leurs, la même, ainsi que la coloration de leurs solutions. 

Cette résine n'est pas dure. La poudre gris jaunâtre, presque 
blanche, qu'on obtient par pulvérisation au mortier, adhère 
au pilon. Laissée quelque temps dans un flacon, elle s'agglo- 
mère, et, en été, cette agglomération est considérable. 

Le bdellium est d'odeur caractéristique, qui rappelle celle 
de rhuile de résine. Pulvérisé et jeté sur des charbons ardents, 
il brûle avec une flamme fuligineuse, et son odeur est alors 
celle de Tencens. Sa saveur est acre. 

Solubilité. — Le bdellium a été épuisé avec divers solvants 
dans un ballon taré au préalable et muni d'un réfrigérant à 
reflux. 

Pour chaque solvant, il a été opéré trois extractions de 
250 centimètres cubes chacune, sur des masses de produit 
variant de 20 à 40 grammes ; et l'ébullition a duré pendant 
une demi-heure environ. 

Solvant Nombre d'observ. Soluljilité p. lûO. 

Alcool éthylique à 90° 20 60, 4 à 63 

Alcool méthylique 3 63 

Ether ordinaire 15 60 à 61 , 2 

Benzène 3 62 

Acétone 3 61 , 1 

Alcool isoamylique 2 60, 3 

Acétate d'isoamyle 2 62 

Tétrachlorure de carbone .... 2 56 

Essence de térébenthine 2 58,1 

Les pourcentages avec l'essence de térébenthine et avec le 
tétrachlorure de carbone sont toujours entachés d'erreur et 
trop faibles. Le séchage de l'insoluble, avec l'essence de téré- 
benthine, est très difficile ; et, avec le tétrachlorure de carbone, 
le bdelhum surnageant le liquide, on n'obtient pas de bonnes 
dissolutions ou filtrations. 

Dans le tableau précédent, on remarquera la constance du 
pourcentage du soluble dans les divers solvants ; il oscille 
autour de 60 p. 100. Ceci conduit à supposer que le bdellium 



ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM d'aFRIQUE 7 

est composé d'une résine, qui est soluble dans les solvants 
ordinaires, et d'une partie insoluble, qui est une gomme. C'est, 
d'ailleurs, ce qui est ordinairement admis ; et j'en ai fait 
encore la vérification en constatant l'insolubilité de cette 
dernière partie dans l'alcool éthylique, dans l'éther et dans 
l'alcool isoamylique. 

Dans une solution de soude (cinq fois normale) à 15^ envi- 
ron, le bdellium semble se dissoudre au bout d'un mois à peu 
près ; en réalité, il ne se forme qu'un liquide sirupeux qui 
devient une pâte par évaporation. A chaud, la dissolution est 
rapide, mais incomplète. 

Quant à la solubilité dans l'eau, j'ai trouvé que, sur 40 gram- 
mes de bdellium, après quinze jours de lavage et passage à 
l'étuve à 108^ pendant deux ou trois jours, 31 grammes ne se 
dissolvaient pas. Il y a donc 23 p. 100 de soluble dans l'eau 
à 150. 

Essences entraînables par la vapeur d'eau. — ■ l.e bdellium 
étudié n'a pas d'essence entraînable par la vapeur d'eau. 
L'eau d'entraînement a une odeur acre et pénétrante qui est 
celle qu'on retrouve lorsqu'on chauffe la gomme-résine ou celle 
que présentent aussi les huiles provenant de sa distillation 
sèche. 

Huniiditc. — A l'étuve à 10(8°, le bdellium abandonne 
3 p. 100 d'eau ; dans le vide de 30 millimètres, il perd 
2,94 p. 100. 

Composition générale. — De tous les essais précédents, il 
résulte déjà que le bdellium d'Afrique est formé de : 

60 p. 100 d'une résine soluble dans la plupart des solvants 
organiques ; 

16 p. 100 d'une gomme insoluble dans l'eau ; 

21 p. 100 d'une gomme soluble dans l'eau ; 

3 p. 100 d'eau. 

Densité. — Par la méthode du flacon, et en opérant sur des 
morceaux vernis, afin que l'eau ne provoque pas le gonflement 
de la gomme, j'ai trouvé pour densité à 15° : 1,276. 



8 M. LABRANDE 

Etude de la résine. 

La portion de la gomme-résine soluble dans les solvants 
organiques a pour caractéristiques : 

Pouvoir rotatoire d'une solution (2,87 p. 100) 
dans l'alcool à 90°, pour la raie jaune de 

l'arc dans la vapeur de mercure — 35° 

Point de ramollissement 80° à 83° 

Indice d'acidité 84 à 90 

Indice de saponification 116 

Indice d'éther 28 

Indice d'iode 140 

En comparant les indices d'acide et de saponification, on 
voit que la résine est composée de : 

1" Acides libres ; 

2» Partie saponifiable, contenant des éthers et des lactones ; 

3° Un insaponifiable. 

Lès acides libres ont été séparés en saturant par la potasse 
aqueuse à 1 p. 100 une solution de bdellium dans l'éther. On 
déplace le savon formé par une solution étendue d'acide chlor- 
hydrique. 

On fait ensuite bouillir de la potasse en solution aqueuse 
avec le résidu de l'épuisement d'une solution de bdellium 
par la potasse à froid, pendant une demi-heure. On sépare 
1 insaponifiable par lavage à l'éther. 

On obtient ainsi : 

Acides libres 74 grammes 

Lactones et éthers neutres 5 — 

Insaponifiable 21 — 



Résine soluble 100 grammes 

Acides libres. — Par déplacement à partir du savon de 
potasse et d'un sel métallique soluble, j'ai obtenu les différents 
savons dont les caractères sont indiqués ci-dessous. On a tou- 
jours des précipités gélatineux. 

Le saçon de potasse^ à froid, est opalescent ; à chaud, l'opa- 
lescence disparaît. De tous les savons cités ici, c'est le seul 



ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM d'AFRIQUE 9 

qui soit soluble dans l'eau, et il se dissout en retenant de 
grandes quantités d'éther. Il est jaune orangé. Il est soluble 
dans l'alcool éthylique et l'acétone et insoluble dans la ben- 
zine, le tétrachlorure de carbone, l'alcool isoamylique, l'acé- 
tate d'isoamyle, l'essence de térébenthine, l'éther ordinaire 
et l'éther de pétrole. 

Le savon de calcium est partiellement soluble dans l'alcool 
éthylique, l'acétone, l'essence de térébenthine et l'éther de 
pétrole ; il est soluble dans le tétrachlorure de carbone, l'alcool 
isoamylique, l'acétate d'isoamyle et l'éther ordinaire ; il est 
insoluble dans la benzine. Les solutions dans l'alcool et dans 
l'éther de pétrole, ainsi que les insolubles, sont jaunes. Dans 
l'éther, la solution est également jaune. Les autres solutions 
sont incolores ou blanchâtres. Le savon est blanc et, dès sa for- 
mation, s'agglomère. 

Le saçon de chrome est blanc, avec des reflets violets. Il est 
partiellement soluble dans l'alcool éthylique, l'acétone, la 
benzine, l'alcool isoamylique, l'acétate d'isoamyle, l'essence 
de térébenthine ; il est complètement soluble dans le tétra- 
chlorure de carbone et l'éther ordinaire. Cette solution dans 
l'éther est violette. Les autres solutions sont blanches, grises 
ou incolores. Les résidus sont noirs ou violets. Le résidu est 
minime dans l'alcool et grand dans l'acétone. 

Le saçon de cadmium est blanc. Il est partiellement soluble 
dans l'alcool éthylique, l'acétone et l'éther de pétrole, corn- 
plètement soluble dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, 
l'alcool isoamylique, l'acétate d'isoamyle, l'essence de téré- 
benthine et l'éther. Les solutions dans l'alcool amylique, 
l'éther, l'acétate d'amyie et la JDenzine sont jaunes ; toutes les 
autres sont blanches. Les insolubles dans l'acétone sont jaunes. 

Le saçon de nickel est blanc. Il est partiellement soluble 
dans l'alcool éthylique et l'acétone, et complètement soluble 
dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, l'alcool isoamy- 
lique, l'acétate d'isoamyle, l'essence de térébenthine, l'éther 
et l'éther de pétrole. Les solutions dans l'alcool amyhque, 
l'éther et l'éther de pétrole sont vert jaune ; les autres sont 
incolores ou blanches. Le résidu dans l'alcool est blanc. 

Le saçon ferreux est d'un vert sale très pâle, qui passe au 



10 M. LABRANDE 

ferriqiie par exposition à Tair ou par réhullition. Le ferriqiie 
est brun. L'éther de pétrole et l'acétate d'amyle donnent des 
solutions marron foncé ; les autres solutions sont jaunes ou 
bistre clair. Les résidus sont» bruns et blancs. Le savon n'est 
que partiellement soluble dans l'alcool éthylique, l'acétone, 
la benzine et le tétrachlorure de carbone ; il l'est entièrement 
dans l'alcool isoamylique, l'acétate d'isoamyle, l'éther de 
pétrole et l'éther. Il est insoluble dans l'essence de térében- 
thine. 

Le savo?i de manganèse est blanc. Il est partiellement soluble 
dans l'alcool éthylique, l'acétone et l'acétate d'isoamyle, com- 
plètement dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, l'alcool 
isoamylique, l'essence de térébenthine et l'éther. Il est inso- 
luble dans l'éther de pétrole. La solution dans l'essence de téré- 
benthine est rose ; les autres sont jaunes ou laiteuses. L'acé- 
tone et l'alcool donnent comme insoluble un savon jaune. 

Le savon de cobalt est rose. Il est partiellement soluble dans 
l'alcool éthylique, l'acétone, la benzine, l'alcool isoamylique 
et l'éther de pétrole, complètement dans le tétrachlorure de 
carbone, l'acétate d'isoamyle, l'essence de térébenthine et 
l'éther. L'alcool amylique, l'alcool éthylique et l'acétone don- 
nent des solutions incolores ; l'insoluble est lie de vin. Dans 
la benzine et le tétrachlorure de carbone, la solution est rose ; 
dans l'éther et l'acétate d'amyle, elle est lie de vin ; dans l'es- 
sence de térébenthine, elle est verte ; dans l'éther de pétrole, 
elle est jaune, et l'insoluble est rose. 

Le savon de plomb est jaune. Il est partiellement soluble 
dans l'alcool éthylique, l'acétone, l'acétate d'isoamyle, l'es- 
sence de térébenthine et l'éther de pétrole, complètement 
dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, l'alcool isoamy- 
lique et l'éther. La solution est incolore avec l'alcool, dont 
l'insoluble est jaune, blanc laiteux avec l'essence de térében- 
thine, verdâtre avec l'éther de pétrole, jaune avec les autres 
solvants. 

Le savon inercurenx est blanc, mais noircit à l'air ou par 
l'ébullition, pour devenir mercurique. 11 est partiellement so- 
luble dans l'alcool éthylique, l'acétone, le tétrachlorure de 
carbone, l'alcool isoamylique et l'essence de térébenthine, com- 



ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM d'aFRIQUE 11 

plètement dans la benzine, et racétate d isoamyle. Il est 
insoluble dans l'éther de pétrole et l'éther ordinaire. L'alcool 
éthylique, qui laisse un insoluble jaune, et Talcool amylique 
donnent des solutions grises, presque noires ; la solution d'acé- 
tate d'amyle est jaunâtre. 

Le savon d' antimoine est blanc jaunâtre. Il est partiellement 
soluble dans l'alcool éthylique, l'acétone, la benzine, le tétra- 
chlorure de carbone et Téther de pétrole, complètement dans 
l'alcool isoamylique et l'acétate disoamyle. Il est insoluble 
dans Tessence de térébenthine et l'éther ordinaire. La solution 
dans l'alcool est blanche et opalescente, celle dans l'acétone 
est jaune ; toutes les autres sont incolores. Le résidu est 
grand dans l'alcool, faible dans l'acétone. 

Le savon de enivre est gris vert. Il est partiellement soluble 
dans l'alcool éthylique, l'acétone, la benzine et l'essence de 
térébenthine, complètement dans le tétrachlorure de carbone 
et l'éther de pétrole. Il est insoluble dans l'alcool isoamylique, 
l'acétate d'isoamyle et l'éther. 

Toutes les solutions sont vertes, avec une teinte plus ou 
moins foncée. Celle dans l'éther de pétrole est vert émeraude ; 
celle dans l'alcool est vert bleu, avec un insoluble vert foncé. 

Le savon d'argent est blanc. Il est partiellement soluble 
dans l'alcool éthylique, l'acétone, l'essence de térébenthine, 
l'acétate d'isoamyle, l'essence de térébenthine et l'éther de 
pétrole, complètement dans la benzine, l'alcool isoamylique 
et l'éther. Les solutions dans Tessence de térébenthine, l'alcool 
amylique, l'acétate d'amyle, l'éther et la benzine sont jaunes ; 
celle dans le tétrachlorure de carbone est de couleur claire ; 
celle dans l'acétone est rose foncé. L'insoluble dans cet acétone 
et dans l'alcool est blanc, 

La totalité des acides a pour caractéristiques : 

Pouvoir rotatoire des solutions à 6,67 et 
4 p. 100 dans l'alcool à 90°, pour la raie 
jaune de l'arc dans la vapeur de mercure — 40° 

Point de fusion 57° à 00° 

Indice d'acidité 115 

Poids moléculaire moyen 487 

Acides libres p. 100 de la résine soluble .... 74 



12 M. LABRANDE 

Il y a décomposition avant le point d'ébullition. On obtient 
deux couches : une huile jaune soluble dans l'alcool, et un 
corps brun foncé, visqueux, insoluble dans ce solvant. 

En utilisant les différences de solubilité des sels de plomb 
dans l'alcool, j'ai effectué le fractionnement des acides libres 
extraits de la résine soluble. 

Le savon de plomb a été précipité par action de l'acétate de 
plomb sur le savon de potassium. Après lavage à l'eau, j'ai fait 
huit extractions à l'alcool à 90°, jusqu'à ce que l'hydrogène 
sulfuré ne donnât plus de précipité dans l'alcool de lavage. Le 
résidu est dissous dans l'éther. Conformément à ce que lais- 
saient prévoir les solubilités partielles des savons dans l'alcool 
et dans l'acétone, on est en présence de deux acides. 

Après évaporation de l'alcool, on a le sel soluble, en poudre 
blanche, qu'il a été impossible de faire cristalliser. On dissout 
ce sel dans l'éther et on extrait l'acide par l'acide chlorhydrique 
étendu. J'appelle cet acide l'acide a. 

On opère de même avec le savon insoluble dans l'alcool et 
on obtient un acide, que j'appelle acide j3. 

Acide ^. — Cet acide, dont le sel de plomb est insoluble 
dans l'alcool, a pour caractéristiques : 

Pouvoir rotatoire de solutions à 6,6 p. 100, 
3,96 p. 100 et 0,43 p. 100, à la raie jaune 

de la vapeur de Hg .- . — 38° à — 39" 

Point de fusion 48° à 53° 

Point de fusion du sel de plomb 131° 

Indice d'acidité dans l'alcool à 90°, pour 
des solutions à 1 p. 100, 4,5 p. 100 et 

3 p. 100 .? 112 

Poids moléculaire 500 

Indice de saponification 157 

Indice d'éther 45 

Indice d'aci le du produit acétylé (solution 

à2,8 p, 100) 95 à 100 

Indice de saponification du même produit. . 160 

L'indice de saponification de l'acide étant 157, on voit 
qu'il n'y a pas eu acétylation. L'acide n'est donc pas hydroxylé, 
mais c'est un acide à fonction mixte : acide-éther. 

En vue d'obtenir la cristallisation, j'ai purifié l'acide par 



ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM d'AFRIQUE 13 

plusieurs extractions du savon de potassium dans l'éther par 
l'acide chlorhydrique, afin d'entraîner les matières étran- 
gères. J'ai mis l'acide dans l'alcool à 90^ avec un peu d'hydro- 
quinone (antioxygène signalé par Moureu et Dufraisse). J'ai 
remarqué que plus le produit est pur et plus les gouttes d'ap- 
parence huileuse qui se déposent sont jaunes et limpides et 
forment des sphères qui, en grossissant, s'étalent. Mais pas de 
cristallisation. 

Plusieurs essais dans l'éther et l'acide acétique ont été éga- 
lement négatifs. 

Et le résultat a été le même par précipitation fractionnée 
de l'acide dissous dans l'alcool par Teau, cinq fractions ayant 
été faites et redissoutes dans l'alcool. 

Il serait dès lors illusoire de vouloir tirer de ces travaux des 
conclusions définitives au point de vue de la constitution de 
ces acides. Les acides obtenus sont analogues à ceux que 
Tschirch a trouvés dans les autres résines. 

Les travaux de M. Dupont ont mis en évidence l'impureté 
de ces corps et leur composition complexe. Je suis arrivé de 
même à des espèces naturelles et non à des espèces chimiques. 

Par la cryoscopie, j'ai trouvé, dans la benzine, des nombres 
très grands comme poids moléculaires : neuf à dix fois celui 
obtenu par l'indice d'acide. Cette grosse molécule doit être 
due à l'état colloïdal présenté par cet acide. 

Enfin j'ai essayé d'isomériser l'acide par addition de 1 /30 
d'acide chlorhydrique dans le tube polarimétrique. Le pouvoir 
rotatoire est resté constant. 

Acide a. — Cet acide, dont le sel de plomb est soluble dans 
l'alcool, a pour caractéristiques : 

Pouvoir rotatoire de la solution alcoolique à 

1,65 p. 100 - 47" 

Indice d'acidité 135 

Poids moléculaire 415 

Le sel de plomb est amorphe et blanc, soluble dans l'alcool, 
l'acétone et l'éther. La cristallisation n'a pu être obtenue. 
Cet acide se présente sous la forme d'une résine plus blonde 



14 M. LABRANDE 

que l'acide précédent. Ce n'est pas plus que cet acide une 
espèce chimique. 

Proportions des acides a et ^. — Il faut 115 milligrammes de 
potasse pour saturer 1 gramme d'acides mélangés ; il en faut 
112 pour saturer 1 gramme d'acide ^, et 135 pour saturer 
1 gramme d'acide a. 

Si on appelle x la portion d'acide a, 115 est donc égal au 
produit de 145 x par (1 — x) 112. 

On tire de là que : » 

a: = gr. 13 1 -^ a: = gr 87 

Donc, sur 100 grammes d'acides libres du bdellium, il y a 
13 p. 100 de portion acide genre a et 87 p. 100 de portion 
genre jE. 

La même proportion a été obtenue par Tapplication de la 
règle de Biot, toujours toutefois sous la même réserve que les 
deux portions seraient les deux seuls constituants des acides 
libres. 

Les pouvoirs rotatoires étant : 

Acides mélangés — 40° 

Acide 3 - 38° à - 39° 

Acide y. — 47° 

Si on admet d'abord, pour l'acide iîi, le pouvoir rotatoire 
— 38°. et si on appelle x la portion d'acide a on a : 

40 = 47 a: + (1 — x) 38 

Et :r = 0,22. 

Si on admet le pouvoir rotatoire — 39°, on a : 

40 = 47.T + (1 — a:)39 

Et a: = 0,12. 

Il y a bien alors sensible concordance avec le précédent 
résultat. 



ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM d'aFRIQUE 15 

Dosage des éthers et de l'insaponifiable. — J'ai fait 
bouillir pendant une demi-heure 60 centimètres cubes de po 
tasse demi-normale aqueuse et 1 gr. 72 du résidu obtenu en 
enlevant la totalité des acideS' libres de la résine soluble par 
neutralisation à froid. L'insaponifiable a été séparé par Téther. 
J'ai obtenu 1 gr. 35 de produit. 

Il y a donc gr. 37 de lactones et d'éthers neutres saponi- 
fiables. 

Dans 10 grammes de gomme-résine il y a 3 grammes de 
lactones et d'éthers et 10 grammes d'insaponifiable. 

Cet insaponifiable est une résine blonde qui donne des solu- 
tions vert jaune dans l'éther et dans l'alcool. 

Etude sommaire de la gomme. 

La gomme est marron très clair ; il y a même des parties 
blanches. Il y a deux sortes de gommes : l'une est soluble dans 
l'eau, et l'autre insoluble. 

La partie soluble donne un liquide clair ; Tautre, gonflant 
sans se dissoudre, donne une pâte. 

37 grammes de gomme laissent 16 grammes d'insoluble. 

La gomme soluble a un indice d'acidité nul ; son pouvoir 
rotatoire est nul également. Abandonnée à l'air, en solution 
dans l'eau, elle fermente. Elle est fortement réductrice et 
réduit la liqueur de Fehling. Lorsqu'on précipite la solution 
par Tacétate de plomb, en présence d'ammoniaque, il reste 
un produit soluble, qui ne cristallise pas, est mou et ne réduit 
pas la liqueur de Fehling. 

La gomme insoluble chauffée à 110° devient noirâtre, alors 
qu'elle était blanche lorsqu'elle contenait de l'eau. Elle n'est 
pas seulement insoluble dans l'eau, mais aussi dans les solvants 
organiques. 

Composition de la gomme-résine. 

En résumé, le bdellium a la composition d'ensemble sui- 
vante : 



16 M. LABRANDE 

Résine soluble dans les solvants organiques . 60 p. 100 

Acides 47. p. 100 

Acide a. à sel de plomb 

soluble dans l'alcool . 6 p. 100 
Acide p, à sel de plomb 

insoluble dans l'alcool 41 — 

Lactones et éthers neutres 3 — 

Insaponifiable 10 — 

Gomme insoluble dans les solvants organiques. 37 — 

Gomme soluble dans l'eau 21 p. 100 

Gomme insoluble dans l'eau 16 — 

Eau 3 - 



100 p. 100 



Le bdellhim d'Afrique est donc bien une gomme-résine 
avec environ deux tiers de résine et un tiers de gomme. 

Distillation sèche. 

En distillant à feu nu la poudre de bdellium, j'ai obtenu 
trois produits : 

1° De l'eau et divers produits dont l'odeur rappelle celle de 
l'entraînement à la vapeur d'eau ; 

2o Une huile blonde qui brunit rapMement à l'air ; 

3^ Une huile brune très foncée. 

Le résidu n'est pas, en totalité, du charbon et pourrait être 
encore distillé. 

Les deux huiles, de densités très différentes, se séparent 
très nettement ; elles ne sont pas miscibles. La blonde a une 
densité plus élevée que la noire. L'huile brune, qui semble 
provenir de la distillation de la gomme, n'est pas soluble dans 
l'eau. 

Essais sur l'emploi du bdellium dans les vernis. 

Nous avons préparé avec le bdellium plusieurs vernis. 

Vernis à V alcool. — Le bdellium a été dissous dans l'alcool ; 
et la dissolution, après séparation de l'insoluble, a été concen- 
trée. 



ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM d'AFRIQUE 17 

Co vernis sèche très difficilement : au bout d'un mois, il n'est 
pas complètement sec. De plus, il est terne. 

Vernis à Vessence de térébenthine. — - Le support sur lequel 
j'ai essayé ces vernis est une planche de hois de pin. 

1° J'ai dissous le bdellium dans l'essence de térébenthine 
et séparé l'insoluble. 

Avec beaucoup d'essence et peu de résine, l'absorption a été 
extrêmement rapide (deux à trois jours), mais le vernis est 
sans brillant et ne donne qu'une très mince pellicule. 

Avec une forte concentration et plusieurs couches de vernis, 
le séchage a eu lieu en huit jours ; le vernis est d'un joli aspect, 
blond doré. 

2o J'ai fabriqué un résinate de plomb par cuisson. J'ai 
incorporé de la litharge à de la résine fondue, à raison de 
3 grammes de litharge pour 50 grammes de bdellium ; et j'ai 
fait cuire pendant un quart d'heure. 

Après refroidissement, on a un résinate de plomb qui 
peut être cassé en morceaux et dissous dans l'essence de téré- 
benthine. La gomme reste toujours insoluble. 

Le vernis est d'aspect brillant et sèche : sur le bois de pin 
en dix heures ; sur verre en vingt-quatre heures. 

Vernis à Véther. — Le bdellium a été dissous dans Téther 
et concentré à deux degrés : 

i^ A concentration relativement forte, le vernis était très 
visqueux, blond et terne, avec une pellicule mince, et a séché 
en huit jours. 

2» A concentration plus faible, le vernis, qui était à l'état de 
liquide sirupeux, a séché difficilement et s'est ridé. 

Vernis gras. — De l'huile de lin est chauffée à lôO», et le 
bdelhum soluble est porté à 200^. J'ai incorporé de l'huile, 
cuite pendant un quart d'heure avec le quart de son poids de 
litharge, avec de la résine, dans la proportion de 1 /lO du 
poids de cette résine ; la cuisson a duré pendant un quart 
d'heure. L'huile s'incorpore très facilement au bdellium. Pen- 
dant la cuisson, on ajoute autant de litharge qu'on en a mis 
dans l'huile. 



18 M. LABRANDE 

J'ai laissé refroidir vers 120», et j'ai incorporé de l'essence 
de térébenthine portée vers 50° à 6C". Il faut éviter un excès 
d'essence. 

1° Avec trop d'essence, le vernis forme une mince pellicule 
peu brillante, qui sèche vite, en deux ou trois jours. 

2o Le même vernis, passé à cinq ou six couches, sèche moins 
vite, en six à sept jours, mais est brillant. 

3° Avec moins d'essence et deux ou trois couches, le vernis 
est très brillant et sèche en quinze à vingt jours. 

Aucun de ces vernis, d'ailleurs, ne résiste aux intempéries. 
Exposés pendant deux ou trois jours à la pluie, tous devien- 
nent blancs et s'écaillent, sauf le vernis à l'essence et au rési- 
nate de plomb, qui est plus résistant. 

Conclusions 
au point de vue des applications à l'industrie. 

L'emploi industriel du bdellium d'Afrique pour la fabrica- 
tion des vernis présente quelques difficultés : 

1° Il n'y a que 60 p. 100 de résine utilisable, en théorie ; et, 
en pratique, la proportion ne dépasse pas 50 p. 100. 

2° La séparation de l'insoluble est une manipulation qui 
augmente le prix de ce vernis, soit à cause de la cherté du 
solvant, si on opère par dissolution, soit à cause des pertes de 
résine et du produit noir qu'on obtient, si on opère par fusion. 
Ces vernis fortement colorés proviennent d'un commencement 
de carbonisation des gommes. 

3° Le séchage des vernis, sauf du vernis à l'essence et au 
résinate de plomb, est beaucoup trop long ; ces vernis, en 
outre, ne résistent pas aux intempéries. 

4^ Ces vernis, sauf le vernis gras, n'ont pas l'aspect brillant 
ni la solide pellicule des vernis ordinaires. 

Le bdellium d'Afrique, en définitive, ne pourrait être utilisé 
avec succès pour la fabrication des vernis que par transforma- 
tion en résinâtes fondus ou en. résinâtes précipités, mais encore 
à la condition qu'il fût importé en Europe à un prix assez bas. 

Les copals tout à fait inférieurs valent actuellement à peu 



I 



ÉTUDE CHIMIQUE DU BDELLIUM d'aFRIQUE 19 

près 3 francs le kilogramme ; il faudrait que le bdellium, étant 
donné, à la fois, sa faible qualité et les difficultés industrielles 
que crée l'insoluble, pût être vendu sur les marchés 1 franc 
le kilogramme environ. 

Il est possible, au reste, que d'autres modes d'emploi soient 
trouvés ultérieurement. 



Achevé d'imprimer le 18 septembre 1925. 



ORLÉANS. — IMP. H. TESSIER 



ERRATA 



Page 8, ligne 11 : 
au lieu de Indice d'iode UO, lire 130. 

Page 11, ligne 23 : 
au lieu de Vèssence de térébetithiiie^ lire le tétrachlorure de 
carbone. 

Page 11, ligne 28 : 
au lieu de claire, lire chair. 

Page 11, ligne 29 : 
au lieu de cet acétone, lire Tacétone. 

Page 14, lignes 7 et 8 : 
au lieu de est donc égal au produit de 145x par (1 — x)112, 
liie est donc égal à 135a: plus (1 — a:) 112. 



P^ Fascicule - 

2^^ Fascicule. - 
Supplément. - 

Perrier de 
i^r Fascicule. ■ 

2"^^ Fascicule. 
S^^ Fascic'ile. 

P^ Fascicule - 
2^6 Fascicule. - 



^me Fascicule. 



P^ Fascicule. 



2^^ Fascicule. 
3"^^ Fascicule. 
4me Fascicule. 



1920 

- Aimé Jauffret : Recherches sur la 
détermination des bois exotiques 
colorés d'après les caractères chi- 
miques et spectroscopiques. 

- Herbert Stone : Les Bois utiles de la 
Guyane Française (fin). 

Index alphabétique des noms bota- 
niques et indigènes cités dans les 
Bois utiles de la Guyane Française. 

LA Bathie : La Végétation malgache. 

- H. Jumelle : Les Aponogeton malga- 
ches. 

H. Jumelle : Le Gycas Thouarsii. 

- H. Chermezon : Revision des Gypé- 
racées de Madagascar (2« partie). 

- H. Jumelle : Les Ghrysalidocarpus, 
Palmiers de Madagascar. 

— H. Jumelle : Gatalogue descriptif des 
GoUections botaniques du Musée 
Golonial de Marseille : Afrique 
Equatoriale Française. 

— P. Choux : Nouvelles Etudes biologi- 

ques sur les Asclépiadacées de 
Madagascar. 
G. Clôt : Quelques Graines oléagi- 
neuses des Golonies Françaises. 

— Van Gaver : Gontribution zoologique, 

à l'Etude des Huiles d'Animaux 
marins. 

" V. Autran : Notes sur les Plantes oléa- 
gineuses de l'Afrique Equatoriale 
Française. 
Vidal et Aribert : Essais de fabrication 
de papier avec le Leptadenia Spar- 
tum. 

— H. Jumelle : Les Neodypsis, Palmiers 

de Madagascar. 

— P. Choux : Les Tubercules du Panicum 

maximum et du Gyperus articulatus. 
— E. MiÈGE : Note sur un Cotonnier 
miarocain. 



MODE DE PUBLIC A TION 
ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Counlal de Marseille^ fondées en 
1893. paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs 
fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur 
importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographi- 
ques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris, à laquelle 
toutes les demandes de renseignements, au point de vue 
commercial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à 
M. Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, 
directeur du Musée Colonial de Marseille, Faculté des 
Sciences, place Victor-Hugo, à Marseille. 



Chez Baillièr» et Fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuille, Paris. 

LES HUILES VÉGÉTALES 
Origines ; procédés de préparation ; caractères et usages 

par Henri Jumelle, 
Professeur à la Faculté des Sciences 

1 volume de 490 pages : 15 francs 



ORLEANS, IMP. H. TESSIER 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 

M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-troisième année, 4« série, 3^ volume (1925) 

SECOND FASCICULE 

ÉTUDE CHIMIQUE 
DE QUELQUES GRAINES OLÉAGINEUSES 

DES PAYS CHAUDS 
et, en particulier, des Colonies Françaises 

par M. L. .MARGAII,I.AN 
Directeur du Laboratoire National des Corps gras, à Marseille 

Avec la collaboration de MM. Gonïard, Martin, A. Moitessier, et 

Mlles Bl^AQUIER, CORRIERAS, MEYËR, G. MoiTESSIER"fet NEYRET. 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 
1925 



SOMMAIRES 

des pliis récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 



l^f Fascicule 



2me Fascicule. 



i«' Fascicule. — 



2rae Fascicule. 



1918 

DouRON ET Vidal : Essais de fabrica- 
tion de papier avec la Passerine 
hirsute et dautres Thyméléacées. 

DouRON et Vidal : Essais de fabri- 
cation de papier avec le Bois-bou- 
chon de la Guyane Française. 

H. Jlmelle et Perrier de la Bathie : 
Nouvelles observations sur les Mas- 
carenhasia de l'Est de Madagascar. 

H. Jlmelle : Les Dypsis de Mada- 
gascar. 

G. Carle : L'Elevage à Madagascar. 

H. Jumelle ; L'Elevage et le Com- 
merce des Viandes dans nos Colo- 
nies et quelques autres Pays. 

Louis Racine : Palmistes et Noix de 
Bancoul de Madagascar. 

Herbert Stone : Les Bois utiles de la 
Guyane Française (suite). 

1919 

Félix Gérard : Etude systématique, 
morphologique et anatomique des 
Chlaenacées. 

G. Verset : Notes et Expériences sur 
la coagulation du latex d'hévéa. 

R. Cerighellt : La farine des graines et 
la fécule des tubercules de l'Icacina 
senegalensis. 

H. Jlmelle : Les Aracées de Mada- 
gascar. 

E. DE WiLDEMAN : Quelques Palmiers 
congolais. 

H. CiiERMEZON : Revision des Cypé- 
racées de Madagascar. 

Demer et Vernet : Etude bactériolo- 
gique de la coagulation naturelle du 
latex d'hévéa. 

G. Clot : Analyse de Pois du Cap de 
Madagascar. 

G. Clot : Composition chimique de 
deux graines de Palmiers de Mada- 
gascar. 



ANNALES 



DU 



MUSEE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1925) 



. ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 

M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professîur à la Faculté Mes Sciences 

Directeur du Musée Colonial de .Marseille 



Trente-troisième année, 4^ sârie, 3^ volume (1925) 

SECOND FASCICULE 

ÉTUDE CHIMIQUE 

DE QUELQUES GRAINES OLÉAGINEUSES 

DES PAYS CHAUDS 
et, en particulier, des Colonies Françaises 

par M. I.. MARGAII^LAN 
Directeur du Laboratoire National des Corps gras, à Marseille 

Avec la collaboration de MM. Gontard, Martin, A. Moitessier, et 
Mlles Bi^AQuiER, Corrieras, Mëyër, G. ^Moitessier et Neyret. 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 
1925 






ÉTUDE CHIMIQUE 

DE QUELQUES GRAINES OLÉAGINEUSES 

DES PAYS CHAUDS 
et, en particulier, des Colonies Françaises 

par M. L. Margaill.vn, 
Directeur du Laboratoire National des Corps Gras, 

Avec la collaboration de : 
ALM. GoNTARD, Martin, A. Moitessier et .Mlles Blaquier, 

CORRIERAS, MeYER, G. MoiTESSlER et NeYRET 



Nous réunissons ici les principaux résultats d'études chi- 
miques récemment faites au Laboratoire National des Corps 
gras, rattaché à l'Institut Technique de Marseille, et qui ont 
porté sur des graines oléagineuses de divers pays chauds, 
notamment des colonies françaises. 

Coprahs d'Indochine, 
PAR M. L. Margaillan et Mlle Corrieras 

Les coprahs indochinois soumis à notre examen apparte- 
naient à quatre variétés, dont deux provenaient de Cochin- 
chine et deux d'Annam. 

Les coprahs de Cochinchine avaient été adressés en 1923 
au Musée Colonial de Marseille par M. G. Devraigne, chef des 
Services agricoles de la colonie, et provenaient de la province 
de Bien-hoa. Nous les avons reçus sous les noms respectifs 
de « gros cocos » et « petits cocos », qui rappellent les dimen- 
sions, en effet différentes, de leurs fruits. 

Les coprahs d'Annam, parvenus la même année au Musée 
Colonial de Marseille, et expédiés par les soins des Services 
agricoles du Protectorat, ont été récoltés dans les planta- 
tions de Bong-Son, province de Binh-dinh. 

De ces deux variétés d'Annam, Tune est connue sous le 



6 L. MARGAILLAK 

nom de " variété verte », et l'autre sous celui de « variété 
feu ». 

«Les indigènes, écrit {i/i litt.) M. le Résident supérieur en 
Annam, cultivent indistinctement pour leur huile lune et 
l'autre de ces deux variétés, sans sembler avoir plus de pré- 
dilection pour l'une que pour l'autre. 

Les palmiers ne diffèrent, comme caractères, que par la 
teinte des folioles des jeunes pousses, qui sont vertes dans le 
cocotier vert et rougeâtres dans la variété feu. Les fruits 
diffèrent par cette même teinte, verte dans le premier, rou- 
geâtre dans le deuxième. Ceux du cocotier variété verte attei- 
gnent généralement de plus grosses dimensions. » 

Et, en effet, en ce qui concerne ce dernier caractère, un fruit 
de cocotier feu, reçu au Musée Colonial de Marseille, et qui 
est ovoïde et à péricarpe rouge brique, a 20 centimètres sur 
18 centimètres, tandis qu'un fruit de la variété verte, qui est 
vaguement globuleux, quoique avec un sommet largement 
conique, a 25 centimètres sur 22. 

Les coprahs d'Annam sont parvenus en caisses et ceux de 
Saigon en sacs. Tous sont arrivés en parfait état de conserva- 
tion et ont été presque aussitôt étudiés. 

Ils ont été brossés, broyés et épuisés à la « benzine de 
pétrole » (bouillant à 83^ C), dans des extracteurs métalli- 
ques étamés, et dans des conditions identiques. 

Le dissolvant a été finalement chassé' en atmosphère de gaz 
carbonique, puis dans le vide. 

Pour chaque cas, un essai comparatif nous a permis de 
nous assurer de l'identité de la matière grasse ainsi obtenue 
avec celle que l'on extrait par le tétrachlorure de carbone ou 
l'éther de pétrole au Soxhlet, ou à l'aide d'éther-oxyde 
d'éthyle dans le tube de verre. 

Les tourteaux ont été analysés conformément aux métho- 
des officielles, en distinguant toutefois, dans l'extractif non 
azoté, les matières susceptibles de donner des sucres réduc- 
teurs par hydrolyse acide (amylacés et saccharifiables) et 
celles qui ne donnent pas de corps réducteurs (par exemple 
les mannites). 



ETUDE CHIMIQUE DE QUELQUES GRAINES OLÉ\GINEUSES 7 

Les résultats ohtenus ainsi par l'analyse de ces quatre sortes 
de coprahs peuvent être ainsi résumés : 

Coco feu Coco vert PetiLeoco Gros coco 

Humidité 4,7% 3,4% 3,8 «« 5,3% 

Cendres 2,2— 2,1— 1,4— 1,7% 

Matières grasses 61 — 63 — 72 — 70 — 

Matières protéiques 8 — 8,5— 6 — 5,7 — 

Matières cellulosiques ' 4,5 — 6,7 — 6,3 — 6,1 — 

Matières extractives non azo- 
tées : 

Saccharifiables 10,5 — 10 — 8,1 — 8,7 — 

Autres (par diff.) 9,1 — 6,3 — 2,4 — 2,7 — 

Ce tableau montre l'analogie des cocos verts et cocos feu, 
d'une part, et des petits cocos et gros cocos, d'autre part ; et 
il montre aussi les différences sensibles que présentent, au 
point de vue de leur composition, les coprahs de Bien-hoa et 
les coprahs de Bong-Son. Les premiers sont, en particulier, 
nettement plus riches en matières grasses que les seconds 
(70 à 72 p. 100, au lieu de 61 à 63 p. 100) ; ils sont, par contre, 
plus pauvres en matières protéiques (5,7 à 6 p. 100, au lieu de 
8 à 8,5). 

On voit, par là, l'intérêt, trop ignoré, que peut présenter, 
au point de vue commercial, et en raison des différences de 
rendement, la distinction des diverses variétés de coprahs, 
indépendamment du mode de dessiccation. 

Nous avons encore étudié les beurres extraits de ces co- 
prahs. 

Par refroidissement lent, les quatre huiles ont commencé 
à cristalliser en très belles houppes, celles des coprahs de 
Bong-Son à 22o5, et celles des coprahs de Bien-hoa à 22^ ; mais, 
tandis que la cristallisation des premières s'est poursuivie 
jusqu'à la fin de façon en apparence homogène, la solidifica- 
tion, pour les huiles des petits et gros cocos, a pris, à la fin, 
un aspect butyreux très marqué. 

La teinte de l'huile est très claire pour le « coco feu », très 
légèrement foncée pour le « coco vert », plus nettement pour 
le « petit coco », et plus encore pour le « gros coco ». 



8 L. MARGAILLAN 

Et ceci n'est pas dû à un hasard d'extraction, car trois 
opérations successives ont donné invariablement les mêmes 
résultats. 

Cependant, malgré ce que pourraient peut-être laisser 
attendre ces précédentes observations, les indices de toutes 
ces huiles ne présentent pas de grandes différences. L'indice 
de Ferrier, en particulier, est remarquablement constant, 
ainsi que l'avait déjà bien signalé P. Rivais pour d'autres 
yariétés de coprahs. 

Voici, en effet, les caractéristiques de ces quatre huiles : 

Coco Coco Petit Gros 
feu vert coco coco 

Indice de saponification 252 258 248 250 

Indice d'iode (Vijs) 8,5 7,5 7,9 8,3 

Indice de Ferrier 24,4 24,3 24,3 24,3 

Poids, moléculaire moyen des acides 

gras insohibles 204 205,7 205,7 205,7 

Titre des acides gras insolubles 23 . 3 23, 3 23 23 

Indice de Reichert-Meissl 7,3 7 7 7 

Les coprahs des deux provenances diffèrent donc bien par 
le rendement en matières grasses et par l'aspect de leurs hui- 
les, mais les caractéristiques de ces huiles sont sensiblement 
identiques. 



Huile de babassu, 
par M. L. Margaillan et Mlle G. Moitessier 

Le babassu est un palmier brésilien, du genre Orbignia, et, 
sans doute, YOrbignia speciosa. 

Les graines étudiées, et qui provenaient du Brésil, étaient 
parfaitement saines et avaient été, au préalable, nettoyées 
une à une. 

Ces graines présentaient une forme allongée dérivant d'une 
pyramide triangulaire très effilée, limitée par deux faces pla- 
nes et une face courbe très convexe, avec une base presque 
sphérique. Le dièdre fermé par les faces planes est de plus de 



ÉTUDE CHIMIQUE DE QUELQUES GHAINKS OLÉAGINEUSES 9 

120°, s'oiivrant parfois au puiiil de ne plus donner qu'une 
face plane unique. 

Le tégument ferme une i)ellicule brun rouge très adhé- 
rente ; l'amande que ce tégument recouvre est d'un beau 
blanc opalin. 

Ces graines sont longues de 4 à 5 centimètres, avec un dia- 
mètre maximum de 1 cm. 3. 

Le volume moyen est de 3 cmc, et le poids moyen 2 gr. 98. 

La densité apparente (poids du litre en kg.) est de 0,56. 

La densité réelle est de 0,00. 

L'analyse chimique de ces graines a donné : 

Humidité , 4,37 % 



0/ 



Cendres (29 % de P-< )^5) 2, 53 

Matières protéiques 8 % 

Matières grasses 66, 1 % 

Matières cellulosiques 8,4 % 

Matières amylacée^ 5,1 % 

Matières sucrées 5 % 



La matière grasse extraite au sulfure de carbone, ou au 
tétrachlorure, ou à l'éther est parfaitement limpide et se 
prend rapidement, au-dessous de 15°, en une belle masse 
cristalline, d'un blanc opalin, qui présente les caractères 
suivants : 

Densité à 25° 0, 1)09 

Indice de réfraction à 40" 1 , 4539 

Point de fusion 25° à 26° 

Point de solidification I903 à 17^8 

Indice de saponification . . ; . 278 

Indice d'acidité 11,7 

Acidité en acique oléique 5,8 % 

Indice d'iode (Vijs) 20, 3 

Indice de Hehner . 83,2 

Titre des acides gras insolubles 23 

Indice de Ferrier 21 , 6 

Poids moléculaire moyen des acides gras insolubles . . 231 

Indice de saturation alcaline 242 

Indice de Reichert-Meissl 6,9 

Acides solubles (en acide butyrique) 5,65 % 

Insaponifiable 0, 32 % 



10 L. MARGAILLAN 

Cette huile, qui rancit assez facilement, se rapproche beau- 
coup de celle de coprah, et surtout de celle de palmiste. 



Huile d'oréré, 
par MM. L. Margaillan et M. A. Martin 

h'oréré est le BailloneUa toxispernia, Sapotacée de l'Afrique 
Equatoriale française. 

Les graines reçues, et provenant du Gabon, étaient ovoïdes, 
de couleur acajou, avec un hile jaune grisâtre ; elles étaient 
longues de 5 à 6 centimètres, épaisses de 2 centimètres et demi 
et pesaient de 10 à 15 grammes. 

Le tégument représente le tiers du poids de la graine totale. 

Cette graine complète a une densité apparente de 0,30. 
L'amande, débarrassée du tégument, a une densité apparente 
de 0,36. 

Cette amande a donné par extraction au sulfure de car- 
bone 61,2 p. 100 d'un beurre blanc jaunâtre, assez consis- 
tant, qui a les caractères suivants : 

Densité à 40° '. 0, 899 

Densité à 15° 0, 915 

Point de fusion 44o5 

Point de solidification 38° 

Indice de saponification 186, 3 

Indice d'acidité 11,5 

Indice d'iode (Vijs) 62,1 

Indice de Hehner 95, 7 

Indice de Ferrier 17,3 

Poids moléculaire moyen des acides gras inso- 
lubles 289 

Point de fusion des acides gras 6408 

Cette huile rancit facilement. 

Le tourteau contient 3,4 p. 100 d'azote et 6,7 p. 100 de 
cendres titrant 15 p. 100 d'acide phosphorique. Ces cendres 
renferment du cuivre. 



ÉTUDE CHIMIQUE DE QUELQUES GIlAINES OLÉAGINEUSES 11 

Huile de tainanou, 
par M. L. Margaillan et Mlle Meyer 

Le tamanon est le Calophyllnm Inophylliwi^ de la famille 
des Clusiafcées ou Guttifères. 

Les graines étudiées provenaient de Nouvelle-Calédonie. 

Presque sphériques, elles mesuraient de 18 à 23 millimè- 
tres de longueur sur 17 à 20 millimètres de largeur. 

L'amande, jaune foncé intérieurement, brunit rapidement 
sur la coupe lorsqu'on la sectionne. Son odeur rappelle celle 
de la réglisse ; sa saveur est très amère. 

Chaque graine pèse environ 5 gr. 2 et occupe un volume réel 
de 6 centimètres cubes, ce qui donne une densité réelle de 
0,87, alors que la densité apparente (poids d'un litre de grai- 
nes) est de 0,53. 

L'analyse a donné : 

Humidité 4,2 % 

Cendres (dont 16 % de P^O^') 1,6- 

Matières protéiques 3 — 

Matières grasses et résinoïdes 73, 2 — 

Matières amylacées 6,1 — 

Cellulose 11,9 - 

L'iuiile extraite au sulfure de carbone est brun verdàtre ; 
elle fond à 35» à 36^ et est soluble dans Talcool, qui prend une 
coloration brun rouge. 

Elle a pour principales caractéristiques : 

Densité à 1 605 : 0,97 

Oxydation à l'air nulle. 

Point de fusion 35" à 36° 

Indice de saponiïication 212,8 

Indice d'iode (Vijs) 86,9 

Indice de Hehner 91 

Indice de Ferrier 18,2 

Indice de Reichert-Meissl 4,7 

Indicé d'hexabromure <), 57 % 



12 L. MARC. \ILLAN 

Acidité en oléique 56, 5 °o 

Indice de saturation alcaline 203, 8 

Poids moléculaire moyen des. acides gras inso- 
lubles 275 

Point de fusion de ces acides 38° 

Indice d'iode de ces acides 106 

Acides solubles, en acide butyrique 27,4 % 

Insaponifiable 0,3 — 

Teneur en résine (par méthode Twitchell volu- 

métrique 14,3 — 

On remarquera cette forte teneur en résine, déjà signalée 
dans cette huiJe de tamanou. 

A titre documentaire, nous avons comparé avec l'huile pré- 
cédente un vieil échantillon, malheureusement peu impor- 
tant, d'huile de tamanou provenant d'Indochine. 

Cette huile, vert foncé, épaisse, d'odeur fade et désagréa- 
ble, partiellement solidifiée à froid, homogène à chaud, 
soluble aussi dans l'alcool en Jnun rouge, présentait, entre 
autres caractéristiques : 

Point de fusion 10°5 

Indice de saponification 199, 5 

Indice d'iode 67 

Acidité en oléique \ 23, 8 '=o 

Indice d'acidité 47,5 

Insaponifiable 0,7 "o 

Il y a, on le voit, une certaine différence entre les indices de 
cette huile et ceux de l'huile obtenue au Laboratoire avec les 
graines provenant de Nouvelle-Cp.lédonie. 



Huile de sakoa, 

par !\I. L. MARGAiLLAÀ ET M. A. MOITESSIER 

Le sakoa est le Sclerocanja Cajjra de Madagascar, où c'est 
un arbre qu'on trouve un peu partout dans LOuest, en plus 
ou moins grande abondance. Ses graines sont consommées 
par les Salakaves, qui en extraient parfois aussi l'huile, qui 
est alimentaire. 



ÉTUDE CFimiOUE DE QUELQUES GRAINES OLE \G1 XEUSES 13 

Les fruits qui nous ont été fournis par le Musée Colonial de 
Marseille étaient brun foncé et possédaient, sous une pulpe 
desséchée, un gros noyau à trois opercules, à l'intérieur du- 
quel étaient deux ou trois cavités contenant chacune une 
graine allongée. 

1 litre de fruits pèse kgr. 34. 

1 litre de noyaux pèse kgr. 47. 

100 grammes de fruits se composent de 24 gr. 5 de pulpe 
sèche, 70 gr. 7 de noyau et 4 gr. 7 de graine. 

L'huile a été extraite des graines par le tétraehloluro de 
carbone ; et la teneur de ces graines est de : 



Eau '.. 5,5 % 

Matières protéiques 20 — 

7o 



Huile 45 °' 



La teneur en huile est donc de : 
45 p. 100 par rapport à la graine ; 
2,7 p. 100 par rapport au noyau ; 
2,1 p. 100 par rapport au fruit entier. 
Cette huile est rouge brique, très visqueuse, très rapide- 
ment fluidifiée par élévation de la température. 
Elle a pour principales caractéristiques : 

Densité à 20° 0, 969 

Indice de réfraction 1 , 474 

Zone de fusion 29° à 33° 

Indice de saponification 216 

Indice d'acidité 33 

Indice d'éther 183 

Indice d'acétyle 30 

Indice d'iode (Vijs) 51 

Titre des acides gras insolubles 29o8 

Indice de Ferrier 17,6 

Poids moléculaire moyen des acides gras 

insolubles 284 

Indice de saturation alcaline 197 

Indice d'iode des acides gras 51 

Acides gras solubles 9,6% 

Cette huile ne possède, en somme, aucune caractéristique 
spéciale. 



14 L. M ARG AILLAIS' 

Huiles de laurier, 
par M. L. Margaillan et Mlle L. Blaquier 

L'huile dite « de baies de laurier » est, en réalité, un mé- 
lange d'huile de baie et d'huile de graine, et dans lequel, d'ail- 
leurs, a priori, c'est l'huile de graine qui doit prédominer sur 
riiuile de baie, puisque la pulpe, qui constitue cette baie, est 
très mince par rapport à la grosse graine qu'elle enveloppe. 

Cette dualité d'origine de l'huile dite « de baie « a été cause 
de fréquentes contradictions entre les auteurs qui ont étudié 
cette substance grasse, car certains résultats doivent varier 
selon l'état de dessiccation des baies, dans lesquelles la pulpe 
est évidemment beaucoup plus aqueuse que la graine, et 
aussi du fait que cette pulpe peut s'altérer plus rapidement 
que la graine. 

Xous avons donc cru bon de reprendre quelques recherches 
à ce sujet, en opérant sur des baies qui ont été analysées dans 
toute leur fraîcheur, aussitôt après avoir été récoltées, en 
mars, au Jardin Botanique de Marseille. 

Ces baies, à odeur pénétrante, forte et caractéristique, bien 
noires, avaient 15 millimètres environ de longueur et 12 milli- 
mètres de largeur. 

Leur poids moyen était de 1 gr. 5 à 2 grammes ; leur den- 
sité était de 0,608. La pulpe avait de 1 à 2 millimètres d'épais- 
seur. 

La matière grasse a été extraite du fruit entier, de la pulpe 
seule et de la graine, soit par le sulfure de carbone, soit par 
le tétrachlorure, en vue de bien établir lidentité ou la non- 
identité des produits obtenus. 

Les rendements ont été sensiblement les mêmes avec l'un 
ou l'autre solvant ; mais, rapportés à la matière sèche, ils 
diminuent — comme c'est fréquemment le cas dans les fruits 
et les graines à huiles, — quand le fruit a été conservé plu- 
sieurs semaines. 

100 grammes de baies fraîches contiennent 39 grammes 
d'eau et 61 grammes de matière sèche, et donnent : 



ÉTUDE CHIMIQUE DE QUELQUES GRAINES OLÉAGINEUSES 15 

73 gr. 3 de graine, 

26 gr. 7 de pulpe. 

('e sont, très sensiblement, les proportions déjà indiquées 
par Fachini. 

Les 73 gr. 3 de graine fraîche correspondent à 47 gr. 5 de 
graine sèche, qui a perdu 25 gr. 8 d'eau. 

Les 26 gr. 7 de pulpe fraîche correspondent à 13 gr. 5 de 
pulpe sèche, qui a perdu 13 gr. 4 d'eau. 

Par conséquent, la graine fraîche contient 32 p. 100 d'eau ; 
et la pulpe fraîche, qui est bien plus aqueuse, en contient 
50 p. 100, soit juste la moitié de son poids, au lieu que c'est 
seulement le tiers pour la graine. 

100 grammes de fruits complètement desséchés (eau = 0) 
donnent : 

77 gr. 8 de graine sèche, contenant 18,15 p. 100 de matière 
grasse ; 

22 gr. 2 de pulpe sèche, contenant 34,6 p. 100 de matière 
grasse. 

L'huile totale des baies se répartit donc ainsi : 

Pour 100 grammes de baies fraîches : 13,3 p. 100, dont 8,6 
dans la graine et 4,7 dans la pulpe ; 

Pour 100 grammes de baies desséchées : 21,8 p. 100, dont 
14,1 dans la graine et 7,7 dans la pulpe ; 

D'autre part, sur 100 grammes d'huile totale, il y a 64,5 
p. 100 d'huile de graine, qui est bien prédominante (deux 
tiers environ), et 35,5 p. 100 (soit un tiers à peu près) d'huile 
de pulpe. 

L'huile concrète extraite de la baie entière est vert foncé, à 
forte odeur de laurier, à saveur amère. L'huile, également 
concrète, de la graine seule est jaune clair. 

Ce beurre de la graine extrait au sulfure de carbone a 
donné, par refroidissement, une très belle cristallisation, qui 
n'a pu être obtenue avec le beurre de la baie complète, ni ini- 
tialement avec le beurre de graine extrait par le tétrachlo- 
rure. La cristallisation de ce dernier a été cependant réalisée, 
après avoir été amorcée à Taide de cristaux du beurre extrait 
au sulfure. 



16 L. MARGAILLAX 

Ces cristaux sont dés prismes hexagonaux allongés, dont 
les extrémités sont terminées par des pyramides ; ils sont solu- 
bles dans l'éther, l'alcool, le sulfure et le tétrachlorure de 
carbone, ainsi que dans le beurre de la pulpe. Ils disparais- 
sent quand on chauffe Thuile vers 50° à 60° et se reforment 
par refroidissement. 

Leur identification nécessiterait une quantité de matière 
supérieure à celle dont nous disposions ; nous la tenterons 
ultérieurement. 

Les caractéristiques du beurre de la baie complète sont les 
suivantes : 

P,ir la Par le 

sulfure tétrachlorure 

de carbone de carbone 

Point de fusion 31°^ SF 

Point de solidification 23° 23° 

Densité à 25° 0, 941 0,941 

Indice de saponification 215 215, 6 

Indice d'acidité 10 5 

Indice d'éther 205 2lo.fi 

Acidité en acide oléique 5 2,5 

Acides solublies (en milligr. de potass?) ... 2,6 

Indice de Reichert-Meis.sl 2,2 

Indice d'iode 84 81 

Indice de Hehner 94, 6 93 

Indice de Ferrier 18,06 17,8 

Poids moléculaire moyen des acides gras 

insolubles 277 280 

Indice de saturation alcaline 202 200 

Point de fusion des acides gras 14o2 

Titre de ces acides 8,2 

Indice de saponification de ces acides . 204 

Indice d'iode de ces acides 89 

Indice d'acétyle des mêmes 1,6 

Voici maintenant comparativement les caractéristiques du 
beurre de la graine et du beurre de la pulpe, considérés isolé- 
ment. 



ETUDE CHIMIQUE DE QUELQUES GRAINES OLEAGINEUSES 17 

Beurre Beurre 

de graine de pulpe 

Point de l'usioa 34° 30° 

Point de solidification 25° 22° 

Indice de saponification 217,5 206,4 

Indice d'acidité 2 10,1 

Indice d'éther 215,5 196,3 

Acidité en acide oléique 1 5 

Acides solnbles (en milligr. de potasse) . 2,8 2,5 

Indice de Ueichert-Meissl 2,5 2,3 

Indice d'iode 74 98, 8 

Indice de Hehnor 92 97 

Indice de Ferrier 19 17 

Poids moléculaire moyen des acides inso- 
lubles 263 294 

Indice de saturation alcaline . , . 213 190 

Point de fusion des acides gras 35° 

Indice de saponification 102 



Graines de katoka, 
par yi. L. Margaillan et Mlle G. Neyret 

Le katoka, encore appelé par les Sakalaves tubory etstipu, 
est le Treculia Perrieri Jiim., Artocarpée de Madagascar, de 
Ja même famille, par conséquent, que l'arbre à pain et le 
jacquier. C/est, dans notre colonie, un grand arbre commun 
dans rOuest, dans les bois humides, aux altitudes inférieures 
à 300 mètres. 

Le «fruit », qui atteint 30 centimètres et plus de diamè- 
tre et peut peser 5 kilogrammes et davantage, est, comme 
celui du jacquier, auquel il ressemble un peu, et comme celui 
de l'arbre à pain, un faux-fruit (syncarpe), qui présente vers 
sa surface plusieurs rangées d'akènes, considérés ordinaire- 
ment comme les graines. 

Ces akènes sont ovoïdes, arrondis à une extrémité, un peu 
atténués à l'autre, parfois, mais non toujours, plus bombés 
d'un côté que de l'autre. Ils ont 17 millimètres de longueur 
moyenne, 10 millimètres de largeur, et 8 à 9 millimètres 
d'épaisseur. 



J8 L. MARGAILLAN 

Le péricarpe (enveloppe de l'akène), est brun rougeàtre, ou 
plus clair si la couche superficielle qui a cette teinte s'écaille. 
Le tégument de la graine, à l'intérieur de ce péricarpe, a à 
peu près la minceur et la coloration du tégument de l'arachide. 
L'amande a une teinte crème plus ou moins brunâtre. 

100 grammes d'akènes se composent, en moyenne, de : 
25 grammes de péricarpe ; 1 gr. 5 de tégument séminal ; 
75 grammes d'amande. 

Le litre d'akènes pèse kgr. 490 ; 

Le litre d'amandes pèse kgr. 720. 

Ces amandes se composent de : 

Eau 11,9 % 

Cendres 2,1 — 

Matières grasses 10 — 

Matières protéiques 15,6 °o 

Matières cellulosiques 2 — 

Matières sucrées solubles 1 — 

Matières amylacées 57, 2 — 



99,8 o 



/O 



Les « graines » (en réalité, les akènes) de katoka, qui ont 
été, à diverses reprises, importées à Marseille comme graines 
oléagineuses, sont donc bien plutôt, comme le faisait remar- 
quer dès 1920 M. H. .Jumelle {C. R. Acad. Se, 2 nov. 1920), 
des graines amylacées, qui contiennent trop peu d'huile pour 
être bien intéressantes comme graines grasses. 

L'huile extraite par le sulfure de carbone ou par l'éther est 
d'un beau jaune d'or, parfaitement limpide, mais laisse dépo- 
ser dès 20^, au bout de quelque temps, une graisse consistante. 

Elle a, entre autres caractéristiques : 

Densité à 15° 0, 947 

Indice de réfraction à 25° 1, 4786 

Indice de saponification 203 

Indice d'iode 66 

Indice de Ferrier 18,7 

Poids moléculaire moyen des acides gras inso- 
lubles 275 

Indice de saturation alcaline 204 

Point de fusion des acides gras 46° à 48» 



ÉTUDE CHIMIQUE DE QUELQUES GRAINES OLÉAGINEUSES 19 

La recherche de l'acide cyanhydriqiie a donné un résultat 
négatif. 

La farine de katoka, douce et fine au toucher, de ^teinte 
crème pâle, a une très bonne odeur et une saveur agréable- 
C.ertains échantillons qui présentaient une assez forte odeur 
de rance l'ont perdue après avoir été dégraissés. 

De cette farine, qui s'agglomère très bien en pâtons, nous 
avons séparé l'amidon en la triturant sous un fil et d'eau et en 
détruisant ultérieurenient par fermentation les produits azo- 
tés. L'amidon ainsi obtenu est très blanc et donne avec l'iode 
une belle coloration bleue. 

Au microscope, il se présente sous forme de petits grains 
allongés, de contour assez irrégulier, généralement ovales, 
avec un hile allongé linéaire. En lumière polarisée, les bran 
ches de la croix partent du milieu du grain. C'est un amidon 
qui a quelque ressemblance avec celui des Légumineuses. 

Graines de voandzou, 
par M. L. Margaillan et M. L. Gontard 

Le i'oandzou^ ou Voandzeia subterranea, est une Légumi- 
neuse africaine, bien distincte botaniquement de l'arachide 
{Arachi§ h[/pogaea), mais dont les gousses ligneuses mûrissent 
en terre comme celles de l'arachide. 

Des graines de ce voandzou étaient mélangées à des lots 
d'arachides arrivés à Marseille dans le courant de 1924 ; il 
n'était donc pas sans utilité de connaître leur composition 
et les caractères de leur huile. 

La teinte des téguments séminaux peut être très diffé- 
rente selon la variété ; celle des graines qui nous ont été 
remises allait du brun rouge au crème, avec parfois de petites 
taches noires, ou même était complètement noire. 

Ces graines avaient, comme dimensions moyennes, 13 mil- 
limètres de longeur, 9 mm. 7 de largeur et 9 mm. 5 d'épaisseur. 

Leur volume moyen était de cmc. 67, et leur poids moyen 
de gr. 79. 

Le kilogramme correspond, en volume, à 1 lit. 34, et le litre 



20 L. MARGA.ILLA.N 

pèse kgr. 746 ; mais le volume réel du kilogramme des grai- 
nes est lit. 84, et la densité réelle est 1,18. 

La composition de ces graines, non débarrassées de leur pelli- 
cule tégumentaire, est. p. 100 : 

Humidité 5,8 

Cendres 3,5 

Matières protéiques 19 

Matières grasses 6,4 

Matières cellulosiques 2 

Matières amylacées 63 , 1 

Sucres réducteurs solubles 

99.8 

Ces graines sont donc, comme celles de katoka, plus amy- 
lacées qu'oléagineuses. 

L'huile extraite par l'éther de pétrole est d'une belle 
couleur jaune d'or et présente les caractères suivants : 

Densité à 15» 0, 9328 

Indice de réfraction 1 , 4760 

Solidification partielle à 10° 

Indice de saponification 176,5 

Acidité en acide oléique 0, 72 % 

Indice d'acide 1 , 42 

Indice d'iode (Vijs) 86 

Indice de Reichert-Meissl 0,06 

Indice d'acétyle 7,8 

Insaponifiable 1,3 

Titre des acides gras insolubles 37,5 

Fusion de ces acides 39° à 40° 

Indice de Ferrier 17,15 

Indice de saturation alcaline de ces acides 292 

Poids moléculaire moyen des mêmes 291 

Indice d'iode des mêmes 93 

L'huile de voandzou est, on le voit, très nettement diffé- 
rente de celle d'arachide ; et le mélange accidentel des graines 
de voandzou avec celles d'arachide est ainsi susceptible de 
modifier les constantes de l'huile donnée comme « huile 

d'arachide ». 

Achevé d'imprimer, le 19 Décembre 1925. 

ORLÉANS. IMP. H. TESSIER 



- Aimé Jauffret : Recherches sur la 
détermination des bois exotiques 
colorés d'après les caractères chi- 
miques et spectroscopiques. 

- Herbert Stone : Les Bois utiles de la 
Guyane Française (fin). 

- Index alphabétique des noms bota- 
niques et indigènes cités dans les 
Bois utiles de la Guyane Française. 

LA Bathie : La Végétation malgache. 

- H. Jumelle : Les Aponogeton malga- 
ches. 

H. Jumelle : Le Cycas Thouarsii. 

- H. Chermezon : Revision des Gypé- 
racées de Madagascar (2« partie). 

- H. Jumelle : Les Chrysalidocarpus, 
Palmiers de Madagascar. 

1933 

- H. Jumelle : Catalogue descriptif des 
Collections botaniques du Musée 
Colonial de Marseille : Afrique 
Equatoriale Française. 

P. Choux : Nouvelles Etudes biologi- 
ques sur les Asclépiadacées de 
Madagascar. 
G. Clôt : Quelques Graines oléagi- 
neuses des Colonies Françaises. 
Jme Fascicule. — Van Gaver : Contribution zoologique, 

à l'Etude des Huiles d'Animaux 
marins. 

1QS4 

V. Autran : Notes sur les Plantes oléa- 
gineuses de l'Afrique Équatofiale 
Française. 

Vidal et Arirert : Essais de fabrication 
de papier avec le Leptadenia Spar- 
tum. 
H. Jumelle : Les Neodypsis, Palmiers 
de Madagascar. 

P. Choux : Les Tubercules du Panicum 
maxim\im et du Cyperus articulatus. 
E. MiÈGE : Note sur un Cotonnier 
marocain. 

I9ï^5 

Labrande : Étude chimique du Bdel- 
lium d'Afrique. 



i«' Fascicule - 

2^^ Fascicule. - 
Supplément. - 

Perrier de 
i^' Fascicule. — 

2^^ Fascicule. — 

3™^ Fascicule. — 

P^ Fascicule — 
2°^e Fascicule. — 



P^ Fascicule. 



2""^ Fascicule. 
jme Fascicule. 
4 me Fascicule. 

i®'" Fascicule. 



\-/ 



MODE DE PUBLICATION 
ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 
893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs 
fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur 
importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographi- 
ques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris, à laquelle 
toutes les demandes de renseignements, au point de vue 
commercial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à 
M. Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, 
directeur du Musée Colonial de Marseille, Faculté des 
Sciences, place Victor-Hugo, à Marseille. 



Chez Baillière et Fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuille, Paris. 

LES HUILES VÉGÉTALES 
Origines ; procédés de préparation ; caractères et usages 

ç^^ par Henri Jumelle, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

1 volume de 490 pages : 15 francs 



ORLEANS, IMP. H. TESSIER 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 

M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-troisième année, 4® série, 3® volume (1925) 

TROISIÈME FASCICULE 

H. Jumelle BLÉ ET ORGE DE MAURITANIE. 

P. Choux INDEX DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR. 

L. Margaillan. étude CHIMIQUE DES GRAINES ET DES 

HUILES DE PRACACHY ET D'OWALA. 

P. Choux ÉTUDE MICROSCOPIQUE DE LA GRAINE ET 

DU TOURTEAU DU « PENTACLETHRA FILA- 
MENTOSA ». 

L. Margaillan. ÉTUDE CHIMIQUE DE LA GRAINE ET DE 

L'HUILE DE JABOTY. 

A. Guillaumin. CONTRIBUTIONS A LA FLORE DE LA NOU= 

VELLE-CALÉDONIE (Plantes ligneuses récoltées 
en 1924 par M. Kuno MEZGER). 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 

1926 



SOMMAIRES 

des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 



l^r Fascicule. 



2n»e Fascicule. 



DouRON ET Vidal : Essais de fabrication de papier 
avec la Passerine hirsute et d'autres Thyméléacées. 

DouRON ET Vidal : Essais de fabrication de papier 
avec le Bois-bouchon de la Guyane Française. 

H. Jumelle et Perrier de la Bathie : Nouvelles 
observations sur les Mascarenhasia de l'Est de 
Madagascar. 

H. Jumelle : Les Dypsis de Madagascar. 

G. Carle : L'Elevage à Madagascar. 

H. Jumelle : L'Elevage et le Commerce des viandes 
dans nos Colonies et quelques autres Pays. 

Louis Racine : Palmistes et Noix de Bancoul de 
Madagascar. 

Herbert Stone : Les Bois utiles de la Guyane Fran- 
çaise (suite). 

1919 

1'''' Fascicule. — Félix Gérard : Etude systématique, morphologique 
et anatomique des Chlaenacées. 

G. Vernet : Notes et Expériences sur la coagulation 
du latex d'hévéa. 

R. Cerighelli : La farine des graines et la fécule des^ 
tubercules de l'Icacina senegalensis. 

H Jumelle : Les Aracées de Madagascar. 
2me Fascicule. — E. de Wildi.maiv : Quelques Palmiers congolais. 

H. Chermezon : Revision des Cypéracées de Mada- 
gascar. 

Denter et Vernet : Etude bactériologique de la coa- 
gulation naturelle du latex d'hévéa. 

G. Glot : Analyse de Pois du Cap de Madagascar. 

G. Clôt : Composition chimique de deux graines dfr 
Palmiers de Madagascar. 

19SO 

1®"" Fascicule. — Airiié Jauffret : Recherches sur la détermination 
des bois exotiques colorés d'après les caractères chi- 
miques et spectroscopiques. 
Herbier t Sto\e : Les Bois utiles de la Guyane Fran- 
çaise (l'iii). 
Index alphabétique des noms botaniques et indigènes- 
cités dans Les Bois utiles de la Guyane Française. 



2™e Fascicule. 
Supplément. 



ANNALES 



DU 



MUSEE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1925) 



ANNALES 



DU 



MUSRK COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 

M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 
Professeur à la Faculté des Sciences ' 
Directeur du INIusée Colonial de Marseille 

Trente-troisième année, 4^ série, 3e volume (1925) 
troisièmp: fascicule 

H Jumelle BLÉ ET ORGE DE MAURITANIE. 

P. Choux INDEX DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR. 

L. Margaillan. étude CHIMIQUE DES GRAINES ET DES 

HUILES DE PRACACHY ET D'OWALA. 

P. Choux ÉTUDE MICROSCOPIQUE DE LA GRAINE ET 

DU TOURTEAU DU « PENTACLETHRA FILA- 
MENTOSA ». 

L. MaAgaillan. ÉTUDE CHIMIQUE DE LA GRAINE ET DE 

L'HUILE DE JABOTY. 

A. GuiLLAUMiN. CONTRIBUTIONS A LA FLORE DE LA NOU= 

VELLE-CALÉDONIE (Plantes ligneuses récoltées 
en 1924 par M. Kuno MEZGERj. 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 

1926 



NEW YCWÇI. 
BUTANieAL, 



BLÉ ET ORGE DE MAURITANIE 



PAR 

M. Henri JUMELLE 



Le blé et l'orge ne donnent lieu, en Mauritanie, qu'à de 
faibles cultures, principalement localisées dans les palmeraies 
de Tidjikja, Rachid, Atar et Chinguetti. 

La récolte moyenne annuelle de toute la colonie, en ces 
trois dernières années, a été de 80 tonnes environ. 

Faite par planches sous les dattiers, cette culture est plutôt 
une culture de jardin, et presque de luxe, à laquelle ne s'adon- 
nent guère que les chefs et les principaux notables qui dispo- 
sent d'un personnel assez nombreux. En plus d'arrosages 
fréquents, il est indispensable, en effet, de [pratiquer souvent 
des binages, pour éviter le tassement de terres en général très 
sablonneuses. 

Lorsque l'année est pluvieuse, il y a bien aussi quelques 
essais de culture dans les dépressions inondées où est cultivé 
le sorgho ; mais, bien que les parties choisies soient les plus 
humides, la récolte n'y est jamais bien bonne. 

En tout cas, quelle que soit la région, les semis sont toujours 
faits entre octobre et décembre. On récolte en mars ou avril. 

Sauf dans la ferme de Toul-del Boussobe, créée en 1922 
par l'Administration, qui y a fait installer une noria à grand 
débit, afin de faire, sous la surveillance d'un agent d'agricul- 
ture européen, de la culture irriguée, et où l'on sème en lignes 
dans de tout petits billons, le blé et l'orge sont semés exacte- 
ment de la même manière que le sorgho et le maïs. L'indigène 



b HENRI JUMELLE 

fait, avec une sorte de plantoir, des trous de 3 à 4 centimètres 
de profondeur, espacés de 25 à 30 centimètres. Il met dans 
chacun quatre ou cinq graines, qu'il recouvre à peine. 

Sous les dattiers, les planches ainsi ensemencées ont une 
superficie très irrégulière, mais sont bien nivelées et sont 
irriguées à l'eau courante tous les deux ou trois jours. Cette 
eau, dont profitent énormément les dattiers, qui commencent 
alors à fleurir, provient de puits, coffrets en pierre ou en bois, 
dans lesquels elle est prise par le système à bascule usité dans 
toute l'Afrique du Nord. 

Le rendement par hectare varie entre 400 et 600 kilo- 
grammes, ce qui serait peu pour la France, mais est normal 
pour la région, étant donné la nature du sol et la sécheresse 
du climat, 

M. Couston, inspecteur régional de l'Agriculture en Mauri- 
tanie, à qui nous devons tous les renseignements qui précèdent, 
nous adressait en septembre 1924 deux lots de ce blé et de 
cette orge en provenance de Tidjikja ; nous en avons profité 
pour déterminer, par des cultures faites au Jardin Botanique 
de Marseille, les principaux caractères de ces deux sortes. 

Blé. — Le blé est à très petits grains. Le lot que nous avons 
reçu pesait 78 kgr. 400 l'hectolitre. C'est un blé dur, qui 
contient 14,47 p. 100 de gluten, avec une proportion d'envi- 
ron 10 p. *100 de blé tendre. Sa faculté germinative a été de 
96 p. 100. 

Nous l'avons semé une première fois en octobre 1924. Les 
épis sont apparus au commencement d'avril et étaient mûrs 
dans les premiers jours de juin. 

D'autre part, en décembre 1924, nous avons semé séparé- 
ment, après triage, les grains durs et les grains tendres. Dans 
les deux cas, les épis, apparus vers la fin d'avril, étaient mûrs 
vers le milieu de juin, huit jours environ après les précédents. 

Enfin un troisième semis a été effectué en février 1925 ; 
la récolte a pu être faite à la fin de la troisième semaine de 
juin. 

Ainsi qu'on pouvait s'y attendre, la végétation a donc été 



BLE ET ORGE DE MAURITANIE 7 

plus rapide pour cette dernière culture que pour les deux 
autres ; et elle s'est accomplie à. peu près pendant le même 
temps qu'en Mauritanie, où cependant les ensemencements 
sont faits à l'époque où l'ont été ces deux premières. 

Mais, d'ailleurs, entre notre semis de février et les deux 
semis d'octobre et de décembre, cette différence de durée de 
végétation, qui, somme toute, serait secondaire, n'a pas été 
la seule ; il y en a eu une autre bien plus importante. Le semis 
de février a donné de bien plus beaux épis et un plus beau 
grain que les semis de la fin de 1924 ; et les plantes n'ont pas 
noirci sous l'envahissement des champignons comme celles 
provenant de ces ensemencements d'automne. 

Cette dernière observation explique pourquoi le blé qui, en 
Mauritanie, est un blé d'automne, réussit mieux sous le climat 
de Marseille comme blé de printemps : c'est évidemment la 
conséquence de son adaptation à une très grande sécheresse. 
La sorte ne supporte pas l'humidité relative de notre hiver 
provençal, qui, du reste, cette année, fut plutôt exception- 
nellement grande en février et mars. . 

Les épis récoltés étaient, pour la plupart, barbus ; une 
assez notable proportion était pourtant sans barbes. 

Dans les parcelles où ont été semés séparément, en décem- 
bre, les grains tendres et les grains durs, ces derniers, contrai- 
rement à ce qu'on eût pu peut-être supposer, ont surtout 
fourni des épis sans barbes ; et ce fut dans la parcelle à blés 
tendres que les épis barbus furent le plus nombreux. Mais 
la distinction semble, au surplus, sans grande importance, car 
les deux sortes d'épis, examinées isolément, portaient indiffé- 
remment des grains tendres et des grains durs ; et, si la 
récolte de la parcelle à grains durs a été surtout composée de 
blé dur, la récolte de la parcelle ensemencée en grains ayant 
les caractères de blé tendre a été aussi principalement formée 
de ce blé dur, avec seulement une faible proportion de blé 
tendre. 

Orge. — L'orge de Mauritanie que nous avons reçue pesait 
62 kgr. 500 l'hectolitre. 13 p. 100 des grains restaient sur le 



8 HENRI JUMELLE 

tamis de 2 mm. 65 ; 78 p. 100 sur le tamis de 2 mm. 4 ; 9 p. 100 
sur le tamis de 2 mm. 1 ; aucun ne traverse ce dernier tamis. 
1.000 grains pèsent 37 gr. 30. 

D'après les analyses faites à l'Institut technique de Mar- 
seille, l'humidité est de 11,3 p. 100, et il y a 60,2 p. ICO d'ex- 
trait du grain sec et 53,4 p. 100 du grain humide, puis, par 
rapport au grain sec, 14,9 p. 100 de protéine totale, 2.49 de 
protéine soluble, 0,91 de protéine coagulable, 0.30 p. ICO 
d'acidité. 

Le pouvoir germinatif était de 97 p. 100. 

Nous avons, à Marseille, ensemencé en octobre et en février. 

Sur la parcelle ensemencée à l'automne, les épis sont apparus 
à la fin de mars, et la récolte a été faite le 22 mai. 

Sur la parcelle ensemencée au printemps, les épis sont 
apparus au commencement de mai, et la récolte a eu lieu le 
10 juin. 

C'est une orge à six rangs. Le grain est à barbe scabre. l'axe 
du rachis est à longs poils, et la glumelle externe est, vers le 
haut, munie de petites épines sur les nervures latérales. C'est 
donc une espèce élémentaire p. 

Avant maturité, les nervures de cette glumelle ont une teinte 
rouge qui disparaît ensuite. 

Entre les semis d'automne et les semis de printemps, nous 
avons trouvé des différences analogues à celles que nous ont 
présentées les blés cultivés dans les mêmes conditions, et 
même plus grandes. 

Les tiges de la culture de printemps sont restées plus basses 
(60 centimètres environ) que celles de la culture d'automne 
(80 centimètres à 1 mètre), et les épis ont été aussi plus courts 
(4 à 5 centimètres au lieu de 7 à 9 centimètres) ; mais ici encore 
ces pieds de printemps sont restés sains, tandis que les pieds 
d'automne, envahis par les champignons, ont plus ou moins 
noirci. 

D'autre part, alors que 1.000 grains de la culture d'automne 
pesaient 31 gr. 49, 1.000 grains de la culture de printemps ont 
pesé 39 gr. 70, c'est-à-dire même légèrement plus que les grains 
reçus, qui avaient été récoltés à Tidjikja. 



BLÉ ET ORGE DE MAURITANIE 9 

Il pouvait être intéressant aussi de comparer les polygones 
des variations de densité des épis dans les deux cas ; et 
ces polygones, en effet, ont été différents. 

Pour la culture d'automne, nous avons obtenu : 



0321396 14 19 14 877112 



20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 
Et, pour la culture de printemps : 
3 3 3 26 3 5 7 30 15 10 10 3 1 1 



= 100 



23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 



= 100 



On voit que, des deux polygones correspondant à ces deux 
séries, le premier (culture d'automne) serait à bien plus nom- 
breux sommets (5) que le second (2). 

Il y a là rindice net d'une bien plus grande régularité de 
développement de la culture de printemps, puisque, d'après le 
polygone des variations de densité des grains provenant de cette 
culture, on se rapproche d'une sorte pure, avec un sommet 
principal très aigu. 

Tout comme le blé, l'orge d'automne de Mauritanie s'est 
donc surtout bien comportée, sous le climat de Marseille, comme 
orge de printemps, et évidemment pour la même raison que 
celle que nous avons admise pour le blé : l'adaptation à une 
grande sécheresse. 

De cette adaptation, il semble qu'on soit en droit de déduire 
l'ancienneté d'introduction en Mauritanie des deux céréales 
que nous venons d'étudier ; et il est possible, en eftet, que ce 
soient toujours les deux mêmes sortes qu'on retrouve, plus 
ou moins dégénérées, dans toute cette zone africaine sahé- 
lienne. Il est, en tout cas, à remarquer, pour l'orge que nous 
avons cultivée, que certains, au moins, de ses caractères se 
rapprochent très sensiblement de ceux que nous avons relevés 
pour une orge que nous avons également cultivée, cette année, 
au Jardin botanique de Marseille, et dont les semences pro- 
venaient de la Station botanique de Tunis (El Ardana) sous 
le nom d' « orge du Désert », 



10 HENRI JUMELLE 

Cette orge, qui est aussi une espèce élémentaire, mais sélec- 
tionnée, est plus belle que celle de Mauritanie, à paille plus 
forte, et à grain plus gros, puisque le poids de 1.000 grains a 
été, dans nos cultures, de 52 gr. 6, mais le polygone des varia- 
tions de densité des épis se rapproche beaucoup de celui de 
notre culture de printemps de la sorte de Tidjikja. 

Nous avons, en effet, obtenu : 

12 4 7 22 23 17 10 4 6 3 1 

= 100 



28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 

Ainsi donc cette sorte, presque pure, car il n'y a qu'un 
second sommet peu marqué correspondant au degré 37, a 
pour principal sommet très net de son polygone de variations 
le degré 33, alors que le principal sommet du polygone de 
notre culture de printemps de l'orge de Mauritanie corres- 
pondait à 30 ; et, pour les deux sortes, la forme générale de 
la courbe est sensiblement la même. 

Au contraire, une « orge de Biskra », de même provenance 
que r « orge du Désert », et que nous avons cultivée dans les 
mêmes conditions, a offert des caractères bien différents. 

Au cas où l'on voudrait introduire en Mauritanie une orge 
améliorée, il semble donc que ce serait cette « orge du Désert » 
sélectionnée qui serait particulièrement indiquée. 

Ses chances de réussite, en raison du climat très spécial de 
la région, seraient vraisemblablement bien supérieures à celles 
qu'on pourrait espérer des sortes ordinaires de France. 

En fait, d'après les renseignements que nous tenons de 
M. Couston, les résultats obtenus, en ces dernières années, à la 
ferme de Toul-del-Boussobe, avec ces semences d'importa- 
tion française, n'ont pas été très brillants. En 1923, de^ varié- 
tés de blés durs, demi-durs et tendres, ainsi que de l'orge et 
de la luzerne, ainsi introduites, n'ont donné que de très mé- 
diocres récoltes. Les semis avaient été, il est vrai, faits à contre- 
saison ; mais en décembre 1924, les mêmes essais furent repris, 
et M. Couston nous dit que «lorsque, avant son départ, il 
visita la ferme, les semis du blé et de l'orge cultivés depuis de 



BLÉ ET ORGE DE MAURITANIE 11 

nombreuses années dans le pays étaient encore bien plus 
beaux que ceux des semences venues de France ». 

De son côté, en 1924, M. Couston avait fait cultiver dans les 
principales palmeraies du Tagant des blés durs de Médéah 
et de Belotourka, ainsi que des orges de printemps et de 
Moravie ; seule la dernière variété d'orge donna un rende- 
ment assez régulier. 

A la suite de ces premières expériences, M. Couston a 
demandé au Gouvernement de Mauritanie de faire venir pour 
1925 des orges « de Moravie », « Chevalier, race française » 
et « Hallet-pédigrée » et de se procurer, en même temps, au- 
près des Services d'agriculture du Sénégal, du Soudan, du 
Maroc, des échantillons des blés et orges que cultivent les indi- 
gènes dans ces régions. 

C'est à toutes ces sortes qu'il serait intéressant d'ajouter 
aujourd'hui, pour ces essais, 1' « orge du Désert » sélectionnée 
à Tunis. 



INDEX DES SAPINDACÉES 
DE MADAGASCAR 



PAR 



M. P. CHOUX 

Docteur-ès-Sciences, 
Assistant de Botanique à la Faculté Jes Sciences de Marseille. 



Palacky, dans son Catalogus Plantanim Madagascanensiiim, 
publié à Prague en 1907, signale à Madagascar quarante-quatre 
espèces de Sapindacces. Depuis cette date, les seules espèces 
nouvelles qui, à notre connaissance du moins, soient à ajouter 
à cette liste sont VAUophylus bicruris., décrit en 1908 par 
M. Radlkofer et les Macphersonia acutifoliola et myriantha., 
créés par Hemsley en 1912. 

Les études que nous poursuivons actuellement sur les Sa- 
pindacées de Madagascar avec les matériaux recueillis par 
M. Perrier de la Bathie, et dont les résultats complets paraî- 
tront prochainement, nous permettent d'ajouter à ces types 
déjà connus un certain nombre de genres nouveaux et d'es- 
pèces nouvelles et d'autre part d'apporter un certain nombre 
de modifications aux dénominations antérieurement admises. 

Il nous parait donc opportun de donner un aperçu général 
de toutes les espèces qui représentent maintenant la famille 
des Sapindacées à Madagascar ; et ce sera le but de cet Index, 
dans lequel nous suivrons l'ordre adopté par M. Radlkofer, 
qui divise la famille en quatorze tribus. 

Paulliniées 

Gardiospermum halicacabum Linné {S p. PL éd. /., 

1753, p. 366). — Plante grimpante, annuelle ou vivace.- — Très 



14 p. CHOUX 

répandue près des habitations et des endroits marécageux 
dans toutes les régions chaudes de l'île. (Certainement intro- 
duite, comme en beaucoup d'autres pays.) (N. indig. : Masont- 
sokina, Vahintsokina). 

Var. microcarpum Bl. {Rumphia. III, 1847, p. 185). 

PauUinia pinnata h. {S p. PL éd. I, 1753, p. 366). — Plante 
grimpante. — -Existe dans tous les bois riverains des fleuves et 
des rivières de la région occidentale. Plus rare dans la région 
orientale. Manque d'autre part au-dessus de 800 mètres. 
(Plante commune en Afrique et en Amérique tropicales et 
vraisemblablement introduite à Madagascar). (N. indig. : 
I ^ arimarinhanga) . 

Serjania cognata Bâillon {Hist. Madag. ; Grandid., Atlas ^ 
1893, icon. 248) = Serjania Pabneri Watson. 

Serjania Palmeri S. Wats. {Proc. Am. Acad., XXIV, 
1889, p. 45). — (Originaire du Mexique et peut-être introduite 
comme les espèces précédentes ?) 

Thouiniées 

Allophyllus arboreus Choux. — Arbre de 15 à 20 mètres 
de haut., à feuilles persistantes. — FI. en janvier. — Forêt 
d'Analamazaotra, vers 800 mètres. (N. indig. : Malamaradina, 
= feuille lisse). 

Allophylus bicruris Radlk. {Sitz. d. k. bayer. Ak. zii MiXn- 
cheii, Bd. 38, 1908, p. 222). — Arbuste de 2 à4 mètres. — FI. 
blanches (décembre). Fr. en janvier. — ■ Bois sablonneux d'Anka- 
ladina (Boina). Bois des pentes occidentales, à Manerinerina, 
sur le Tampoketsa d'entre Flkopa et la Betsiboka (1.400 mè- 
tres). Port-Leven. (Se retrouve à Nossi-bé et à Mayotte.) 

Allophylus boinensis Choux. — Arbuste de 2 à 3 mètres. — 
FI. blanches (février). — Bois de Morataitra, sur la rive droite 
de la Betsiboka (Boina). 

Allophylus bojerianus Bl. (Camb.) {Rumphia, III, 1847, 
p. 129). (N. indig. : Lejjoun-doula). — FI. en février ; fr. en 
mars-avril. — ■ Imerina. Bois secs du Haut-Bemarivo (Boina). 

Allophylus bongolavensis Choux. — Arbuste de 2 à 



INDEX DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR 15 

3 mètres, dioïqiie. — FI. blanches (novembre-janvier). — 
Bois sablonneux du Bongolava (Boina). 

Allophylus costatus Choux. — Arbuste de 5 à 6 mètres. — 
FI. blanches (février). — Bois d'Analamazaotra (800 mètres). 

Allophylus integrifolius Bl. {Rumphia, III, 1847, p. 129). 
— Arbuste. — Parties boisées et forêts. Régions orientale et 
occidentale. (Se retrouve à Maurice, La Réunion et sur le con- 
tinent africain.) 

Allophylus mananarensis Choux. - — Arbuste de 2 à 

4 mètres à feuilles persistantes. — Dunes littorales de Mananara 
(côte Est). Forêt orientale aux environs du confluent de 
rOnive et du Mangoro (700 mètres). 

Allophylus nigrescens Bl. {Rumphia^ III, 1847, p. 129). 
— ■ Arbuste de 4 à 5 mètres, à feuilles caduques. — FI. blanches 
(mai). — Nord-Ouest ; bois de l'Angarovony, près de Maroman- 
dia. Nossi-bé. Nossi-komba. 

Allophylus Pervillei Bl. {loc. cit., p. 123). — Arbuste. ■ — 
Nord-Ouest. Nossi-bé. Ile Sakatia. Mayotte. Grande-Comore. 
(Se retrouve en Afrique, dans la région de Zanzibar.) 

Allophylus pinnatus Choux. ■ — Arbuste de 2 à 4 mètres. — 
Fr. en décembre. — Bois. Ampasimentera (Boina). 

Allophylus salignus Bl. {Riimphia, IIL 1847, p. 129). — 
Arbuste de 2 à 6 mètres. — FI. blanches (décembre-février). — 
Bois sablonneux et sables. Boina et Ambongo. 

Allophylus simplex Bâillon {Hist. Mad. ; Grand., Atlas, 
1894, icon. 247) = Allophylus Pervillei Bl. 

Allophylus trichodesmus Radlk. (Bojer) {Pflanzenf. 
Engler et Prantl, III T., 5 Abt., 1896, p. 313). — Arbuste (à 
feuilles caduques ?). — ■ FI. blanches (novembre). — Forêts de 
Beforona. Bois de l'Ankaizina (1.000 mètres). 

Sapindées 

Deinbollia neglecta Radlk. {Sitz. d. k. b. Akad. zu Mûn- 
chen, 1878, Bd. VIII, p. 368). 

Deinbollia Pervillei Radlk. {loc. cit., p. 275 et 369). — 
Arbre. — Boina et Ambongo. 



16 p. CHOUX 

Sapindus trifoliatus L. ( Sp. PL, éd. I, 1753). — (Origi- 
naire de TAsie méridionale et introduit à Madagascar), 

Aphaniées 

Manongarivea Perrieri Choux, — Arbuste de 5 à 6 mè- 
tres, — FI, blanches (octobre-décembre), — Bois sablonneux 
de Manongarivo et forêt de Kasiza (Ambongo). 

LÉPISANTHÉES 

Cotylodiscus stelechanthus Radlk, {Sitz. d. k. h. Akad. zii 
Mûnchen, Bd. VIII, 1878, p, 334). (N, indig, : Langhare). — 
Arbrisseau. — Fleurs rouge sang. 

Grossonephelis Pervillei Bâillon {Adansonia, T. XI, 
1874, p,245), — Arbre de 10 à 15 mètres, à feuilles caduques, — ■ 
FI, en décembre-janvier, — Nossi-bé. Bois calcaires rocailleux 
des bords de la baie de Bombetoka et des environs de Majunga. 

Plagioscypljus cauliflorus Radlk. (Sitz. d. k. b. Akad. zii 
Munchen, Bd, VIII, 1878, p, 335). —Arbrisseau de3à4m, 50. 
— ■ Sainte-Marie de Madagascar, 

Melicoccées 

Strophiodiscus Jumellei Choux, (N, indig, : Volanary). — 
Arbre de 12 à 15 mètres, à feuilles persistantes. — Fruit co- 
mestible. — ■ Ifasina, au sud-ouest de Vatomandry (Est). 

SCHLÉICHÉRÉES 

Eriandrostachys Chapelier! Bâillon {Adans., T. XI, 
1874, p. 239). (N. indig. : Tsi-latsoc-antci-di). — Arbuste. 
— Côte Est. 

31 acpher Sonia acutifoliola Hemsley {Kew Bull., 1912, p. 359) 
= Macphersonia gracilis 0. Hoffm. 

Macphersonia cauliîlora Radlk. {Sitz. d. k. b. Akad. zii 
Mûnchen, Bd. XX, 1890 ; p. 247, in obs.). (N, indig, : Lana- 



INDEX DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR 17 

hary). — Arbuste de 3 à 4 mètres ou arbre de 20 à 25 mètres, 
à feuilles persistantes. ■ — FI. rouges (novembre-décembre). — 
Nord de Madagascar. Dunes littorales entre Antalaha et Sam- 
bava (côte est). Forêt d'Analamazaotra. 

MacphersoniagracilisOtto Hoffmann {Sertum pL madag. 
1881, p. 14). — Arbuste ou petit arbre de 2 à 6 mètres, dioïque, 
à feuilles persistantes. — FI. en septembre. Fr. en octobre- 
novembre. — Bois. Nossi-bé. Haut-Bemarivo et Firingalava 
(Boina). 

Macphersonia Hildebrandtii 0. Hoffm. {loc. cit., p. 14). 
■ — Arbre de 10 à 12 mètres. — FI. blanches (octobre). Fr. en 
novembre-décembre. — Bois. Nossi-bé. Nossi-Komba. Haut- 
Sambirano (300-700 mètres). Anjouan, Environs du Mt, Tsa- 
ratanana (1,400 mètres). Bois de Tsarasaotra (Boina), Manon- 
garivo (Ambongo), Vohémar. (Se retrouve à Fîle Aldabra et 
dans les îles voisines, ainsi qu'en Afrique orientale, dans la 
région de Dar-es-Salam et à Zanzibar). 

Macphersonia Isevis Radlk. {Sitz. d. k. b. Akad. zu Miinchen, 
Bd. XX, 1890, p. 248 in. obs.) = Macphersonia Hildebrand- 
tii 0. Hoffm. 

Macphersonia macrocarpa Choux. — Arbuste de 2 à 
3 mètres. — Fr. en février. — Chaîne du Kalabenono (région 
du Sambirano). 

Macphersonia macrophijlla Oliver {Hook. Icon. Plant., IV 
Ser., Vol. III, 1892, pi. 2243) = Macphersonia cauliflora 
Radlk. 

Macphersonia madagascariensis Bl. {Rumphia, III, 
1847, p. 157). — Arbre ou arbuste. — Nossi-bé. Madagas- 
car. 

Macphersonia myriantha Hemsley {Kew Bull, 1912, p. 360). 
= Macphersonia madagascariensis Bl. 

Macphersonia pteridophylla Bâillon {Adans., T. XI, 1874, 
p. 240) = Macphersonia madagascariensis Bl. 

Macphersonia Radlkoferi Choux. — Arbuste ou petit 
arbre de 5 à 10 mètres, à feuilles persistantes. — ^ FI. rougeâtres 
(décembre). — Bois littoraux entre Mahanoro et Mananjary 
(côte est). 



18 p. CHOUX 

Pseudopteris decipiens Bâillon {Adansonia, T. XI. 1874. 
p. 243). — Arbre. — Sainte-Marie de Madagascar. 

NÉPHÉLIÉES 

Litchi sinensis Sonner {Voy. Ind.^ III, 255, 1782). (N. 
indig. : Letisy \ Litchij). — Fruit exquis (/iVc/zirfeCAme), mûris- 
sant en décembre. — (Originaire de Chine; introduit à Mada- 
gascar.) 

Omalocarpus macrophyllus Choux. — Arbuste de 
50 centimètres de haut., presque toujours simple, rarement 
bifurqué au sommet, portant des feuilles caduques groupées 
en bouquet terminal. — ■ FI. blanches (août-septembre). — 
Bois sablonneux de l'Ankarafantsika (Boina). 

CUPANIÉES 

Bemarivea dissitiflora Choux. — Arbre de 12 à 20 mè- 
tres, à feuilles persistantes, dioïque. — FI. blanches (octobre). 
Fr. en décembre. — Bords des rivières du Haut-Bemarivo (Boi- 
na), jusque vers 400 mètres, et province de Befandriana (N.-O.). 

Ciipania andronensis Baker {J. of the Linn. Soc. Vol. XXV. 
1890, p. 308) = Molinsea andronensis Radlk. 

Cupajiia dissitiflora Baker {loc. cit.) = Bemarivea dissiti- 
flora Choux. 

Cupania isomera Baker (/. of Bot., Vol. XX, 1882, p. 51) = 
Tina isoneura Radlk. 

Molinaea andronensis Radlk. (manuscr.). — Arbre. — 
Nord-Ouest. 

Molingea arborea Gmel. emend. (1791) et Radlk. (Siîz. d. 
k. b. Akad. zii Mûnchen, Bd. IX, 1879, p. 650). — Arbre de 12 à 
20 mètres, à feuilles persistantes. — FI. blanches (septembre- 
octobre). — Bassin du Matitana (côte est). (Se retrouve à 
La Réunion et à Pile Maurice.) 

Molinaea brevipes Radlk. {loc. cit., p. 651). — Arbre ou 
arbuste. — Sainte-Marie de Madagascar. 



INDEX DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR 19 

Molinaea campylocarpa Choux. — Arbuste ou arbre de 3 à 
15 mètres. — FI. blanches (janvier-juin). —Bois du Boina. 

Molinaea petiolaris Radlk. {loc. cit.). 

Molinaea retusa Radlk [loc. cit., p. 650). — Arbre ou 
arbuste de 5 à 6 mètres, à feuilles caduques. — FI. blanches 
(août). — Bois. Vohémar. Haut-Mananjeba. 

Molinaea rubicunda Choux. — Arbuste à feuilles persis- 
tantes. — Fr. en novembre. — Savoka des bas-bassins du 
Sakaleony et du Mananjary (Est). 

Molinaea Tolambitou Radlk. {loc. cit., p. 651). (1). 

Tina apiculata Radlk. (maniis.). 

Tina bongolavensis Choux. — ■ Arbuste de 2 à 3 mètres. — 
FI. en janvier. Fr. en juin. — Bongolava du Boina. 

Tina dasycarpa Radlk. {loc. cit., p. 663). (N. indig. : Fe- 
laborona). — Forêt de Beforona (Est). 

Tina fulvinervis Radlk. {loc. cit., p. 662). — Arbre à 
feuilles persistantes. — Fr. en décembre. — Forêt orientale et 
région centrale. 

Tina Gelonium Roem. et Schult. em. {Syst. ç. p., XXXII, 
414, 1819). — Arbre. — Nord -Ouest. Sainte -Marie de 
Madagascar. 

Tina isoneura Radlk. {loc. cit., p. 663). — Arbuste ou arbre 
de 10 à 30 mètres, à feuilles persistantes. — FI. blanches (sep- 
tembre-novembre). Fr. rouge (février). — Bois de la région cen- 
trale (montagne d'Ambre, Manankazo, Antongona, environs 
d'Ambatofangena, mont Analabe à l'ouest du massif d'Andrin- 
gitra, et massif d'Andringitra). 

Tina ma dagascariensis Radlk. {loc. cit., p. 662). — ^ Arbre. 
— • Forêt d'Analamazaotra. Région orientale. 

Tina multifoveolata Choux. — Arbuste de 2 à 3 mètres, 
à feuilles persistantes. — FI. blanches (mars). Fr. en juil- 
let. — ■ Manongarivo (Ambongo). Bassin de la Mania (Ouest). 

Tina polijphylla Baker (J. of the Linn. Soc, Vol. XXI, 1884, 
p. 335) = Tina fulvinervis Radlk. 



(1) Le Molinsea cupanioides Radlk., bien que mentionné dans le 
« Catalogue de Palacky », ne paraît pas se rencontrer à Madagascar, 
mais seulement à l'île Maurice et à La Réunion. 



20 P. CHOUX 

Tina striàta Radlk. {loc. cit.) (N. indig. : Felahrona). — 
Arbre de 5 à 10 mètres, à feuilles persistantes. — Fr. rouges (sep- 
tembre). — Bois de la région centrale : Haut-Bemarivo, vers 
800 mètres, Antongona, Nandihizana, Andrang\^loaka. 

Tina trijuga Radlk. {loc. cit., p. 662). (N, indig. : Ainpon- 
garavina). — Arbre. — Nord de l'Ankaratra. 

Tina velutina Baker (J. oj the Linn. Soc, Vol. XXII. 1887, 
p. 462) = Tina julvinervis Radlk (1). 

Tinopsis apiciilata Radlk. {Th. Dur. Ind. Gen. Phan., 1887, 
p, 78) =^ Tina apiculata Radlk. 

KOELREUTÉRIÉES 

Erythrophysa .Sîsculina Bâillon {Adans, T. XI, 1874. 
p. 239). — Petit arbre à feuilles caduques. — FI. jaune pâle 
(octobre). — Sud-Ouest ( côte IMahafaly et pays des Antanosy). 

DODONÉÉES 

Dodonsea madagascarensis Radlk. {Abh. nat. Ver. zu 
Bremen, Bd. VIII, 1884, p. 470). (N. indig. Tsitoaçina). — 
Arbre de 8 à 10 mètres. — Région centrale : sylve à lichens de 
plusieurs sommets entre 1.800 et 2.200 mètres ; pentes de 
l'Andringitra (1.600 mètres) ; Isalo (1.000 mètres). (Cultivé 
par les Malgaches pour nourrir le ver à soie ou Borocsra mada- 
oascariensis.) 

Dodonsea viscosa Linn. {Mant., II, 1771, p. 228). (N. 
indig. : Dingadingandahy, Lamhinamorona, Bingandahy, Lovi- 
nohazo, Digadigamhazaha). — Arbuste. — Très répandu dans 
toute l'île, depuis les bords de la mer jusqu'au sommet des 
plus hautes montagnes. (Se retrouve dans les régions tropicales 
et subtropicales du monde entier.) 



(Ij II nous parait difficile de faire état du Tina isaloertsis Drake 
{Bull. Mus., Paris, 1903, p. 39), considéré comme douteux par son auteur 
lui-même et dont il n'a pu être retrouvé de traces dans l'herbier du 
Muséum de Paris. 



INDEX DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR 21 



DORATOXYLÉES 

Gardiophyllarium apetalum Choux. — Arbuste de 1 à 
2 mètres, à feuilles caduques, dioïque. — FI. en octobre. Fr. on 
janvier. — Région occidentale : bois secs de l'Ambongo et bords 
de la Kapiloza ; sables du Mt Tsitondraina. (Se retrouve à 
Mayotte.) 

Filicium abreviatum Radlk. {Sitz. d. k. b. Akad. zu 
Munchen, Bd. XX, 1890, p. 277). 

Harpulliées 

Gonchopetalum madagascariense Radlk. {Th. Diir., Ind. 
Gen. Phan., 1888, p. 81). (N. vulg. : Toungouna). — Arbre. 
— FI. rouges. — Andahoul. 

Cossignia madagascanensis Bâillon {Adans., T. XI, 1874, 
p. 247) = Majidea zanguebarica Kirk. 

Harpiillia madagascariensis Radlk. {Sitz. d. k. b. Akad. zu 
Mûnchen, Bd. VIII, 1878, p. 273; et 1879, p. 519 et546) = 
Majidea zanguebarica Kirk. 

Majidea madagascariensis Radlk. {Engler Jahrb., 56, 1920, 
p. 256, in obs.) = Majidea zanguebarica Kirk. 

Majidea zanguebarica Kirk [Hooker's Icônes plantarum, 
Vol. XI, 1867-71, page 78 et plate 1097). ^ Arbre de 5 à 
20 mètres, à feuilles persistantes ou tardivement caduques, — 
FI. blanches (mai-juillet). Fr. d'un rouge vif. — Côte Nord- 
Est (Port-Leven, Vohémar). Est (Sainte-Marie). Nord (Mte 
d'Ambre). Nord-Ouest (Boina et Ambongo). Nossi-bé. (Se 
retrouve à Zanzibar.) 

En résumé, nous connaîtrions donc actuellement à Mada- 
gascar soixante espèces de Sapindacées ; et toutes les tribus, 
sauf celle des Cossigniées, y seraient représentées. 



ÉTUDE CHIMIQUE DES GRAINES 
ET DES HUILES DE PRACACHY 

ET D'OWALA 

PAR 

M. L. MARGAILLAN 

Directeur du Laboratoire national des Matières grasses 

AVEC LA COLLABORATION DE 

Mlle A. DUPUIS et M. J. ROSELLO 



Le pracachy est le Pentaclethra jilamentosa du Brésil. C'est 
donc une espèce du même genre que Vowala du Congo, qui est 
le Pentachletra macrophylla.^ 

La graine et Thuile d'owala ont déjà donné lieu à d'assez 
nombreuses études chimiques ; au contraire, les graines et 
l'huile de pracachy ont été encore jusqu'ici peu étudiées, car 
nous n'en connaissons que les analyses, d'ailleurs incomplètes, 
de Bolton et Hever en 1917 et de l'Istituto de Chimica de Rio 
de Janeiro en 1919. 

Ayant eu récemment à notre disposition, au Laboratoire 
national des Matières grasses de Marseille, des graines et l'huile 
de cette espèce brésilienne, nous avons donc cru bon de repren- 
dre ces études, et il nous a semblé en même temps intéressant 
d'en comparer les résultats avec ceux que nous ont fournis nos 
propres analyses des graines et de l'huile de l'owala africain. 

Graines et huile de pracachy 

Les graines de pracachy, en provenance du Brésil, qui nous 

ont été remises ont une forme qui rappelle celle des graines 

d'owala, mais avec un tégument gris brunâtre, strié et mat. 

Qes graines sont, d'autre part, plus petites que celles 

d'owala : elles mesurent, en moyenne, 44 mm. X 35 mm.. 

X 9 mm., et leur poids moyen est de 7 gr. 5. 



24 L. MARGAILLAN 

Un kilogramme de graines se compose de kgr. 095 de tégu- 
ments, minces et cassants, et kgr. 905 d'amandes brun gris, 
partois verdâtre, à saveur très amère, et remplissant presque 
entièrement le tégument. 

La teneur en huile de ces amandes est de 48,3 p. 100. 

Leur analyse a donné, p. 100 : 

Humidité 10,6 

Cendres 1,4 

Protéines 14,4 

Matières grasses et résinoïdes. 48, 3 

Cellulose 4,2 

Extractif non azoté 21,1 

dont glucoses 0,4 

glucides 3,6 

INDUS avons pu comparer trois huiles : 

L'une que nous avons extraite des amandes par pression ; 

Une autre extraite de ces mêmes amandes par le tétrachlo- 
rure de carbone ; 

Une troi-sième extraite, par le sulfure de carbone, de tour- 
teaux provenant de pression. 

Cette dernière huile a déjà reçu à Marseille des applications 
industrielles. 

Les deux dernières de ces trois huiles ont d'ailleurs les 
mêmes caractères. 

Par contre, elles sont très sensiblement différentes de l'huile 
résultant de la pression des amandes : 

10 L'huile de tourteau, que nous allons plus particulièrement 
prendre pour huile de comparaison, est plus acide — ce qui 
n'a rien de surprenant — que l'huile de pression. 

2o Elle a aussi une très forte teneur en résines que ne pré- 
sente pas cette huile de pression, alors qu'on n'observe pas 
cette différence, dans les mêmes conditions, pour l'huile 
d'owala. 

Ceci est en concordance avec ce que montre l'étude histo- 
logique des graines, qui possèdent chez le pracachy des poches 
résineuses qui manquent chez Towala. Et la résine de ces 
poches, chez le pracachy, est entraînée par les dissolvants, 
alors qu'elle ne l'est pas par la pression. 



GRAINES ET HUILES DE PRACACHY ET d'OWALA 25 

3° Les points de fusion des huiles d'extraction et de pres- 
sion de pracachy ne sont pas les mêmes. 

Avant de donner les détails des caractères de l'huile de 
pression des amandes et de l'huile d'extraction du tourteau, 
voici, tout d'abord, l'analyse du tourteau qui a servi à cette 
extraction : 

Humidité 9,0 p. 100 

Cendres 7,15 — 

Protéines 26, 65 — 

Matières grasses et résines 8,5 — 

Cellulose 8,9 — 

Extractif non azoté 39, 8 — 

Dans le pourcentage de cendres entrent 1,07 de potasse et 
0,64 d'acide phosphorique. Les protéines correspondent à 
4,26 d'azote. L'extractif non azoté comprend notamment 1,3 de 
sucres réducteurs et 10,7 de substances sucrées hydrolysables. 
■■ Le tourteau contient des fragments des téguments de ; 
graines ; ce qui explique peut-être la couleur très foncée de 
l'huile qu'on en tire, alors que l'huile que nous avons extraite 
des amandes seules est beaucoup plus pâle. 

Les caractères des deux huiles plus haut indiquées sont les 
suivants : 

Huile de pression Huile d'extraction 

des amandes. du tourteau. 

Couleur jaune -pâle. brun verdàtre foncé. 

Odeur faible odeur odeur prononcée de 

agréable de cacao et de café gril- 
cacao grillé. lés. 

Saveur faiblement très amère. 

amère. 

Température de fusion 28° 40o5 

Indice de réfraction 1,4561 à 40^ 1,4562 à 40^ 

Densité « 0, 919 à 19° (solide) 

Brut .- G 

Insaponifiable » 1,5 

Indice de saponification 182 176 

Indice d'acide 3,6 '60,5 

Indice d'iode 67,3 71,8 

Indice de Reichert-Meissl 1,2 1,2 

Indice d'acétyle 54, 2 59 

Teneur en résines (PM = 470).. 0,7 7,6 

Acides gras et résine » 94, 8 



26 L. MA-^GAILLAN 

Avec riiuile d'extraction, l'étude des acides gi-as insolubles 
dans Teau donne : 

Titre des acides totaux 49^3 

Poids moléculaire moyen de ces acides .. 301,4 

Acides fluides 43 p. 100 

Poids moléculaire moyen 281 , 6 

Acides concrets inférieurs à C-° 25,4 p. 100 

Poids moléculaire moyen 284 

Acides arachidique et supérieurs 23 p. 100 

Poids moléculaire moyen 315 

L'huile de pracachy présente, en définitive, avec Thuile 
d'owala, dont nous allons voir plus loin les principaux carac- 
tères, une parenté, mais aussi des différences fondamentales 
qui se traduisent par l'indice d'acétyle élevé et, pour l'huile 
d'extraction, par une haute teneur en résine. 

Pour l'huile de pracachy, il faut, en outre, bien attirer l'at- 
tention ici sur la différence, au point de vue de la teneur en 
résine, des deux huiles de pression et d'extraction, car il en 
résulte une conséquence pratique. L'emploi de cette huile, en 
savonnerie, peut, en effet, être intéressant, car son savon de 
soude possède un pouvoir mousseux assez remarquable, ainsi 
que nous l'avons constaté accidentellement ; mais donc le 
savonnier qui, sans y prendre garde, emploiera l'huile d'ex- 
traction se trouvera fabriquer un savon résineux tout en 
n'ayant pas lui-même introduit de résine. Le cas n'est pas le 
même avec l'huile d'owala. 

Quand on traite par l'alcool l'huile concrète extraite du 
tourteau, on enlève de cette huile les matières résinoïdes, et il 
se dépose, au refroidissement, une huile beaucoup plus claire. 
La matière colorante brune paraît passer, par suite, en solu- 
tion avec la résine. 

Graines et huile d'owala 

Les graines d'owala du Gabon sur lesquelles a porté notre 
étude étaient à tégument d'une belle couleur brun acajou, lisse 
et brillant. Elles pesaient de 8 à 26 grammes, avec une 



GRAINES ET HUILES DE PRACACHY ET d'OWALA 27 

moyenne de 12 grammes ; et leurs dimensions étaient de 
65 mm. x 45 mm. x 10 mm., avec, pour extrêmes, 50 à 
77 millimétrés, 30 à 48 et 8 à 13. 

Un litre de ces graines pesait kgr. 580. 

Un kilogramme de graines se compose environ de kgr. 190 
de téguments, kgr. 810 d'amandes. 

Celles-ci sont d'un brun foncé mat et remplissent presque 
entièrement le tégument. 

Leur analyse a donné : 

Humidité 8, 5 p. 100 

Cendres 2,1 — 

Protéines 25 — 

Matières grasses 41 — 

Cellulose 5 — 

Extractif non azoté 18,4 — 

Sucres réducteurs, après hydrolyse : 3,5 

Nous avons étudié comparativement : 

L'huile que nous avons extraite de ces amandes par l'éther 
de pétrole bouillant à 83° ; 

Une huile de première pression, d'origine industrielle, mais 
présentant toutes garanties d'authenticité et de pureté. 

Les caractères de ces huiles sont les suivants : 

Huile de pression. Huile d'extraction 

Couleur jaune ambré jaune 

Odeur agréable d'arachide 

Saveur légèrement amère 

Point de fusion 24° (tube effilé) 

Zone de solidification (très étendue) . 23° à 10° environ 

Indice de réfraction, à 40° 1, 4682 

Densité, à 40° 0, 902 

Brut "0 

Insaponifiable 0, 75 0,45 

Indice de saponification 181 178 

Indice d'acide 3,7 24, 7 

Indice d'iode 98,9 97,5 

Indice de Reichert-Meissl 1,27 1,26 

Indice d'acétyle 

Teneur en résine 0,5 1,9 

Acides gras insolubles et résines ... 96,4 96,2 



28 L. MARGAILLAN 

La séparation des acides concrets a été faite par les méthodes 
aux sels de plomb et de lithium (avec lesquelles les résultats 
ont été concordants), et nous avons trouvé : 

Titre des acides gras totaux 54° 

Poids moléculaire moyen de ces acides 309 

Acides fluides 51 , 6 p. 100 

Indice d'iode de ce? acides 95 

Poids moléculaire moyen 282 

Acides gras concrets (inférieurs à C-") 18,1 p. 100 

Titre 33°2 

Poids moléculaire moyen 285 

Acides arachidique et supérieurs 26,2 p. 100 

Titre 74,5 

Poids moléculaire moyen 316 

Les acides de l'huile d'owala seraient donc formés envi- 
ron, pour la moitié, d'acide oléique, puis, pour un cinquième, 
d'acide stéarique ou isoléique, et, pour un quart, d'acide 
arachidique. 



ETUDE MICROSCOPIQUE 
DE LA GRAINE ET DU TOURTEAU 

DU 

" PENTACLETHRA FILAMENTOSA " 

PAR 

M. P. CHOUX 

Docteur-ès-Sciences, Assistant de Botanique à la Faculté 
des Sciences de Marseille 



Depuis quelques années, l'attention a été attirée à plusieurs 
reprises sur l'intérêt qu'offriraient, au point de vue oléagineux, 
les graines du Pentachthra filamentosa Benth., le pracachy (ou 
pracaxy ou parua-caxy) du Brésil (1). Tout récemment, M. H. 
Jumelle (2) a précisé l'histoire de cette plante, qui est d'autant 
plus curieuse à signaler en Amérique tropicale que le genre 
Pentaclethra est surtout représenté en Afrique tropicale, où 
l'espèce la plus répandue est le Pentaclethra macrophylla Benth., 
bien connu sous le nom à''owala. 

D'autre part, M. Margaillan donnant ici même les princi- 
pales caractéristiques chimiques de cette huile de pracachy, il 
nous a paru opportun de compléter cette étude chimique par 
une description des principaux caractères microscopiques du 
tourteau, ainsi que par une étude histologique de la graine, la 
connaissance de l'anatomie de cette dernière étant nécessaire 



(1) P. Le Gointe, L'Amazonie brésilienne (Tome I, Challamel, Paris, 

1922, p. 490). 

Teixeira da Fonsega, Oleos vegetaes brasileiros (Rio-de-Janeiro, 
1922 ; d'après Rev. int. d. Rens. agric., Rome, Vol. I, n° 2, avril-juin 

1923, p. 198). 

Bertino de Moraes Garvalho, Notas sobre a industria de Oleos 
vegetaes no Brasil [Min. da Agr., Ind. e Com., Serv. de Inf., Rib-de-Ja- 
neiro, 1924, p. 125). 

(2) H. Jumelle, Le Pracachy, Pentaclethra brésilien {Les Matières 
grasses, 15 septembre 1925, p. 7279). 



30 p. CHOUX 

pour ridentification des éléments constitutifs de ce tourteau. 
Nous avons cru également intéressant de comparer ces carac- 
tères anatomiques avec ceux de Vowala, M. Jumelle ayant 
déjà, par ailleurs (loc. cit.) comparé les graines de ces deux 
espèces au point de vue de la morphologie externe. 

Graine du Pentaclethra filamentosa 

Examinée au microscope en section transversale, la graine 
de Pentaclethra filamentosa présente la structure anatomique 
suivante : 

Tégument. — Le tégument (fig. 1) est limité extérieure- 
ment par un épidenne (es) formé de cellules à parois un peu 
épaisses, tantôt allongées dans le sens tangentiel, tantôt un 
peu arrondies et tantôt plus ou moins rectangulaires. La cuti- 
cule qui les recouvre est peu développée. Ces cellules n'ont 
donc rien de caractéristique et en tout cas ne rappellent en rien 
les cellules palissadiques si fréquentes dans le tégument séminal 
des Légumineuses exotiques {i). Il en est de même d'ailleurs, ainsi 
que nous avons pu le constater — car M. Heckel, qui a étudié en 
1897 (2) la graine d'owa/a, ne décrit pas la structure histolo- 
gique de son spermoderme — dans le Pentaclethra macro phijlla, 
avec cette différence pourtant que, dans cette dernière espèce, 
les cellules épidermiques sont à parois très fortement épaissies 
et à cavité très réduite. Elles forment donc un revêtement plus 
résistant que dans le pracachy et nous verrons plus loin l'im- 
portance de cette différence au point de vue des éléments cons- 
titutifs des tourteaux. 

Il n'y a pas de zone sous-épidermique caractérisée et la plus 
grande partie du tégument est constituée par des cellules 



(1) Nguyen-Thanh-Giung, Contribution à Vétude anatomique des 
téguments séminaux des Légumineuses exotiques (Thèse, Fac. d. Se. Mar- 
seille, 1923). 

(2) Heckel, Recherches sur les graines grasses nouvelles ou peu cou- 
nues des colonies françaises [Ann. de V Institut Col. de Marseille, 1897, 
p. 188). 



ÉTUDE MICROSCOPIQUE DE LA GRAINE ET DU TOURTEAU 31 

parenchymateuses allongées tangentiellement et à membranes 
nettement épaissies (c). La coupe longitudinale révèle, d'autre 
part, que ces cellules sont relativement allongées dans le sens 
de la hauteur. Ces cellules, d'abord plus ou moins polygonales 
au voisinage de l'épiderme, deviennent à section plus ou moins 
elliptique à mesure que Ton s'avance vers l'intérieur, pour 
redevenir polygonales au voisinage de l'épiderme interne, alors 
que d'autres fois cependant elles sont elliptiques dans toute 




FiG. 1. — Coupe transversale du tégument séminal du Pentadethra 
jilamentosa : es, épidémie supérieur ; c, cellules parenchymateuses ; 
ei, épidémie inférieur. 



-C 



l'étendue du tégument. Le contenu de ces cellules parenchy- 
mateuses épaissies, ainsi que celui des cellules libériennes — 
car le tégument est parcouru par des faisceaux libéro-ligneux 
avec liber très comprimé et bois central — est fortement coloré 
en brun, ce qui donne au tégument sa coloration brun-noir, 
les cellules épidermiques étant plus ou moins incolores. 

Intérieurement l'épiderme du tégument est assez mal carac- 
térisé (ei). 

Dans Vowala, où l'enveloppe séminale est un peu plu; 
épaisse que dans le pracachy, la majeure partie de ce tégument 
est encore formée par des cellules parenchymateuses, ana- 
logues à celles que nous venons de décrire. Cependant, leur 



32 p. CHOUX 

paroi est moins épaisse. D'autre part, ces cellules, qui sont 
plus ou moins irrégulières par suite de la compression, laissent 
entre elles des méats petits, mais nombreux, et enfin sont 
nettement plus petites dans le tiers interne de ce tégument que 
dans les deux tiers externes ; elles sont aussi à contenu moins 
coloré. 

Cotylédons. — Les cotylédons sont limités sur leurs deux 
faces par un épiderme à petites cellules allongées tangentiel- 
lement et un peu cutinisées sur leur face extérieure. 

Tout le reste du cotylédon est constitué par un parenchyme 
(fig. 2, e), dont les assises les plus externes sont formées de cel- 
lules un peu plus petites que les autres, plus régulièrement 
polygonales et à membrane légèrement plus épaisse (c). La 
plupart des cellules de ce parenchyme sont gorgées de goutte- 
lettes d'huile plus ou moins volumineuses et qui se colorent en 
rouge par le Sudan IIL Cependant, il y a de place en place 
des îlots assez étendus de cellules qui renferment, non plus de 
l'huile, mais uniquement des cristaux mâclés d'oxalate de cal- 
cium. 

D'autre part, et c'est là un des caractères les plus frappants 
d^ cette graine de pracachy, il y a dans toute retendue du paren- 
chyme cotylédonaire de nombreuses poches sécrétrices^ remplies 
d'une substance qui s'est colorée en rouge par le Sudan III et 
que l'analyse chimique a révélé être une matière résineuse. Ces 
poches sécrétrices étant très nombreuses, on s'explique le 
fort pourcentage de résine trouvée dans l'huile, tout au moins 
dans l'huile extraite de la graine ou du tourteau par les dissol- 
vants, rhuile de pression ne renfermant qu'une faible quantité 
de cette résine, qui reste donc surtout dans le tourteau. M. Hec- 
kel ne signale point de semblables poches sécrétrices dans les 
graines à^owala étudiées par lui et nous n'en avons pas trouvé, 
non plus, dans les graines de l'Afrique Equatoriale Française 
que nous avons examinées. Il y a donc là uji caractère très net 
de séparation entre les deux espèces, auquel s'ajoute la présence, 
dans la graine â'owala, de grains d'aleurone qui semblent laire 
défaut dans celle de pracachy. 



ÉTUDE MICROSCOPIQUE DE LA GRAINE ET DU TOURTEAU 33 



Tourteau du Pentaclethra filamentosa 

Le tourteau de pracachy que nous avons eu Toccasion d'exa- 
miner, et qui provenait de graines brésiliennes travaillées en 
Italie, est de coloration brunâtre. C'est un tourteau cortiqué. 
L'œil nu y distingue facilement, au milieu de la gangue bru- 
nâtre, des particules presque noirâtres, qui- représentent les 
débris du spermoderme. 

Au point de vue microscopique, le tourteau de pmcac/??/ pré- 
sente un ensemble de caractères qui nous paraissent devoir 
en rendre Tidentification assez aisée. Tout d'abord, le tégu- 
ment de la graine s'y présente sous divers aspects que nous 
avons représentés dans la figure 2. Vues par leurs extrémités 
supérieure ou inférieure (a), ces cellules du tégument sont 
polygonales, à parois épaisses et ponctuées. Isolées, elles sont 
plus ou moins irrégulières, (a'). D'autres fois, on rencontre des 
plaques plus ou moins incolores (6), dans lesquelles les éléments 
cellulaires vus par leurs faces latérales sont relativement allon- 
gés et à parois irrégulièrement épaissies. Ces divers aspects 
diffèrent évidemment un peu 'de ceux que l'on obtient lors- 
qu'on examine le tégument en coupe longitudinale ou en coujdc 
transversale. En particulier, les cellules y sont nettement moins 
comprimées et paraissent plutôt augmentées de volume. Mais 
il ne faut pas oublier que, suivant la méthode indiquée par 
MM. Collin et Perrot (1), il est nécessaire pour l'examen du 
tourteau d'en faire bouillir un fragment avec une pastille de 
potasse et que, par suite de cette technique, il y a, surtout 
avec des fragments relativement petits, gonflement des cel- 
lules. 

On ne retrouve pas de débris d'épiderme, cette assise parais- 
sant relativement fragile et se séparant assez facilement du 
reste du tégument. Elle est certainement brisée par la pres- 
sion. 



(1) Collin et Perrot, Les Résidus industriels de la fabrication des 
huiles et des essences utilisés par l'Agriculture comme aliments et comme 
■ engrais (Mais. d'Ed. Scient., litt. et artist« A. Joanin, Paris, 1904). 

3 




FiG. 2. — Eléments du tourteau de pracachy. 

a, cellules du tégument vues par leurs extrémités supérieure ou infé- 
rieure ; a', les mêmes isolées ; b, les mêmes vues par leurs faces laté- 
rales ; c, cellules externes du parenchyme cotylédonaire ; d, paren- 
chyme à oxalate de calcium ; e, ps^renchyme oléifère ; /, poches sécré- 
trices isolées ; g, poche sécrétrice avec débris de parenchyme adhé- 
rent ; h, gouttelettes d'huile ; mâcles d'oxalate de calcium. 



ETUDE MICROSCOPIQUE DE LA GRAINE ET DU TOURTEAU 35 

Les assises les plus externes du parenchyme cotylédonairc, 
dont les cellules sont plus petites que les autres, à contour 
nettement polygonal et à membrane un peu épaissie, forment 
des plaques, comme celle que nous avons figurée en c. Puis 
on trouve encore dans le tourteau : 

Des débris très nombreux du parenchyme oléifère (A), qui 
renferment d'assez nombreuses gouttelettes d'huile ; 

Des fragments de parenchyme à oxalate de calcium (c?), puis- 
que ces cristaux d'oxalate sont toujours^roupés dans certaines 
régions de la graine. 

Enfin des poches sécrétrices, tantôt complètement libres et 
isolées (/), et formant alors comme de grosses sphères dans les- 
quelles en faisant varier la mise au point du microscope on voit 
très nettement les cellules limitantes, tantôt munies encore 
de quelques débris de parenchyme (g). 

La présence de ces poches sécrétrices nous parait absolument 
typique pour la reconnaissance du tourteau de pracachy; et 
cette présence, puis celle du parenchyme cotylédonaire à 
oxalate de calcium, ainsi que les divers aspects des cellules du 
tégument constituent un ensemble de particularités qui nous 
semblent vraiment bien caractéristiques. 

Ces particularités ne se retrouvent pas dans le tourteau 
d'owa/a, où l'on peut identifier les éléments suivants. Tout 
d'abord, on y rencontre des plaques d' épidémie du tégument 
séminal, oîi les cellules vues de face se reconnaissent fort bien 
à leur coloration brunâtre et surtout à ce que leur cavité parait 
presque nulle. De plus la plaque présente des stomates très 
nets avec cellules stomatiques bien visibles. Remarquons tout 
de suite qu'on ne trouve rien de semblable dans le tourteau 
de pracachy et que, par ailleurs, c'est là, nous semble-t-il, le 
caractère le plus frappant du tourteau à'owala. 

Dans les spécimens que nous avons examinés et qui pro- 
viennent du Gabon-Congo, les autres éléments du spermo- 
derme ne se rencontrent guère en fragments susceptibles d'être 
analysés microscopiquement. En effet, ces tourteaux, obtenus 
avec des graines très grossièrement broyées, ne renferment que 
d'énormes fragments de tégument. Il est par suite nécessaire 

3» 



36 p. CHOUX 

de dissociei' à l'aiguille ces morceaux pour y retrouver les 
cellules parenchymateuses dont nous avons parlé précédem- 
ment. iMaife il est possible que dans un tourteau industriel le 
broyage du tégument soit plus parfait que dans notre tour- 
teau indigène et que par suite on puisse y trouver de menus 
fragments de ce tégument se présentant sous des aspects légè- 
rement différents de ceux que l'on peut obtenir par la seule 
dissociation. 

La gangue du tourteau est presque uniquement constituée par 
les débris des cotylédons. Le parenchyme cotylédonaire est 
facilement reconnaissable avec ses grandes cellules souvent 
vides, mais d'autres fois remplies de globules d'huile et con- 
tenant souvent aussi des grains d'aleurone. On retrouve égale- 
ment des fragments d'épiderme adhérents à ce parenchyme 
cotylédonaire, soit que cet épiderme se présente sous un aspect 
identique à celui qu'il a dans la coupe transversale, soit que, 
vues de face, les cellules en soient un peu différentes. 

Ainsi donc, les graines du Pentaclethra filamentosa, ou pra- 
cachy, et celles du Pentaclethra macrophylla, ou o\vala, ne sont 
pas seulement différentes par leur morphologie externe, mais 
le sont encore par leur structure interne ; et les tourteaux de 
ces deux graines oléagineuses présentent, eux aussi, des carac- 
tères spéciaux qui doivent en rendre la distinction très aisée 
dans la pratique commerciale. 



ÉTUDE CHIMIQUE DE LA GRAINE 
ET DE L'HUILE DE JABOTY 

PAR 

M. L. MARGAILLAN 

Directeur du L^ibjraloire naliqnal des Matières grass^^s 



Le jabotj/esi une plante du Brésil qui reste encore botanique- 
ment indéterminée (1). 

Les amandes par nous étudiées sont oblongues, sans albumen, 
de couleur ocre, de 30 millimètres environ sur 11 millimètres 
de diamètre et pèsent, en moyenne, 2 gr. 1. 

Elles ont pour composition : 

Humidité 5, 7 p. 100 

Cendres 4 — 

Matières protéiques 7,9 — 

Matières grasses 53, 7 — 

Cellulose 12,4 - 

Extractif non azoté 16,3 — 

Glucoses : 1 

Glucides : 12 

L'huile extraite par solvant et l'huile extraite par pression 
ont, à l'acidité près, les mêmes caractères. 



(1) Diverses flores brésiliennes et Huber, dans ses Materiaes para a 
Flora amazonica, appliquent le nom indigène de jaboty à une Vochysiacée, 
VErisma calcaratum, du Para et de la Guyane, mais les graines que, sous 
ce nom de jaboty, nous avons eues à deux reprises entre les mains, au 
Musée Colonial de Marseille, et de deux provenances différentes — et 
dont les amandes sont celles étudiées ici — n'appartiennent certainement 
pas à cette plante, qui serait peut-être plutôt une Lécythidacée (H. J.). 



38 L. MARGAILLAN 

L'huile extraite par pression — qui est celle que nous avons 
particulièrement étudiée — a une saveur qui n'est pas désa- 
gréable ; et elle a pour principales caractéristiques : 

Couleur jaune très-pâ]e. 

Point de fusion 45° 

Solidification vers 36° 

Indice de réfraction, à 40° 1 , 4553 

Indice de saponification 228 

Indice d'acide 7 

Indice d'iode 23, 1 

Indice de Reichert-Meissl 1,3 

Indice d'acétyle , 32 

Insaponifiable p. 100 1,6 

Matières résineuses p. 100 3 

Les acides gras insolubles (94,3 p. 100) ont pour poids molé- 
culaire moyen 259 et pour titre Sb^i. 

L'étude des sels de plomb et de lithium montre que ces 
acides gras contiennent des constituants de poids moléculaire 
relativement faible et que l'on peut sensiblement leur assigner 
la consLitution suivante : 

Acide fluide 35 p. 100 

Acide stéarique 3.4 — 

Acide palmitique 43, 6 — 

Acide myristique 28 — 

Cette huile de jaboty, concrète à la température ordinaire, 
et dont le point de fusion est assez élevé, paraît donc intéres- 
sante par sa teneur en acides palmitique et myristique. 



CONTRIBUTIONS A LA FLORE 
DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE '^' 

(Plantes ligneuses récoltées en 1924 par M. K. MEZ.GER) 

PAR 

M. A. GUILLAUMIN 



Les espèces dont la liste est donnée ci-après ont été déter- 
minées d'après des échantillons botaniques qui accompa- 
gnaient une collection de bois rapportée de Nouvelle-Calédonie 
et donnée au Musée Colonial de Marseille par M. Kuno Mez- 
ger, docteur d'Université. 

Tous ces échantillons ont été recueillis en 1924 pendant la 
saison fraîche, durant les mois de janvier, février, mars et au 
début d'avril. Les récoltes ont eu lieu aux environs de Nou- 
méa (route de Païta, route de la Corniche et baie de Magenta), 
dans la région boisée du district de Païta, et à la baie des Pi- 
rogues, ainsi que sur les collines avoisinant cette baie, jusqu'à 
400 mètres d'altitude. 

Les espèces précédées d'un astérisque sont nouvelles pour 
la région ; quelques autres n'avaient pas encore été récoltées 
dans les localités indiquées. 

Montrouziera sphseroidea Panch., ex Planch. et Triana. 
— Baie des Pirogues (n" 92 de l'Herbier Mezger). Arbre- 
orseille, sans doute à cause de la couleur orange foncé rou- 
geâtre du cœur de l'arbre. 

Garcinia densiflora Pierre ??. Païta (n^ 48). Si l'échan- 



(1) Voir : Annales du Musée Colonial de Marseille, 1911 et 1912 ; 
Notulse systematicœ, 1911 ; Bulletin du Muséum d'Histoire Naturelle de 
Paris, 1911-1925. 



40 A. GUILLAUMIN 

tillon se rapporte bien à cette espècs, celle-ci n'était connue 
jusqu'ici que dans la région de Wagap. 

Galop hyllum caledonicum Vieill. — Païta (n» 71) et baie 
des Pirogues {n° 95). Tomanou de montagne. 

Hibiscus Rosa-sinensis L. — Païta (n^ 77). 

Hibiscus tiliaceus L. — Nouméa (n^ 15). Bourao. 

Thespesia populnea Cav. — Nouméa (n» 17). Bois de rose. 

Melochia odorata L. f. — Nouméa (n» 35). 

Commersonia echinata Ait. — Païta (n^ 60). 

Maxwellia lepidota Baill. — Baie des Pirogues (n» 120). 

Elœocarpus persicifolius Brong. et Gris. ■ — Nouméa 
(no 39). Cerisier. 

Citrus Aurantium L. — Païta (n^ 74). Oranger. 

Gitrus medica. L. — Nouméa (n^ 33). Limonier. 

Soulamea îraxinifolia Brong. et Gris. — Païta (n" 73). 

Ganariellum oleiferum Engler. — Nouméa (n^ 115). Bois 
d^absinthe ; nom donné d'ordinaire à V Endiandra Baillonii 
Guillaumin. Echantillon remarquable par ses feuilles toutes 
unifoliolées. 

Melia Azedarach L. — Nouméa (n^ 30). Lilas. 

Dysoxylum gatopense C. DC. ? — Baie des Pirogues 
(no 105). Houp ; nom donné d'ordinaire au Montrouziera cau- 
liflora. 

Dyxoxylum Lessertianum C. DC. — Païta (n*^ 61). 

Aglaia elaeagnoides Benth. — Nouméa (n^ 21). Bois de 
foret 

Flindersia Fournieri Panch. et Seb. — Baie des Pirogues 
(no 102). Chêne blanc. 

Elœodendron curtipendulum Endl. — Nouméa (n^ 25). 
Olivier \ nom appliqué par Sebert à VOlea Thozetii. 

Alphitonianeo-caledonica Guillaumin. — Nouméa (n^ 23). 

Elattostachys apetala Radlk. — Nouméa (n^ 43). 

Arytera lepidota Radlk. — Païta (n^ 72) et baie des Pi- 
rogues (no 125). 

Euroschinus obtusifolius Endl. — Baie des Pirogues 
(no 87). 

*Schinus terebinthifolius Raddi. — Nouméa (n» 32). 



CONTRIBUTIONS A LA FLORE DE LA NOUVELLE-CALEDONIE 41 

Fanx-Powrier. Espèce introduite, déjà signalée aux îles 
Loyalty, mais pas encore en Nouvelle-Calédonie. 

Semecarpus atra Vieill. — Nouméa (n^ 44). Acajou blanc. 

*Peltophorum ferrugineum Benth. — Païta (n^ 78). 
Pkinte d'Asie, de la Malaisie et de la côte Nord de l'Australie, 
nouvelle pour la Nouvelle-Calédonie, où elle a été peut-être 
introduite à cause de son bois excellent {Faux-Lim). 

*H8ematoxylum campechianum L. — Païta (n^ 79) 
Introduit. Bois de sang. 
• Poinciana regia Boj. — Nouméa (n^ 10). Flamboyant. 

Storckiella Pancheri Baill. — Baie des Pirogues (n^ 111). 
Frêne. 

*Cassia Fistula L. — Nouméa (n^ 30 bis). Introduit 

*Cassia siamea L. — Nouméa (n^ 42). Introduit. 

*Bauhinia Happlerii Sagot. — Nouméa (no 41). Introduit 
par les Missionnaires. 

Tamarindus indica L. — Païta (n^ 76). Tamarinier. 

Leucsena glauca Benth. — • Nouméa (n^ 29). Acacia. 

Acacia Farnesiana Willd. • — Nouméa (n^ j2). Cassie. 

Acacia simplicifolia Schinz et Guillaumin. — Nouméa 
(no 18). 

Acacia spirorbis Labill. — Nouméa n^s 3 et 34). Faux- 
gaïac. 

Albizzia Lebbek Benth. — Nouméa (n^ 11). Bois noir. 

Serianthes calycina Benth. — Païta (n^ 56). Forfaï. 
Faux-acacia. 

Codia îloribunda Brong et Gris. — Rivière des Pirogues 
(n<^ 93). Chêne rouge ; nom également appliqué au Pancheria 
iernata. 

Pancheria Sebertii Guillaumin. — Rivière des Pirogues 
(no 114). Chêne gris. 

Geissois hirsuta Brong. et Gris. ? — Rivière des Pirogues 
(n^ 118). Tamanou de rivière. . 

Geissois pruinosa Brong. et Gris. — Païta (n^ 66). Faux- 
moc. 

Bniguiera eriopetala W. et Arn. • — Rivière des Pirogues 
(no 97). Palétuvier. 



42 A. GUILLAUMIN 

Terminalia Gatappa L. — Nouméa (n^ 46). Signalé 
seulement jusqu'ici dans la région Nord et à l'île des 
Pins. 

Lumnitzera racemosa Willd. — Marais de la baie des 
Pirogues {n^^ 96 et 122). Palétui^ier rouge, sans doute à cause 
du bois car les fleurs sont blanches dans cette espèce, mais 
rouges chez le L. coccinea ; nom donné d'ordinaire au Rhizo- 
phora miicronata et au Bruguiera eriopetala. Paléluvier à 
petites fleurs blanches. 

Melaleuca Leucadendron L, — Nouméa (n^'^ 5 et b bis). 
'Niaouli blanc de plaine. — Païta (n» 57). Niaouli rouge de mon- 
tagne. — Près des marais, et à partir de 200 mètres d'altitude, 
le « niaouli blanc » est dit « niaouli rouge », à cause de la teinte 
plus foncée du bois, qui est aussi plus dur. 

Spermolepis gummifera Brong et Gris. — Rivière des 
Pirogues (n^ 104). Chêne-gomme. " 

Xanthostemon rubrum Niedenzu. — Rivière des Pirogues 
(n^ 101). Nul ne s'y frotte ; ainsi nommé à cause de l'extrême 
dureté du bois. 

Pleurocalyptus Deplanchei Brong. et Gris. — Rivière 
des Pirogues (n^ 109). Nul ne s'y frotte frisé. 

Psidium Guajava L. — Nouméa (n» 13). Goyavier. 

Jambosa pseudo-malaccensis Vieill., ex Brong. et Gris. 
— Païta (no 63). Pommier -canaque ; nom donné aussi à VEu- 
genia Brackenridgei et au Ximenia elliptica. 

Syzygium multipetalum Panch., ex Brong. et Gris. — 
Païta (nos 51 et 81). 

Syzygium wagapense Brong. et Gris. — Rivière des Pi- 
rogues (no 110). Faux-chêne. 

Pemphis acidula Forst. — Nouméa (n^ 4), 

Sonneratia alba Sm. — Nouméa (n^ 12) et marais de la 
baie des Pirogues (n» 98). Palétuvier. 

Homalium Guillainii Briq. — Païta (n» 69). Espèce non 
encore signalée jusqu'ici dans la région Sud. 

Myodocarpus fraxinifolius Brong. et Gris. — Baie des 
Pirogues (n» 106). Arbre- carotte. 

Myodocarpus involucratus Dub. et Vig. — Païta (n^ 52). 



CONTRIBUTIONS A LA FLORF DE LA NOUVELLE-CALEDONIE 45 

Dyzygotheca elegantissinia R. Vig, et Guillaum. — Baie 
des Pirogues (n^ 85). 

Mcrierina raontana Vieill. — Païta (n^ 68). 

Gardénia Aubryi Vieill. — Païta (nos 47 et 67). 

Gardénia lucens Panch. et Seb. — ■ Païta (no 84). 

Guettarda hypolasia Baill. — • Baie des Pirogues (no 124). 

Guettarda speciosa L. — ■ Nouméa (n^ 19). Faux-figuier. 

Leucopogon cymbulge Labill. var. angustifolius Brong. et 
Gris. — Baie des Pirogues (n^ 123). Arbuste à tronc tordu, 
poussant au bord des rivières ; ses racines s'avancent dans l'eau. 

Ghrysophyllum Balansse Baill. — Baie des Pirogues 
(no 119). Azon et Wakere ; noms appliqués à diverses Sapo- 
tacées. 

Pycnandra ? Benthamii Baill. ? — Baie des Pirogues 
(nos64et 128). Si réchantillon, très incomplet, se rapporte bien 
à ce genre et à cette espèce, ce serait la première fois que cette 
plante serait trouvée dans la région Sud. 

Maba ruminata Hiern. — Nouméa (n^ 22). 

Maba yahouensis Schlechter. — Nouméa (n» 38). 

Diospyros macrocarpa Hiern. — Païta (n» 58). Noloa. 

Diospyros Seberti Guillaumin. — Nouméa (n^ 17 bis). 

Symplocos nitidus Brong. et Gris. — Baie des Pirogues 
(n» 91). Espèce nouvelle pour la région Sud. 

Pterochrosia Vieillardi Baill. — Baie des Pirogues (n^ 100). 
.4 rbre- candélabrt. 

Fagrsea Schlechteri Gilg et Benedict. — Baie des Pi- 
rogues [vfi 130). 

Cordia Myxa L. — Nouméa (n» !«). Gommier. 

Duboisia myoporoides R. Br. — Baie des Pirogues (n" 89). 

Myoporum crassifolium Forst. — Nouméa (n^ 6). Faus- 
sant al. 

Vitex trifolia L. ■ — Nouméa (n^ 7). 

Lantana Gamara L. — Nouméa (n»» 8 et 9). 

Duranta Plumieri Jacq. — ■ Païta (n^ 75). Signalé aux îles 
Loyalty, mais pas encore en Nouvelle-Calédonie. 

Prenina integrifolia L. ■ — Nouméa (n^ 24). 

Oxera sulfurea Dub. — Païta (n^ 59). 



44 A. GUILLAUMIX 

Avicennia oîficinalis L. — ■ Nouméa, sur la route de la Cor- 
niche, au cinquième kilomètre, dans les marais au bord de la 
mer (n^ 16). Palétuvier blanc. 

Cryptocarya odorata Guillaumin. — Païta (n" 70). Santal 
fitrin. Savonnette. 

Grevillea Gillivrayi Hook. f. — Païta (n^ 86) et baie des 
Pirogues (n^ 107). Hêtre blanc ; à Païta ; nom donné 
d'ordinaire aux Stenocarpus iimbeUatns et Dielsianus. Hêtre 
rouge, à la baie des Pirogues ; probablement confusion de nom 
indigène avec le G. rubiginosa. 

Grevillea heterochroma Brong. et Gris. — Païta (n» 55). 
Brosse à dents ; à cause de l'aspect des inflorescences dont tou- 
tes les fleurs sont rejetées unilatéralement. 

Grevillea rubiginosa Brong. et Gris. — Baie des Pirogues 
(no 121). Hêtre rouge. 

Stenocarpus trinervis Guillaumin. — Baie des Pirogues 
(no 108). Hêtre noir. 

Santalum austro-caledonicum Vieill. ■ — Baie des Piro- 
gues (no 129). Santal. 

Aleurites moluccana W'iJld. — ■ Païta (n^ 50). Bancoulier. 

Fontainea Pancheri Heck. — Païta (n^ 83). 

Trema Vieillardii Planch. — Nouméa (n° 31). 

Ficus stenocarpa Muell. — Nouméa (n^ 26). 

Ficus Vieillardiana Bur. — Baie des Pirogues (n° 126). 

Sparattosyce dioica Bur. - — Baie des Pirogues (n^ 88). 

Gasuarina Gunninghamiana Miq. - — Nouméa (n°^ 14 et 
14 bis). Bois de fer. 

Gasuarina equisetifolia Forst. var. incana J. Poiss. — 
Nouméa, au bord de la mer (n^ 28). Bois de jer. 

Gasuarina nodiflora Forst. ? — Païta (n° 54). 

Gasuarina Poissoniana Schltr. — Païta (n^ 53). Petit bois 
de fer de montagne. 

Agathis ovata Warburg. — Baie des Pirogues (n°94). Kaori. 

Araucaria Gookii R. Br. forme de jeunesse. — Baie des 
Pirogues (n» 113). Pin colonnaire. 

Podocarpus Novse-Galedonige Vieill. — Baie des Piro- 
gues (no 99). 

OKLÉASS. — lilP. H. TESSIER. — ir,-C-26. 



Perrier de la Bathie : La Végétation malgache. 

ler Fascicule. — H. Jumelle : Les Aponogeton malgaches. 
H. Jumelle : Le Cycas Thouarsii. 

2^^ Fascicule. — H. Chermezon : Revision des Cypéracées de Mada- 
gascar (2" partie). 

^me fascicule. — H. Jumelle : Les Chrysalidocarpus, Palmiers de Ma- 
dagascar. 

1933 

1er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections bota- 
niques du Musée Colonial de Marseille : Afrique 
Equatoriale Française. 

2^^ Fascicule. — P. Choux : Nouvelles Etudes biologiques sur les Asclé- 
piadacées de Madagascar. 
G. Clôt : Quelques Graines oléagineuses des Colonies 
Françaises. 

3"»e Fascicule. — Van Gaver : Contribution zoologique à l'Etude des 
Huiles d'Animaux marins. 

1934 

ler Fascicule. — V. Autran : Notes sur les Plantes oléagineuses de 

l'Afrique Equatoriale Française. 
Vidal et Aribert : Essais de fabrication de papier 

avec le Leptadenia Spartum. 
2«»e Fascicule. — H. Jumelle : Les Neodypsis, Palmiers de Madagascar. 
3me Fascicule. — P. Choux : Les Tubercules du Panicum maximum et 

du Cyperus articulatus. 
4™^ Fascicule. — E. Miège : Note sur un Cotonnier marocain. 

193Î3 

ler Fascicule. — Labrande : Etude chimique du Bdellium d'Afrique. 
2me Fascicule. — h. Margaillan : Etude chimique de quelques graines 

oléagineuses des pays chauds, et, en particulier, des 

colonies françaises. 



MODE DE PUBLICATION 
ET CONDITIONS DE VENTE \ 

\ 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 
1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs 
fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur 
importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographi- 
ques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris, à laquelle 
toutes les demandes de renseignements, au point de vue 
commercial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à 
M. Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, 
directeur du Musée Golonial de Marseille, Faculté des 
Sciences, place Victor-Hugo, à Marseille. 



Chez Baillière et Fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuille, Paris. 

LES HUILES VÉGÉTALES 
Origines ; procédés de préparation ; caractères et usages 

par Henri Jumelle, 
Professeur à la Faculté des Sciences 

1 volume de 490 pages : 15 francs 



ORLÉANS, IMP. H. TESSIEB 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 



DIRIGEES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trmte-qiuatrième année. 4» série, ¥ volume (1926) 

PREMIER FASCICULE 

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE 

DE L'INDOCHINE 

par M. F. GAGNEPAIN ' 

Assistant de la chaire de Phanérogamie 
au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

place VICTOR-HUGO 

1926 



SOMMAIRES 

des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 



2me Fascicule. 



1918 

1®' Fascicule. — Douron et Vidal : Essais de fabrication de papier 
avec la Passerine hirsute et d'autres Thyméléacées. 

Douron et Vidal : Essais de fabrication de papier 
avec le Bois-bouchon de la Guyane Française. 

H. Jumelle et Perrier de la Bathie : Nouvelles 
observations sur les Mascarenhasia de l'Est de 
Madagascar. 

H. Jumelle : Les Dypsis de Madagascar. 

G. Carle : L'Elevage à Madagascar. 

H. Jumelle : L'Elevage et le Commerce des viandes 
dans nos Colonies et quelques autres Pays. 

Louis Racine : Palmistes et Noix de Bancoul de 
Madagascar. 

Herbert Stone : Les Bois utiles de la Guyane Fran- 
çaise (suite). 

1910 

l®r Fascicule. — Félix Gérard : Etude systématique, morphologique 
et anatomique des Chlaenacées. 

G. Vernet : Notes et Expériences sur la coagulation 
du latex d'hévéa. 

R. Cerighelli : La farine des graines et la fécule des 
tubercules de l'Icacina senegalensis. 

H Jumelle : Les Aracées de Madagascar. 
2^^. Fascicule. — E. de Wildeman : Quelques Palmiers congolais. 

H. Ghermezon : Revision des Cypéracées de Mada- 
gascar. 

Denier et Vernet : Etude bactériologique de la coa- 
gulation naturelle du latex d'hévéa. 

G. Glot : Analyse de Pois du Cap de Madagascar. 

G. Glot : Composition chimique de deux graines de 
Palmiers de Madagascar. 

19âO 

1^"^ Fascicule. — Aimé Jauffret : Recherches sur la détermination 
des bois exotiques colorés d'après les caractères chi- 
miques et spectroscopiques. 
2^^}Fascicule. — Herbert Stone : Les Bois utiles de la Guyane Fran- 
çaise (fin). 
Supplément. — Index alphabétique des noms botaniques et indigènes 
cités dans Les Bois utiles de la Guyane Française. 

1931 

Perrier de la Bathie : La Végétation malgache. 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1926) 



ANNALES 



DU 



MUSEE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-quatrième année. 4« série, 4e volume (1926) 

PREMIER FASCICULE 

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE 

DE L'INDOCHINE 

par M. F. GAGNEPAIN 

Assistant de la chaire de Phanérogamie 
au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris 



->^:iîrs^55^^ 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 
1926 



QAkUetS 



CONTRIBUTION 

A L'ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE 

DE L'INDOCHINE 

PAR 

M. F. GAGNEPAIN 

Assislanl de la chaire de Phanérogamle 
au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris 



Au point de vue purement de la géographie botanique, 
la Flore générale de Vlndochine^ actuellement en cours de 
publication, vient combler une très importante lacune en 
apportant des documents nombreux et variés sur un immense 
territoire qui fut pendant longtemps à peu près inexploré 
botaniquement. Parmi des domaines floristiques depuis long- 
temps étudiés, r Indochine faisait sur la carte une large tache 
noire qu'il importait d'effacer. L'œuvre fut commencée en 
1907 et depuis cette date déjà reculée, patiemment, laborieu- 
sement, régulièrement, un fascicule parut après l'autre. Au- 
jourd'hui (fin de 1925) 35 fascicules sont publiés, représen- 
tant environ 4.350 pages, soit plus des quatre septièmes de 
l'ouvrage complet. Des familles très importantes par l'éten- 
due sont élaborées .* Légumineuses, Rubiacées, Composée^, 
Cypéracées et Graminées, Euphorbiacées. Sur 173 familles, 
114 sont publiées. 

Il n'est sans doute pas trop tôt pour signaler au monde 
botanique l'importance des faits nouveaux contenus dans 
l'ouvrage. Aussi bien, pour que cette importance frappe l'es- 
prit, il est inutile de glaner partout les preuves de la démons- 
tration qui peut être faite : quelques faits saillants, bien choisis 
dans deux familles riches, suffiront quant à présent. 

Le domaine territorial étudié dans l'ouvrage comprend 
toute la partie continentale de la grande presqu'île indochi- 



6 F. GAGNEPAIN 

noise, sauf la Birmanie. Le Tonkin, l'Annam, le Laos, le Cam- 
bodge, la Cochincliine et le Siam continental appartiennent 
donc à ce domaine. Ce n'est qu'à titre tout à fait exception- 
nel que figurent dans l'ouvrage quelques espèces d'Haïnan. 
du sud de la Chine ou de la Péninsule malaise parce que les 
auteurs ont supposé, selon toute vraisemblance, qu'elles se 
retrouveront dans le domaine propre de la Flore. La sur- 
face approximative de ce vaste territoire peut être évaluée à 
1.000.000 de kilomètres carrés, soit, en nombre rond, deux 
fois celle de la France. Un coup d'œil jeté sur la carte de 
l'Indochine donne une idée de son relief. La frontière chinoise 
du Tonkin est souvent élevée : 2.800 mètres à l'ouest de Lao- 
kay, 3.000 vers Muong-xen, 1.500 vers Lang-son ; c'est donc 
un vaste plateau que représente le Tonkin, incliné du Nord- 
Ouest au Sud-Est vers la mer de Chine. Partant de TOuest 
du Tonkin, une grande chaîne s'incline vers le Sud en décri- 
vant un S adouci ; les deux tiers méridionaux de sa longueur 
ont pris le nom de Chaîne Annamitique. Cette chaîne, à la 
hauteur de Vinh, se rapproche très près de la côte d'Annam, 
lui donnant partout son aspect tourmenté et abrupt. On trouve 
du Nord au Sud. sur cette chaîne en S, des cotes comme celles 
ci: 2.050 mètres, 2.000, 1.230 (en face de Vinh), 2.500 (en face 
de Hué), 2.500 (plateau d'Attopeu), 1.800 (Lang-bian). La 
chaîne achève sa courbe dans la Cochincliine orientale, où on 
trouve des hauteurs de 800 et 480 mètres. Le Cambodge indo- 
occidental est montagneux, les /?«07??>ç (montagnes) y accusent 
des hauteurs de 1 .200 mètres (direction de Chantaboum) et 975 
(près Kampot). Le Siam confine à la Birmanie au Nord et à 
l'Ouest ; c'est dans cette direction que l'on a des cotes de 2.187 
et même 2.575 mètres. A l'Ouest, la grande chaîne qui forme la 
charpente de la presqu'île Malaise accuse des hauteurs, du 
Nord au Sud, de 1.600, 2.100, 1.050 mètres dans la partie 
continentale, et 2.400 et peut-être 3.000 mètres dans la partie 
péninsulaire. Ainsi deux grandes chaînes de montagnes, orien- 
tées sensiblement du Nord au Sud limitent, à l'Ouest et à 
l'Est, le domaine de la Flore. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 7 

Trois fleuves principaux arrosent les vallées : traversant le 
plateau tonkinois, le Fleuve Rouge, en direction Nord-Ouest- 
Sud-Est, descend des hautes cimes chinoises; le Mékong se 
dirige vers le Sud à travers le Laos et le Cambodge et forme de 
la Gochinchine presque entière un vaste delta ; enfin le Ménam 
descend vers le Sud en traversant le Siam. Ces trois fleuves 
apporteront assez loin dans leurs vallées les plantes de leur 
cours supérieur, facilitant singulièrement la dispersion des 
espèces. A la faveur des chaînes du Siam et de l'Annam sur- 
tout, les espèces septentrionales auront des facilités pour 
s'acheminer progressivement vers le Sud. Par contre, les 
espèces tropicales, cela se conçoit, auront des difficultés à 
franchir, dans le sens des parallèles, des montagnes qui attei- 
gnent 2.000 mètres et plus sur certains points. Déjà par la 
configuration du sol, nous prévoyons que les immigrations 
des formes végétales se feront par le Nord. Il en serait de 
même par le Sud si l'Océan ne formait un obstacle infranchis- 
sable, dans cette direction, pour les espèces montagnardes des 
îles de la Sonde en voie de dispersion vers l'Indochine. 

Il est évident que si quelques points seulement du domaine, 
de la Flore étaient explorés, la « Flore de l'Indochine » n'au- 
rait pu être entreprise ; et les données géo-botaniques, étant 
rares, ne permettraient guère de conclusions. Citons ici les 
principaux collecteurs et les points où ils ont opéré ; on verra 
par là combien le territoire Indochinois a été aujourd'hui 
complètement exploré. 

Balansa (1886-1892). Haïphong, Tonkin, principalement mt. Bavi, 
Rivière Noire. Plus de 5.000 numéros (1). 

Baudoin (1867-1868). Gochinchine. 200 numéros. 
Baume (1833). Tourane, Haïnan. 167 numéros. 
Bauvais (1898-1900). Vers Long-tchéou, Haïnan. 



(1) Les collecteurs qui ont récolté 1.000 numéros ou plus ont leurs 
noms en lîa/j^ue ; plus de 5.000, en CAPITALES ;plus de 10.000, en carac- 
tères gras. 



8 F. GAGNEPAIN 

Bois (D.), (1911). Tonkin, Caï-kin, Lang-bian, Cochinchine, 1.200 nu- 
méros. 

Bon (P.) (1883-1895). Hanoï, Ninh-binh, région de Lac-tho, N. An- 
nam. Plus de 6.000 numéros. 

Chevalier (Aug.). (1913-1919) différentes régions. Plus de 11.000 nu- 
méros. 

Couderc (D^) (1883-1885). Tourane et Cambodge. 1.147 numéros. 

D'Alleizette (1910). Tonkin. 486 numéros. 

D'Orléans (H.), (1892). Laos. Plus de 200 numéros. 

Duport (1914-1925). Tonkin, Cho-ganh. Plus de 400 numéros. 

Dupuy (1900). Laos : Luang-prabang. Plus de 300 numéros. 

Eberhardt (Ph.) (1906-1920). Annam : Hué, Lang-bian, Tiiua-thien, 
Thua-luu. Tonkin : Hanoï, Langson, Vinh-yen, Tliai-nguyen, Tiauyen- 
quan, Hoa-binh, Phu-tho, Bac-kan, Tam-dao. Près de 6.000 numéros. 

Evrard (1923). Cambodge, Cochinchine, Annam. 1848 numéros. 

Finet (Ach.). — VoirLecomte. 

Gaudichaud (1837). Tourane. 182 numéros. 

Germain (1868). Cochinchine et Poulo-Condor. 445 numéros. 

Geoffray (1904-1907). Cambodge : Kampot. 500 numéros. 

Godefroy (1876-1878). Cochinchine et Cambodge. 872 numéros. 

Gourgand (1909). Cambodge : env. de Pnom-penh. 536 numéros. 

Hahn (Dr) (1888-1896). Cambodge. Plus de 500 numéros. 

Harmand (D^) (1875-1878). Cochinchine, Laos, Poulo-Condor, Donnaï. 
Près de 2.900 numéros. 

Hayata ^B.) (1921-1922). Annam mérid. 775 numéros au Muséum. 

Hosseus (Dr) (1911). Siam : Xieng-mai. 546 numéros. 

Kerr (D^) (1909-1925). Siam. 1.000 numéros au Muséum. 

Krempf (1913). Annam : Nhatrang. 400 numéros. 

Lefèvre (1866). Cochinchine, Poulo-Condor. 600 numéros. 

Lecomte et Finet (1911-1912). Tonkin : Cha-pa, Langson, Haïphong, 
baie d'Along. Annam : Qui-nhon, Nhatrang, etc. 2.410 numéros. 

Loureiro (avant 1790). Annam, env. de Tourane. 89 numéros. (Une 
autre collection se trouve au British Muséum, à Londres.) 

Mouret (1908). Tonkin : Sept-Pagodes et Nam-dinh. 672 numéros. 

Pételot (1922-1925) Tonkin : surtout Cho-ganh. 1.600 numéros récoltés. 

Pierre (L.) (1864-1877). Tout le Cambodge et toute la Cochinchine, 
Siam mérid. 6.700 numéros environ. 

Poilane (Eug.) (1920-1925). Annam : Thanh-hoa, Hué, Tourane, 
Quang-tri, Phanrang, Nhatrang. Laos : Tranninh, Savannaket. Cam- 
bodge : Pnom-penh, Srimbell. Cochinchine : Bien-hoa, Cho-lon, Thu- 
dau-mot, etc.. 12.600 numéros. 

Robinson (C.-B.) (1911). Nhatrang. 556 numéros. 

Spire (D>") (1903). Laos : Tranninh et Annam. 1.187 numéros. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'INDOCHINE 9 

Thorel (Dr) (1862-1868). Cochinchine, Cambodge, Laos. 5.730 nu- 
méros. 
Vincens (1922). Annam. 107 numéros de Fougères. 

Par cette liste de près de 75.000 numéros, on reconnaît 
que toutes les parties de l'Indochine ont été explorées, sauf 
le Haut-Laos et l'Ouest du Tonkin. Du Cambodge, de la 
Cochinchine, du Tonkin central maintes collections ont été 
tirées. La chaîne annamitique le Laos, le Haut-Tonkin, le 
Siam réservent encore des surprises ; c'est dans ces régions 
que le zèle des récolteurs doit s'exercer de préférence. 

Avant que ne fut commencée la publication de la Flore géné- 
rale (1907), le territoire que comprend l'Indochine avait don- 
né publication à bien peu de travaux. Le premier ouvrage en 
date est celui du jésuite Loureiro, Flora cochinchinensis^ 1790, 
qui s'applique plutôt à la végétation de l'Annam moyen (l), 
comprenant en outre des plantes chinoises, arabes. A cause 
des descriptions brèves, insuffisantes, le botaniste éprouve les 
plus grandes difficultés à rapporter les plantes à un type 
connu. 

Pierre (Louis) a publié, de 1880 à 1899, 400 planches in-folio, 
groupées en 5 volumes, accompagnées des descriptions d'en- 
viron 800 espèces. Le titre est celui-ci : Flore forestière de 
Cochinchine. Les végétaux ligneux y sont seuls décrits, et il 
s'en faut de beaucoup, est-il besoin de le dire, qu'ils soient 
figurés tous. En 1905, le D^" Spire, après avoir récolté en Indo- 
chine bon nombre d'espèces caoutchoutifères, publia un ou- 
vrage descriptif sur une famille sous le titre : Contribution à 
Vétude des Apocynées. La plupart des identifications avaient 
été faites par L. Pierre. Environ 40 espèces sont décrites dans 
cet opuscule, qui compte 187 pages et 18 planches. 

F. N. \\ illiams publiait en 1905, dans le Bulletin de l'Her- 
bier Boissier, sa Liste des plantes connues du Siam, une pla- 



(1) Appelé alors Cochinchine. 



10 F. GAGNEPAIN 

qiiette de 96 pages, qui comprenait dans le territoire exploré 
une partie de la Péninsule Malaise. 

Sur les récoltes du D^ Kerr, W. G. Craib a donné dans le 
« Kew Bulletin » des Contributions to the Flora of Siam qui 
furent groupées en 2 fascicules de 210 + 41 pages (1912-1913) 
et qui contiennent un bon nombre d'espèces nouvelles. Sous les 
numéros III-XIV, le D^ Craib a continué par des additions à 
la Flore du Siam (1913-1925), où il décrit encore de nouvelles 
espèces. 

Le D' Craib a repris ces Contributions et Additions, en les 
augmentant, sous le titre Floree siamensis Enumeratio, a list 
of the plants known from Siam, with record of their occurence 
(Bangkok, 1925, part. 1), qui aura vraisemblablement une 

suite. 

Citons pour mémoire : Finet et Gagnepain, Contributions 
à la Flore de VAsie orientale, 2 fascicules de 224 -f 70 pages 
avec 20 planches (1905-1907), où sont énumérées ou décrites 
bon nombre d'espèces indochinoises ; — John Schmidt, Flora 
of Koh-chang, Contributions to the knowledge of the végétation 
in the Gulf of Siam, 10 parties (1900-1916) ; — Hosseus (C. C), 
Beitràge zur Flora Siams ; Dresde 1910, pp. 455-507 ; — le 
même," Beitràge zur Flora çon Wang Djao am Ma ping in 
Mittel-Siam ; Leipzig, pp. 366-374. 

On le voit par cette brève bibliographie, c'est seulement 
depuis 1880 que la végétation de l'Indochine commence à 
être connue ; c'est seulement à dater de 1907-1912 que la Flore 
générale de V Indochine et les travaux sur le Siam fournissent 
des renseignements géo-botaniques aussi étendus que certains. 

Pour connaître les affinités de la végétation de notre Indo- 
chine, il est utile de faire avec les flores voisines des comparai- 
sons fréquentes. Que sont ces flores ? Il semble utile d'en faire 
connaître au moins brièvement la bibliographie. L'Indochine, 
telle que nous la comprenons, a sa limite Nord commune avec 
la Chine ; sa limite Ouest touche à la Birmanie britannique, qui 
est comprise dans les flores anglaises; au Sud-Ouest, elle tou- 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 11 

che, par une frontière réduite, à la péninsule Malaise. Au Sud, 
et à l'Est, c'est la mer de Chine qui bat ses côtes ; mais Suma- 
tra, Bornéo, les Philippines, ne se trouvent pas à plus de 
1.000 kilomètres de distance. Malheureusement la flore de 
Bornéo est assez mal connue. Par la presqu'île de Malacca, 
voisine de Sumatra, des espèces ont pu s'avancer assez loin 
vers le Nord par le littoral. C'est sans doute par ce long pro- 
montoire que des échanges ont pu se faire entre l'Indochine 
continentale et les îles de la Sonde. Il sera intéressant de saisir 
les rapports entre les végétations de ces terres distantes. 
Les Flores publiées sont les suivantes : 

Flores chinoises : Bentham, Flora hongkongensis (1861) ; Dun et 
Tutcher : Flora of Kwangtung and Hongkong (1913). Forbes et Hemsley, 
An enumeration of ail the plants known from China proper, etc. (1887- 
1905). Sargent (C.-S.), Plantée Wilsonianse (1913-1917). Hayata (B.), 
Icônes plantarurn F ormosanarum (1911-1921) (1). 

Flores des Indes anglaises : Hooker*, Flora of British India 
(1872-1897). Trimen, Handbook of Ceylon (1893-1900). King et Gamble, 
Materials for a Flora of Malayan Peninsula (1889-1914). Ridley, Flora 
of Malayan Peninsula (1922-1925). Kurz, Forest Flora of British Burma 
(1877). 

Flores des Indes hollandaises : Miquel*, Flora Indiœ Batavss 
(1855-1860). Bœrlage, Flora van Nederlandsch Indie (1890-1891). Koor- 
ders et Valeton, Additamenta ad cognitionem Florse arbores Javanicœ 
(1894-1910). 

Flore de Bornéo : Merrill, A bibliographie enumeration of Bornean 
Plants (1921). 

Flore des Philippines : Merrill, Flora of Manila (1912). 

Il était impossible de tenir compte des 113 familles déjà 
publiées dans la Flore générale de V Indochine pour y puiser 
des données géo-botaniques intéressantes. Deux familles ont 
été choisies, de publication récente ; l'une, celle des Compo- 
sées (1924), la seconde, celle des pAiphorbiacées. Ce n'est pas 
à la légère que le choix a été fait, car ces deux familles ont été 



(1) Les noms des auteurs consultés le plus souvent sont marqués d'un 
astérisque (*) . 



12 F. GA.GNEPAIN 

étudiées par l'auteur de cette note et sont, par conséquent, 
mieux connues de lui. L'une d'elles (Composées) est plutôt 
des régions tempérées que des régions tropicales, ou, du moins, 
est beaucoup plus richement représentée sous les climats 
tempérés ; ce qui n'empêche pas qu'elle compte un bon nombre 
de genres purement tropicaux. Ce groupe se signale par ses 
semences légères, aigrettées, ou accrochantes. L'autre, la fa- 
mille des Euphorbiacées, au contraire, si elle a des genres 
abondamment représentés dans les régions tempérées, est si 
répandue, parla plupart des autres genres, dans la zone chaude 
qu'elle est plutôt dite « tropicale ». Ses graines rondes, lourdes, 
huileuses, ne sont nullement anémophiles. Dans l'énuméra- 
tion qui va suivre, nous citerons tous les genres de ces deux 
familles compris dans la « Flore », en indiquant en général 
leur distribution géographique, en la précisant pour les flores 
circonvoisines et en insistant avec détail sur ce qui concerne 
notre domaine floristique particulier. Des comparaisons inté- 
ressantes pourront ainsi être faites au fur et à mesure. 

Naturellement aucun genre, aucune espèce introduits ou 
adventices, de source certaine, n'entreront donc dans ces énu- 
mérations et comparaisons, qui en seraient encombrées sans 
profit. 

I. — Famille des Composées. 

Soixante-cinq genres ont été énumérés : 

.Sîthulia L. — • Asie et Afrique tropicales, 2 espèces : L A., 1 ; 
Ch., 0; L N., 2 (1). 

Genre semi-tropical, plutôt tropical, non représenté en 
Chine. Une espèce {A. comjzoides) seulement existe en Indo- 
chine, en plusieurs localités du Laos et même du Tonkin. 
Aussi pourrait-elle être trouvée en Chine méridionale. 

lodocephalus Gagnep. — • Genre récent, endémique en 
Indochine, plutôt du Sud ; 2 espèces : /. gracilis et Eber- 
hardtii. 



(1) I. A., Indes anglaises ; Ch., Chine ; I. N., Indes Néerlandaises. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 13 

Thorelia Gagnep. — Genre récent, endémique en Indo- 
chine, plutôt du Sud ; 1 esp. : Th. montana. 

Gamchaya Gagnep. — Genre récent, endémique en Indo- 
chine, franchement du Sud ; 1 esp. : C. kampotensis. • 

Vernonia Schreb. — • Asie tropicale ou semi-tropicale. Amé- 
rique. Afrique, Australie ; 500 esp., dont 75 en Asie ; — I. A., 
45 ; Ch., 24 ; I. N., 27. 

L'Indochine compte 29 espèces, dont 11 se trouvent en 
Birmanie, 11 aux Indes anglaises, 8 en Chine, 3 au moins aux 
Philippines et 3 aux Indes hollandaises. Ainsi la chaîne occi- 
dentale ne semble pas arrêter vers l'Est l'extension des espè- 
ces de Vernonia.^ sans doute à cause de la légèreté des akènes 
aigrettes. Le genre étant largement représenté à l'Ouest, 
au Nord, au Sud delà colonie, elle a pu s'enrichir par les ap- 
ports dans ces diverses directions. 

14 espèces sont de publication récente et spéciales à l'Indo- 
chine, et ce fait semble prouver que notre domaine est en plein 
dans l'aire de création du genre. 

Affinités plus marquées avec la Birmanie et les Indes An- 
glaises. 

Tricholepis DC. — Genre tropical ou semi-tropical, de 
12 esp. ; — I. A., 10 ; Ch., 1 ; I. N., 0. 

Une seule espèce en Indochine, T. Karensium. La colonie 
est donc, quant à présent, en deçà mais bien près de la limite 
orientale du genre. Cette unique espèce n'est encore signalée 
qu'à l'Ouest, au Siam. 

Saussurea DC. — ■ Régions tempérées : Europe, Asie, Amé- 
rique boréale ; 100 esp. ; — I. A., 39 ; Ch., 93 ; I. N., 0. 

3 espèces sont indochinoises, dont 2 sont birmanes, 1 in- 
dienne et 1 chinoise. La colonie est, dans cette direction, sur 
la limite Sud de l'aire du genre, qu'on ne connaît pas encore 
dans la chaîne annamitique. A noter le S. radiata, qui est 
connu dans 4 localités du Haut-Tonkin et du Haut-Laos. 

Hemistepta Bge. — Genre voisin des Saussurea : une espèce 
des Indes Anglaises, de la Chine et du Japon. 

En Indochine, cette espèce, //. lyrata, compte une dizaine 



14 F. GAGNEPAIN 

de localités principalement au Tonkin. Ces 10 localités éten- 
dent singulièrement vers le Sud l'aire de l'espèce et du genre. 

Gnicus L. — ■ Europe. Asie, Afrique boréale ; plus de 160 es- 
pèces ; — I. A., 28 ; Ch., 16 ; I. N., 0. 

L'Indochine ne compte que 3 espèces, plutôt des régions 
voisines de la Chine. A citer le C. chinensis, que Ton connaît en 
8 localités du Tonkin et une au Laos. Fait extrêmement re- 
marquable: à la faveur de la chaîne annamitique, le C. chinen- 
sis s'avance vers le Sud jusqu'à Dalat, Dankia, au Lang-bian. 
Ces localités étendent vers le Sud l'aire du genre de plus de 
1.000 kilomètres. 

Adenostemma Forst. — Régions tropicales, partout ; 
30 esp. : — L A., 1 ; Ch., 1 ; L N., 6 (?). 

Une espèce seulement existe en Indochine, partout répandue 
sous les tropiques en Asie et Océanie, se rencontrant sur tout 
le territoire Indochinois. C'est VA. viscosum. 

Ageratum L. — ■ Amérique tropicale et subtropicale, 25 esp.; 
— I. A., 1 ;Ch., 1 ; I. N., 1. 

C'est toujours VA. conyzoides que l'on trouve en Extrême- 
Orient, où il se comporte comme une espèce depuis long- 
temps introduite. Partout en Indochine. 

Elephantopus L. — Région tropicale, Amérique boréale ; 
14 esp. ;— I. A., 1 ; Ch., 2 ; I. N., 1. 

Deux espèces sont en Indochine : E. scaber^ répandu par- 
tout, et E. Bodinieri, qui existe à la fois à Hong-Kong et au 
Sud de la chaîne annamitique, à Djiring et à Dalat, c'est- 
à-dire à 1.400 kilomètres plus au Sud. Existe-t-il des localités 
intermédiaires ? Il serait extrêmement intéressant de le savoir. 

Mikania ^Villd. — ■ Amérique tropicale ; 100 esp., une seule 
dans l'Ancien Monde, le M. scandens : I. A, et I. N. 

En Indochine, cette espèce se rencontre sur tout le terri- 
toire, en localités assez nombreuses. 

Eupatorium L. — Régions tropicales et tempérées, sauf en 
Australie ; 560 espèces ; — I. A., 2 ; Ch., 8 ; I. N., 1. 

6 espèces sont indochinoises, dont 2 seulement sont spon- 
tanées, indiennes et chinoises. Nombreuses localités dans la 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE L'INDOCHINE 15 

colonie. UE. nodijlorum s'avance même jusqu'au Sud-Annam, 

Gynura Cass, — Asie, Afrique et Australie tropicales ou sub- 
tropicales ; 30 esp., dont 12 asiatiques ; — I. A., 7 ; Ch., 5 ; 
I. N., 8. 

Sur les 7 espèces indochinoises, une est birmane, 4 sont in- 
diennes, 2 chinoises, 2 indobataves. Presque toutes sont répan- 
dues en de nombreuses localités, du Nord au Sud du territoire. 
Le G. auriciilata, que l'on ne connaissait qu'à Hong-Kong, 
comme localité plus méridionale, se trouve au Tonkin. Sa dis- 
tribution s'étend notablement vers le Sud. 

Emilia Cass. — Asie et Afrique tropicales ; 15 esp. ; — 
I. A., 5 ; Ch., 2 ; I. N., 2. 

Sur les 4 espèces indochinoises, 3 sont indiennes. 2 chinoises, 
1 japonaise, 1 des Philippines et 1 indobatave. Toutes sont 
représentées en des localités nombreuses et souvent distantes. 
Une espèce récente, VE. Gaudichaudii^ est endémique et s'étend 
sur toute la longueur de la chaîne annamitique. 

Pluchea Cass. — • Asie et Afrique tropicales ; 35 esp. ; — 
I. A., 7 ; Ch., 3. 

En Indochine se trouvent 4 espèces, dont 1 birmane, 1 in- 
dienne, 1 chinoise, 1 des Philippines et 1 indobatave. Le 
P. pleropoda^ que l'on ne connaissait que dans la région du 
golfe du Tonkin en Chine, se trouve dans le N. Annam, à 
500 kilomètres plus au Sud. 

Blumea DC. — Asie, Afrique et Australie tropicales et sub- 
tropicales ; 115 esp., dont 45 asiatiques. — L A., 36 ; Ch., 18 : 
LN.,0. 

31 espèces sont indochinoises, dont 18 sont indiennes, 
13 chinoises, 10 indobataves, 3 des Philippines. Ainsi les 
affinités de notre domaine sont avec les Indes anglaises et la 
Chine. On comprend que beaucoup d'espèces, favorisées par 
la légèreté de leurs akènes aigrettes, par leurs préférences 
climatiques, aient pu escalader la chaîne birmano -malaise et 
s'avancer dans notre domaine. De la Chine, à la faveur de la 
chaîne orientale, des espèces ont pu s'avancer vers le Sud à de 
grandes distances : ainsi le B. Martiana, du Yunnan, se ren- 



16 F, GAGNEPAIN 

contre en deux points du Tonkin central ; le /?. Cavaleriei^ du 
Kouy-tcheou, se trouve au Lang-bian, à plus de 1.500 kilo- 
mètres plus au Sud ; le B. sagittata^ également du Kouy-tcheou, 
s'avance au Tranninh jusqu'à Xieng-kliouang. Voilà des faits 
géo-botaniques de première importance. D'une provenance 
inverse, Taire de distribution du Bl. riparia des Indes bataves 
gagne, vers le N. Annam et le Tonkin, de nombreuses loca- 
lités (8). Presque toutes les espèces sont de très large disper- 
sion. 

7 espèces sont endémiques, témoignant que l'Indochine 
est dans l'aire de création, et non loin de son centre. 9 espèces 
seulement sont nouvelles sur 31, ce qui fait une proportion 
minime par rapport à la moyenne ; elle est en fonction inverse 
de la large dispersion des espèces de ce genre. 

Pterocaulon Eli, — Amérique australe et boréale, Asie et 
Australie tropicales, Nouvelle-Calédonie; ^3 esp. : I. A., 1; 
Ch., 0; I. N.. 1. 

L'espèce indochinoise est de large dispersion en Extrême- 
Orient. C'est le P. cylindrostachyum. 

Leontopodium R. Br. — Europe, Asie, Amérique monta- 
gneuse ; 5 esp. et plus. — I. A., 1 ; Ch , 4 et plus 

Ce genre, plutôt montagnard et tempéré, n'a en Indochine 
qu'une seule espèce, que je crois être le L. suhulatuni et qui 
serait le L. Andersonii pour M. Handel-Mazzetti. Quoi qu'il en 
soit, l'espèce se trouve à son point le plus méridional à Sam- 
neua, en Laos moyen. 

Anaphalis DC. — Europe, Asie, Amérique boréale ; 30 esp. 
— I. A., 27; Ch., 11 ; I. N., 2. 

3 espèces sont indochinoises, qu'on retrouve aux Indes 
anglaises et en Chine. L'Indochine vient loin après les Indes 
anglaises et même la Chine; cela se conçoit : elle manque des 
hautes cimes himalayennes et ses plaines sont trop chaudes. 

Sphœromorphaea DC. — Indes anglaises. Chine, Austra- 
lie ; 1 esp. — I. A., 1 ; Ch., 1 ; I. N., 0. 

Nombreuses localités indochinoises (12) de cette espèce 
unique, le S. Rnsseliana. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'INDOCHINE 17 

Garpesium L. — Régions tempérées d'Europe et d'Asie ; 
8-10 esp. — I. A., 3 ; Ch., 10 ; I. N., 1. 

En Indochine, il y a seulement 2 espèces (C. abrotanoides 
et C. cermmm), surtout du Tonkin septentrional. Nu] doute 
que ce soient des immigrantes de Chine. 

Enhydra Lour. — ■ Toutes les régions tropicales ; 10 esp. ?. 
— I. A., 1 ; Ch., ; I. N., 2. 

Une seule espèce existe en Indochine, et disséminée sur 
tout le territoire, sans doute à la faveur de sa station 
aquatique, qui lui donne en toute région des conditions plus 
égales. C'est VE. jluctuans. 

^theocephalus Gagnep. — ■ Genre endémique, limité au 
bas Laos et au Cambodge ; 1 esp., V/E. Thorelii. 

Sphseranthus L. — Asie, Afrique et Australie tropicales ; 
8esp. — I. A., 4;Ch.,2 ; I. N., 2. 

Des 2 espèces indochinoises, une, trouvée dans 19 localités 
de la colonie, est également indienne, chinoise, australienne 
et des Philippines ; l'autre se rencontre également aux Phi- 
lippines et en Chine. 

Blumeopsis Gagnep. — • Régions semi-tempérées ou tro- 
picales des Indes anglaises et de la Chine. Une seule espèce, le 
B. flaça. 

Répandue abondamment dans toute la colonie (18 loca- 
lités). 

Laggera Sch.-Bip. — Asie et Afrique tropicales ; 15 esp. — • 
I. A., 4; Ch., 1. 

Les 3 espèces indochinoises se trouvent aux Indes anglaises ; 
2 sont chinoises, 1 indobatave et des Philippines. 

Thespis DC. — Indes orientales, 2 esp. — Ch., ; I. N., 0. 

En Indochine, 2 espèces nouvelles sont ajoutées au genre, 
qui en compte maintenant 4, toutes indochinoises. Ainsi notre 
colonie est la contrée du monde la plus riche en ce genre. Elle 
paraît en être le centre de création, fait géo-botanique de 
grande importance. 

Grangea Forsk. — Asie tropicale et subtropicale, Afrique, 
3-4 esp. — I. A., 1 ; Ch., 1 ; I. N., 1. 



18 F. GAGNEPAIN 

En Asie, c'est inévitablement et exclusivement le G. made- 
raspatana que l'on rencontre. Il se trouve en Indochine. 

Cotula L. — ■ Régions tempérées et subtropicales, partout ; 
40 esp. — I. A., 3 ; Ch., 1. 

Des 3 espèces asiatiques, 2 sont indochinoises, du Tonkin et 
du Laos. 

Poilania Gagnep. — • Genre récent, endémique. 1 esp. du 
Sud de l'Annam, le P. laggeroides. 

Gyatocline Cass. — Genre des Indes orientales, 2 esp. — ■ 
Ch., 1 esp. 

Nous avons en Indochine le C. lyrata, répandu sur tout le 
territoire. 

Dichrocephala DC. — Asie et Afrique tropicales ; 5 esp. — 
I. A., 4; Ch., 2 ; I. N., 4. 

Des 2 espèces indochinoises, 2 se trouvent aux Indes an- 
glaises et en Chine, 1 aux Philippines et aux Indes bataves. 
Elles se répandent surtout vers le Nord de notre domaine. 

Artemisia L. — - Asie boréale et centrale, Europe, Amé- 
rique ; 150 esp. ? — I. A.,27 ; Ch., 21 ; I. N., 3. 

Ce genre est plutôt des régions tempérées ou froides. Rien de 
surprenant à ce que 4 espèces seulement soient indochinoises. 
Parmi elles, 3 sont communes à la Chine et aux Indes an- 
glaises, 2 au Japon et à la Corée. Sans aucun doute, ces 4 es- 
pèces d' Artemisia viennent par le Nord et c'est toujours à la 
zone la plus septentrionale de la colonie qu'elles sont limitées, 

Gentipeda Lour. — ■ Asie, Australie, Amérique australe et 
extratropicale ; 3 esp. 

Une seule espèce est indochinoise, le type du genre, C. or- 
biciilaris^ répandu sur tous les points de la colonie. Elle se 
retrouve aux Indes anglaises et en Chine. 

Achillea L. — Régions tempérées et boréales, surtout de 
l'Ancien Monde, près de 100 espèces. — I. A., 1 ; Ch., 4 ; 
I. N., 0. 

En Indochine, une seule espèce, le vulgaire A. Millefo- 
liiim, qui n'ose affronter le climat tropical et reste prudem- 
ment sur la frontière chinoise. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 19 

BlainvilleaCaas. — Régions tropicales, partout ; 10 esp. — 
I. A., 1 ; Ch., 1 ; I. N., 1. 

En Indochine, comme en Extrême-Orient, c'est le seul 
B. latijoUa que l'on trouve. Il existe aussi en Amérique et 
Australie. 

Anisopappus Hook et A. — Chine, Afrique tropicale ; 

1 esp. — Ch., 1. 

L'unique espèce connue, VA. chinensis, n'avait été trouvée 
que dans le Kouang-toung, puis dans la Haute Birmanie. 
La Ftore générale de V Indo-Chine signale 7 localités au Tonkin, 

2 au Siam, 5 au Laos. La distribution de la plante s'éloigne 
maintenant de L400 kilomètres de Hong-Kong, tout au Sud 
de la chaîne annamitique. Sans aucun doute, c'est à la faveur 
de cette chaîne et de son climat plus tempéré, que cette plante 
s'avance si loin vers l'Equateur. 

Glossogyne Cass. — Asie tropicale, Australie ; 7 esp. — 
I. A., 1 ; Ch., 1. 

En Asie, on avait trouvé le G. tenaifolia, dans sa station la 
plus méridionale, en Chine dans le golfe du Tonkin. On la con- 
naît maintenant au N.-Annam, dans l'Annam moyen et jus- 
qu'au Siam. 

Deux espèces récemment décrites sont ajoutées, qui portent 
à 3 le nombre des espèces indochinoises ; l'une est du Moyen- 
Laos, l'autre de l'île cochinchinoise de Poulo-Condor. Il semble 
que l'Indochine soit plus voisine que les Indes Anglaises du 
centre de l'aire de distribution du genre. 

Golobog-yne Gàgnep. — Genre endémique, du Sud de la 
chaîne annamitique. L'espèce est le C. langhianensis. 

Spilanthes L. — Régions chaudes, partout ; 40 esp. — 
I. A., 1 ; Ch., 0; I. N., 6 (?). 

L'espèce S. Acmella paraît commune dans toute la région 
indomalaise ; en Indochine, 28 localités. 

Eclipta L. — • Régions tropicales, partout ; 10 esp. ? — ■ 
I. A., 1 ; Ch., 1 ; I. N., 1. 

L'espèce E. alba est répandue du Japon aux Indes bata- 
ves et depuis les Indes anglaises jusqu'aux Philippines. En 



20 F. GAGNEPÂIN 

Indochine, on la rencontre sur tout le territoire, en plus de 
30 localités. 

Siegesbeckia L. — Régions chaudes et tropicales, partout; 
3esp. — I. A., 1 ;Ch., 1 ; I. N., J. 

En Indochine le S. orientalis est connu en 18 localités, 
toutes en dehors de laCochinchine et du Cambodge. 

Wedelia Jacq. — • Toutes les régions chaudes ; 50 esp. — 
I. A., 4;Gh., 4; I. N., 3. 

Les 5 espèces asiatiques se retrouvent, en Indochine, plutôt 
dans la région septentrionale. La plus répandue est le W. hi- 
jlora (21 localités). Le W. Wallichii n'est connu qu'au Siam. 
La plus accommodante au climat est sans doute le W. calendu- 
lacea qu'on trouve au Japon. 

Synedrella Gsertn. — • Asie, Afrique et Amérique tropi- 
cales ; 2 esp. — I. A., 1 ; Ch., 0. 

Le S. nodijlora s'étend des Indes anglaises à l'Amérique. En 
Indochine, 11 localités connues pour cette unique espèce 
indochinoise. 

Bidens L. — ■ Régions chaudes et tempérées, partout ; 
50esp. — L A.,3;Ch., 5; I. N., 4. 

Deux espèces indochinoises, le B. pinnata étant très ré- 
pandu. 

Aster L. — ■ Europe, Asie, Afrique et Amérique ; environ 
250 esp. -^ I. A., 14 ; Ch., 60. 

Régions plutôt tempérées. L'unique espèce indochinoise 
existe en Corée et au Japon ; c'est VA. trinerviiis. Elle ne 
quitte guère la moitié septentrionale de la colonie, où elle 
compte 15 localités. Le genre Aster trouve en Indochine la 
limite méridionale de son aire ; il craint les plaints tropicales. 

Solidago L. — ■ Asie boréale, Europe, Amérique boréale et 
australe ; 80 esp. — ■ I. A., 4 ; Ch., 1. 

La seule espèce indochinoise est le S. Virga-aurea qui ne se 
risque que dans le Nord de la colonie. 

Microglossa DC. — Asie et Airique tropicales et Australie ; 
6esp. — I. A.,3;Ch.,3;I. N., 1. 

L'Indochine ne compte qu'une espèce de ce genre ; c'est le 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 21 

M. çolubilis, qui s'étend à la Chine, aux Philippines, à Java, aux 
Indes anglaises. Elle est répandue dans notre domaine (25 lo- 
calités). 

Boltonia L'Hér. — Asie orientale, Amérique boréale ; 
12esp. — I. A., 1 ;Ch., 1. 

Le B. indica paraît être l'unique espèce asiatique. Elle se 
trouve en Indochine, mais confinée dans la moitié la moins 
chaude. 

LagenophoraCass, — ^ Asie australe et Australie ; 11-12 esp. 
— I. A., 1 ;Ch., 1 ; I. N., 1. 

En Indochine nous possédons le L. BiUardieri en 6 loca- 
lités, toutes du Sud de la chaîne annamitique. C'est une espèce 
australienne qui s'étend jusqu'aux Indes anglaises (Khasia, 
Ceylan) et qui, par ce fait, a une dispersion intéressante, d'au- 
tant plus qu'elle s'étend à la région montagneuse de notre 
domaine. 

Myriactis Less. ■ — ■ Asie et Afrique tropicales ; 6 esp. — • 
I. A., 3 ; Ch., 1 ; I. N., 2. 

Notre domaine ne compte qu'une espèce, le M. nepalensis^ 
qui n'ose quitter la frontière chinoise. Sans nul doute, elle nous 
arrive par la Chine ou le Thibet. A noter que ses akènes, vis- 
queux au sommet, sans aigrette, peuvent adhérer aux plumes 
des oiseaux migrateurs. 

Rhynchospermum Reinw. — Japon, Chine, Indes an- 
glaises, îles Malaises ; 1 esp. 

En Indochine, le R. çerticillatum ne quitte pas la frontière 
de Chine. 

Galotis R. Br. — Australie ; 17 espèces. 

Une espèce propre à l'Indochine est le C. Gaudichaudii, qui 
est extrêmement intéressant. C'est la seule du continent asia- 
tique, du moins quant à présent. Elle signale une affinité rare 
avec le continent australien. Elle est merveilleusement orga- 
nisée pour les transports à longue distance ; ses akènes sont à 
la fois accrochants par des poils glochidiés et par les arêtes 
rétrobarbelées, en même temps qu'ils sont munis de ballonnets 
latéraux qui les allègent dans l'air ou sur l'eau. 



22 F. GAGNEPAIN 

Inula L. — Europe, Asie, Afrique ; 60 esp. — I. A., 20 ; 
Ch., 11 ; I. N., 1. 

Des 5 espèces indochinoises, l'une est commune aux Indes 
anglaises et à la Chine, les 4 autres sont indiennes. On peut 
supposer que 1'/. Cappa est venu de la Chine ; les 4 autres ^^en- 
nent sans doute de l'Ouest puisqu'elles se trouvent plutôt au 
Siam. Ainsi la chaîne birmano-malaise n'aurait pas arrêté leur 
dispersion vers TEst. Fait remarquable il'/. Jierçosa se trouve 
également au Siam et dans le Sud de PAnnam. 

Vicoa Cass. — • Asie tropicale et occidentale, Afrique tropi- 
cale ; 6 esp. — I. A.. 3 ; Ch., 1 ; I. N., 0. 

L'espèce unique indochinoise, V. auricnlata. se trouve en 
5 localités ; elle est commune à la Chine et aux Indes an- 
glaises ; elle étend jusqu'en notre domaine la limite orientale 
de ce genre occidental. 

Senecio L. — ■ Régions tempérées et autres ; 960 esp. — 
I. A., 63; Ch., 136 ;^I. X., 2. 

L"Indochine ne possède que 9 séneçons, dont 5 sont indiens, 
5 chinois, 1 birman. J japonais, 1 des Philippines. 9 espèces, 
c'est peu. comparativement à la Chine et aux Indes anglaises, 
pays tempérés avantagés par l'altitude. Les 4 espèces com 
munes à 1" Indochine et à la Chine se tiennent plutôt au voi- 
sinage de cette dernière contrée (Tonkin et Laos). Ce sont 
S. saluenensis, S. triligulatus, S. scandens. S. calthsejolius. A 
signaler le S. scandens. qui, à la faveur de la chaîne annami- 
tique, se répand jusqu'à son extrémité méridionale. 

Crépis L. — Hémisphère boréal ; 150 esp. — I. A.. 14 ; 
Ch., 14; LN.,0. 

Des 6 espèces indochinoises 2 sont birmanes, 2 indiennes, 
2 chinoises, 1 japonaise. 3 sont endémiques, étant nouvelles 
depuis peu de temps. Le C. acaulis ne quitte guère la région 
septentrionale. Fait notoire : le C. chloroclada se trouve à la 
fois sur les hauteurs du Siam et de TAnnam, c'est-à-dire 
sur les deux grandes chaînes à direction Nord-Sud. Le C. japo- 
nica donne un bel exemple d'endurance, puisque, japonais, il ne 
craint pas le climat du Cambodge. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 23 

Launaea Cass, — Europe et Asie ; env. 25 esp. — I. A., 
7 ; Ch., 3. 

L'Indochine ne compte que 2 espèces : le L. pinnatifida, qui 
paraît préférer la chaîne orientale, et le L. asplenifolia^ qui est 
confiné au Laos. Toutes deux sont également indiennes ; la 
première seule est chinoise. 

Lactuca L. — Hémisphère boréal ; 65 esp. — L A., 22 ; 
Cb., 43 ; L N., 3. 

Ce genre est représenté par 9 espèces en Indochine. De ces 
9 espèces, 3 se trouvent dans l'Inde, 4 en Chine, 3 au Japon, 
1 aux Philippines, 1 aux Indes bataves. Les L. sororia, Rad- 
deana^ indica, gracilis, denticulata ne s'aventurent guère en 
dehors du Tonkin et delà région semi-tempérée. Le L. lœçigata, 
qui est plutôt tropical, s'est établi au Sud de la chaîne annami- 
tique. Peut-être arrive-t-il de Sumatra ou de Java ? 

Gerbera Gronov, — Asie, Afrique australe et tropicale ; 
21 esp. ; dont 10 asiatiques. — I. A., 5 ; Ch., 7. 

La seule espèce indochinoise est le G. piloselloides^ qui est 
fréquent au Tonkin, sur le plateau laotien, jusqu'au Lang- 
bian, à Dran et Dalat, à l'extrême-Sud de la chaîne annami- 
tique. La distribution de l'espèce est poussée d'importance 
vers le Sud, alors qu'elle n'était citée qu'à Hong-Kong, à 
1.400 kilomètres plus au Nord. 

Leucomeris Don. — Himalaya ; 1 esp. — I. A., 2 ; Ch., 0. 

Le L. décora n'était connu que dans le massif himalayen, en 
Birmanie et au Siam. Nous le connaissons maintenant au Sud 
de la chaîne annamitique, en 3 localités. Ainsi cette chaîne, qui 
favorise la progression des espèces de la Chine vers le Sud, 
contribue encore à fixer les espèces émigrantes de l'Ouest. 

Pertya Sch. Bip. — Asie ; 5 esp. — Ch., 2 ; Japon, 1 
Afghanistan, 1. 

Une seule espèce indochinoise, le P. Hossei^ du Siam. 

Ainsli83a DC. — • Indes orientales, 4 esp. ; Chine, 20. 

h' A. pteropoda se trouve en Indochine et également en 
Chine et aux Indes anglaises. Il figure au Sud de la chaîne 
annamitique, à Dalat, et au Siam. 



24 F. GAGNEPAIN 

Conclusions particulières aux Composées. 

I. — La grande famille des Composées, qui s'étend sur 
presque tout le globe, comprend au total plus de 900 genres et 
environ 10.200 espèces. Sur ces 900 genres, 78 se trouvent dans 
notre colonie, comprenant 208 espèces, soit 8,6 p. 100 des 
genres, et 2 p. 100 environ des espèces. 

Si les rapports sont si bas, c'est que F Indochine est presque 
entièrement tropicale. 

Deux listes de genres Indochinois pourraient être établies ; 
l'une comprenant les genres de préférence tempérés ; l'autre 
formée de genres à tendance tropicale. Les premiers, plus 
nombreux, sont plus riches en espèces et préfèrent les mon- 
tagnes de la Chine et de llnde. Les seconds, en petit nombre, 
peu riches en espèces, ont généralement une distribution large 
entre les troi)iques. Ce fait éclaire d'un jour lumineux les rap- 
ports minimes qui viennent d'être donnés. 

IL Abondance des localités. — ■ L'abondance des individus ne 
peut être précisée comme dans les contrées depuis longtemps 
étudiées et explorées. Pratiquement on ne peut avoir de notions 
que par le nombre des localités relevées pour chaque espèce. 
Les collecteurs n'ont souvent aucune prédilection pour une 
espèce ou une autre, se bornant à récolter ce qui leur paraît 
déterminable. Ainsi l'abondance d'une espèce sera le plus sou- 
vent rendue par le nombre des localités où elle a été récoltée ; 
d'autant que, comme on l'a vu, les collecteurs en Indochine 
sont nombreux et ont exploré depuis longtemps la colonie. 
Quelques exemples suffiront à montrer cette abondance rela- 
tive des espèces : Eclipta alba, 30 localités ; Spilanthes Ac- 
77ieUa, 28 ; Microglossa volubilis., 25 ; Wedelia biflora, 21 ; 
Siegesbeckia oriental is^ 18, etc.. 

III. Genres et espèces endémiques. — Des genres originaires 
d'Indochine ont été décrits pour la première fois tout récem- 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 25 

ment. Ils peuvent être considérés, du moins quant à présent, 
comme spéciaux à la colonie, c'est-à-dire endémiques. Ce sont : 
lodocephalus^ 2 espèces ; Thorelia^ 1 ; Catnchmja, 1 ; /Etheoce- 
phaliis^ 1 ; Poilania, 1 ; Colobogyne, 1. Soit donc 6 genres comp- 
tant 7 espèces. 

Nombreuses sont les espèces qui, appartenant à des genres 
connus, ont été décrites comme nouvelles et venant d'Indo- 
chine. Elles sont, jusqu'à ce jour tout au moins, particulières 
à la colonie. Elles appartiennent aux genres suivants : Ver- 
nonia, 14 espèces ; Elephantopiis, 1 ; Gijnura, 2 ; Emilia, 1 ; 
Bliimea^ 8 ; Laggera^ 1 ; Thespis, 2 ; Glossogyne^ 2 ; Conyza, 1 ; 
Calotis, 1 ; Senecio, 1 ; Crépis, 3 ; Pertya, 1. Soit donc 13 genres, 
comprenant 38 espèces. 

Une conclusion s'impose : ces genres ne peuvent être que 
naturels à l'Indochine ; et son territoire est compris dans leur 
aire de dispersion. De plus il est probable que ces espèces se 
sont différenciées sur place par évolution naturelle ; et ainsi ce 
territoire a des chances de faire partie de l'aire de création 
non seulement de ces espèces, mais encore des genres. 

Au total, en genres et espèces endémiques, la Flore compte 
45 espèces nouvelles sur 205. Le rapport est de près de 22 
p. 100 ; il ef^t nettement inférieur à ceux que donnent la plu- 
part des familles qui comptent environ 1 espèce nouvelle sur 
3, soit 33 p. ICO. Ce faible rapport est dû à plusieurs faits : 

a) Certaines espèces sont répandues dans toutes les régions 
avoisinantes et même éloignées. Elles ont donc eu des chances 
d'être publiées dans les travaux sur l'Inde, la Chine, etc.. 

h) Plusieurs genres se trouvent en Indochine à la limite de 
leur aire d'extension, et les espèces ont eu des chances d'être 
connues depuis quelque temps. 

c) Les Composées, par leurs aigrettes, se disséminent plus 
facilement que beaucoup d'autres familles. 

IV. Affinités de la végétation indochinoise. — Quand les gen- 
res sont abondants en espèces, on saisit facilement et plus 
sûrement les affinités de la végétation avec les flores voi- 



26 F. GA.G>'EPAIN 

sines. Ainsi le genre Vernoîiia, avec ses 29 espèces, indique plus 
d'analogie avec la Birmanie (11 espèces communes aux 2 con- 
trées) qu'avec la Chine (8 espèces) ou les Indes bataves (3). 
De même Bliunea, avec ses 31 espèces, signale plus d'analogie 
de la végétation indochinoise avec celle de l'Inde anglaise (18) 
qu'avec la Chine (13) et surtout les Indes bataves (10). En se 
bornant à ces seuls exemples, on peut admettre, en les compa- 
rant, que l'Indochine a reçu plus de Blumea des Indes bataves 
qu'elle n'en a reçu de Vernonia. 

On a Wl pour chaque genre le nombre d'espèces indochi- 
noises communes aux Indes anglaises, à la Chine, aux Indes 
bataves. Si on fait la somme, pour tous les genres, des espèces 
communes à ces 3 flores, on aura ainsi 3 totaux qui indiqueront 
assez exactement les affinités de la végétation indochinoise 
respectivement avec les 3 flores sus-indiquées. 

Ces totaux sont : I. A., 110 ; Ch.. 90 ; I. N.. 51. Ils sont entre 
eux sensiblement comme les nombres 11. 9 et 5. 

Telles sont numériquement exprimées les affinités de la 
flore indochinoise avec les Indes anglaises, la Chine et les 
Indes bataves. 

Comme la végétation de la Chine est tempérée, alors que 
celle des Indes anglaises ne l'est qu'en partie et que celle des 
Indes bataves est tropicale, on voit que la proportion des plan- 
tes tropicales (moins de 11 — 5 = moins de 16) n'est pas très 
supérieure à celle des plantes tempérées, 9. 

Et ici inter\'ient l'influence de la configuration orogra- 
phique, qui favorise singulièrement l'introduction et la dissé- 
mination des plantes tempérées dans une région tropicale sur 
presque toute sa surface. Les deux chaînes, birmano-malaise 
et annamitique, jouent ici un rôle prépondérant. 

V. Aires de dispersion des espèces. — Il est bon de répéter 
encore (car c'est le fait géo-botanique le plus saillant qui 
découle de la publication de la Flore générale de V Indo-Chine) 
que les limites des aires de distribution des espèces sont repor- 
tées à de grandes distances. Entre la Chine, la Birmanie, la 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'INDOCHINE 27 

Péninsule malaise et l'Océan Pacifique une tache noire existait 
sur laquelle on ne possédait que des données limitées, incom- 
plètes, presque inexistantes, concernant la géographie bota- 
nique d'une région de 1.000.000 de kilomètres carrés. Comment 
se comportait, au regard de cette terre ténébreuse, les végéta- 
tions indienne et chinoise ? Quel était le rôle, à peine entrevu, 
des deux chaînes de montagnes à direction Nord -Sud, nais- 
sant d'un massif septentrional étendu ? 

Résumons ici les faits particuliers aperçus précédemment. 

a) Les espèces chinoises et indiennes, tempérées ou semi- 
tempérées ne redoutent pas de s'aventurer vers le Sud et 
l'Est au moyen des montagnes à direction Nord-Sud. Des 
exemples répétés, frappants, ont été donnés par les genres 
Vernonia^ Tricholepis, Hemistepta Elephantopus^ Eupatorium' 
Gyniira, Pluchea, Blumea, Leontopodium^ Gnaphalium, Sphœ- 
romorphsea, Artemisia, Anisopappus^ Lagenophora, Inula, Se- 
necio, Crépis^ Lactuca, Gerbera, Leucomeris. Ainsliœa. 

b) Parmi leurs espèces, certaines ne s'aventurent guère vers 
le Sud. Elles se contentent prudemment d'un timide regard 
dans la direction du Sud enflammé {Saussurea, Hemistepta, 
Gynura, Pluchea, Eeonto podium, Gnaphalium, Senecio. 

c) D'autres espèces, appartenant parfois aux mêmes genres, 
sont plus aventureuses ; elles profitent des montagnes de 
l'Annam pour s'avancer à 1.000 et même 1.400 kilomètres plus 
au Sud que le point qui, naguère, marquait leur limite méri- 
dionale {Chiens chinensis. Elephantopiis Bodinieri Eupatorium 
nodifloriim, Blumea Cavaleriei, B. sagittata, B. Martiniana, 
Anisopappus chinensis, Crépis japonica, Gerbera piloselloidcs, 
Ainsliœa pteropoda). 

d) Il n'y a pas de raison, semble-t-il, pour que ce qui se pro- 
duit dans la chaîne annamitique ne se produise pas dans la 
chaîne birmano-malaise, mais celle-ci est beaucoup moins ex- 
plorée que la première En sorte que la conclusion sera ici 
beaucoup moins catégorique, parce que manquant de bases 
suffisantes. 

e) A propos d'une famille des climats plutôt tempérés, il est 



28 F. GAGNEPAIN 

assez ditficile de donner des exemples de l'aifinité florittique 
de l'Indochine avec les îles de la Sonde, plus tropicales, et 
d'ailleurs séparées par un large intervalle marin. Pourtant 
le Calotis Gaudichaudii est le seul représentant asiatique d'un 
genre abondant en Australie, au delà par conséquent des îles 
de la Sonde. 

II, — Famille, des Euphorbiacées. 

Soixante et onze genres vont être cités ci-dessous : 
Euphorbia L. — ■ Régions tempérées et tropicales ; 65 esp. 

— I. A., 52 ; Ch., 25 ; I. N., 18. 

En Indochine on compte 25 espèces, ou plus exactement 23 si 
on exclut les espèces cultivées. Parmi ces 23 espèces, 5 existent 
en Birmanie, 8 dans les Indes anglaises, 5 en Chine, 1 au Japon 
2 aux Philippines, 4 aux Indes bataves. Les affinités avec les 
Indes anglaises ne sont pas douteuses. Si l'Indochine possède 
en comparaison un nombre si minime d'espèces, c'est qu'il lui 
manque bon nombre d'espèces tempérées de l'Himalaya. Et, 
en effet, le genre iiwpAorèia comporte deux contingents impor- 
tants d'espèces ; les unes de nature tempérée, les autres à tem- 
pérament tropical. 

Les espèces récentes, donc endémiques sont au nombre de 5. 

CrotonL. — Régions tropicales des deux Mondes ; 350 esp. 

— I. A., 27;Ch., 7; I. N., 12. 

40 espèces sont indochinoises, parmi lesquelles 5 sont bir- 
manes, 6 indiennes, 3 chinoises, 1 japonaise, 4 des Philip- 
pines, 3 des îles Malaises. L'affinité est évidente avec les Indes 
anglaises et la Birmanie. Ce genre est plutôt tropical ; aussi 
la Chine ne compte-t elle que 7 espèces et le Tonkin 8, tandis 
que le Cambodge et la Cochinchine ensemble, bien que de 
surface à peine égale au Tonkin, en comptent 18, c'est-à-dire 
plus du double. 

Le Croton iomentosus qui était cité à Hong-Kong et. au 
Kouy-tchéou, setrouve^ en Indochine, beaucoup plus au Sud, 
en 9 localités, plusieurs à 1.400 kilomètres de distance. Le 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 29 

C. Tiglium présenterait un cas analogue; mais il est cultivé au 
Japon et dans la Chine du Nord, et la comparaison n'est plus 
possible. Il semble, au contraire, bien spontané dans notre 
colonie. 

24 nouvelles espèces de Croton ont été récemment décrites en 
Indochine, qui est ainsi en plein dans l'aire de distribution du 
genre et même dans son aire de création. 

Aleurites L. — ■ Asie et îles du Pacifique ; 4 esp. - — • I. A., 1 ; 
Ch., 3; I. N., 2. 

L'Indochine compte 4 Aleurites, mais 2 sont souvent cul- 
tivés, dont il ne faut pas tenir compte. Il reste VAL Fordii, du 
Yunnan, du Su-tchuen, etc., que Ton connaît maintenant, 
grâce à notre Flore, dans le N. Annam, à 600 kilomètres plus 
au Sud, etl'yl/. Fenzicw Hassk., jusqu'ici confondu avec l'^Z. 
japoni':a de la Chine et du Japon. 

Dimorphocalyx Thw. — Indes anglaises et Malaisie ; 
5esp. — I. A.,5;Ch.,0 ; I. N., 0. 

Genre tropical, toutes les espèces étant du Sud des deux 
presqu'îles indoues. L'espèce indochinoise, D. Poilanei, est 
pareillement du Sud ; elle est la plus orientale du genre. De 
plus, elle est nouvelle et est jusqu'ici endémique. 

Deutzianthus Gagnep. — Genre endémique, récent, repré- 
senté par une seule espèce du Tonkin, le D. tonkinensis. 

Thyrsanthera Pierre, Gagnep. — • Genre récent, donc endé- 
mique quant à présent, représenté par une seule espèce, du 
Sud de notre domaine, le T. suborbiciilaris. 

Tritaxis H. Bn. — • Asie, Malaisie; 3-4 esp. — I. A., 1 ; Ch., 0. 

Une seule espèce existe en Indochine, le T. Gaiidichaudii, 
récemment publiée, donc endémique, originaire de la chaîne 
annamitique. C'est la plus orientale de toutes, et elle reporte 
loin vers TEst la limite de distribution du genre. 

Prosartema Gagnep. — Genre récent, endémique, repré- 
senté par 3 espèces du Nord, du Centre et de l'Est de notre 
domaine. 

Poilaniella Gagnep. — • Genre endémique, récent, compre- 
nant une seule espèce du Sud de l' Annam, le P. fragilis. 



30 F. GAGNE PAIN 

Trigonostemon Bl. — Indes orientales et Archipel malais ; 

10 esp. déjà connues, actuellement 27 ; — I. A., 9 ; Ch., ; 
I. N., 1. 

18 espèces sont indochinoises, dont 17 sont nouvelles. Toutes 
sont plutôt tropicales, une seule étant du Tonkin. Voilà un 
genre qui a son aire et même son centre de création en Indo- 
chine. 

Ostodes Bl. — • Indes orientales et archipel malais ; 6 esp. — 
I.A.,5;Ch.,0;I. N., 1. 

En Indochine, nous n'avons qu'une seule espèce : c'est 
VO. paniculata, qui est commun aux Indes anglaises et bataves 
et remonte dans notre domaine jusqu'au Tonkin. 

Nephrostylus Gagnep. — Genre endémique, représenté 
par une espèce de l'Annam méridional, le N. Poilanei. 

Homonoia Lour. — Indes orientales et Archipel malais ; 
3 esp. — I. A., 2 ; Ch., 1 ; I. N., 0. 

Sur 2 espèces indochinoises, l'une, H. riparia, est certaine- 
ment indigène. Elle est répandue dans toutes les régions tro- 
picales, à cause de sa préférence pour les rives, ce qui lui assure, 
quel que soit le climat, des conditions plus égales. 

Acalypha L. — ■ Toutes les régions chaudes ; 220 espèces. — • 
I. A., 9; Ch., 6; I. N., 11. 

11 espèces sont indochinoises, dont 3 sont indiennes, 4 chi- 
noises, 1 japonaise, 3 des Philippines, 4 indo-bataves. Dans 
notre domaine, ce genre ne remonte pas beaucoup plus loin 
que le centre, 2 espèces seulement existant au Tonkin. Sur ces 

11 espèces, 5 sont endémiques. 

Trewia L. — Indes orientales et malaises ; 2 esp. — I. A., 
2;Ch., 0; I. N., 1. 

En Indochine se trouve une seule espèce, le T. midijlora, qui 
est abondant un peu partout ici (19 localités) comme dans les 
régions avoisinantes. 

Dalechampia PI. — Toutes les régions chaudes ; 88 es- 
pèces, surtout américaines. — I. A., 3 ; Ch., ; I. N., 1. 

Deux espèces indochinoises endémiques, du moins quant à 
présent ; elles sont plutôt du Sud. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'inDOCHINE 31 

Melanolepis Rchb. et Zôll. — Genre indo-malais com- 
prenant seulement 2 espèces. 

L'unique espèce indochinoise est le M. vitijolia^ espèce 
méridionale, qui doit être séparée du M. moluccana. Elle est 
endémique. 

Mercurialis L. — • Europe, Asie orientale ; 8 esp. — I. A., 
3;Ch., 1 ; I. N., 0. 

L'Indochine ne comprend qu'une seule Mercuriale, M. leio- 
carpa, qui se trouve également au Japon, en Chine, en ('orée. 
C'est une espèce du Nord qui a consenti à vivre au Siam. Sans 
doute la trouvera-t-on en des points intermédiaires, tels que 
la Birmanie, le Haut Laos, le Tonkin. 

Mallotus Lour. — • Toutes régions tropicales ; 80 esp. — ■ 
L A., 45; Ch., 16; L N., 18. 

15 espèces sont indochinoises, dont 7 des Indes anglaises, 
11 de Chine, 6 des Philippines, 4 des Indes bataves. On voit 
par cette énumération : 1° que le genre est semi-tempéré ; 
2° que les affinités de nos espèces sont surtout avec la Chine. 
Sur ces 15 espèces, 9 se trouvent en même temps en Cochin- 
chine et au Tonkin, ce qui dénote un certain accommode- 
ment au climat Est-ce cet accommodement qui fait que 6 es- 
pèces indochinoises se trouvent aussi aux Philippines ? Alors 
quel procédé de dispersion possède donc ce genre pour que ses 
espèces se trouvent sur des terres si éloignées et séparées par 
la mér ? 

Un cas remarquable : le M. Furetianus que l'on ne connais- 
sait pendant longtemps que dans la province de Quang-tung; 
puis à Haïnan, est signalé maintenant sur toute la chaîne 
annamitique, dans les montagnes du Cambodge et en Cochin- 
chine orientale. Peut-être même existe-t-il à Sumatra et aux 
Philippines. Il semblerait que cette espèce, bien loin d'être, 
à Hong-kong, vers le centre de son aire, s'y trouve au contraire 
sur sa limite septentrionale. Bien qu'à un degré moindre, il en 
est de même des M. Apelta, cochinchmensis^ Hookeriaiius 
contubernalis. Ainsi la connaissance plus précise d'un vaste 
territoire modifie d'importance les conclusions géo-botaniques. 



32 F. GAGNEPAIN 

Le M. microcarpus Pax, connu naguère en une seule localité, 
est cité en d'autres. 

La densité géographique des il/a//o^?/5 parait propre à ce genre. 
Certaines espèces sont connues dans tant de localités qu'il est 
impossible de les citer toutes. Trois espèces sont endémiques, 
à ce jour. 

Gselodiscus H. Bn. — - Plusieurs botanistes ne distinguent 
pas ce genre du précédent, par exemple Pax et K. Hoffmann, 
les monographes de la famille dans le Pjlanzenreich. En Indo- 
chine, il comprend 10 espèces, parmi lesquelles 7 ont été 
décrites récemment et sont endémiques à ce jour. Les 3 autres, 
qui étaient connues comme Mallotus^ ont une large distribu- 
tion dans la colonie. Parmi elles le C. muricatus se rencontre 
abondant dans les Indes anglaises et bataves, en Chine, aux 
Philippines. Les C. glabriiiscul set jjiofitanus n'étaient connus 
qu'en Birmanie. Ainsi l'aire de distribution du genre Cœlo- 
disciis serait presque exclusivement indochinoise ; et le centre 
de cette aire se placerait A^ers le Cambodge et le bas 
Laos. 

Alchornea Sw. — Toutes les régions chaudes ; 46 esp. — 
I. A., 6 ; Ch., 4. 

5 espèces en Indochine, dont 2 communes aux Indes an- 
glaises, 1 aux Indes bataves et 1 aux Philippines. La plus 
commune est 1'^. nigosa (22 localités en Indochine). En 
dehors elle existe en Chine, dans la Péninsule malaise, à Java, 
à Sumatra et aux Philippines. 

• Cnesmone Bl. — La seule espèce connue (îles de la Sonde, 
Presqu'île malaise), se trouve en Indochine méridionale. C'est 
C. javanica. 

Genesmon Gagnep. ■ — • Genre récent, endémique, compre- 
nant (3 espèces, la plupart de l'Indochine moyenne. 

TragiaL. — • Toutes les régions chaudes ; 125 esp., surtout 
américaines, 4 seulement asiatiques. — ■ I. A., 3 ; Ch., 1 ; 
I. N., 1. 

Une seule espèce indochinoise, et de plus endémique, le 
C. Delpyana. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'inDOCHINE ' 33 

Sapium P. Br. — • Régions tropicales des Deux-Mondes ; 
95 esp., dont 9 à 10 asiatiques. — I. A., 6 ; Ch., 3. 

Pour rindochine 7 espèces sont énumérées, dont 2 sont 
birmanes, 4 indiennes, 3 chinoises, 1 indobatave. Le S. sebi- 
jerum est plutôt cultivé. Le S. hicolor^ qui, pendant long- 
temps, ne fut connu qu'à Hong-kong, puis à Haïnan, se 
rencontre en 16 localités de l'Indochine, depuis le Tonkin 
jusqu'à la Cochinchine. Le S. rotiindijolium, que l'on ne 
connaissait qu'au Chan-tung, se trouve en 3 localités du 
Tonkin. 

Glyphostylus Gagnep. — Genre endémique, représenté par 
une espèce du Laos, le G. laotiens. 

Excœcaria L. — • Asie, Afrique tropicale ; 26 esp., dont 
18 asiat. et océaniennes. — L A., 8 ; Ch., 2. ; L N., 5. 

En Indochine, nous comptons 4 espèces, un peu moins que 
dans les Indes bataves, mais plus qu'en Chine, ce qui prouve 
uu genre à préférences tropicales. Parmi les 4 espèces de notre 
domaine, 2 sont en commun avec les Indes anglaises, 1 avec 
la Chine, 2 avec les Indes bataves, 1 avec les Philippines. Une 
espèce endémique vit au Sud-Annam, les 3 autres en de mul- 
tiples localités. ' 

Strophioblachia Bœrl. — Indes et Malaisie ; 1-2 esp. 

L'unique espèce indochinoise est le S. glandulosa^ qui était à 
peine connu en Indochine et qui y compte maintenant 17 loca- 
lités. 

Blachia H. En. — Indes et Malaisie ; 8 esp. — I. A., 5 ; 
Ch., ; I. N., 0. 

En Indo-Chine, on compte 7 esp., dont 2 des Indes anglaises 
et 1 de Chine. Sur ces 7 espèces, 5 ont été récemment publiées 
et sont endémiques pour la colonie. Toutes, saul 1, sont de 
l'Indochine moyenne. 

Thelypetalum Gagnep. — Genre récent, endémique, et 
monotype, avec l'espèce T. Pierrei. 

Sumbaviopsis J. J. Sm. — Une seule espèce, javanaise, 
le S. albicans^ que l'on trouve dans le Sud de la colonie, ainsi 
que sa var. disperma. 

3 



34 F. GAGNEPAIN 

Glaoxylon Juss. — • Régions tropicales, 57 espèces ; — I. A.. 
15 ; Cb., i ; I. N., 8. 

L'Indochine ne possède que 3 espèces, dont 1 birmane, 
2 indiennes, 2 chinoises, 2 indobataves, 2 des Philippines. Une 
espèce remarquable est le C. hainanense, que l'on ne connais- 
sait qu'à Haïnan et qui compte maintenant 4 localités dans 
l'Annam. 

Gelonium Roxb. — Asie tropicale ; 19 esp. — • I. A., 6 ; 
Ch., 1 ; I. N., 1. 

4 espèces de ce genre sont indochinoises, dont 2 sont bir- 
manes, 2 indiennes. 1 chinoise, 1 batave et 1 des Philippines. 
Une espèce est à signaler, qui est nouvelle et compte 22 loca- 
lités indochinoises. 

Baliospermum Bl. — Indes anglaises, Malaisie ; 6 esp. — 
LA., 6; Ch., 1 ; I. N., 1. 

En Indochine existent 4 espèces, dont 1 birmane, 3 in- 
diennes et 1 indobatave. 

A signaler une espèce endémique du Tonkin. 

Macaranga Petit-Th. — Asie, Afrique ; 160-170 esp. — 
I. A., 24 ; Ch., 4 ; 1. N., 10. 

En Indochine, on a décrit 15 espèces, dont 1 est birmane, 
5 indo-anglaises, 4 chinoises, 1 des Philippines, 4 indo-bataves. 
Les espèces nouvelles sont au nombre de 5 et sont endémiques. 
Le M. denticulata est la mieux représentée (15 localités) en 
Indochine. Il est remarquable que le M. Tanarius qui se 
trouve aux Indes anglaises, en Chine, aux Philippines, aux 
Indes bataves, n'ait dans notre colonie qu'une seule loca- 
lité. 

Gleidion Bl. — Asie, Afrique, Amérique ; 15 esp. — I. A.. 
2 ; Ch., 1 ; I. N., 1. 

Une seule espèce ancienne est indochinoise, le C. javanicum ; 
deux, en plus, sont nouvelles, dont une seule est endémique, le 
C. b'racteosiun. 

Le C. hrevipetiolatum n'était connu qu'en une localité chi- 
noise et au Tonkin ; grâce à la Flore générale^ huit autres 
sont signalées, dont 2 sont chinoises (province de Kouy- 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'INDOCHINE 35 

tchéou). Il est infiniment probable que cette espèce sera trou- 
vée au Yunnan. 

Endospermum Benth. — • Chine mérid., Archipel malais ; 
10 esp. — I. A., 3 ; Ch., 1 ; I. N., 0. 

Notre domaine ne compte qu'une espèce : VE. chineuse, du 
Sud de la Chine. Pendant longtemps on ne la connaissait qu'à 
Hong-kong ; on la découvrit ensuite à Haïnan, Elle compte 
maintenant 3 localités au Tonkin et 1 en Annam, dans la pro- 
vince de Quang-tri. Une aire qui s'étend d'importance. 

Sebastiania Spr. — Toutes les régions chaudes ; 75 esp. — 
I. A., 1 ; Ch., 1 ; I. N., 1. 

Une seule espèce également dans notre domaine, le S. Cha- 
mœka, qui est aussi indo-anglaise, chinoise, indo-batave. Elle 
ligure dans 17 localités indochinoises. 

Galearia Zoll. et M. — • Indes orientales et malaises ; 
12esp. — LA., 10;Ch.,0 ; I. N., 0. 

Trois espèces sont de notre domaine, dont 2 sont des Indes 
anglaises et des Indes bataves ; la troisième est nouvelle. Les 
3 espèces sont peu représentées en Indochine (1 localité seule- 
ment chacune). 

Microdesmis PL — • Asie et Afrique tropicales ; 2 esp. — 
LA., 1 ;Ch., 1.; I. N., 1. 

Le M. casearlxfolia est la seule espèce indochinoise. En 
revanche, cette espèce compte dans notre domaine 12 loca- 
lités. 

Erismanthus Wall. — • Indes anglaises, Chine ; 2 esp. — 
1. A., 1 ; Ch., 1 ; I. N., 1. 

L'Indo-Chine compte 3 espèces, donc une nouvelle est à 
ajouter ; elle s'étend sur tout l'Annam (5 localités) et sur la 
Cochinchine (9 localités). L'E. sinensis, qui se rencontre à 
Haïnan, sera très probablement trouvé au Tonkin ou en 
Annam ; c'est pourquoi il figure dans la « Flore » sans aucune 
localité désignée. 

Agrostistachys Dalz. — Indes orientales, Afrique tropi- 
cale ; 6 esp. — 1. A., 6 ; Ch., ; I. N., 0. 

Trois espèces sont indochinoises, qui sont birmanes (1), 



36 F. GAGNEPAIN 

indo-anglaises (3), des Philippines (1). Toutes les 3 sont repré- 
sentées chacune en une localité unique. 

Oligoceras Gagnep. ■ — -Genre nouveau, connu en une seule 
localité, non loin de Hué, et représenté par une seule espèce, 
VO. Eberhardtii. 

Pantadenia Gagnep. ■ — • Genre également nouveau et mono- 
type {P. adenanthera) représenté en 9 localités du Laos, du 
Cambodge et de la Cochinchine. 

Ghaetocarpus Thw. — • Indes orientales, Archipel malais, 
Amérique ; 7 esp. — I. A., 3 ; Ch., 1 ; I. N., 1. 

Notre unique espèce est le C. castanocarpus, qui est signalé 
en Birmanie, aux Indes anglaises et bataves. Elle compte dans 
notre domaine plus de 20 localités réparties sur toute sa sur- 
face. 

Epiprinus Griff. — ■ Indes Anglaises et Malaisie : 3 esp. — • 
I. A., 1 

L'Indochine ne compte que 2 espèces, qui sont nouvelles, 
l'une du Tonkin (4 loc), l'autre de 1,'Annam (1 loc). Ce genre 
a une distribution qui s'étend à la fois largement vers le Nord 
et vers l'Est ; il semble que le centre de création se trouve 
quelque part en Birmanie ou au Siam. 

Symphyllia H. Bn. — Une seule espèce connue. S. sUhetia- 
na^ qui a sa patrie au Sud-Est de l'Himalaya, en Birmanie et 
même en Cochinchine (1 localité connue). 

Gladogynos Zipp. — Iles Malaises ; 1 esp. — I. A., ; 
Ch., 0; I. N., L 

L'unique espèce, C. orientalis^ existe à Java, à Timor aux 
Philippines, et dans 14 localités indochinoises. Son aire d'ex- 
tension s'étend et se précise singulièrement. 

Godefroya Gagnep. — Genre nouveau, monotype {G. ro- 
tufidata), sorti du genre Cleistanthus et représenté dans 3 loca- 
lités du Cambodge. 

Cleistanthus Hook. — Asie, Afrique, Australie ; 103 esp. — 
I. A., 27 ; Ch., ; (chiffres des auteurs). 

Ce genre, trop compréhensif, a été démembré en Godefroya 
et Paracleisthus, ce qui fait que la statistique ci-dessus est un 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 37 

peu exagérée. En Indochine, nous ne comptons que 3 Clels- 
tanthus vrais : le C. myrianthus et 2 espèces nouvelles. Le 
C. myrianthus se trouve également en Birmanie, aux Indes 
anglaises et bataves, aux Philippines. 

Bridelia Willd. — Asie, Afrique, Australie; 56 esp. — I. A., 
18; Ch., 3; I. N., 6. 

11 espèces sont de notre domaine, dont 4 sont birmanes, 

4 indo-anglaises, 2 chinoises, 2 des Philippines, 4 indo-bataves. 
Sur ces 11 espèces, 4 sont nouvelles, particulières à la colonie. 
Les plus répandues en Indochine, parmi les anciennes espèces, 
sont B. minutiflora (13 localités), B. stipularis (17) et B. i.o- 
mentosa (24), cette dernière largement répandue dans les terres 
circonvoisines. 

Paracleisthus Gagnep. — Genre établi aux dépens du genre 
Cleistanthus et comprenant 5 espèces indo-chinoises, endé- 
miques, sauf P. subgracilis, que l'on a découvert récemment à 
Haïnan. 

Antidesma L. — • Régions chaudes de l'Ancien Monde ; 
156 esp. — I. A., 32 ; Ch., 8 ; I. N., 18. 

Ce genre compte en Indochine 32 espèces, parmi lesquelles 

5 sont birmanes, 9 indo-anglaises, 11 chinoises, 1 japonaise, 

2 des Philippines, 6 indo-bataves. Ainsi ce genre tropical a des 
tendances vers les régions semi-tempérées. Comme contre- 
partie, le plus septentrional des Antidesma, A. japonicum, 
ne craint pas le climat du Tonkin, de l'Annam où il se rencontre 
en 17 localités. La'chaîne annamitique a dû favoriser puissam- 
ment son expansion vers le Sud. 

L'yl. hainanense Merrill, espèce toute récente (1922), qui ne 
comptait à cette époque qu'une seule localité (Haïnan), en 
compte 17 autres, du Tonkin, de l'Annam et du Laos. 

L'X. Henriji, connu seulement en Chine méridionale, compte 

3 localités au Tonkin et en Annam. Enfin une autre espèce, 
VA. yunnanense^ qui, en 1922, dans le Pjlanzenreich, ne comp- 
tait que 2 localités au Tonkin en possède 2 autres, 5 en Annam 
et 1 au Laos. De toutes les espèces, la plus répandue dans les 
régions voisines de notre domaine, 1'^. /?zmm, est rencontrée 



38 F. GAGNE PAIN 

dans toute l'Indochine où elle compte 17 localités. De même 
VA. montamini {Birmaime, Indes anglaises, Chine, Philippines, 
Indes bataves) est rencontré dans 21 localités, éparses dans 
toute l'Indochine. 

19 espèces nouvelles dans le genre Antidesma attestent élo- 
quemment que notre colonie est en plein dans l'aire de distri- 
bution de ce genre. 

Fluggea Willd. — Asie, Afrique et Australie tropicales ; 
6 esp. — I. A., 3 ; Ch., 2 ; I. N., 3. 

Ce genre est représenté en Indochine par 2 espèces, dont une 
est en même temps indienne, chinoise, japonaise et des Philip- 
pines. Représentée en Indochine dans 191ocalités, l'autre espèce 
est nouvelle et par conséquent endémique quant à présent. 

Actephila Bl. — • Indes orientales, Malaisie, Australie; 22 
esp. — I. A., 2 ; Ch., ; I. N., 2. 

En Indochine nous connaissons 10 espèces, dont 1 bir- 
mane, 2 indiennes et 1 indobatave. 9 espèces sont nouvelles et 
8 endémiques. Cette proportion énorme de nouveautés prouve 
que l'Indochine se trouve en plein dans l'aire de distribution 
et même de création du genre. 

Andrachne L. — Europe, Asie tropicale, Chine ; 10 esp. — ■ 
I. A., 5 ; Ch., 2 ; I. N., 0. 

Deux espèces sont indochinoises, dont une est commune 
aux Indes anglaises, aux îles de la Sonde ; l'autre est nou- 
velle, endémique. 

Gatnaia Gagnep. — Genre endémique et monotype des 
environs de Hué, le G. annamica. 

Bischofia Bl. — Indes orientales et archipel malais ; 1 esp. 
— I.A.,1 ;Ch., 1 ;I. N., 1. 

En Indochine, l'unique espèce, Bisch. javanica, a été ren- 
contrée en. 16 localités. 

Hymenocardia Wall. — Indes orientales et archip. malais ; 
9esp. — I. A., 1 ;Ch., 0; I. N., 1. 

Deux espèces existent en Indochine, dont une est bir- 
mane, indienne et indo-batave. L'autre espèce, du Laos 
moyen, est endémique. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOGHINE 39 

BaccaureaLour. — Indes orientales, Arch. malais, Afrique 
tropicale ; 60 esp. — I. A., 29 ; Ch., 1 ; I. N., 0. 

L'Indochine possède 4 espèces, sur 7 assez bien connues, les 
3 autres l'étant insuffisamment. Le B. sapida est indien et 
chinois. A signaler 3 espèces nouvelles, endémiques, origi- 
naires de l'Annam et du Laos. 

AporosaBl. — -Indes orientales, Archipel malais ; 62 esp. — 
I. A.,28;Ch.,2; I. N., 1. 

11 espèces se trouvent en Indochine, dont 6 sont birmanes, 
6 indiennes, 2 chinoises. Trois espèces sont nouvelles et endé- 
miques. L'^. microcalyx, très largement répandu ailleurs, 
compte 24 localités en Indochine, h' A. ficifolia, qui n'était 
connu qu'en un point, est connu aujourd'hui dans 9 localités 
indochinoises. De même pour A. tetrapleura exactement. 

Drypetes Vahl (Cyclostemon et Hemicyclia inclus). — Ré- 
gions tropicales ; 140 esp., dont 65 pour l'Asie et l'Océanie. — • 
I. A., 24 ; Ch., ; I. N., 3. 

L'Indochine compte 9 espèces, dont une est indienne. Les 
autres 8, sont nouvelles et endémiques, témoignant que la 
colonie est dans l'aire de création du genre. 

Phyllanthus L. — • Toutes les régions chaudes; 500 esp. — 
I. A., 56;Ch., 11 ; I. N., 7. 

41 espèces se trouvent en Indochine, dont 4 sont birmanes, 
8 indo-anglaises, 6 chinoises, 2 japonaises, 3 philippines, 6 indo- 
bataves. Les affinités de notre Flore, pour ce genre, sont avec 
les Indes anglaises, la Birmanie et la Chine ; ce qui dénote la 
large dispersion du genre. 

Sur ces 41 espèces, 29 sont nouvelles, ce qui prouve à quel 
degré la colonie se trouve dans l'aire de création du genre. Les 
P. reticulatus (32 localités), Niruri (12), simplex (19), Emblica 
(21), Urinaria (19) sont aussi largement représentés dans 
notre domaine floristique que dans les voisins. 

Glochidion Forst. — Régions tropicales, surtout asiati- 
ques ; plus de 120 esp. — I. A., 59 ; Ch., 12 ; I. N., 20. 

Pour l'Indochine, 25 espèces furent décrites, dont 9 sont 
birmanes, 12 indiennes, 3 chinoises et 3 indobataves. Sur 



40 F. GAGNEPAIN 

ces 25 espèces, 5 sont nouvelles et endémiques ; et il semble 
que le centre de distribution de ce genre soit assez éloigné de 
l'Indochine, dans la direction de l'Ouest ; car les affinités de 
la flore indochinoise se précisent nettement vers la Birmanie 
et les Indes anglaises. Les G. littorale (10 loc), glaiicifolium (6), 
rubrum (13), velutinum (12) sont parmi les mieux représentés 
géographiquement. L'indice de densité des espèces serait donc, 
dans notre domaine, bien inférieur à celui des Phyllanthus, 
d'autant qu'il n'y a pas de raison pour que les collecteurs pré- 
fèrent dans leurs récoltes un genre à l'autre, tellement tous 
deux sont semblables d'aspect. 

Breyniopsis Beille. — Genre nouveau, endémique par 
conséquent, représenté par une seule espèce, le B. Pierrei. 

Breynia Forst. — Asie, Afrique et Océanie tropicales ; plus 
de 12 espèces. — I. A., 6 ; Ch , 3 ; I. N., 0. 

On a trouvé en Indochine 14 espèces, parmi lesquelles 
2 sont birmanes, 3 indiennes, 1 chinoise, 2 indo-bataves, 2 des 
Philippines. Sur ces 14 espèces, 9 sont nouvelles, endémiques. 

Les Breynia fruticosa (43 localités), rhamnoides (10), angus- 
tifolia (5), espèces de longtemps connues, ont une densité qui 
correspond à ces chiffres. 

Agyneia L. — • Indes, Mascareignes ; 1 esp. — I. A., 1 ; 
Ch., 1 ; I. N., 8 (??). 

La seule espèce indochinoise est 1'^. haccijorm^s^ qui fut 
récolté en 9 localités. 

Sauropus El. — Indes et Malaisie ; plus de 42 esp. — I. A., 
15;Ch.,2;I. N.,4. 

Le nombre des espèces indochinoises est inattendu par son 
importance, 22. Sur ces 22 espèces, 3 sont birmanes, 7 in- 
diennes, 2 chinoises, 1 indobatave, 1 des Philippines. 13 sont 
nouvelles, endémiques, provenant de l'Est de notre domaine. 
La plus répandue des espèces est le S. androgynns (26 localités). 
Fait remarquable : le S. spectabilis, que l'on ne connaissait 
qu'aux Indes bataves, se rencontre au Sud de l'Annam. Une 
espèce de Ceylan, S. assimilis, qui n'existait que là, figure au 
Nord de notre domaine. Le 6'. grandifolius Pax, connu seule- 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'INDOCHINE 41 

ment au Yunnan, existe au Tonkin, an Cambodge, en Cochin- 
chine, en 4 localités nouvelles. Connu à Ceylan, le ^S". retrover- 
siis est à Nhatrang (Annam mérid.). Le S. breçipes arrive de 
Birmanie au Siam. Bien plus aventureux sont le S. quadran- 
giilaris, qui, connu dans la péninsule occidentale des Indes, 
se trouve au Cambodge, et le S. bicolor qui, de la Birmanie 
occidentale, se retrouve au Laos, au Cambodge (9 localités). 
Le S. orhicularis du Siam s'avance jusqu'en Chine, tandis que 
le S. coinpressus voit son aire s'étendre à 8 localités indochi- 
noises, bien loin du Nepaul, du Bhotan et de la Birmanie. 

Putranjiva Wall. — Indes anglaises ; 2 esp. — I. A., 2 ; 
Ch., ; I. N., 0. 

En Indochine, le P. Roxhurghii est la seule espèce repré- 
sentée. Loin de l'Himalaya et de la Birmanie, elle gagne de 
proche en proche le Siam, le Laos, et même les montagnes du 
Cambodge. 

Buxus L. — Europe, Asie tempérée ou tropicale, 18 esp., 
dont 7 asiatiques. — I. A., 1 ; Ch., 2. 

En Indochine, 4 espèces sont indigènes, dont une est in- 
dienne, 2 chinoises. Sur ces 4 espèces, 3 ont été décrites ré- 
cemment, et 2 sont spéciales à la colonie. 

Sarcococca Lindl. — Asie orientale; 7 esp. (qu'il faudrait 
réduire à 4 ?). — I. A., 1 ; Ch., 1 ; I. N., 1. 

Notre flore compte 2 espèces, dont 1 indienne et l'autre 
chinoise. Ces 2 espèces préfèrent les montagnes. 

Daphniphyllum Bl. — Indes orientales. Archipel malais, 
Afrique tropicale ; 7 espèces, asiatiques ou malaises. — • I. A., 
7;Ch., 3; I. N., 1. 

Parmi les 9 espèces indochinoises, 1 est birmane, 1 indienne, 
1 chinoise, 1 japonaise, 1 indobatave. 3 sont récentes et 5 sont 
spéciales à la colonie. Le D. calycinum^ connu seulement au 
Kouang-toung, a consenti à vivre au Tonkin. Le Z). laurinum, 
malais, devient siamois ; l'espèce birmane, D. Beddomei, de- 
vient également siamoise ; le D. Roxhurghii^ qui était à son 
point le plus méridional aux îles Lioukiou, est connu au Laos 
central et au Cambodge. 



42 F. GAGNEPAIN 

Conclusions relatives aux Euphorbiacées. 

I. Cette famille, riche de plus de 220 genres et de 3.200 es- 
pèces, s'étend sur toutes les régions tropicales, avec incursions 
timides vers les régions tempérées, où elle est représentée par 
un petit nombre de genres. Sur ces 220 genres, 79 sont indo- 
chinois, comprenant 559 espèces, soit environ 36 p. 100 des 
genres et 17 p. 100 des espèces. 

Si ces rapports sont plus considérables que pour les Compo- 
sées, c'est que nous avons affaire ici à une famille tropicale que 
nous étudions dans la zone torride. Ainsi les genres, étant 
égaux en nombre dans les deux familles, sont pour les Euphor- 
biacées plus de cinq fois plus riches en espèces. 

II. Localités nombreuses. De même que pour les Composées, 
les espèces les plus répandues sont signalées dans de nom- 
breuses localités. Citons : Sapium discolor (16 localités), Stro- 
phioblachia glandulosa (17), Trewia nudijlora (19) ; PMjllan- 
thus Emblica (21), Gelonium sp. (22) ; Phyllanthus reticula- 
tus (32). 

III. Genres et espèces endémiques. Les genres nouvellement 
décrits sont abondants dans cette famille : Deutzianthus, Thyr- 
santhera, Prosartema^ Poilaniella, Nephrostylus^ Cenesmon^ 
Glyphostylus, Thelypetalum, Oligoceras, Pantadenia, Gode- 
froya, Paracleisthus. Gatnaia, par Gagnepain ; Breyniopsis^ 
par Beille. Au total 14 genres comprenant 25 espèces. 

Les espèces nouvelles appartenant à des genres déjà connus 
sont au nombre de 183 et appartiennent aux 34 genres sui- 
vants : Euphorbia (5), Croton (24), Dimorphocalix (1), Tri- 
taxis (1), Trigojiostemon (17), Acalypha (5), Dalechampia (2), 
Melanolepis (1), Mallotus (3), Cœlodiscus (7), Excœcaria (1), 
Blachia (5), Gelonmm (1), Baliospermum (1), Macaranga (5), 
Cleidion (1), Galearia (1), Erismanthus (1), Epiprinus (2), 
Cleistanthus (2), Bridelia (4), Antidesma (15), Fluggea (1), 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'iNDOCHINE 43 

Hijmenocardia (1), Baccaurea (3), Aporosa (3), Drypetes (8), 
Phyllanthus (29), Glochidion (5), Breynia (9), Saurepus (13), 
Biixus (3), Sarcococca (2), Daphniphyllum (3), 

Ainsi tous ces genres et ces nombreuses espèces affirment 
jusqu'à quel point notre domaine indochinois est compris dans 
leur aire de distribution et près de leur centre de création. Le 
nombre des espèces nouvelles est, au total, de 208, sur un nom- 
bre global de 559, soit environ de 1 sur 3, nombre voisin de 
celui donné par l'ensemble des familles. 

IV. Affinités de la çégétation. — Si l'on se borne aux quatre 
genres les plus riches en espèces de cette famille des Euphor- 
biacées, quant aux affinités de notre domaine avec les terri- 
toires les plus proches, on peut établir le petit tableau suivant, 
dans lequel sont figurées, par des nombres, les espèces com- 
munes avec lesdits territoires et l'Indochine : 





Indes anglaises 


Chine 


Indes bataves 


Croton , . 


6 


3 


3 


Antidesma 


...... 9 


11 


6 


Phyllanthus 


8 


6 


6 


Glochidion 


12 


3 


3 



Ainsi les espèces communes avec notre domaine sont plus 
nombreuses pour les genres Croton^ Phyllanthus et Glochidion 
dans les Indes anglaises, pour Antidesma dans la Chine. Les 
affinités de notre flore avec celle de ces contrées sont dans la 
même proportion. Pour avoir une idée plus juste de ces affi- 
nités on peut faire le même tableau, non plus pour quelques 
genres, mais pour tous les genres de notre Flore. On obtient 
alors, respectivement aux mêmes contrées, les nombres : 

122 77 71 

Quant aux FAiphorbiacées, les affinités de la végétation in- 
dochinoise sont près de 1,5 fois plus grandes avec les Indes 
anglaises qu'avec la Chine et les Indes bataves. Pour rendre 



44 F. GAGNE PAIN 

ces nombres comparables aux nombres homologues fournis 
par les Composées, on peut les diviser tous par un même 
nombre qui fasse que le nombre correspondant aux Indes 
anglaises soit le même. On obtient alors : 

Composées 11 9 5 

Euphorbiacées 11 7 6,2 

Les différences dans ces nombres montrent nettement que 
pour cette dernière famille il y a moins d'affinités avec la 
Chine, qui est au Nord ; il y en a sensiblement plus avec les 
Indes bataves, qui sont au Sud. Ces différences disent la diffé- 
rence de tempérament des deux familles : les Composées à 
tendance tempérée, les Euphorbiacées plus nettement tropi- 
cales parleur nature même. Cependant les Composées se dissé- 
minent plus facilement de T Indochine à la Chine, ou en sens 
inverse, à cause de la limite commune et des akènes aigrettes. 
Entre les Indes bataves et l'Indochine, il y a de sérieux empê- 
chements d'échanges parce qu'une mer large sépare les deux 
domaines floristiques et que les Euphorbiacées ont des graines 
lourdes qui échappent à l'action des Agents. 

V. Aires de dispersion des espèces. — -'Les Euphorbiacées 
nous révéleront-elles, au point de vue des aires de dispersion, 
une extension aussi considérable que celles véritablement sur- 
prenantes fournies parles Composées ? Déjà .l'énumération 
des genres nous permet de répondre affirmativement, avec 
beaucoup d'exemples à l'appui. Ces exemples sont fournis 
principalement par les genres *Croton, *Aleiirites (2 espèces 
indigènes), Tritaxis. *Merciirialis, *Ma]Iotiis, *Sapiu?iu Sum- 
baviopsis, *Claoxylon, *Cleidion^ *Endospermum^ Epiprinus, 
Cladogynos, *Antidesma, Sauropus, *Buxus^ *Sarcococca, 
D ap hnip h.y llum. 

Mais, pour cette famille des Euphorbiacées, les extensions ne 
se feront pas aussi exclusivement du Nord au Sud. Elles se 
feront aussi de l'Ouest à l'Est et, fait plus intéressant, du Sud 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DÉ l'iNDOCHINE 45 

au Nord, précisément à cause des préférences climatiques et 
tropicales de la plupart de ses genres. 

Parmi les genres précédemment cités, j'ai distingué par un 
* ceux qui ont une tendance marquée à s'étendre vers le Sud ; 
en caractères gras, ceux qui paraissent se disperser du Sud au 
Nord, au moins pour quelques espèces. 

Enfin les genres Epiprirms^ Saiiropus, Sarcococca^ Daphni- 
phyJlum paraissent, au moins en partie, porter leur dispersion 
vers l'Est. 

La famille des Composées a poussé l'expansion de certaines 
de ses espèces à des distances énormes ; jusqu'à 1.400 kilomè- 
tres des points précédemment connus. C'estle cas également de 
Croton tomentosns. de Mallotus Furetianus^ Sapiiim hicolor^ Pii- 
tranjiva Roxburohii, DaphniphyUum Roxburgkii, qui s'avan- 
cent très loin vers le Sud. 

D'autres espèces paraissent moins hardies pour gagner le 
Sud. Ce sont : Aleurites Fordii, Mercurialis lewcarpa, Mallotus 
Apelta, M. Ilookerianus, M. contubernalis^ Sapium rotundifo- 
limn, Claoxylon hainanense^ Endospernum chinense, Antidesma 
hainanense, A. yunnanense, A. Henryi, Sauropus grandijo- 
lius^ etc. Des espèces ont une aire qui s'étend d'importance du 
Sud au Nord. Citons Sumbanopsis albicans, Epiprinus {2 esp.), 
Cladogynos orientalis, que Ton né connaissait pas encore sur le 
continent. 

D'autres voient leur distribution s'étendre très loin vers 
l'Est. Ce sont, par exemple : Tritaxis Gaudichaudii, Sauropus 
spectabilis^ S. assimilis, S. retroversus^ S. brevipes^ S. quadran- 
gularis, S. bicolor. Pour la plupart de ces espèces, la chaîne 
birmano-malaise n'a pas entravé leur marche vers l'Orient ; 
d'autres ont même franchi la mer du Bengale, ce qui est un 
record. 

Conclusions générales. 

Des comparaisons destinées à montrer les analogies qui 
réunissent les Euphorbiacées aux Composées ou les différences 
qui les séparent, peuvent être faites par chacun. Elles n'au- 



46 F. GAGNE PAIN 

raient d'ailleurs qu'une faible portée au point de vue général. 
Je n'en parle donc que pour mémoire. Il est évidemment pré- 
lérable de tirer, des conclusions particulières aux deux familles, 
d'autres conclusions pouvant intéresser la plupart des autres 
familles de la Flore. 

N'oublions pas que ces deux familles importantes sont de 
tempérament très divers quant au climat : les Composées plu- 
tôt propres aux régions tempérées, les Euphorbiacées plutôt 
tropicales dans l'ensemble. Les premières sont à akènes légers, 
aigrettes ou accrochants ; lessecondessont à graines plus volu- 
mineuses, n'offrant aucune prise au vent. Il est possible, il est 
même infiniment probable que les autres familles de la Flore 
seront, à ces divers points de vue, ou plus assimilables aux 
Euphorbiacées, ou plus comparables aux Composées. 

I. Ainsi la proportion des genres Indochinois au total de la 
famille sera probablement, pour Tune d'elles quelconque, com- 
prise entrerS p. 100 et 36 p. 100 ; la proportion des espèces, de 
même, pourra varier entre 2 p. 100 et 17 p. 100, chifires obte- 
nus pour les deux familles considérées. 

II. Les espèces les plus communes dans la colonie atteignant 
actuellement 30 et 32 localités où elles sont rencontrées, on 
pourra établir, assez exactement, la fréquence relative des 
espèces des diverses familles. Cette fréquence sera cotée entre 
30 (très commun) et 1 (très rare). Déjà le nombre 30 des loca- 
lités où on rencontre une espèce permet de tracer, en gros, les 
limites de sa distribution dans la colonie ; ce qui est déjà beau- 
coup pour une aussi vaste surface. Si les localités sont éloignées 
de plusieurs centaines de kilomètres, on pourra en conclure 
que l'espèce existe en des points intermédiaires où se trouve 
réalisée la station qu'elle préfère. 

Insistons sur l'importance particulière de ce fait, au point 
de vue pratique, quand il s'agit d'une espèce utile dont on peut 
ensuite tracer en détail Taire de distribution en we d'une ex- 
ploitation possible. 



ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE l'INDOCHINE 47 

III. Très souvent la proportion des espèces nouvelles aux 
espèces étudiées est de 1 sur 3 ; et cette proportion peut être 
plus grande encore. Ainsi le genre Trigonostemon compte, dans 
la «Flore générale d'Indochine », 17 espèces nouvelles sur 
18, proportion qui n'a jamais été dépassée et qui sera rarement 
atteinte. Aux 12.000 espèces environ déjà prévues 1.400 sans 
doute viendront s'ajouter lorsque le travail en cours sera ter- 
miné. 

Les genres nouveaux, surtout dans les Euphorbiacées, cons- 
tituent une proportion remarquable. Dans les deux familles 
ils font un total de 20 sur 157 genres décrits, soit une propor- 
tion de 13 p. 100. 

IV. Nous avons vu que les affinités de notre Flore avec les 
végétations voisines peuvent se résumer dans un petit tableau 
dans lequel les affinités sont en fonction des nombres portés 
au-dessous des domaines floristiques voisins. Voici ce tableau : 



Composées . . . . 
Euphorbiacées 



anglaises 


Chine 


Indes bataves 


11 


9 


5 


11 


7 


6,2 



Or, nous le savons, les Composées sont plutôt de climat 
tempéré, les Euphorbiacées de préférence tropicale. La 
moyenne : 

11 8 5,6 

conviendra à la moyenne des familles de la Flore, les unes se 
rapprochant sans doute plus des Composées et les autres des 
Euphorbiacées suivant leur tempéramentpropre. Dans tous les 
cas, pour notre domaine entier, les affinités de la végétation 
sont davantage avec les Indes anglaises (Birmanie et Pres- 
qu'île Malaise comprises) qu'avec la Chine et les Indes bataves, 
davantage également avec la Chine qu'avec les Iles de la 
Sonde. L'éloignement de ces dernières, séparées de plus par 
la mer, expliquent suffisamment les affinités moindres. 



48 F. GAGNEPAI>' 

V. Extension des aires de distribution. — • Au Nord, au Sud, 
à rOuest de la large tache qu'était pour la géobotanique 
en Asie, il y a quarante ans, l'Indochine, s'arrêtaient les ren- 
seignements de géographie botanique. Des espèces connues à 
Hong-kong avaient-elles là une limite à leur aire ? S'avan- 
çaient-elles beaucoup plus loin ? Nul ne le savait. Et il en 
était de même pour la Birmanie, la Péninsule malaise et plus 
loin les Indes anglaises. Par la revision des 2 familles ici étu- 
diées, nous savons aujourd'hui, en toute certitude, que 15 es- 
pèces au moins de la Chine orientale se trouvent maintenant 
à 1.000 et 1.400 kilomètres plus au Sud que la province du 
Chan-toung, que 29 autres, dans le même cas, sont trouvées vers 
le Sud à 200 et même 800 kilomètres de leur point d'origine, 
favorisées par la chaîne annamitique. Nous n'ignorons plus 
que 4 espèces au moins, dont la patrie est les Indes bataves, 
ont cependant contribué à enrichir 1" Indochine en des points 
fort éloignés de cette patrie. Nous savons que 7 espèces de la 
Péninsule occidentale, de Ceylan, des îles du golfe de Bengale 
et de la Péninsule orientale, dans sa partie littorale, se portent 
vers l'Est et parfois jusqu'à la chaîne annamitique, malgré les 
entraves qu'apportent la chaîne birmano-malaise aux plantes 
tropicales et les plaines tropicales aux espèces tempérées. Et 
ces conclusions, pour limitées qu'elles soient à cause de Tétroi- 
tesse du sujet traité, n'en sont pas moins très intéressantes 
parce qu'elles ouvrent la porte à des conclusions plus solides, 
plus nombreuses, qui n'ont pu être envisagées encore. 

Le sujet est seulement ébauché, puisqu'il ne porte ici que 
sur deux familles, importantes il est vrai. Mais aujourd'hui que 
113 familles ont été étudiées, sur 173 que comporte la Flore 
de l'Indochine, il ne serait peut-être ni prématuré, ni impru- 
dent de l'étendre à toutes les familles actuellement bien 
connues. 



12-10-1926. ORLÉANS, IMP. H. TESSIER 



1" Fascicule. — H. Jumelle : Les Aponogeton malgaches. 

H, Jumelle : Le Cycas Thouarsii. 
2^^ Fascicule. — H. Chermezon : Révision des Cypéracées de Mada- 
gascar (2c partie). 
3™* Fascicule. — H. Jumelle : Les Chrysalidocarpus, Palmiers de Ma- 
dagascar. 

1QS3 

1^' Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections bota- 
niques du Musée Colonial de Marseille : Afrique 
Equatoriale Française. 

2°ïe Fascicule. — P. Choux : Nouvelles Etudes biologiques sur les Asclé- 
piadacées de Madagascar. 
G. Clôt : Quelques Graines oléagineuses des Colonies 
Françaises. 

Z^^ Fascicule. — Van Gaver : Contribution zoologique à l'Etude des 
Huiles d'Animaux marins. 

1 OS4 

1" Fascicule. — V. Autran : Notes sur les Plantes oléagineuses de 

l'Afrique Equatoriale Française. 
Vidal et Aribert : Essais de fabrication de papier 

avec le Leptadenia Spartum. 
2'^e Fascicule. — H. Jumelle : Les Neodypsis, Palmiers de Madagascar. 
3™s Fascicule. — P. Choux : Les Tubercules du Panicum maximum et 

du Cyperus articulatus. 
4™e Fascicule. — E. Miège : Note sur un Cotonnier marocain. 

1" Fascicule. — Labrande : Etude chimique du Bdellium d'Afrique. 
2^^ Fascicule. — L. Margailla\ : Etude chimique de quelques graines 

oléagineuses des pays chauds, et, en particulier, des 

colonies françaises. 
3^ Fascicule. — H. Jumelle : Blé et orge de Mauritanie. 

P. Choux : Index des Sapindacées de Madagascar. 

L. Margaillan : Etude chimique des graines et des 

huiles de pràcachy et d'owala. 
P. Choux : Etude microscopique de la graine et du 

tourteau du Pentaclethra filamentosa. 
L. Margaillax : Etude chimique de la graine et de 

l'huile de jaboty. 
A. Guillaumix : Contributions à la flore de la Nou- 
velle-Calédonie (Plantes ligneuses récoltées en 1924 

par M. Kuno Mezger). 



MODE DE PUBLICATION 
ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 
1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs 
fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur 
importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographi- 
ques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris, à laquelle 
toutes les demandes de renseignements, au point de vue 
commercial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à 
M. Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, 
directeur du Musée Golonial de Marseille, Faculté des 
Sciences, place Victor-Hugo, à Marseille. 



Chez Baillière et Fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuille, Paris. 

LES HUILES VÉGÉTALES 
Origines ; procédés de préparation ; caractères et usages 

par Henri Jumelle, 
Professeur à la Faculté des Sciences 

1 volume de 490 pages : 15 francs 



ORLÉANS, IMP. H. FESSIER 



35 



ANNALES 



DU 



MUSEE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 



DIRIGEES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-çLuatrième année. 4« série, ¥ volume (1926) 

SECOND FASCICULE 

NOTES ILLUSTRÉES SUR LES BOIS 

DE NOUVELLE-CALÉDONIE 

ET SUR LES ARBRES QUI LES FOURNISSENT 

par M. KuNO MEZGER 

^ Docteur d'Université. 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

place VICTOR-HUGO 

1926 



SOMMAIRES 

des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 



1918 



lef Fascicule. — Douron et Vidal : Essais de fabrication de papier 
avec la Passerine hirsute et d'autres Thyméléacées. 

Douron et Vidal : Essais de fabrication de papier 
avec le Bois-bouchon de la Guyane Française. 

H. Jumelle et Perrier de la Bathie : Nouvelles 
observations sur les Mascarenhasia de l'Est de 
Madagascar. 

H, Jumelle : Les Dypsis de Madagascar. 

G. Carle : L'Elevage à Madagascar. 

H. Jumelle : L'Elevage et le Commerce des viandes 
dans nos Colonies et quelques autres Pays. 

Louis Racine : Palmistes et Noix de Bancoul de 
Madagascar. 
2^^ Fascicule. — Herbert Stone : Les Bois utiles de la Guyane Fran- 
çaise (suite). 

lOlô 

1er Fascicule. — Félix Gérard : Etude systématique, morphologique 
et anatomique des Chlaenacées. 

G. Vernet : Notes et Expériences sur la coagulation 
du latex d'hévéa. 

R. Cerighelli : La farine des graines et la fécule des 
tubercules de l'Icacina senegalensis. 

H Jumelle : Les Aracées de Madagascar, 
2me Fascicule. — E. de Wildeman ; Quelques Palmiers congolais. 

H. CiiERMEzoN : Revision des Cypéracées de Mada- 
gascar. 

Denier et Vernet : Etude bactériologique de la coa- 
gulation naturelle du latex d'hévéa. 

G. Glot : Analyse de Pois du Cap de Madagascar. 

G. Clôt : Composition chimique de deux graines de 
Palmiers de Madagascar. ^ 

1920 

ler Fascicule. — Aimé Jauffret : Recherches sur la détermination 
des bois exotiques colorés d'après les caractères chi- 
miques et spectroscopiques. 
2me Fascicule. — Herbert Stone : Les Bois utiles de la Guyane Fran- 
çaise (fin). 
Supplément. — Index alphabétique des noms botaniques et indigènes 
cités dans Les Bois utiles de la Guyane Française. 

i9ai 

Perrier de la Bathie : La Végétation malgache. 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1926) 



ANNALES 



DU 



MUSEE COLONIAL 

I)E MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Correspondant rie l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur fiu Musée Colonial de Marseille 



Trente-quatrième année. 4^ série, 4® volume (1926) 
SECOND FASCICULE 

NOTES ILLUSTRÉES SUR LES BOIS 

DE NOUVELLE-CALÉDONIE 

ET SUR LES ARBRES QUI LES FOURNISSENT 

par M. KuNO MEZGER 

Docteur (VUniversiié 






FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

place VICTOR-HUGO 

1926 



NOTES ILLUSTRÉES SUR LES BOIS 

DE NOUVELLE-CALÉDONIE 

ET SUR LES ARBRES QUI LES FOURNISSENT 

Par M. KUNO MEZGER 

Docteur (V Université. 



Les «Annales du Musée Colonial de Marseille » ont publié 
dans un précédent fascicule la liste, établie d'après les déter- 
minations de M. Guillaumin, des arbres dont nous avons 
rapporté en 1924 au Musée Colonial des échantillons botani- 
ques et des bois. 

Utilisant ces déterminations, dont nous remercions vive- 
ment M. Guillaumin, nous donnerons maintenant ici, sur 
ces arbres et leurs bois, quelques renseignements complé- 
mentaires d'ordre pratique. De ces renseignements, les uns 
ont été recueillis par nous au cours de notre voyage, les autres 
résultent de l'étude que nous avons faite, à notre retour, de 
nos échantillons, après que les billes récoltées ont été débi- 
tées et travaillées sous une forme où il devenait plus facile 
d'examiner leurs sections longitudinale et transversale. Nous 
rappellerons, en outre, à l'occasion, quelques-unes des obser- 
vations antérieures de Sébert sur certains de ces bois ; et on 
verra que généralement ces observations et les nôtres sont 
en pleine concordance. 

Les nombreuses photographies de rameaux, fleurs et fruits 
qui accompagnent ces notes compléteront très utilement, 
nous l'espérons, à la fois cette documentation et nos collec- 
tions du Musée. 

Il a déjà été dit dans le précédent fascicule que tous ces 



6 KUNO MEZGER 

échantillons ont été récoltés pendant la saison fraîche, du- 
rant les mois de janvier, février, mars et au début d'avril 1924, 
aux environs de Nouméa (route de Païta, route de la Corni- 
che et baie de Magenta), dans la région boisée du district de 
Païta. et à la Baie des Pirogues, sur les collines avoisinant 
cette baie, jusqu'à 400 mètres d'altitude. 

Montrouziera sphseroidea Panch. — Clusiacées. — 
« Arbre-orseille », en raison, sans doute, de la couleur du 
bois ; et « Houp ». 

Un des deux échantillons de bois de notre collection (9 cen- 
timètres de diamètre), et qui provient de la Baie des Piro- 
gues,, est jaune, veiné de rouge. Un autre échantillon, de 
détermination un peu douteuse, est de fond plus rouge, et 
d'un rouge plus foncé. 

Dans sa « Notice sur les Bois de Nouvelle-Olédonie », 
Sébert dit du bois de cette espèce — que. par un lapsus évi- 
dent, il désigne sous le nom spécifique de -1/. spherœjlora — 
que laubier en est épais, jaune citrin, avec fibres infiltrées 
de rouge, et que le cfeur est dur, nerveux, à grain fin. se tra- 
vaillant et se conservant bien, jaune rougeâtre, à veines appa- 
rentes. C'est un très beau bois lorsqu'il est verni. Bon à tous 
les emplois, il est recherché des indigènes. Jl a été utilisé 
autrefois pour la confection des boiseries de l'église de la 
Mission de Saint-Louis. 

Galophyllum caledonicuni \'ieill. ~ Clusiacées. — 
(PI. I). 

Les bois de CalophijUiuii sont, en général, de bons bois durs 
pour ébénisterie. Celui du C. caledonicuni que nous avons 
rapporté est rosé et veiné. 

Hibiscus tiliaceus Lin. — Malvacées. — (PI. II). — « Bou- 
rao ». 

C'est aussi le Paritiuni tiliaceum Juss.. connu en de nom- 
breux pays tropicaux. Le bois est gris-verdàtre, tendre et 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALEDONIE 7 

léi^er ; il peut servir pour le charronnage et pour la fabrica- 
tion de barques légères. 

Très souvent, la couleur vert-olive du cour devient isoi- 
râtre pendant la dessiccation. Pour éviter ce changement, 
après qu'on a abattu Tarbre sain, on le laisse séjournei' pen- 
dant un mois dans Teau salée, ou même dans Teau douce. 

Sur Tarbre vivant, on peut d'ailleurs observer ces varia- 
tions de couleur du vert-olive au noirâtre suivant Taltitude 
et les terrains. 

Thespesia populnea ('.av. — Malvacêes. — (PI. III) — 
« Bois de Rose ». 

Le bois, assez léger, est à grain fin, de travail facile, et 
convient pour Pébénisterie. Il a, quand on le travaille, une 
odeur de rose poivrée qui disparaît peu à peu. Notre échan- 
tillon (10 centimètres de diamètre) est d'un beau brun foncé, 
un peu acajou au centre. 

Sur les troncs fraîchement coupés, le bois est rose foncé ; 
mais, par la dessiccation, la couleur s'accentue de plus en plus 
et passe, après quelques années, à ce magnifique brun foncé 
que présente notre échantillon. 

Les ébénistes européens ne peuvent, paraît-il, se servir de 
ce bois pour réparer les meubles en bois de rose du xviii^ siè- 
cle, car la couleur en est bien différente. 

Melochia odorata L. f. — Malvacées. — (PI. IV). 
Le bois est assez tendre. L'aubier et le co'ur ont une cou- 
leur crème rosé. 

Commersonia echinata Ait. — Mahmcées. — • (PI. V). 
Bois mou et léger, ayant, sur une section longitudinale, 
sensiblement le même aspect que le précédent. 

Maxwellia lepidota Baill. — Malvacées. — (PI. VI). 
Bois plus lourd et beaucoup plus foncé que les deux pré- 
cédents, ayant, en section transversale, un peu la couleur du 



8 KVSO MEZGER 

bois de chêne. Sébert dit que c"est un très bon bois, liant et 
flexible, se travaillant bien et convenant pour les manches 
d" outils. 

Elseocarpus persicifolius Brong. et Gris. — ■ Tiliacées. 
— ■ (PL VII). «Cerisier ». 

Bois léger, blanc, un peu verdâtre, sans veines, et qui est, 
paraît-il. recherché pour pirogues légères. 

Soulaniea fraxinifolia Brongn. et Gris. — Simaruhacées. 
Le bois de notre échantillon est blanc, infiltré de lignes 
noires d'altération. 

Ganarielluni oleiferum Engler. — Burséracées. ■ — - 
(PL VIII). 

C'est Lancien Canarium oleiferum Bâillon. On l'appelle 
dans la colonie <'. Bois d'absinthe » à cause de la forte odeur 
d'absinthe qu'il répand, même au loin, quand, avec la scie 
ou la hache, on fait la moindre entaille au tronc. 

Sébert dit que le bois, blanc, léger, difficile à travailler, est 
très mauvais, pourrit rapidement et est facilement attaqué 
par les vers. Notre échantillon correspond bien à cette appré- 
ciation, car c'est un bois, en effet, blanc, léger, et avec des 
lignes irrégulières d'altération au centre. 

Aglaia elseagnoidea Benth. — Méliacées. — (PL IX). — 
« Bois de forêt ». 

L'écorce est très mince, brune extérieurement, rouge à 
l'intérieur. L'aubier est rosé, et le cour est d'une couleur de 
jambon. C'est un bois lourd et dur, à grain fin. 

Sébert — qui désigne l'espèce sous son synonyme yenie- 
dra eleagnoidea Juss. — • dit que ce bois rouge, à veines fines 
agréablement nuancées, facile à travailler et très bon. est 
«l'un des plus jolis bois de la Nouvelle-Calédonie quand on 
peut rencontrer un arbre noueux et sain ». 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALEDONIE 9 

Dysoxyl.um minutiflorum DC. var. parvifolium 1)C. 
— ■ Méliacées. — (PI. X). — « Faux-santal », terme plu& 
souvent appliqué cependant aux Myoporum. 

On sait que récorce de beaucoup de Méliacées a une odeur 
alliacée quand elle est fraîche. 

Le bois de notre échantillon est lourd, à aubier eris-verdà- 
tre, à cn^ur rouge pâle. 

M. Guillaumin nous donne comme « à peu près sûre » sa 
détermination spécifique, basée sur une feuille et un fruit. 

Dysoxylum gatopense DC. ? — • Méliacées. — (PI. XI). 

La détermination spécifique de nos échantillons botani- 
ques n'est pas absolument certaine. 

Sébert dit du bois de Dysoxylum mjescens Bail). (|u il est 
rose pâle, recherché des indigènes. 

Dans la même famille des Méliacées Sébert décrit sous le 
nom de « Bois moucheté » un bois très joli dont le cccur. dit- 
il, se développe assez irrégulièrement, puis finit par envahir 
tout le bois, qui est alors rouge et parsemé de nombreuses 
loupes ovales, d'environ 3 millimètres sur 9 millimètres. 
Cette formation paraît due à une maladie de Parbre, que la 
pourriture sèche envahit généralement au moment de Pap- 
parition des loupes. 

Sébert attribue au Trichilia quinquevahns ce " Bois mou- 
cheté » ; mais V Index Kewensis admet que le prétendu Tri- 
chilia qiiinquevalvis de Sébert est, en réalité, le Dysoxylum 
Lessertianum. 

Nous connaissons ce « Bois moucheté », car c'est vrai- 
semblablement celui que nous avons dans nos collections 
sous le nom de «Chêne tigré », mais les folioles que nous 
avons recueillies et qui accompagnent nos échantillons sont 
rapportées par M. Guillaumin — avec quelques réserves — 
au Dysoxylum Balansœamun DC, ou peut-être au Dysoxy- 
lum gatopense (la pi. XI se rapportant, d'ailleurs, à d'autres 
échantillons, classés sous un autre numéro). 

Nos bois de «chêne tigré » sont assez voisins par l'aspect 



10 KUNO MEZGER 

de celui du Dijsoxylum ?niniitiflorum, mais, dans l'ensemble^ 
de teinte rouge plus foncée. L'aubier est rosé et le cœur est 
rouge jaunâtre. Mais ce bois peut donc être tacheté, et, 
d'après les renseignements que nous avons recueillis sur 
place, pour avoir de jolies taches claires sur un fond plus 
sombre qu'il ne Test normalement sur Farbre, on fait trem- 
per le bois pendant quelques mois dans la boue. En séchant 
ensuite, les taches blanchâtres, plus tendres que le reste du 
tissu ligneux qui les entoure, s'aplatissent. Toute la surface 
étant toutefois devenue inégale, il faut retravailler les plan- 
ches ; après ce second travail, le bois ne se modifie plus. 

Nous avons encore en collection un bois de Dysoxylum 
Lessertianum qui est très différent des précédents, de teinte 
rouge sale, mais qui parait avoir été altéré au centre, où il 
présente, sur fond blanc jaunâtre, une bande grisâtre tache- 
tée. 

Flindersia Fournieri Paiicli. et Sébert. — ■ Méliacées. — 
(PI. Xll) — u Chêne blanc ». 

Le bois du tronc que nous possédons (9 centimètres de 
diamètre) est très légèrement rougeâtre, lisse, à grain fin. 
Sébert dit qu'il est liant et solide et se travaille bien, conve- 
nant pour mâture, charpente et menuiserie ; il serait de bonne 
conservation. 

Elseodendron curtipenduluni Endl. — Célastracées. — 
(PI. XIII). — ■ Appelé «Olivier », en raison de la forme et 
des dimensions des fruits, qui sont des drupes à noyau très 
dur, recouvert d'une pulpe noire. 

C'est V Elœodendron arboreum de Pancher et Sébert. 

Le bois, d'après Sébert, serait un bon bois de construc- 
tion. En section longitudinale, sur le tronc que nous possé- 
dons (10 centimètres de diamètre), il est jaune pâle, strié ; 
mais l'échantillon présente quelques étroites bandes inté- 
rieures d'altération. 



NOTES SUR LES BOIS DE NOU VELEE-CALÉdONIE 11 

Alphitonia neo-caledonica (iiiill. - lih<uini(icées. — • 
(IM. XIV). 

Fraîchement coupé, cet arbie répaïul une udeui' agréable 
caractéristique. 

Sébert dit du bois ^\^^ ['Alphitonia zizyphoidcs^ qui est dur, 
et qui, lorsqu'il est verni, est rougeâtre et imite Tacajoupâle, 
avec un reflet jaunâtre, que c'est un bois solide, de travail 
lacile et de bonne conservation. Le bois de VA. neo-caledo- 
wim Tîous semble avoir les mêmes qualités. C'est un bois dur 
et lourd ; sous une écorce mince, vieux-rose intérieurement, 
Taubier est jaune crème et le cccur est rose. 

Elattostachys apetala Radl. — Sapindacées. — (PI. XV). 
Bois lourd, blanc, très faiblement rougeâtre. 

Arytera lepidota Radlk. — Sapindacées. — (PI. XVI). 
Bois un peu comme le précédent, mais bien plus nettement 
rougeâtre. 

Euroschinus obtusifolius ImiiII. — • Térébintliacées. — 
(PI. XVII). 

Arbre à toutes petites fleurs, de couleur crème. 

Bois blanc un peu verdâtre, présentant en section longi- 
tudinale, dans notre échantillon, de nombreuses lignes 
d'altération ; semble peu intéressant. 

Schinus terebint'hifolius Raddi. — Térébinthacées. — 
(PI. XVIII). — Appelé « Poivrier », tout comme le ScJiinns 
moUe. 

Espèce américaine introduite en Nouvelle-Calédonie. 

Bois homogène, rougeâtre, qui passe pour très bon en 
menuiserie et serait supérieur à celui du S chinas molle. 

Semecarpus atra Vieill. — Térébinthacées. — (PI. XIX). 
— «Acajou l»lanc ». 

Bois léger, poreux, très blanc tout d'abord, mais ensuite. 



12 KUNO MEZGER 

comme dans notre échantillon rapporté, brun grisâtre ou 
noirâtre, densement strié. Sébert dit qu'il est assez difficile à 
travailler, mais se creuse facilement et est recherché pour les 
pirogues. 

Peltophoruni ferrugineum Benth. — Légumineuses. — 
(PI. XX). 

Espèce asiatique et malaise, introduite en Xouvelle-Calé- 
donie. C'est un des « lim-xet » et le «lim-vang » de Cochin- 
chine. 

Le bois, qui est rougeâtre, est bon pour la construction, 
le charronnage et pour Tébénisterie. 

Hseniatoxylum campechianum Lin. — Légumineuses. 
— (PI. XXI) — « Bois de sang », en raison de la couleur 
du liquide qui s'écoule du tronc, sous la hache ou sous la scie. 

Originaire de LAmérique Centrale tropicale, l'arbre à bois 
de Campêche, dont l'utilisation est bien connue, a été intro- 
duit en Xouvelle-Calédonie. Son bois, rouge foncé, prend à 
la longue, au contact de l'air, une teinte violet foncé. 

Storckiella Pancheri Baill. — Légumineuses. 
(PI. XXII ; rameau, fruits et graines). — «Frêne ». 

Le bois, d'après l'échantillon que nous possédons (9 cen- 
timètres de diamètre), est lourd, blanc rosé ; mais notre spé- 
cimen présente de nombreuses lignes d'altération. 

Sébert dit que c'est un bois difficilement travaillé et sou- 
vent piqué des vers ; nous savons cependant que sa dureté, 
sa ténacité et son élasticité le font fréquemment employer 
dans la colonie, pour la fabrication de manches d'outils. 

Gassia siamea Lin. — ■ Légumineuses. — (PI. XXIII; 
folioles). 

Espèce asiatique et malaise, introduite. 

Bois jaunâtre, peu lourd avec lequel, au Cambodge, on 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALÉDONIE 13 

fait, dit-on, trexcellent charbon, et qni est aussi employé 
pour colonnes de maison et pour faire des meubles. 

Leucsena glauca IJoiitli. — ■ Léginnineuses. — (PI. XXIV) 
— « Acacia ». 

Espèce cosmopolite, connue en beaucoup de pays chauds, 
surtout en Amérique. 

L'écorce est grise et très finement crevassée extérieure- 
ment, rose intérieurement. L'aubier est dur, jaure, à pores 
très visibles. Le cœur est brun acajou, à couches alternati- 
vement plus et moins foncées, abondamment et finement 
veiné en section longitudinale. C'est im bois de bonne con- 
servation, très bon en ébénisterie, par exemple pour meubles 
de bureau de fantaisie. 

Poinciana regia Boj. — • Légumineuses. ■ — • « Flamboyant ». 

Originaire de Madagascar, mais introduit en beaucoup de 
pays chauds. 

Le bois est léger, blanc, et se fend facilement. Il est sou- 
vent, comme dans notre échantillon (10 centimètres de dia- 
mètre), taché de noir verdâtre ou de rouge, par suite d'alté- 
ration. 

Acacia simplicifolia Schinz et Guillaumin. — Légumi- 
neuses. — • (PI. XXV). 

L'écorce est de couleur brun clair ; l'aubier est jaune 
citron, devenant rose vers Lintérieur ; le coeur est de cou- 
leur chocolat. 

Acacia spirorbis Labill. — Légumineuses. — (PI. XXVI ; 
rameau fleuri et galles). • — « Faux gaïac ». 

L'écorce est grise, fortement crevassée parallèlement, 
rouge intérieurement. L'aubier est d'un beau jaune, légère- 
ment teinté de rose au voisinage de l'écorce. Le cœur, cho- 
colat clair, parcouru en tous sens par des stries et des parties 



14 KUNO MEZGER 

moins foncées, est si dur que le coup de hache donne un ])ruit 
métallique. 

Ce hois peut remplacer celui de gaïac pour les essieux de 
poulie les vis d'atelier, les mortiers, les ouvrages de tour, etc.. 

Dans la colonie, il sert surtout à faire des clôtures. Quard 
celles-ci sont vieilles, on peut, à la main, enlever l'aubier par 
grandes plaques, tandis que le cœur est devenu aussi résis- 
tant que du fer et est de teinte chocolat foncé. 

Une fois allumé, ce bois donne beaucoup de chaleur et 
brûle très longtemps ; aussi est-il très recherché comme bois 
à brûler, et il devient très difficile d'en trouver de beaux 
exemplaires. 

Les grosses galles très irrégulièrement sphériques que por- 
tent souvent les rameaux, et qui atteignent jusqu'à 8 cen- 
timètres de diamètre, ont été signalées par Heckel et Schkg- 
denhauffen en 1887 ; le parasite n'a pas été encore étudié. 

Serianthes calycina Benth. — Légumineuses. 
Grandes gousses très plates et très larges. 
Le bois est léger, gris rosé, veiné. 

Godia floribunda. Brongh. et Gris. ■ — Saxifragacces. — 
(PI. XXVII). — «Chêne rouge », terme qui est aussi appli- 
qué au Pancheria ternata Brongn. et Gris. 

Arbre très abondant dans la région montagneuse de la 
Baie des Pirogues. 

Bois excessivement dur. d'un rouge très foncé. 

Sébert dit du Codia montana Labill. que son bois est dur, 
rougeâtre, à cœur noirâtre, quand il est vieux, à grain fin et 
serré, qu'il se travaille bien, est bon pour les ouvrages de 
tour et est très joli quand il est verni. 

D'après VIndex Kewensis^ le Codia montana Labill. est le 
Callicoma Billardieri Don., d'Australie, et le vrai Codia mon- 
tana de Nouvelle-Calédonie serait le Codia montana Forst. 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALEDONIE 15 

Pancheria Sebertii (îuillaiimin. — Saxifragacées. — 
(PI. XXVIII). — «Chêne gris ... 

Le bois de notre échantillon est encore un bois dur et lourd, 
rouge, qui doit offrir Tintérêt du bois de Pancheria ternata. 
('elui-ci, d'après Sébert, est rouge violacé foncé, presque 
incorruptible, bon pour Fébénisterie et les ouvrages de tour, 
imitant racajou foncé quand il est verni, 

Geissois hirsuta Brongn. et Gris ? — • Saxifragacées. — 
(PI. XXIX). — » Tamanou de rivière ». 

Le bois de noti-e écliantillon (6 centimètres de diamètre) 
ressemble beaucoup au suivant, mais est plus rougeàtre. 

Geissois pruinosa Brongn. et Gris. — ■ Saxifragacées. — 
(PI. XXX). — «Faux-mac ». 

Arbre de très bel aspect, car ses nombreuses fleurs rouges 
se détachent sur un feuillage vert sombre luisant, 

Sébert décrit le bois de cette espèce comme très bon et 
très beau, rouge, agréablement veiné, se travaillant bien et 
propre à Fébénisterie. Le bois de notre échantillon (9 centi- 
mètres de diamètre) ne correspond pas exactement à cette- 
description, car il est rouge peu foncé, plus clair que celui du 
G. hirsuta^ et n'est pas veiné 

Rhizophora mucronata Lamk. — Rhizophoracées. — 
« Palétuvier » 
Bois rouge, maillé, à grain fin. 

Bruguiera eriopetala W. et Arn. — • Rhizophoracées. — 
(PI. XXXI). — «Palétuvier» 

Sébert décrit le bois du Rriiguiera Rumphii (ou Briigiiiera 
Rheedii) comme un beau bois d'ébénisterie, rouge, veiné et 
maillé; le bois de notre échantillon, qui provient des marais^ 
de la Baie des Pirogues, et qui a 7 centimètres de diamètre, 
n"a pas ces caractères, car il est très blanc, un peu lavé de- 
jaune pâle par endroits. 



16 KUNO MEZGER 

Terminalia GatappaLin. — • Comhrétacées. — ^(Pl. XXXII). 

Espèce originaire de Plnde, mais introduite dans beaucoup 
de pays chauds. 

Bois lourd, gris foncé brunâtre, jaune par places dans notre 
échantillon (10 centimètres de diamètre) sur une section lon- 
gitudinale. 

On le dit flexible, et il ne durerait que s il a séjourné pen- 
dant quelque temps dons Teau. 

Lumnitzera racemosa Willd. — Combrctacées. 
{F\. XXXIII). — «Palétuvier rouge ». 

Espèce largement répartie sous les tropiques, dans la 
mangrove. 

Bois rouge saumon dans nos échantillons (6 centimètres 
de diamètre), lourd et dur comme tous les bois dits de palé- 
tuviers. C'est un bois ordinairement indiqué comme nerveux 
et de longue durée, pouvant fournir des traverses de che- 
min de fer et des pieux de pilotis. 

.Mais, en dépit de leur abondance, les « palétuviers » ne 
peuvent guère donner lieu à une exploitation sérieuse pour 
leur bois, car leurs troncs sont courts et tortueux et ne peu- 
vent fournir de belles planches. 

Sébert cite en Nouvelle-Calédonie, comme espèce à bois 
brunâtre très dur, un Lumnitzera edulis Blume, qu'il distin- 
gue du Lumnitzera racemosa \\\\\à. par ses fleurs plus petites 
€t blanches, alors que celles du L. racemosa seraient «rou- 
ges ». Nous ne savons de quelle espèce il s'agit ; en tout cas, 
ies fleurs de notre Lumnitzera racemosa de la Baie des Piro- 
gues sont blanches. 



o 



Spermolepis gummifera Brongn. et Gris. — Myrta- 
cées. — • (PI. XXXIV). — «Chêne-gomme ». 

Espèce néo-calédonienne bien connue, dontla tanno-résine, 
qui provient du bois, a été étudiée autrefois par Heckel et 
Schlagdenhauffen. 

Bois lourd et dur, solide, fibreux, rougeâtre, se travaillant 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALEDONIE 17 

bien et incorruptible à Teau, d'après Sébert. Bon l)ois de 
charpente, et aussi de menuiserie, quand il est sec. Assez 
joli quand il est verni. 

Melaleuca Leucadendron Lin. — Myrtacées. — 
(PI. XXXV). — ■ « Niaouli rouge de montagne » et « Niaouli 
blanc de plaine ». A partir, en effet, de 200 mètres d'alti- 
tude, et près des marais, le bois devient plus foncé et plus 
dur. 

Les propriétés de Lessence de niaouli, ou de cajeput, sont 
bien connues ; Lécorce, qui s'enlève facilement par plaques 
se divisant en feuillets minces, reçoit des utilisations diverses. 

Le bois de notre échantillon est jaune rougeâtre. C'est un 
bois de peu de dureté, mais un séjour prolongé dans Teau en 
augmenterait la dureté. Vieillard dit qu'il est dense et de 
bonne qualité, mais que, comme il est rarement droit, on ne 
l'utilise guère que pour le charronnage. Il supporterait mal 
les clous. 

Xanthostemon rubruni Xied. ■ — Myrtacées. — 
(PI. XXXVI). — ■ " Xul ne s y frotte », allusion à l'extrême 
dureté du bois, que la hache entame difficilement, surtout 
quand il est vieux et sec. 

Frais, il est plus aisément scié et travaillé. Les indigènes 
lui attribuent une très longue durée. Il peut convenir pour 
manches d'outils, moyeux de roues, etc.. 

Le bois de notre échantillon est rougeâtre et fibreux. 

Pleurocalyptus Deplanchei Brongn. et Gris. — • Myr- 
tacées. — (PI. XXXVII). — «Nul ne s'y frotte frisé ». Ce 
qualificatif de « frisé » s'explique sans doute par l'aspect des 
feuilles. 

Le bois de notre échantillon est rouge lie de vin. C'est un 
bois très dur et très dense, excessivement difficile à travail- 
ler. Sébert dit cependant qu'il se tranche bien, et est bon 
pour les ouvrages de tour. 

2 



18 KUNO MEZGER 

Jambosa pseudo-malaccensis Vieill. — Myrtacées. — 
(PI. XXXVIII). — «Pommier canaque», nom donné aussi 
au Jambosa Brackenrid^ei Bronsm. et Gris. 

Quand le fruit est mnr. il est blanc ou rouge et un peu 
aqueux, mais fort agréable pour son parfum et sa fraîcheur. 

Le bois de notre échantillon est gris brunâtre, peu lourd, 
marqué de lignes d'altération. 

Syzygium multipetalum Panch. — • Myrtacées. — 
(PI. XXXIX). — « Jamelonnier » ou « Jamblonnier », 
comme le Syzygium jambolamim de Tlnde. Le « Jamelac » 
de la Péninsule Malaise, introduit en beaucoup de pays 
chauds, est VEugenia malaccensis. 

Les fruits ressemblent, dans Tespèce néo-calédonienne, à 
des cerises un peu allongées, de teinte violet foncé, et ont 
une saveur fraîche et un parfum agréable. Il est une variété, 
ou espèce, dont les fruits, de goût et de parfum identiques, et 
violets, sont parfaitement ronds. Une goutte du suc de ces 
fruits fait sur les étoffes une tache indélébile. 

Le bois de notre échantillon est rouge grisâtre. Sébert dit 
qu'il est très beau, étant verni, et que le cœur — sans doute 
sur les gros troncs — est noir verdâtre. 

Syzygium wagapense Vieill. — - Myrtacées. — (PI. XL). 
— ■ « Faux-chêne ». 

Le bois de notre échantillon a la couleur rouge violacé 
qu'indique Sébert, d'après qui toutefois ce bois se fend beau- 
coup en séchant et se déjette énormément. Débité en plan- 
ches, il se creuse fortement au milieu. Il ne pourrit pas. 

Sébert dit quil se fend si facilement, lorsqu'on le conserve 
en billes, qu'il n'en reste bientôt plus de morceaux utilisa- 
bles. Pour éviter ce résultat, il y aurait lieu d'essayer l'immer- 
sion, ou encore de refendre les billes en quatre quand elles 
sont encore vertes. 

Pemphis acidula Forst. — ■ Lylhracées. 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALEDONIE 19 

Beau l>ois lourd et dur, bruu rouge bon pour la tablette- 
rie. 

Le tronc de notre échantillon a 8 cm. 5 de diamètre, épais- 
seur que l'arbre, qui est petit, ne dépasse guère. 

Sonneratia alba Son. — Lythracées. ■ — (PI. XLI). — 
'( Palétuvier ». 
Le bois de notre échantillon est rougeâtre. 

Hoinalium Guillainii Briq. — • Samydacées. — (PI. XL II). 
Le bois de notre échantillon est blanc, à grain fin. 

Myodocarpus involucratus Dub. et Vig. — OinbeUijères. 
~ (PI. XLIII). 

Le bois de notre échantillon est blanc grisâtre, assez 
lourd. 

Une autre espèce de notre colonie, le Âlyodocarpus friuini- 
foliiis Brongn. et Gris, dont le tronc fraîchement coupé et les 
graines exhalent une forte odeur de carotte — d'où le nom 
d' « Arbre-carotte » — -a un bois analogue, mais un peu plus 
léger dans nos échantillons. 

Dyzygotheca elegantissima Vig, et Guill. ■ — OmheUi- 
fères. — (PI. XL IV). 

Le bois de notre échantillon (11 centimètres de diamètre) 
est gris, mais il est un peu altéré. 

Morierina montana Vieill. — Riihiacées. — (PI. XLV). 
Le bois de notre échantillon (3 cm. 5 de diamètre) est 
blanc. 

Gardénia Aubriy Vieill. — Rubiacées. — (PI. XLVI). — 
« Arbre à cire ». 

Les bourgeons, les feuilles et certaines parties des rameaux 
sont enduits d'une résine jaune pâle. L'arbre décèle sa pré- 



20 KUNO MEZGER 

sence par Todeur douce et pénétrante de ses jolies fleurs 
blanches. 

Le bois de notre échantillon est lourd, blanc brunâtre, à 
grain fin. 

Gardénia lucens Panch. et Séb. — • Riibiacées. — 
(PI. XVLII). 

Le bois de notre échantillon est encore blanc, à grain fin, 
mais sans la teinte un peu foncée du précédent. 

Guettarda hypolasia Baill. — Ruhiacées. — (PI. XLVIII). 
Le bois de notre échantillon est blanc jaunâtre. 

Guettarda speciosa Lin. — • Rubiacées. — (PI. XL IX). 
— ■ « Faux-figuier ». 

Le bois de notre échantillon (8 centimètre de diamètre) 
est blanc, légèrement rosé. 

Leucopogon cymbulse Mabill. A'ar. angustijolius Brongn. 
et Gris. — • Epacridacées. — (PL L). 

Arbre du bord des rivières, à tronc tordu, et dont les raci- 
nes s'avancent dans Peau. 

Le bois de notre échantillon est lourd, rouge saumon, à 
grain fin et serait peut-être intéressant en tabletterie. 

GhrysophylluiTi Balansse Baill. — Sapotacées. — (PI. LI). 
— «Azou » et « Wakere », noms appliqués aussi à d'autres 
Chrysophyllum, notamment au C. Wakere Panch. et Sébert 
[Planchonella Wakere Pierre), qui serait V « Azou noir ». 

Les feuilles du C. Balansse sont ovales, plus atténuées 
vers la base que vers le sommet, très grandes (38 à 40 cen- 
timètres sur 15 centimètres). Les fruits, de 4 centimètres de 
longueur et de largeur, sont fortement comprimés (vus de 
face sur la photographie), rétrécis vers le pédoncule, élargis 
vers le sommet. Les graines, de teinte acajou foncé, ovales et 



XOTES SUR LES BOIS DE ÎS0U"VELLE-CALÉD0NIE 21 

comprimées avec un lono' hile latéral, sont an nombre de 
deux par fruit. 

Le bois de notre écliantillon, peu lourd, est l'Osé vers la 
surface, mais d'un gris inégal en section transversale, avec de 
nombreuses lignes d'altération. 

Pycnandra ? Benthaniii Bail). ? — Sapotacées. ■ — ■ 
(P. LII). — • «Arbre à tabous » et «Bois-pétrole ». 

L'échantillon botanique est de détermination douteuse. 
Les fruits sont jeunes et 'à graines mal formées et altérées, se 
pulvérisant sous les doigts. 

L'arbre dit « à tabous » est, en tout cas, un arbi'e de très 
haute taille. Fraîchement coupé, son bois est tendre, mais sa 
dureté augmente énormément avec le temps et au cours de la 
dessiccation ; et, après quelques années, il devient aussi dur 
que de l'ivoire. Et c'est pourquoi les Canaques s'en servaient 
pour sculpter leurs tabous pendant qu'il était encore tendre. 
Bien sec, ce bois, d'autre part, brûle très facilement, tout 
comme une allumette ou du pétrole ; d'où son autre nom. 

On dit encore que c'était en frottant ce bois sec et dur con- 
tre un bois tendre comme celui du bancoulier, ou celui encore 
du Ceanothus capsularis Forst., que les indigènes se procu- 
raient du feu. 

Le bois de notre échantillon est blanc. L"arbre serait cepen- 
dant un '( ébénier », mais le noircissement serait dû à une 
maladie. Si, sur le tronc, là où il n'y a pas d'écorce, on voit 
un trou, on remarque que, tout autour, au moins dans Tau- 
bier, le bois est noir. On a donc essayé de provoquer cette 
maladie en blessant l'arbre à la partie la plus élevée du tronc 
et en pratiquant une petite cavité. On espérait que l'eau de 
pluie, en séjournant, entraînerait la pourriture en ce point, 
et qu'il en résulterait un noircissement uniforme du co'ur. 
Ces essais n'ont pas, jusqu'à présent, réussi. 

Diospyros macrocarpa Hiern. — Ehénacées. — (PI. LU). 
Xous ne possédons pas d'échantillon de bois de cette espèce. 



22 KUNO MEZGER 

Nous possédons, par contre, les bois de deux espèces du 
genre Maba : le Maba rnminata Hiern ; et le Maba yaouhen- 
sis Schltr., qui se rapproche du Maba ru fa Labill. 

Le bois du Maba rnminata est très dur et excessivement 
lourd, blanc et à grain fin. Même dans les petites branches, 
l'aubier présente souvent des points ou des taches noirâtres. 

Le bois du Maba i/aouhensis (non yahouensis) est très légè- 
rement grisâtre ou rosé. 

Symplocos nitidus Brongn. et Gris. — • Stijracées. — 
(PI. LV). 

Le bois de notre échantillon est blanc, teinté légèrement 
de jaune par places. 

Pterochrosia Vieillardi Bâillon. — Apoajpacées. — ■ 
(PI. LVI). — ■ «Arbre-candélabre >>. 

C'est le Cerberiopsis candelabra Vieill. dont parle Sébert. 
Cette dénomination, qui semble avoir été ignorée de Bâillon, 
est celle qui, croyons-nous, devrait être adoptée, puisqu'elle 
est la première ; et il y a d'autant moins de raison de la mo- 
difier que le genre Cerberiopsis^ comme d'ailleurs le genre 
Pterochrosia. se compose de cette unique espèce. 

On nous a prétendu que l'arbre mourait après sa première 
floraison ( ?). 

Le bois de notre échantillon est gris foncé, strié de clair. 

Sébert dit du bois du Cerberiopsis candelabra que l'aubier, 
épais, blanc, à veines apparentes, rappelle le frêne, et que le 
cœur, qui devient noirâtre, veiné, ressemble au noyer. Ce 
serait un bois facile à travailler, convenant pour la menui- 
serie et imitant bien le noyer lorsqu'il est verni. Mais il ne se 
conserve que s'il a été débité aussitôt qu'abattu, et empilé 
avec soin, dans des conditions permettant la circulation de 
l'air. 

Gordia Myxa. — ■ Borraginacées. — • (PI. LVII). — « Gom- 
mier », en raison de la gomme que contiennent les fruits, et 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALEDONIE 23 

dont les enfants se servent pour coller des objets en papier. 
Fruits d'un joli rose foncé; ressemblant à des groseilles. 

Les bois de notre échantillon, en section longitudinale, est 
gris, piqueté de brun. 

D'après Sébert, le bois du Cordia discolor Cham., gris, à 
grain serré, dur, et de la teinte du noyer, est excellent pour 
la menuiserie et pour le charronnage et est recherché à Tahiti 
pour pieux de clôture, à cause de sa longue durée. Jeanneney 
dit que les fibres sont entrecroisées. 

Duboisia myoporoides R. Br. — Solanacées. — 
(M. LVIII). 

Le bois de notre échantillon (7 centimètres de diamètie) 
est blanc et léger. 

Myoporum crassifolium Forst. — Myoporacées. — 
(PI. LIX). — • «Faux-santal », nom donné également au 
Myoporum temiijolium Forst. 

L'un des plus jolis bois de la colonie, à aubier rose pâle et 
à cœur vert clair, un peu odorant, surtout lorsqu'il est fraî- 
chement coupé. Serait sans doute intéressant en tabletterie. 

Vitex trifolia Lin. — • Verbénacées. — • (PL LX). 
JiB bois de notre échantillon est à grain fin, gris un peu 
verdâtre. 

Lantana carriara Lin. — Verbénacées. — (PI. LXI). — 
« Lantana »>. 

Espèce américaine bien connue, introduite en Nouvelle- 
('alédonie, comme en d'autres pays chauds, et si envahissante 
qu'elle devient un fléau. 

Dans nos échantillons, le bois des petits troncs (3 centi- 
mètres de diamètre) est gris foncé, et celui d'un tronc plus 
gros (5 cm. 5) est d'un gris plus clair. Bois léger. 

Duranta Plumieri Jacq. — Verbénacées. — (PI. LXII). 



24 KUNO MEZGER 

— « Faiix-vanilier », en raison de la forte odeur de vanille 
que dégagent ses abondantes petites fleurs lilas foncé. 

Encore une espèce américaine, parfois appelée « Troène 
d'Amérique ». 

Le bois de notre échantillon est blanc jaunâtre ou brunâ- 
tre. C'est un bois assez dur, mais de mauvaise conservation ; 
il se fend très régulièrement dans le sens de la longueur. 

Oxera sulfurea Dub. — Verbénacées. — (PI. LXIII). 
Nous ne possédons pas le bois de cette espèce, dont le genre 
est essentiellement néo-calédonien. 

Avicennia ofîicinalis I in. — Verbénacées. — (PI. LXIV). 

— « Palétuvier blanc ». 

Espèce de la mangrove bien connue, car on sait qu'elle 
n'est nullement spéciale à la Nouvelle-Calédonie. 
Le bois est nettement gris, excessivement dur. 

Gryptocarya odorata Guillaumin. — ■ Lauracées. — 
(PI. LXV) — «Santal citrin » et «Savonnette ». 

Arbre magnifique, à écorce gris foncé, presque lisse, avec 
larges taches blanches, sous laquelle s'accumule un liquide 
d'odeur agréable qui imprègne le bois et rappelle à la fois 
l'odeur du santal et celle du citron. 

Le bois de nos échantillons est blanc terne, strié de lignes 
noires d'altération. 

Grevillea Gillivrayi Hook. f . — ■ Protéacées. — (PI. LXVI). 

— « Hêtre blanc » à Païta. 

C'est aussi le « Hêtre gris », d'après Sébert. 

Fleurs blanc de neige. 

Le bois de notre échantillon (L3 centimètres de diamètre) 
est. conformément à la description de Sébert, rouge violacé, 
finement maillé, rayonné, à grain fin, dur. Très joli et brun 
rougeâtre lorsqu'il est verni, il convient pour rébénisterie. 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALEDONIE 25- 

Grevillea heterochroma Brongn. et Gris. ■ — Protéa- 
cées. — (PI. J.XVII). — « Brosse à dents », en raison de l'as- 
pect des inflorescences. 

Le bois de notre échantillon (8 centimètres de diamètre) 
est bien moins rouge que le précédent ; il est brun sur le bord, 
rouge seulement au centre, mais est également maillé. La 
différence tient peut-être aux différences de grosseur des 
troncs. 

Grevillea rubiginosa Brongn. et Gris. — Protéacées. — 
(PI. LXVIII). — « Hêtre rouge » à la Baie des Pirogues, où 
il porterait donc le même nom que le Grevillea Gillivrayi. 

Fleurs roses. 

Le bois de notre échantillon est dur et maillé comme les^ 
précédents, mais de couleur lie de vin. 

Stenocarpus trinervis Guill. ■ — ■ Protéacées. — (PI. L XIX). 

— «Hêtre noir » à la Baie des Pirogues. 
Certainement l'un des plus beaux bois qu'on puisse trou- 
ver. Quand l'arbre a un certain âge, ce bois est marqué de 
traits dorés sur fond noir. Malheureusement l'espèce est rare. 
Il est regrettable que l'ébénisterie l'ignore, à moins qu'elle- 
ne la délaisse à cause du poids et de la grande dureté de ce- 
bois. 

Sébert dit du Stenocarpus laurifolius Brongn. et Gris., qur 
est encore un « Hêtre noir » et serait également rare, que son 
bois est dur, noir-rougeâtre, parsemé de mailles nombreuses, 
plus noires, d'un très bel effet, imitant les mailles du hêtre, 
sauf la couleur, mais ajoute qu'il est très dur, très difficile à 
travailler et à polir, les mailles s'écaillant sous l'outil, plus 
difficile encore à tourner. 

Santalum austro-caledonicum \'ieill. — Santalacées. 

— (PI. LXX). — « Santal .>. 

Cet arbre, déjà remarqué par les premiers navigateiu-s qui 
abordèrent dans l'île, avait attiré jadis l'attention des Chi- 



26 KUNO MEZGER 

nois, qui venaient en chercher le bois pour le réexporter dans 
leur pays. Mais, à mesure que la colonisation européenne se 
développa, la dévastation de l'espèce augmenta ; et aujour- 
d'hui, on ne trouve plus guère de pieds dans les parties habi- 
tées de l'île. 

Une seule maison va chercher le bois de santal dans les îles 
•environnantes, le débite en blocs et Texpédie en Europe, où 
il est distillé. 

La teneur en essence varie beaucoup ; et, quoique les pro- 
cédés d'abatage et d'emmagasinage soient toujours les mêmes, 
les distillateurs européens se plaignent des grandes oscilla- 
tions que présente cette teneur d'une expédition à l'autre. 

On raconte à Nouméa que, dans les hautes montagnes du 
Centre, il y a encore de grandes forêts de santal, mais une 
«nquête sérieuse serait nécessaire pour vérifier ces dires, 
peut-être fantaisistes. 

Le bois de santal néo-calédonien est très dur et d"odeur 
très vive ; il est jaune. Celui des Nouvelles-Hébrides serait 
de teinte plus claire. 

Aleurites triloba Forst. — Euphorbiacées. ■ — « Bancou- 
lier ». 

Le bois de notre échantillon (8 centimètres) est gris sale, 
très léger, très mou ; le centre en est occupé par une moelle 
qui s'est contractée et fragmentée. Pour conserver ce bois, il 
faut le faire tremper, aussitôt que coupé, pendant quelques 
jours dans l'eau de mer. 

On y trouve souvent des vers blancs auxquels les indigè- 
nes trouvent le goût de noisette, et dont ils sont très friands. 

Tréma "Vieillardii Planch. — Urticacées. — (PL LXXI). 

Ecorce peu crevassée, blanche extérieurement, brun café 
à l'intérieur. L'aubier est très mince, jaune ; le ccpur est 
blanc, rosé, assez léger. 

ricus Proteus Bur. — Urticacées. — (PL LXXII). 



NOTES SUR LES BOIS DT. "NOTJVELLK-CALÉdOAIE 21 

Ecorce très mince, gris foncé et parcheminée. Le J>ois de 
notre écliantillon est jamie rougeâtre, avec de nombreuses 
lignes d'altération. 



^o' 



Ficus Vieillardiana Bur. — Urticacées. — (PI. LXXIIl). 
Nous ne possédons pas d'échantillon de ce bois. 

Sparattosyce dioica. Bur. — Urticacées. — (PI. LXXIV). 
Le bois de notre échantillon est grisâtre. 

Casuarina Gunning-hamiana Micf. — Casuarinacées. — 
(PI. J.XXV). — « Bois de fer ». 

Espèce très répandue en Nouvelle-Calédonie. 

Comme tous les bois de Casuarina, qui cependant se fen- 
dent bien et facilement, celui de cette espèce est très dur et 
très lourd. Il est rougeâtre dans notre échantillon. Il est très 
recherché par les Canaques, qui s'en servaient autrefois pour 
fabriquer leurs armes, sagaies et casse-tête. 

Nous rappelons que c'est cette espèce qui est la plus répan- 
due sur le littoral provençal, à Hyères notamment, où c'est 
le Casuarina temiissimu des horticulteurs, terme impropre, 
car le vrai Casuarina tenuissima est le Casuarina tenuissima 
Sieb., qui est le Casuarina tornlosa Ait. et est tout autre 
chose. 

Casuarina equisetifolia Forst. var. incana ,1. Poiss. — 

Casuarinacées. — • (PL LXXVI). — « Bois de fer )\ 

Le bois de notre échantillon est d'un rouge moins foncé 
que le précédent ; il est plus nettement rayonné sur la tran- 
che. C'est un bois qui se travaille assez bien, mais, d'après 
Sébert, ne peut se clouer. 

On sait que cette espèce est celle qui est la plus répandue 
dans les pays chauds, où elle a été largement introduite. 
C'est le « filao -> de nos colonies, aussi bien à la Réunion 
qu'aux Antilles. 



28 KUNO MEZGER 

Gasuarina nodiflora Forst ? — Casuarinacées. — 
(PI. L XXVII). — " Tamarin ». 

La détermination spécifique est mi peu douteuse. 

Le bois de notre échantillon, lourd, est beaucoup plus 
rouge que les précédents, finement strié vers le centre et 
marqué de petites lignes ondulées vers la périphérie, sur la 
section longitudinale, très finement et nettement rayonné 
en section transversale. 

Gasuarina Poissoniana Schltr. — Casuarinacées. — 
(PI. LXXVIII). — «Petit bois de fer de montagne ». 

De plus petite taille que les autres Casiiarina et à bran- 
ches pendantes. 

Le bois de notre échantillon ressemble ]>eaucoup au pré- 
cédent, mais il est moins nettement rayonné en section trans- 
versale et est légèrement moins foncé. 

Agathis ovata Warb. — - Conifères. — (PI. LXXIX). — 
Un des « Kaoris » de Nouvelle-Calédonie. 

Bois blanc, léger, tendre, facile à travailler. 

Les kaoris sont les arbres qui actuellement sont de beau- 
coup les plus exploités en Nouvelle-Calédonie. Ils forment la 
plus grande partie de la forêt qui s'étend de la Baie des Piro- 
gues à la région des Grands Lacs. 

Dans la région de la Baie des Pirogues, ces forêts de kaoris 
sont exploitées industriellement par la Nouvelle Société 
Forestière. Des billes de 5 à 7 mètres de diamètre n'y sont 
pas rares. Le personnel javanais ou japonais coupe au dix- 
huitième kilomètre, près des Grands Lacs, ces énormes troncs, 
qu'un petit chemin de fer Decauville amène en quelques heu- 
res à la Baie des Pirogues, où ils sont travaillés. Un service 
régulier de vapeurs les transporte ensuite à Sydney. 

Il n'y a aucune exportation vers l'Europe, où des essais, 
probablement effectués dans de mauvaises conditions, ont 
fait attribuer au bois de kaori certaines mauvaises qualités 



NOTES SUR LES BOIS DE NOUVELLE-CALEDONIE 29 

que les Australiens, gens pourtant fort difficiles, n"ont pas 
encore remarquées. 

Araucaria Gookii R. I3r. — Conifères. — ■ (IM. LXXX). — 
« Pin colonnaire ». 

C'est Tespèce d'Araucaria la plus employée en Nouvelle- 
Calédonie. 

Le bois est blanc, à peine plus foncé que le précédent dans 
nos échantillons, mou. Ses fibres ne sont pas parallèles à 
Taxe, mais un peu spiralées, et il en résulte ce qui a été dit 
maintes fois, que le sciage est difficile, et les plane lies sont 
raboteuses. 

Bien que facile à travailler, dit Sébert, ce bois s'arrache 
sous la scie ; et, débité en planches, il présente une cassure 
courte et sans éclisses. 

Vieillard écrivait en 1862 que, «bien qu'inférieur au sapin 
du Nord, le bois de VA. Cookii sert aux mêmes usages et a 
rendu de grands services à la colonie ». 



»' 



Podocarpus Novae-Galedionse \'ieill. — ■ Conifères. — 
(PI. LXXXI). 

Le bois de notre échantillon est plus rouge et à grain plus 
fin que les précédents. Jeanneney le rapproche de celui de 
rif. Vieillard dit que, rouge comme le bois de cèdre, il est de 
très bonne qualité. 



Pl. I 




Calophijlluin caledonicwii Vieill. 
(Clusiacées). 



Pl. II. 





Hibiscus tiliaceus L. 
(Malvacées). 



Pr,. TTT. 




Thespesia populnea Cav. 

(Malvacées) 

Feuille, fleur et fruits. 



Pl. IV 




Melochia odornln L. f. 

(Malvacées). 



Pl. V. 




Coiiurici'sunia c.chiiiala A. t. 
(Malvacées). 



Pl. VI 




Maxwellia lepidota Baill. 
(Malvacées). 



Pi.. VII 




FAaeocdvpus petsicijolius Brongn. et Gris. 
(Tiliacées). 



Pl. VIII. 




CanarielluiN oleijeiiun l'^ngl. 
(Rurséracces). 



•r.. I.\. 




Agluia clœai^nudlcu UeiiLli. 
(Méliacées) . 



Pl. X. 




Dysoxylum minutijlorum var. parçifoliw?t, 
(Méliacées). 



l'L. XI. 




Dysoxyliim gatopense DC. ? 
(Méliacées). 



Pl. XII. 




Fli/ulci-sio FiiKniicri l'aiich. vl Scb. 
1 .ML'liufét'sl. 



Pi.. XIII. 




Elsswlcii(li-(iii (iirli iii-ikIuIuiii Elldl. 
(Celas U'acct'.s). 



Pl. XIV 




Alphitonia neo-caledoina <'iiil 
(RhaiTinnrces). 



Pl. XV. 




l^lattostachys apctala Radlk. 
(Sapindacées). 



Pl. XVI. 






Aiytera lepidota liadlk. 
(Sapindacées). 



Pl. XVII. 




Eur():^rhiniis nlitusifojins Kmll. 
(Téi'L'binthacëes). 



Pi.. XVIII. 




Schi?ius terebinthifolius Raddi. 
(Térébinthacées). 



Pl. XIX. 




Seniecarpus atra Moill. 
(Térébinthacées). 



Pl. XX. 




Pellophoruni ferrugineum Benth. 

(Lég-iiiiiiiii'iises). 



Pi,. XXI. 




IJiiciHdio.i i/liaii cainpcchiuiiiini L 
(Légumineuses). 



Pl. XXII. 




Storckiella Pancheii Baill. 
(Légumineuses). 



l'i.. \AI1I. 





Cassia siainea L. 

(Légumineuses), 

Folioles. 



Pl. XXIV, 




Rameaux fleuris do Leuceena glaura Benth., et gousses et graines. 



Pl. XXV. 




Acacia simplicifolia Scliinz et Guilaiiiniii. 
(Légumineuses). 



Pl. XXVI. 




Acacia spirorbis Labil. (Légumineuses). Hameau et galles. 



Pl. XXV 11. 




Codia floribiuida Brongn. et Gris. 
(Saxif ragacées) . 



Pl. xxyiii. 




Pancheria Sebertii Guillaimiiii. 
(Saxifragacées). 



p].. XXIX. 




Geissois hirsuta Brongn. et Gris. ? 
(Saxif ragacccs) . 



Pl. XXX. 




Geissois pruinosa Brongn. et Gris. 
(Saxifragacées). 



Pi,. XXXI. 




Bruguiera eriopctola W. et, Arn. 
(Rhizophoracées). 



Pr.. XXXI I. 




Terminalia Catapjxi Lin. 
(Combrétacées). 



Pi,. XXXIIl. 




Luiiiiulzcra racemosa W'illd 
(Combrétacécs). 



Pl. XXXIV. 




Spermolepis gummifera Brongn. et Gris. 
(Myrtacées). 



Pl. XXXV. 




JMplaIruca Leucadendi-oti Lin. 
(Myrtacées) . 



Pi.. XXXVl. 




XantJiostemon riibnun iSicdenzii. 
(Myrtacées). 



Ph. XXXVIÎ. 



lili iiiBia.^^^ 




\ 



Pleurocahj]>lus Deplanchei Brong. et Gris. 
(Myrtacées) . 



Pl. XXXVIII. 




Jdiiihosa psfiudo-iimlaccensis ^'ieill. 
(Myrtacées). 



Pl. XXXIX. 




Syzf/gium mullipetalwu Pancli. 

(Myrtacées). 



Pl. XL. 



A 




If -^ % 



Syzygium wagapense Brongn. et Gris. 
(Myrtacées). 



Pi.. XLI. 




Sonneratia alba Son. 
(Lythracées). 



Pl. xlii. 




Homalium Guillainii Briq. 
(Samydacées). 



Pl. ALIU. 




Myodocarpus i?ivolucraius Dub. et Vig. 
(Ombellifères). 



Pl. xliy. 




Dyzygotheca elegantissima Yig. et Guill. 
(Ombellifères). 



Pl. XLV. 




Morierina motitaiia Vieill. 
(Rubiacées). 



Pl. xlvi. 



.# 



-^' 







Gardénia Aubnji Vieill. 
(Rubiacées). 



Pf,. XTA'II. 




Gardénia luccns Panch. et 8ib. 
(Rubiacées). 



Pl. xlviii. 




Giirttarda In/polasia Baill. 
(Uiibiaoéos). 



Pr.. XLIX. 




(iiuilarda speciosa Lin. 
(Rubiacées). 



Pl. L. 




Leucopogon cijmhulœ Labill. var. angustijolius Brongn. et Gris. 

(Epacridacées). 



l'I,. IJ. 




Chifi^dphijlluiii Balansœ Baill. 

(Sa|Hila(_'ées). 



Pi., lu. 




Pyiniiiiidid ! l'iciillKunn 
(Sapotacéos). 



Pi., t. III. 




Diospyvos macrocarpa Hiern. 
(Ebénacées). 



Pl. LIV 





Diospyros Seberti Guillaumin. 
(Ebénacées). 



Pi,. LV. 




Symplocos nitidus Broiign. et Gris. 
(Styracées). 



Pl. LVI. 




Pterochiosia Vieillardi Baill. 
(Apocynacées). 



Pi.. LVII. 




Cordia Mijxa Lin. 
(Borraginacées). 



Pl. lviii. 




Duboisid )iiiju[)uruidcs W. Br. 
(Solanacées). 



Pl. LIX. 




Myoporum crassifoUum Forst. 
(Myoporacées). 



Pl. LX. 




Vitex trifolia Lin. 
(Verbénacées). 



Pi,. LXI. 




Lantana camara Lin. 
(Yerbénacées). 



Pl. LXII. 




Duraiitii Flianieri Jacq. 
(Verbénacées). 



l'L. LMll. 








\ > 




( t.icni siilfiifcii |)iil). 
^Verbénacécs) . 



Pl. lxiv. 




Avicennia offiriiKili^ Lin. 
(Verbénacées). 



Pi.. LXV. 




Cryptocarya odorata Guillauinin. 
(Lauracées). 



Pl. lxvi. 




C.rcvillca (UlliKTdiji Iluok. f. 
(Protéacées). 



Pi.. I.XVII. 




(ij'(villc(i hcifiochiuiita iJrong'n. et Gris. 
(Protéacées). 



Pl. lxviii. 




Grevillea ruhiginosa Brongn. et Gris. 



(Protéacées). 



Pl. lxix. 




^ 




-N.. 



V 



Stenocarpus trinervis Guillaumin. 
(Protéacées). 



Pl. LXX. 




Santnluin austro-caledoninuti \ ii'il 
(Santalacées). 



l'i.. L.WI. 




Tréma Vieillardii Plancli. 
(Urticacées). 



Pl. LXXIl. 




Ficus Proieus Biir. 
(Urticacées). 



l'i,. L.Wlll. 












^' mk^- 






f. 




- 


t.: : ■ 


/ 





Ficus V ieillardiana Bur. 
(Urticacées). 



Pl. lxxiv. 




Spaiattosyce dioica Bur. 
(Urticacées). 



l'i. I.WV. 




Casuari)ia Cunmiighuiiiunia Miq. 
(Casuarinacées) . 



Pl. LXXVl. 




CasuinuKi equisetifolia Forst. var. incaiia Poiss. 
(Casuarinacées). 



l'L. i.AWll. 




Casuarina nodiflora Forst. ? 
(Casuarinacées). 



Pi,. LXXVIII. 




Casuarina Poissoniana Schltr. 
(Casiiarinarées). 



Pi.. LXXIX 




Agathis ovata Warb. 
(C.onil'ère.s). 



Pl. lxxx. 




Araucaria Cookii H. Br. 
(Conifères). 



Pl. lxxxi. 



\ 




Podocarpus Novœ-Caledoniae Vieill. 



ORLÉANS. — IMP. H. TESSIER 12-26 



l«r Fascicule. — H. Jumelle : Les Aponogeton malgaches. 
H. Jumelle : Le Cycas Thouarsii. 

2'°e Fascicule. — H. Chermezon : Revision des Cypéracées de Mada- 
gascar (2^' partie). 

3me Fascicule. — H. Jumelle : Les Chrysalidocarpus, Palmiers de Ma- 
dagascar. 

1933 

1" Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections bota- 
niques du Musée Colonial de Marseille : Afrique 
Equatoriale Française. 

2">e Fascicule. — P. Choux : Nouvelles Etudes biologiques sur les Asclé- 
piadacées de Madagascar. 
G. Clôt : Quelques Graines oléagineuses des Colonies 
Françaises. 

S^'^ Fascicule. — Van Gaver : Contribution zoologique à l'Etude des 
Huiles d'Animaux marins. 

19î^4 

1^- Fascicule. — V. Autran : Notes sur les Plantes oléagineuses de 

l'Afrique Equatoriale Française. 
Vidal et Aribert : Essais de fabrication de papier 

avec le Leptadenia Spartum. 
2™e Fascicule. — H. Jumelle : Les Neodypsis, Palmiers de Madagascar. 
3™e Fascicule. — P. Choux : Les Tubercules du Panicum maximum et 

du Cyperus articulatus. 
4™^ Fascicule. — E. Miège : Note sur un Cotonnier marocain. 

19SS 

l*"!^ Fascicule. — Labrande : Etude chimique du Bdellium d'Afrique. 
2n»e Fascicule. — L. Margaillan : Etude chimique de quelques graines 

oléagineuses des pays chauds, et, en particulier, des 

colonies français^i":. 
3^ Fascicule. — H. Jumelle : Blé et orge de Mauritanie, 

P. Choux : Index des Sapindacées de Madagascar, 

L. Margaillan : Etude chimique des graines et des 

huiles de pracachy et d'owala. 
P. Choux : Etude microscopique de la graine et du 

tourteau du Pentaclethra filamentosa. 
L. Margaillan : Etude chimique de la graine et de 

l'huile de jaboty. 
A. Guillaumin : Contributions à la flore de la Nou- 
velle-Calédonie (Plantes ligneuses récoltées en 1924 

par M. Kuno Mezger). 

19*36 

l*"^ Fascicule. — F. Gagnepain : Contribution à l'Étude géo-botanique 
de l'Indochine. 



MODE DE PUBLICATION 
ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 
1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs 
fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur 
importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographi- 
ques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris, à laquelle 
toutes les demandes de renseignements, au point de vue 
commercial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à 
M. Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences 
directeur du Musée Colonial de Marseille, Faculté des 
Sciences, place Victor-Hugo, à Marseille. 



Chez Baillière et Fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuiile, Paris. 

LES HUILES VÉGÉTALES 
Origines ; procédés de préparation ; caractères et usages 

par Henri Jumelle, 
Professeur à la Faculté des Sciences 

1 volume de 490 ppges : 15 francs 

ORLÉANS, IMP. H^ TESSIER 



I 




ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

DIRIGÉES par 
M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-cinctuième année. 4® série, 5® volume (1927) 
PREMIER FASCICULE 

10 LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR 

20 RAVENEA ET LOUVELLA, 
PALMIERS DE MADAGASCAR 

par M. H. JUMELIvB 



->Tdiirs^^^ifcr-«- 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 
,r place victor-hugo 

1927 



SOMMAIRES 

des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 



1018 



l^' Fascicule. — Douron et Vidal : Essais de fabrication de papier 
avec la Passerine hirsute et d'autres Thyméléacées. 

Douron et Vidal : Essais de fabrication de papier 
avec le Bois-bouchon de la Guyane Française. 

H. Jumelle et Perrier de la Bathie : Nouvelles 
observations sur les Mascarenhasia de l'Est de 
Madagascar. 

H. Jumelle : Les Dypsis de Madagascar. 

G. Carle : L'Elevage à Madagascar. 

H. Jumelle : L'Elevage et le Commerce des viandes 
dans nos Colonies et quelques autres Pays. 

Louis Racine : Palmistes et Noix de Bancoul de 
Madagascar. 
2me Fascicule. — Herbert Stone : Les Bois utiles de la Guyane Fran- 
çaise (suite). 

1919 

1^' Fascicule. — Félix Gérard : Etude systématique, morphologique 
et anatomique des Chlaenacées. 

G. Vernet : Notes et Expériences sur la coagulation 
du latex d'hévéa. 

R. Cerighelli : La farine des graines et la fécule des 
tubercules de l'Icacina senegalensis. 

H Jumelle : Les Aracées de Madagascar. 
2'"^ Fascicule. — E. de Wildeman : Quelques Palmiers congolais. 

H. Chermezon : Revision des Cypéracées de Mada- 
gascar. 

Denter et Vernet : Etude bactériologique de la coa- 
gulation naturelle du latex d'hévéa. 

G. Glot : Analyse de Pois du Cap de Madagascar. 

G. Clôt : Composition chimique de deux graines de 
Palmiers de Madagascar. 

1920 

1^' Fascicule. — Aime Jauffret : Recherches sur la détermination 
des bois exotiques colorés d'après les caractères chi- 
miques et spectroscopiques. 
Jï^e Fascicule. — Herbert Stone : Les Bois utiles de la Guyane Fran- 
çaise (fin). 
Supplément. — Index alphabétique des noms botaniques et indigènes 
cités dans Les Bois utiles de la Guyane Française. 

IQSI 

Perrier de la Bathie : La Végétation malgache. 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONLAL DE MARSEILLE 

(Année 1927) 



1 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-cinquième année. 4^ série, 5e volume (1927) 
PREMIER FASCICULE 

10 LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR 

2o RAVENEA ET LOUVELIA, 
PALMIERS DE MADAGASCAR 

par M. H. JUMElylvB 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

s PLACE VICTOR-HUGO 

1927 



LES VONITRA 
PALMIERS DE MADAGASCAR 

PAR 

M. H. JUMELLE 



Nous avons déjà indiqué autrefois (1) comment, en 1906, 
Beccari créait le genre Vonitra pour l'espèce que Bâillon 
avait nommée en 1894 Dypsis Thoiiarsiana^ et nous ratta- 
chions alors à ce Vonitra Thouarsiana le Dictyosperma fibro- 
sum de Wright, que Beccari avait considéré comme une 
seconde espèce de son nouveau genre, le Vonitra fibrosa. 

Mais, si nous avons ainsi supprimé cette deuxième espèce 
de Vonitra, nous avons, par contre, à décrire ici trois autres 
espèces, pour l'une desquelles nous avons, d'ailleurs, donné 
jadis {lac. cit.) une première diagnose. 

Les Vonitra appartiennent à cette catégorie de Palmiers 
dont les spadices portent, sur leurs épis, de nombreux glo- 
mérules triflores dont chacun est composé d'une fleur mé- 
diane femelle et de deux fleurs latérales mâles. Et tous les 
genres malgaches de ce groupe actuellement connus peuvent 
être ainsi distingués ; 

I. — Albumen ruminé. 

A. — 6 étamines ; baie, ou drupe à noyau mince, papyracé ou fi- 
breux ; stigmates basilaires. 

a] Segments foliaires ovales, longuement 

acuminés Phloga. 



(1) H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Palmiers de Mada- 
gascar {Ann. du Mus. colonial de Marseille, 1913). 



6 H. JUMELLE 

b) Segments foliaires rubanés. 

1. Gaine foliaire sans languette oppo- 
sitipétiole Neodypsis. 

2. Gaine foliaire se prolongeant en une 
longue languette oppositipétiole Vonitra. 

B. — 18 à 21 étamines ; drupe à noyau épais ; 

stigmates terminaux Beccariophoenix. 

II. — Albumen non ruminé. 

A. — 3 étamines fertiles Dypsis. 

B. — 6 étamines fertiles. 

a) Spathe supérieure se fendant latérale- 
ment, jusqu'au voisinage seulement du 

sommjt Chrysalidocarpus. 

b) Spathe supérieure s'ouvrant au sommet, 

et restant tubuleuse Neophloga. 

Les Vonitra, ainsi bien délimités, sont des Palmiers de plu- 
sieurs mètres de hauteur, ordinairement à rejets, et souvent 
aussi ramifi s^, avec parfois plusieurs bifurcations successives. 

Les feuilles sont régulièrement penniséquées, à longs seg- 
ments ensiformes, rédupliqués. Leur gaine tubuleuse se prolon- 
ge, à l'opposé du pétiole, et au delà de la base de ce pétiole, en une 
longue languette dont les bords sont voisins des bords pétio- 
laires. Le rachis est muni d'une carène sur la face supérieure. 

L'inflorescence est munie de deux longues spathes, dont 
l'inférieure s'ouvre au sommet, tandis que la supérieure se 
fend latéralement jusqu'au voisinage seulement de ce som- 
met, .qui se termine par un acumen. L'axe du spadiceest nu 
sur une assez grande longueur, puis est ou deux trois fois 
ramifié. Les rameaux de premier ordre sont aplatis, parfois 
avec un fort bourrelet crevassé à la base de la face supérieure : 
ils sont espacés le long de l'axe et portent soit directement les 
épis floraux, soit des rameaux de second ordre relativement 
courts, qui se terminent par deux épis dont l'un est la con- 
tinuation et l'autre une ramification de ce rameau secon- 
daire. Parfois, vers le sommet du spadice, les épis sont insé- 
rés directement sur l'axe principal. 

Les épis floraux, très longs, se terminent presque tous à la 



LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR 7 

même hauteur ; ils sont d'aspect flexueux, par suite des dé- 
pressions dans lesquelles sont logés, aux aisselles de larges 
bractées courtes et en forme de nids de pigeon, les gloméru- 
les triflores. 

Les boutons des fleurs mâles sont presque arrondis ou 
légèrement ovoïdes, les pétales dépassant peu ou ne dépas- 
sant pas les sépales. La fleur mâle est à trois sépales carénés 
et éperonnés, souvent un peu échancrés au sommet, à trois 
pétales concaves ; les six étamines fertiles sont à anthères 
basifixes et à loges subglobuleuses un peu écartées à la base ; 
le rudiment d'ovaire est allongé, grêle, trisulqué, avec un 
petit élargissement stigmatique terminal. 

Les boutons femelles sont à peu près de même forme que 
les mâles. Ija fleur femelle est à sépales orbiculaires, conca- 
ves, souvent légèrement échancrés au sommet, et à pétales 
orbiculaires également concaves ; l'ovaire est globuleux ou 
légèrement obovoïde, un peu asymétrique. 

Les fruits frais sont presque globuleux ; les fruits dessé- 
chés sont légèrement obovoïdes, très arrondis au sommet, à 
stigmates tout à fait basilaires ; l'endocarpe est fibreux. La 
graine est à albumen très profondément ruminé. 

Les quatre espèces actuellement connues peuvent être 
ainsi distinguées : 

I. — Pétiole pubescent ou parsemé de touffes de poils, large de 18 à 
25 mrllimètres. 

A. — Pétiole tout d'abord un peu concave en dessus, mais ensuite, 
vers le rachis, plan, ou même légèrement convexe. 

a) Tronc grêle (10 à 20 centimètres de diamètre) ; pétiole 
revêtu, sur sa face inférieure, d'une pubescence rousse sou- 
vent abondante T'. Thouarsiana. 

b) Tronc robuste (35 centimètres de dia- 
mètre) ; pétiole parsemé seulement sur le 
dos de petites touffes de poils formant 
mouchetures T'. crinita. 

B. — Pétiole concave en dessus sur toute sa lon- 
gueur, parsemé, sur le dos, de mouchetures 

roussâtres V . loucoubensis. 



8 H. JUMELLE 

II. — Pétiole glabre, large de 40 millimètres, con- 
cave en dessus sur toute sa longueur. Tronc ro- 
buste V- utilis. 



Vonitra Thouarsiana Becc. 

Dictyosperma jihrosum \\'right ; Madagascar Piassava, in 
Kew Bull, 1891. 

Dypsis Thouarsiana Bâillon ; in Bull. Soc. Linn. Paris, 
no 147. 

Vonitra Thouarsiana Beccari ; Palmarum madagascarien- 
sium Synopsis, in Engler's Beihlatt zu den Bot. J ahrbûchern^ 
XXXVIII, fasc. 3 (1906). -- Id., Palme del Madagascar 
(1912), p. 7, fig. 3, pi. — H. Jumelle et Perrier de la Bâthie, 
Palmiers de Madagascar, in Ann. du Mus. Col. de Marseille, 
p 5, fig. 2 et 3. Cl.qf?>) 

Vonitra fibrosa Beccari ; Palme del Madagascar, 1912, p. 8, 
fig. 4 (3 et 4). 

Le tronc de ce Palmier est plutôt grêle, à rejets, de 4 à 
8 mètres de hauteur et de 10 à 20 centimètres de diamètre, 
généralement ramifié. 

Les pieds stériles se présentent souvent sous une forme 
naine, mais ceux qui fleurissent ont toujours un tronc d'au 
moins 3 à 4 mètres de hauteur. 

La gaine, le pétiole et le rachis, surtout sur la face infé- 
rieure, sont couverts de poils écailleux ramifiés, de cou- 
leur rouille. 

La gaine, longue de 25 à 30 centimètres, est tubuleuse 
et se continue au delà du pétiole, et à Topposé de ce pétiole, 
en une longue languette de 40 à 50 centimètres de longueur, 
dont les bords sont voisins des bords pétiolaires. 

Cette gaine et surtout la languette se fendent de très 
bonne heure, suivant la ligne médiane ventrale, puis se dis- 
socient rapidement en longs filaments bruns qui sont autant 




Fig. 1 . — Inflorescence de Vonilra Thouarsiana. 



I 

i 



LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR H 

de faisceaux libéro-ligneiix entourés d'une zone scléreuse. 
C'est le « piassava » ou « crin végétal >). 

Le pétiole, obtusément anguleux et vaguement caréné en 
dessous, est tout d'abord un peu concave sur sa face supé- 
rieure, mais devient très vite à peu près plan jusqu'au niveau 
du premier segment ; il a environ 45 centimètres de longueur 
sur 18 millimètres de largeur. 

Le rachis présente supérieurement une carène dont le som- 
met est d'abord aplati, ou même un peu excavé, mais de- 
vient ensuite anguleux dans la région médiane du limbe. 
Les segments, rigides et ensiformes, sont nombreux, à peu 
près équidistants, alternes, longs et étroits, de 50 à 60 cen- 
timètres de longueur, vers le milieu du rachis, sur 2 à 3 cen- 
timètres de largeur ; ils sont à fortes nervures, dont une mé- 
diane et deux latérales ; puis il y en a deux autres plus fai- 
bles entre la médiane et ces deux latérales, et enfin de nom- 
breuses autres nervures intermédiaires parallèles, beaucoup 
plus fines, forment une striation régulière, bien visible même 
sur la face supérieure. 

Les inflorescences, très longues, sont deux ou trois fois 
ramifiées. A la base de l'axe principal est une première spa- 
the de 40 à 60 centimètres, qui se fend au sommet ; à 40 cen- 
timètres au-dessus de son insertion est une seconde spathe, 
longue de 90 centimètres, qui est fendue jusqu'au voisinage 
du sommet, oi^i elle se termine par un acumen de 5 centimè- 
tres de longueur, la largeur de la spathe, vers le sommet, et 
lorsqu'elle est ouverte, étant de 5 à 8 centimètres. Plus haut, 
dans la partie de l'axe qui dépasse la première spathe, sont 
deux petites bractées écailleuses. Le pédoncule, de 80 à 
90 centimètres de longueur, est aplati. Dans la partie flori- 
fère, l'axe est anguleux ; les rameaux de premier ordre, espa- 
cés le long de cet axe, et ceux de second ordre, ordinaire- 
ment courts, sont les uns et les autres aplatis, les rameaux 
de second ordre pouvant cependant aussi être anguleux. 
Dans la partie inférieure de l'inflorescence sont trois rami- 
fications successives ; et ce sont les rameaux de second ordre 



12 H. JUMELLE 

qui se bifurquent en deux longs épis floraux. Dans la partie 
supérieure, il y a deux ramifications seulement, les rameaux 
de premier ordre portant directement les épis floraux isolés. 
Presque tous ces épis, très nombreux, se terminent à la même 
hauteur ; ils sont grêles (2 millimètres), anguleux, à glomé- 
rules insérés dans les petites dépressions qui donnent à l'axe 
son apparence légèrement flexueuse ; la bractée axillante est 
indistincte. 

Dans les glomérules triflores, la fleur femelle, médiane, se 
développe avant les fleurs mâles, qui sont encore très peti- 
tes quand celle-ci est déjà grosse. 

Les boutons mâles, un peu ovoïdes, sont longs de 1 mm. 5, 
les pétales ne dépassant pas aussi longuement les sépales 
que dans les Neodypsis. Les boutons femelles sont à peu 
près de même forme, de 2 mm. 5 de longueur. 

La fleur mâle est à sépales arrondis, très concaves, tron- 
qués au sommet, qui est souvent un peu fendu, légèrement 
anguleux sur le dos, nettement éperonnés à la base ; les péta- 
les sont ovales, non fendus au sommet ; les six étamines sont 
à anthères basifixes, avec loges subglobuleuses, écartées à la 
base ; le rudiment d'ovaire est allongé, grêle, trisulqué, un 
peu élargi au sommet. 

La fleur femelle est à sépales orbiculaires, concaves, avec, 
presque "toujours, une fente médiane au sommet, lisses sur 
le dos, légèrement anguleux suivant la ligne médiane dor- 
sale ; les pétales sont de même forme, mais dépassent ces 
sépales et ne sont pas fendus au sommet ; l'ovaire est globu- 
leux ou légèrement obovoïde, un peu asymétrique. 

Les fruits secs sont légèrement obovoïdes (16 à. 20 milli- 
mètres sur 14 à 15 millim.ètres), très arrondis au sommet, 
rétrécis vers la base, à stigmates tout à fait basilaires ; 
l'endocarpe est fibreux. Les fruits frais sont plus arrondis 
(22 milHmètres sur 20 millimètres), à péricarpe de 3 milli- 
mètres d'épaisseur. La graine est légèrement obovoïde (15 mil- 
limètres sur 11 millimètres), à albumen ruminé jusqu'au centre. 

Ce Palmier, qu'on trouve dans la forêt littorale, aux envi- 



PI. I. 




Vonitra Thouarsiana. 



LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR 13 

rons de Vatomanclry, puis sur le mont Vatovavy, ainsi que 
dans la forêt d'Analamazaotra, est le vonitra ambohitra, ou 
« vonitra des collines », des indigènes. Son bois est rougeâ- 
tre. Gaine et languette oppositipétiole fournissent, en se 
dissociant, un piassave, constitué, ainsi que nous l'avons dit, 
par leurs faisceaux libéro-ligneux. 

Est : Mont Vatovavy, près de Mananjary, sur les gneiss, 
à 200 mètres d'altitude (Perrier de la Bâthie, oct. 1911 , 12 053). 
■ — Forêt d'Analamazaotra, à 800 mètres {Id., déc. 1914, 
12.001). — Forêt littorale orientale, environs de Vatomandry 
{Id., nov. 1921, 14.097). 

Vonitra crinita Jum. et Perr. 

Vonitra crinita Jumelle et Perrier de la Bâthie ; Palmiers 
de Madagascar, in Ann. du Mus. Col. de Marseille, 1913, p. 9, 
fig. 4. 

Le tronc de ce Palmier du Sambirano, qui est à rejets, est 
rarement simple, et plus ordinairement deux ou trois fois 
ramifié à 3 mètres environ au-dessus du sol, puis parfois de 
nouveau subdivisé plus haut. îl est annelé, grisâtre, un peu 
renflé à la base, de 10 mètres au plus de hauteur, avec un dia- 
mètre de 35 centimètres environ. Chaque ramification porte 
à son extrémité 12 à 15 grandes feuilles dressées. 

La gaine, fortement comprimée latéralement, et, par suite, 
à contour elliptique, peut être longue de 1 mètre, avec une 
très longue languette oppositipétiole ; le dos en est forte- 
ment sillonné, avec des poils roux qui persistent dans les 
sillons. Le pétiole, de même longueur à peu près que la gaine, 
est également parsemé de courtes touffes de poils roux sur la 
face inférieure ; il est très obtusément anguleux et vague- 
ment caréné en dessous, tout d'abord en gouttière en dessus, 
mais très rapidement presque plan, ou même légèrement 
convexe. 



14 H. JUMELLE 

Le rachis, de 2 m. 50 à 3 mètres, est un peu convexe infé 
rieurement, mais présente sur la face supérieure une carène 
qui est tout d'abord basse et à sommet aplati, puis devient 
anguleuse et tranchante dans la région médiane du limbe. 
Les segments, isolés et rédupliqués, sont d'abord espacés, 
puis plus rapprochés, alternes dans la partie inférieure et 
médiane du limbe, plus ou moins opposés vers l'extrémité 
supérieure ; ils ont 60 centimètres environ de longueur sur 2 
à 3 centimètres de largeur dans la partie médiane. Ils por- 
tent ordinairement sept fortes nervures, avec des nervures 
intermédiaires plus fines, visibles surtout sur la face infé- 
rieure, à laquelle elles donnent un aspect finement strié. 

Les inflorescences, nombreuses, sont roides et dressées. 
Le pédoncule est long (1 mètre) et fort, comprimé et, par 
suite, de section elliptique ; la partie florifère, dont l'axe 
est anguleux, est deux ou trois fois ramifiée. 

A la base du spadice est une première longue spathe fen- 
due au sommet ; 10 centimètres plus haut, une seconde spa- 
the constitue une enveloppe complète, caduque, se fendant 
latéralement ; plus haut encore sont deux ou trois petites 
écailles. Les rameaux de premier ordre sont très aplatis, un 
peu arqués à la base, avec un fort bourrelet crevassé à la base 
de la face supérieure ; les rameaux de second ordre sont angu- 
leux, courts, terminés par deux épis floraux. Plus souvent 
toutefois les épis floraux, même dès la base, sont isolés sur 
les rameaux de premier ordre. Toutes ces ramifications sont 
d'aspect un peu flexueux. Les épis floraux ont, quand ils sont 
secs, 50 à 55 centimètres de longueur, sur 2 mm. 5 à 3 milli- 
mètres d'épaisseur. 

Les glomérules triflores sont logés dans les dépressions des 
épis floraux, sans bractée axdlante visible ; la fleur femelle 
médiane est sensiblement au même état de développement 
que les deux fleurs mâles latérales, quoique plutôt en retard. 
Les boutons m^âles, de 2 mm. 5 de longueur, sont presque 
globuleux, les pétales dépassant peu les sépales. Les bou- 
tons femelles, de 2 millimètres, sont également globuleux. 



LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR 15 

La fleur mâle est à trois sépales repliés, striés, tronqués 
au sommet, l'extérieur étant plus fortement concave que 
les deux autres et avec carène et éperon aussi plus pronon- 
cés ; les trois pétales sont ovales, faiblement concaves, striés ; 
les six étamines, bisériées, sont de même forme que dans 
l'espèce précédente ; l'ovaire rudimentaire est allongé et 
étroit comme dans le genre. 

La fleur femelle est à sépale extérieur concave et un peu 
en forme de capuchon, un peu anguleux sur le dos ; les deux 
autres sépales sont orbiculaires ; l'ovaire est un peu ovoïde. 

Le fruit, presque globuleux ou légèrement ovoïde, a 20 
à 21 millimètres sur 17 millimètres et est un peu plus gros 
que celui du V. Thouarsiana ; son endocarpe est fibreux. La 
graine, de 15 à 16 millimètres sur 12 à 13, est à albumen très 
profondément ruminé. 

Nous avons déjà signalé autrefois que cette espèce pour- 
rait fournir comme la précédente une sorte de piassava, 
mais qui est de qualité inconnue, et, en tout cas, n'a jamais 
été exporté. Un pied fournirait, au minimum, 3 kilogrammes 
de produit. 

Samhirano : Bords des ruisseaux, vers 1 200 mètres d'al- 
titude. (Perrier de la Bâthie, 10.052.) 

Vonitra loucoubensis Jum. 

Vonitra loucoubensis Jumelle ; Les Palmiers à crin végé- 
tal de Madagascar, in Revue de Botanique appliquée, 30 avril 
1922. 

Le tronc de ce Palmier de Nossi-Bé semble rester simple. 
M. Perrier de la Bâthie dit bien avoir vu à Lokobé de petits 
vonitra ramifiés, et qui appartenaient peut-être à cette es- 
pèce, mais il n'a jamais observé de F. loucoubensis adulte 
dont le tronc fiât rameux. 

Ce tronc, en tout cas, qui a de 8 à 10 mètres de hauteur 



16 H. JUMELLE 

et dépasse rarement 15 centimètres de diamètre, est grisâ- 
tre, annelé dans le haut. 

L'espèce se distingue bien de la précédente par la forme 
de la base du pétiole et du dos de la gaine, qui, au niveau de 
la languette oppositipétiole, s'élargissent vers les bords, au 
lieu d'être comprimés et, par conséquent, sont à contour en 
arc. 

La gaine est à duvet roux ; la languette et la face inférieure 
du pétiole sont parsemées de maculatures lousseâtres. La 
languette, rouge brun, mince, se dissocie en filaments rela- 
tivement peu nombreux. Le pétiole, concave, a 40 cen- 
timètres environ de longueur sur 2 cm. 5 de largeur. La carène 
du rachis est plus obtuse vers le milieu du limbe que dans le 
V. crinita. Les segments, à 5 à 7 fortes nervures, ont 60 à 
72 centimètres de longueur sur 3 à 4 centimètres de largeur. 

Les spadices sont axillaires. La spathe supérieure, qui se 
détache circulairement à la base, est longue de 1 mètre et a 
13 à 14 centimètres de largeur dans sa région médiane, quand 
elle est ouverte. Le pédoncule du spadice a 40 centimètres 
de longueur et 5 centimètres de diamètre à la base. La par- 
tie florifère est une ou deux fois ramifiée et à rameaux très 
rapprochés, les inférieurs seuls étant des rameaux aplatis 
de premier ordre qui portent des épis floraux, les rameaux 
supérieurs correspondant directement à ces épis. Tous ces 
épis sont roides, non pendants, et peuvent atteindre 50 cen- 
timètres de longueur. Les boutons mâles et femelles sont à 
peu près de même grosseur dans chaque glomérule. 

Les graines que nous avons vues étaient en très mauvais 
état, désagrégées et noires, mais la rumination restait visible. 

Nossi-Bé, bois de Lokobé. (Perrier de la Bâthie, 12.028.) 

Vonitra utilis Jum. 

Vonitra utilis Jumelle; Les Palmiers à crin végétal de 
Madagascar, in C. R. Acad. des Sciences, 11 juin 1917. 



PI. II. 




Vonitra utilis. 



LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR 17 

C'est un Palmier de l'Analamazaotra, et également pro- 
ducteur de piassava, comme le Vonitra Thouarsiana ; mais 
les deux espèces sont, à première vue, bien distinctes. 

Le tronc du F. iitilis est plus élevé (atteignant 10 à 15 mè- 
tres, au lieu de 4 à 8 mètres), plus robuste et plus épais (33 à 
35 centimètres de diamètre, au lieu de 10 à 20 centimètres) 
que celui du V . Thouarsiana. Ses jeunes feuilles sont vertes 
et non rouges, et ses inflorescences sont beaucoup plus gran- 
des et à épis beaucoup plus longs que dans cette autre es- 
pèce. 

Le tronc, qui est à rejets, est plusieurs fois bifurqué, annelé, 
grisâtre, assez tendre, et surmonté de feuilles de 5 à 6 mètres 
de longueur. 

La gaine est longue de 70 centimètres à 1 mètre, avec une 
longue languette oppositipétiole de 40 à 60 centimètres, qui 
est triangulaire et se dissocie finalement en longs filaments 
bruns, comme dans le V. Thouarsiana. Le pétiole, de 40 à 
50 centimètres, est obtusément anguleux et vaguement 
caréné en dessous, concave en dessus sur toute sa longueur, 
à bords tranchants ; sa largeur est de 4 centimètres. 

Le rachis est convexe en dessous, aplati en dessus dès le 
niveau des premiers segments, puis présente une carène large 
et basse, à sommet plan dans la région médiane du limbe ; la 
partie terminale est triangulaire. Les très nombreux seg- 
ments, isolés et rédupliqués, sont d'abord étroits et rappro- 
chés, puis plus espacés et plus larges, atteignant vers le milieu 
du limbe 80 centimètres à 1 mètre de longueur, sur 3 centi- 
mètres de largeur ; cinq à sept fortes nervures, dont une 
médiane et quatre à six latérales, sont accompagnées de ner- 
vures intermédiaires qui forment sur la face supérieure une 
striation moins régulière, moins fine et moins nette que dans 
le V. Thouarsiana. 

Les inflorescences, aux aisselles des feuilles tombées, sont 
à épis pendants, d'un rouge vif lorsqu'ils sont encore dans 
la spathe, noirâtres à l'air. Le spadice non encore épanoui est 
long de 2 m. 40 à 2 m. 50. Le pédoncule a 1 mètre à 1 m. 50 de 

2 



l^ H. JUMELLE 

longueur environ ; il est peu aplati (6 centimètres sur 4 ou 
5 centimètres), à base large et un peu arquée ; la partie flo- 
rifère, deux ou trois fois ramifiée, est longue de 50 à 60 cen- 
timètres, d'aspect un peu flexueux. A la base de l'axe, une 
première spathe, non caduque, a 70 à 85 centimètres de lon- 
gueur sur 10 centimètres de largeur et est fendue au som- 
met ; puis, 10 centimètres plus haut est une seconde spathe 
caduque, longue de 2 m. 30 à 2 m. 40, se fendant latérale- 
ment jusqu'au voisinage du sommet, qui se termine par un 
acumen de 25 centimètres de longueur, la largeur de la spa- 
the, au voisinage de ce sommet, quand elle est ouverte, étant 
de 10 à 12 centimètres ; plus haut sont 4 à 6 écailles. Les 
rameaux de premier ordre sont au nombre de 10 à 12 et sont 
aplatis, un peu arqués à la base, où il y a seulement, sur la 
face supérieure, des épaisissements en bourrelet, crevassés, 
qu'on retrouve aux bases des ramifications d'ordres suivants. 
Dans la partie inférieure des rameaux de premier ordre sont 
des rameaux de second ordre anguleux et courts, se termi- 
nant par deux très longs épis floraux flexueux ; plus haut 
s'insèrent directement des épis floraux isolés. Tous ces 
épis sont pendants, à axe presque cylindrique, au nombre 
de six à dix par rameau de premier ordre et ont de 50 à 60 
centimètres de longueur et 5 millimètres d'épaisseur. Dans 
chaque glomérule, normalement triflore, et logé dans une 
dépression de l'axe de l'épi, la fleur femelle se développe 
avant les fleurs mâles. 

Le bouton femelle, de 4 millimètres de hauteur, est ovoïde, 
arrondi ou un peu conique au sommet ; les boutons mâles 
sont à peu près de même forme, les pétales dépassant peu les 
sépales. 

Dans la fleur mâle, les 3 sépales sont carénés, avec épe- 
ron obtus ; les 3 pétales sont concaves, et les 6 étamines, à 
filets courts et larges, sont à anthères basifixes, avec loges 
subglobuleuses, s'écartant un peu à la base ; il y a un rudi- 
ment d'ovaire légèrement conique, trisulqué, avec un petit 
élargissement stigmatique terminal. 



LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR 1?^ 

Dans la fleur femelle, les trois sépales sont inégaux ; l'ex- 
térieur est petit, anguleux, avec fente médiane au sommet ; 
le médian, plus grand, est arrondi dorsalement, plus large 
que haut; l'intérieur est très grand, replié, beaucoup plus 
large que haut, fendu au sommet, et entoure presque entiè- 
rement les parties plus internes de la fleur en bouton. Les 
3 pétales sont orbiculaires. L'ovaire est presque globuleux, 
un peu gibbeux, surmonté par un très petit cône correspon- 
dant aux trois stigmates. 

Le fruit frais est presque globuleux, de 25 à 26 millimè- 
tres sur 24 à 25 millimètres et est à stigmates basilaires ; le 
péricarpe est épais de 6 millimètres, fibreux intérieurement. 
Le fruit sec est un peu ovoïde, de 25 millimètres sur 20 milli- 
mètres. La graine est profondément ruminée. 

Le Vonitra iitilis est, comme le Vonitra Thouarsiana, un 
Palmier à crin végétal de la côte Est de Madagascar, et peut- 
être même, d'après M. Perrier de la Bâthie, celui qui donne 
le meilleur produit, quoiqu'il le donne, semble-t-il, en moin- 
dre abondance que le V. Thoiiarsiana. 

Le bois de son tronc est plus blanc que celui du V. Thouar- 
siana. Le bourgeon terminal est comestible ; le fruit, à pulpe 
sucrée, l'est aussi. 

Le Vonitra iitilis est le vonitrandrano ^ ou « vonitra d'eau », 
des indigènes ; et, en effet, tout en croissant souvent auprès 
du V . Thouarsiana^ il est plus fréquemment sur le bord de 
l'eau que cet autre vonitra. 

Est : Bois humides d'Analamazaotra (Perrier de la Bâthie, 
déc. 1914, 12.005). 



RAVENEA ET LOUVELIA 
PALMIERS DE MADAGASCAR 



PAR 



M. H. JUMELLE 



Nous avons déjà, dans des mémoires antérieurs, fait l'étude 
de ces Palmiers malgaches que sont les genres Phloga, Dyp- 
sis (1), Neodypsis (2), Neophloga (3), Chnjsalidocarpus (4), 
Beccariophœnix (5) et Vonitra (6). 

Les deux autres genres que nous étudions ici maintenant 
sont bien distincts, par plusieurs caractères, de tous les gen- 
res précédents : 

1° Les inflorescences sont toujours dioïques ; 



(1) H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Palmiers de Madagas- 
car [Annales du Musée colonial de Marseille, 1913). — H. Jumelle : 
Les Dypsis de Madagascar (Annales du Musée colonial de Marseille, 
1918). — Id., Les Dypsis, Palmiers de Madagascar [Bulletin de l'Acadé- 
mie malgache, nouv. série, tome VI ; 1922-1923). 

(2) H. Jumelle : Les Neodypsis, Palmiers de Madagascar [Annales 
du Musée colonial de Marseille, 1924). 

(3) H. Jumelle : Les Neophloga, Palmiers de Madagascar (C. B. 
Acad. des Sciences, 13 février 1922). 

(4) H. Jumelle : Les Chrysalidocarpus, Palmiers de Madagascar 
[Annales du Musée colonial de Marseille, 1922). 

(5) H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Nouvelles notes biolo- 
giques sur la flore malgache [Annales de la Fac. des Sciences de Mar- 
seille, nov. 1915). 

(6) H. Jumelle : ce même fascicule, 1927. 



22 



H. JUMELLE 



2° Les fleurs, sur l'épi, sont isolées, et non plus par glo- 
mérules de trois ; 

3° Les inflorescences femelles sont ordinairement isolées, 
alors que, au contraire, le plus souvent — mais non cons- 
tamment — • les inflorescences mâles sont fasciculées ; 

4° Mâles ou femelles, ces inflorescences sont accompa- 
gnées de cinq, ou beaucoup plus rarement, six spathes (qua- 
tre peut-être chez les Louvelia) ; 

5*^ Dans les fascicules d'inflorescences mâles, l'une des spa- 
thes, celle qui est basilaire, est commune à tout le groupe, 
et chaque inflorescence n'a que quatre ou cinq spathes pro- 
pres ; 

6^ Gaine, pétiole et rachis, ainsi que les spathes, sont géné- 
ralement recouverts extérieurement d'un duvet, ou même 
d'un épais tomentum, blanc argenté ou brunâtre ; 

7° Le bois est, non pas toujours, mais très souvent, très 
dur, noir, moucheté en coupe transversale, ou strié en coupe 
longitudinale, par de nombreux faisceaux libéro-ligneux 
plongés dans un conjonctif ordinairement sclérifié. 

Comme bois faisant exception, citons dès maintenant celui 
du Ravenea rohustior. 

Les indigènes, qui connaissent bien et utihsent ces bois 
durs, désignent, en diverses localités, les Ravenea sous le nom 
général di'aîtivo. 

Entre les Ravenea et les Louçelia les affinités sont certai- 
nement très grandes ; cependant les deux Louvelia que nous 
connaissons, et tout particulièrement le Louvelia mo.dagas- 
cariensis que nous connaissons le mieux, offrent quelques 
particularités assez nettes qui nous ont paru justifier la 
création d'un genre nouveau. 

Chez le Louvelia madagascariensis, en effet : 

1° Les trois pétales de la fleur mâle sont très nettement 
soudés à la base, tandis qu'ils sont séparés dans les Ravenea ; 

2o Les stigmates restent terminaux dans le fruit, même 
lorsque ce fruit est uniloculaire, tandis que, chez les Rave- 
nea^ les fruits uniloculaires sont à stigmates latéraux, ces 



RAVENEA ET LOUVELIA 23 

stigmates des Bavenea ne restant terminaux que lorsque, 
tout à fait exceptionnellement, le fruit est biloculaire ou 
triloculaire ; 

3° Les fruits sont des drupes, tandis que ce sont des baies 
chez les Ravenea. 

Ces fruits, en outre, semblent, à maturité, être à pulpe 
moins épaisse et être moins vivement colorés que ceux des 
Raçenea, qui sont, en général, d'un jaune brillant ou rouges. 

Nous ne pouvons, dès maintenant, appliquer avec certi- 
tude tous ces caractères à la seconde espèce, que nous avons 
nommée Louvelia Lakatra, car nous n'en avons vu ni les fleurs 
mâles ni les fruits tout à fait mûrs, mais c'est l'aspect géné- 
ral de l'infrutescence et des fruits, et la position terminale 
des stigmates dans ces derniers, en même temps que la pré- 
sence d'une zone scléreuse interne dans le péricarpe, qui nous 
font bien rapporter ce lakatra au genre Louçelia, caractérisé 
comme nous venons de le dire par rapport aux Ravenea. 

I. ■ — Le genre Ravenea. 

Le genre Ravenea fut établi jadis par Bâillon d'après l'es- 
pèce Ravenea Ilildebrandtii Bouch., des Comores. Ultérieu- 
rement, en 1906, Beccari créa l'espèce Ravenea madagasca- 
riensis ; et ces deux Ravenea étaient les seuls connus lorsque, 
en 1913, en collaboration avec M. Perrier de la Bâthie, nous 
décrivions quatre autres espèces. Deux nouvelles vont être 
ajoutées encore ici. 

Un de ces huit Ravenea^ celui des Comores, nous reste 
inconnu, mais nous possédons aujourd'hui sur les sept autres 
d'assez nombreux documents pour les pouvoir bien carac- 
tériser. 

Nous les distinguerons tout de suite d'après le tableau ci- 
après. 



24 



H.. JUMELLE 



I. — Pétales rubanés R. glauca. 

II. — Pétales ovales. 

A. — Pas de languette oppositipétiole. 

a) Carène du rachis nettement moins 
large que ce rachis, dans la région 
médiane de la feuille. 

a'. — Sommet de la carène plan 
dans la région médiane. 

1. Ovaire ovoïde R. madagascariensis. 

2. Ovaire oblong R. sambiranensis. 

a". Sommet de la carène plus ou 

moins excavé. 

1. Très légèrement excavé. 
Segments foliaires médians 
de 2 centimètres au plus de 

largeur R. amara. 

2. Nettement excavé en gout- 
tière anguleuse. Segments 
foliaires médians de 5 centi- 
mètres de largeur R. latisecla. 

b. Carène presque aussi large que le 
rachis dans la région médiane de la 
feuille ; d'où apparence de deux 
gouttières latérales R. rivularis. 

B. — Une languette oppositipétiole R. robustior. 

Nous suivrons, pour la description de ces sept espèces, 
l'ordre de ce tableau. 



Ravenea glauca Jum. et Perr, 

Raçenea glauca Jum. et Perr. de la Bâthie ; Palmiers de 
Madagascar, in Annales du Musée Colonial de Marseille, 1913, 
p. 56, fig. 13. 

Le Ravenea glauca, qui croît dans les deux massifs de l'An- 
dringitra et de l'Isalo, dans l'Ouest de File, est, au point de 
vue floral, par ses pétales rubanés, une espèce nettement dis- 
tincte de tous les autres Ravenea que nous connaissons jus- 
qu'ici. 



RAVENEA ET LOUVELIA 25 

C'est un Palmier à tronc isolé, droit et grêle, lisse, de 4 à 
à 8 mètres de hauteur et 6 à 10 centimètres de diamètre, que 
surmonte un bouquet de 12 à 15 feuilles, longues de 2 à 3 mè- 
tres et gracieusement infléchies 

Gaine et pétiole sont extérieurement revêtus d'un épais 
tomentum blanchâtre qui se détache facilement sous les 
doigts. Plusieurs gaines superposées sont parfois comme 
plongées dans cette sorte de toison. 

La gaine, glabre et lisse en dedans, est courte (38 centi- 
mètres) ; son ouverture, échancrée en avant, est très oblique, 
et le bord se prolonge assez longuement, en se rétrécissant, 
le long du pétiole. 

Celui-ci, de longueur très variable (5 à 8 centimètres sur 
un exemplaire de TAndringitra, 35 centimètres sur un autre 
exemplaire provenant de l'Isalo), est plan en-dessus, très 
bombé en. dessous, assez large (2 centimètres). 

Le rachis, d'abord nettement convexe, puis presque plan 
■ en dessous, où il est tomenteux comme le pétiole, a 10 à 
15 milHmètres de largeur dans sa région médiane, où il porte 
supérieurement une mince carène peu saillante dont le som- 
met est aplati (5 millimètres de largeur) et très légèrement 
excavé. Vers le sommet de la feuille, cette carène devient très 
rapidement tranchante. 

Les segments, le long du rachis, sont espacés de 2 centi- 
mètres environ. Frais, ils sont recouverts, surtout sur les 
individus croissant en localités peu humides, d'un enduit 
cireux blanchâtre qui leur donne une teinte glauque. Sur la 
nervure médiane, à la face inférieure de tous les segments, 
et sur toute la longueur, sont, çà et là, des squamules brunâ- 
tres, qui toutefois peuvent manquer. 

Les segments basilaires ont 40 à 60 centimètres de lon- 
gueur, sur 7 à 9 millimètres de largeur. 

Les segments médians ont 50 à 70 centimètres sur 12 à 
25 millimètres. 

Les segments voisins du sommet ont 27 à 35 millimètres 
sur 9 à 12 millimètres. 



26 H. JUMELLE 

Les spadices mâles sont ordinairement fascicules par deux 
ou trois ; les spadices femelles sont isolés. 

Chaque spadice mâle est muni de quatre spathes, en plus 
d'une spathe basilaire commune à tout leJascicule. 

Sur un individu de l'Andringitra, l'inflorescence mâle — 
qui, dans ce cas, parait isolée — a 74 à 80 centimètres de 
longueur totale, avec un pédoncule de 25 centimètres, muni 
d'une bractée linéaire lancéolée aiguë, longue de 12 à 14 cen- 
timètres. La seconde des cinq spathes, qui présente extérieu- 
rement des restes de duvet, a 17 centimètres de longueur, la 
troisième a 27 centimètres, et les deux dernières ont 70 à 
80 centimètres, sur 6 centimètres quand elles sont ouver- 
tes. Le spadice est deux fois ramifié. 

Nous avons pu voir encore un autre spadice mâle de la 
même région, mais jeune, de 30 centimètres environ de lon- 
gueur, et à spathes encore fermées. La première de ces spa- 
thes, échancrée au sommet, cotonneuse, ouverte, est longue 
de 5 centimètres ; la seconde, également duveteuse, fer- 
mée comme la suivante, a 8 centimètres ; la troisième a 10 cen- 
timètres ; les deux dernières ont 30 centimètres. 

Sur un exemplaire de l'Isalo, où les spadices mâles sont grou- 
pés par trois, la spathe commune est très courte ; la première des 
quatre spathes propres a 5 à 7 centimètres de longueur, la 
seconde a 13 à 16 centimètres, et les deux autres, qui sont 
étroites (2 centimètres à peu près quand elles sont ouvertes) 
et veloutées extérieurement, ont environ 40 centimètres. 

Les trois spadices, grêles, de 45 à 50 centimètres de lon- 
gueur totale, ont des parties florifères qui ont respectivement 
30, 35 et 25 centimètres de longueur, sur 60, 50 et 45 centi- 
mètres de largeur. Ils sont une seule fois ramifiés, et les épis 
ont 7 à 8 centimètres. 

Les fleurs mâles sont à calice presque imperceptible, de 
1 millimètre environ de longueur, à sépales soudés sur le quart 
à peu près. Les pétales, étroits, rubanés, indépendants, ont 8 
à 10 miUimètres sur 3 millimètres. Les étamines sont beau- 
coup plus courtes (deux fois environ) que les pétales. 



RAVENEA ET LOUVELIA 27 

Les spadices femelles, au nombre de trois ou quatre par 
pied, sont isolés, roides et dressés. Il peut y en avoir deux 
à l'aisselle d'une même feuille, l'inférieur étant parfois plus 
petit. 

Ces spadices sont à ramification simple. L'axe, comprimé, 
laineux, blanchâtre, a 40 à 50 centimètres de longueur ; les 
épis, dans la partie florifère, ont de 25 à 30 centimètres. 

Les cinq spathes portent extérieurement le même tomen- 
tum blanchâtre que les pédoncules ; ce tomentum est encore 
caduc, tout en persistant un peu plus sur les spathes inférieu- 
res que sur les spathes supérieures. 

La première de ces spathes est longue de 15 centimètres 
environ ; la seconde, tubuleuse, se fendant au sommet, a 20 
à 25 centimètres ; la troisième, fendue latéralement, la dé- 
passe de 12 à 20 centimètres ; les deux dernières, fendues de 
même, et dont les sommets sont au même niveau, ont res- 
pectivement 90 centimètres et 60 centimètres, dépassant les 
précédentes d'au moins 50 centimètres dans les inflorescences 
bien développées (30 centimètres seulement dans une inflo- 
rescence plus jeune). 

Les fleurs femelles ont un calice analogue à celui des fleurs 
mâles ; leurs pétales sont aussi les mêmes, mais moins longs 
(5 millimètres seulement) ; l'ovaire, de 4 millimètres de hau- 
teur, est ovoïde, arrondi à la base, conique au sommet, à 
stigmate terminal. Il y a cinq staminodes. 

Les fruits, à une seule graine, sont un peu déprimés, plus 
larges (18 millimètres) que hauts (13 millimètres), à stigma- 
tes subbasilaires. 

Dans le massif de l'Andringitra, le E.avenea glaiica forme, 
entre 1.200 et 2.000 mètres, de vastes forêts, à l'exclusion de 
toute autre plante. Il résiste assez longtemps aux feux de 
brousse. 

Centre et Ouest : Massif de l'Andringitra (Perrier de la Bâ- 
thie, 12.061 et 13.649). — Massif de l'Isalo (M, 16.550). 



28 H. JUMELLE 

Ravenea madagascariensis Becc. 

Ravenea madagascariensis Beccari : Palmarum madagas- 
cariensiiim Synopsis, in Engler's Beihlatt zii de?! Botanischen 
Jahrbiichern, 1006, p. 46.— -/t/., Palme del Madagascar^ 1913, 
p. 51, fig. 42, pi. XLVIII. - H. Jumelle et Perrier de la 
Bàthie, Palmiers de Madagascar, in Ann. du Musée Col. de 
Marseille, 1913, p. 46, pi. XXV et XXVI. 

Le type de Tespèce est im Palmier de ]"Analamazaotra, 
de hauteur moyenne, dont le tronc a ordinairement de 5 à 
8 mètres et dépasse rarement 25 centimètres de diamètre. 
Ce tronc est grisâtre, peu annelé et est surmonté de 8 à 10 gran- 
des feuilles. 

La gaine, de 50 centimètres environ de longueur, est cou- 
verte, en dessous, d'un mince tomentum brunâtre ; son ouver- 
ture est oblique, arrondie en avant, sans languette oppositi- 
pétiole. 

Le pétiole, long de 40 à 50 centimètres, est large (5 centi- 
mètres) et aplati (2 à 3 centimètres d'épaisseur), arrondi sur 
la face intérieure, qui est recouverte d'un léger velouté blan- 
châtre qu'on retrouve sur le rachis. 

Celui-ci, légèrement convexe en dessous, est d'abord plan 
en dessus, ou avec, au plus, une fine caroncule médiane qui 
disparaît vite ; puis il présente plus haut une carène basse, 
dont le sommet, aplati sur une certaine longueur, puis par- 
fois brièvement excavé, devient enfin tranchant. 

Les segments basilaires ont 30 à 40 centimètres sur 15 milli- 
mètres. 

Les segments de la région médiane ont 60 centimètres sur 
33 millimètres. 

Les segments voisins du sommet ont 30 à 40 centimètres 
sur 15 à 25 millimètres. 

Tous portent souvent — mais non toujours — des squa- 
mules le long de la nervure médiane, sur la face inférieure. 



PI. m. 




Ravenea madagascariensis. 



i 



I 



RAVENEA ET LOUVELIA 29 

Leur -espacement, le long du rachis, varie, suivant le niveau, . 
de 2 à 3 centimètres. 

Les inflorescences mâles sont fasciculées par deux à six, 
aux aisselles des feuilles inférieures. Chaque groupe est muni, 
à la base, d'une spathe commune ; et chaque inflorescence, 
de 1 mètre à 1 m. 20 de longueur, y compris le pédoncule, qui 
a à peu près 60 centimètres, est accompagnée de quatre spa- 
thes, revêtues extérieurement d'un duvet blanc brillant. La 
première, courte et large, a 20 centimètres de longueur envi- 
ron : la seconde a 40 centimètres ; la troisième, étroite et 
allongée, a 1 m. 25, la quatrième a 1 m. 15. Sur le pédoncule, 
un peu au-dessous de la première ramification, est une brac- 
tée étroite, longue de 10 centimètres environ. 

L'inflorescence est deux fois ramifiée ; les épis ont 15 à 
18 centimètres. 

Le calice de la fleur mâle, tripartit, soudé sur le tiers à peu 
près de la hauteur, est à dents triangulaires aiguës, longues 
de 2 millimètres à 2 mm. 5. Les pétales sont deux fois à deux 
fois et demie plus longs que les sépales, largement ovales, 
acuminés. Les étamines sont presque aussi longues que ces 
pétales. L'ovaire, rudimentaire, est surmonté de trois stig- 
mates très nets. 

Les spadices femelles sont isolés, longs de 90 centimètres 
à 1 mètre, une seule fois ramifiés. Le pédoncule a 40 à 50 cen- 
timètres ; il est accompagné de cinq spathes et porte, en ou- 
tre, a une certaine distance du premier rameau, une bractée 
analogue à celle du spadice mâle. Les épis ont de 20 à 30 cen- 
timètres. 

Le calice de la fleur femelle est tripartit, mais plus lon- 
guement soudé (sur la moitié, au moins de sa hauteur) que 
celui de la fleur mâle. Les pétales le dépassent brièvement (de 
1 milUmètre environ) et sont ovales, à sommet triangulaire 
acuminé. L'ovaire est légèrement ovoïde trigone, à stigma- 
tes terminaux quand il est jeune, mais devenant rapidement 
latéraux. 

Dans l'Analamazaotra, ce Palmier croît vers 800 mètres 



30 



H. JUMELLE 



d'altitude. Son bourgeon terminal n'est pas comestible. Son 
tronc, à la fois dur et flexible, est très employé par les indi- 
gènes pour la fabrication de planchettes, de cannes, de bois 
d'arc, etc.. Cette large utilisation tend singulièrement à 
raréfier l'espèce, qui semble, d'ailleurs, heureusement avoir 
dans l'île une assez large extension, si, malgré quelques légè- 
res variations, on peut y rapporter quelques autres Palmiers 
d'autres régions. 

Tel serait, par exemple, un Palmier des environs de Maha- 
noro dont les spadices mâles sont groupés par deux à six 
aux aisselles des feuilles, tandis que les spadices femelles 
sont isolés, toutes ces inflorescences, du reste, étant à cinq 
spathes, dont une commune à tout le groupe dans les inflo- 
rescences mâles. Les dimensions et l'aspect des segmicnts 
foliaires sont sensiblement les mêmes que dans la plante de 
l'Analamazaotra. 

Serait à rattacher à la même espèce un pied femelle dont 
les spécimens ont été récoltés en mai 1924 par M. Perrier de 
la Bâthie dans les bois sablonneux, près des lagunes, au sud 
de Tamatave. 

Des hauteurs de l'Analamazaotra, l'espèce redescendrait 
ainsi jusque vers la côte. 

Nous restons, par contre, plus hésitants pour un Palmier 
qui, d'autre part, croit vers 1.600 mètres dans les bois des 
pentes occidentales, entre Tlkopa et la Betsiboka, à Mane- 
rinerina, sur le Tampoketsa (Perrier de la Bàthie, décem- 
bre 1924, no 16.834). 

Ce Palmier a bien le port du Raveriea madagascaricnsis ; 
son tronc, très droit, a les mêmes dimensions et est à bois 
dur, puis la gaine, le pétiole et le rachis ont les mêmes carac- 
tères, mais tous les segments foliaires sont plus étroits et les 
segments basilaires sont nettement plus longs (70 centimètres 
au lieu de 30 à 40 centimètres), que chez Tespèce type. 
Et cette longueur des segments basilaires est d'autant plus à 
noter que, dans cet individu de Manerinerina, les autres seg- 
ments (milieu et voisinage du sommet du limbe) ont à peu 



RAVENEA ET LOUVELIA 31 

près la même longueur (60 centimètres et 30 centimètres) que 
ceux de l'anivo de l'Analamazaotra. 

En outre, les spadices femelles, ordinairement isolés, sont 
ici fascicules par trois, avec une spathe commune au groupe et 
quatre spathes propres. 

Nous n'avons malheureusement pas vu de fleurs que nous 
puissions comparer avec celles du type ; et, inversement, nous 
connaissons bien les fruits mûrs (13 millimètres de diamètre, 
rouges et à stigmates un peu latéraux) du Palmier de Mane- 
rinerina, mais nous n'avons pas encore vu les fruits mûrs du 
Ravenea madagascariensis. Une comparaison complète nous 
est donc actuellement impossible, et nous signalons ce 
n^ 16.483 de l'Herbier Perrier de la Bâthie sans oser l'iden- 
tifier nettement, pour le moment, avec le Ravenea madagas- 
cariensis^ dont il est peut-être une variété des grandes alti- 
tudes. 

Sous les mêmes réserves, nous mentionnons un Palmier 
(n^ 17.473 de l'Herbier Perrier de la Bâthie) de la forêt orien- 
tale de Belompona, près d'Ambodiriana, à l'ouest de Tama- 
tave. Les fruits sont à stigmates latéraux bien saillants. 

Est : Analamazaotra, vers 800 mètres (Perrier de la Bâthie, 
11.960 et 12.011). Bois sablonneux près des lagunes, au sud 
de Tamatave (/rf., 15.991). — Environs de Mahanoro {Id., 
1921, 14.183). 

Ravenea sambiranensis Jum. et Perr. 

Ravenea sambiranensis Jum. et Perr. ; Palmiers de Mada- 
gascar, in. Ann. Mus. Col. de Marseille^ 1913, p. 50, fig. 11 
et 12, pi. XXVIII. 

Cet anivo, qui croît dans les bois secs du ^lanongarivo, au- 
dessus de 600 mètres, et qui, de là, remonte jusqu'à Diego, 
est voisin du R. madagascariensis ., dont il se distingue ce- 
pendant notamment par son ovaire oblong, plutôt qu'ovoïde. 



32 H. JUMELLE 

Le tronc, épais à la base, de 6 à 15 mètres de hauteur, avec 
un diamètre de 6 à 20 centimètres, est brunâtre, lisse, mais 
marqué de cicatrices assez visibles. Le cœur est dur et noir 
comme celui de l'espèce précédente. La base, tubérisée, reste 
toutefois très tendre, surtout vers l'extérieur. Les feuilles, 
au nombre de 20 à 25, forment un bouquet terminal dressé. 

La gaine foliaire, pubérulente, blanchâtre extérieurement, 
comme le pétiole et le rachis, longue de 30 centimètres envi- 
ron, est bordée de filaments durs et roides. 

Le pétiole, qui a de 30 à 35 centimètres de longueur, est 
un peu convexe en dessous, plan ou plus ou moins concave en 
dessus. 

Le rachis est long de 2 mètres à 2 m. 50, large de 10 à 
12 millimètres, un peu bombé en dessous ; il présente en dessus, 
très rapidement, dès le troisième ou quatrième segment, une 
carène basse, à sommet aplati, large de 4 millimètres, mais 
qui très vite aussi, dès le niveau du dixième segment envi- 
ron, devient anguleuse et tranchante. Les segments sont roi- 
des, obliques, le limbe ayant 1 mètre et plus de largeur. Les 
segments basilaires ont 40 centimètres environ de longueur et 
8 millimètres de largeur. Ceux de la région médiane ont 60 à 
80 centimètres sur 13 millimètres. Ceux voisins du sommet ont 
25 centimètres sur 10 millimètres. Tous ces segments seraient 
donc bien plus étroits que ceux du R. madagascariensis . Leur 
nervure médiane, sur la face inférieure, porte, surtout vers la 
base, d'assez nombreuses squamules. 

Les inflorescences femelles • — les seules que nous ayons 
vues ■ — ont 80 à 90 centimètres de longueur, y compris le 
pédoncule, qui a 50 à 60 centimètres, et sont une seule fois 
ramifiées. Il y en a 6 à 8 par pied. 

Les cinq spathes sont couvertes extérieurement d'une ves- 
titure d'abord blanche, puis brunâtre. La première de ces 
spathes est courte (8 à 10 centimètre), arrondie et fendue au 
sommet. La seconde, de 15 à 25 centimètres, est plus large et 
plus aiguë. La troisième a de 65 à 80 centimètres. La qua- 
trième a de 65 à 80 centimètres. La quatrième a de 65 à 



RAVENEA ET LOUVELIA 33 

80 centimètres. La cinquième a de 80 centimètres à 1 mètre. 
Au dessus de la première ramification est une petite bractée. 

Il y a par inflorescence 40 à 50 épis disposés sur un axe très 
flexueux. 

Le calice, tripartit, est soudé sur la moitié à peu près de sa 
hauteur, et est à dents triangulaires acuminées. Les pétales, 
presque deux fois plus longs, sont ovales, à sommet égale- 
ment triangulaire et acuminé. L'ovaire est oblong. 

Les fruits, d'un rouge corail, oblongs, arrondis au som- 
met, à stigmates latéraux, ont 12 millimètres environ de lon- 
gueur. 

Samhirano : Bois secs du Manongarivo, au-dessus de 600 mè- 
tres (Perrier de la Bâthie, 12.041). — - Forêts sèches des grès 
de l'Ankaizina, vers 800 mètres {IcL, 11.954). 

Ravenea amara Jumelle. 

Ce grand Palmier, qui est le inajekely des indigènes, croît 
sur le Tsaratanana, vers 2.000 mètres, dans la silve à lichens. 

Son tronc, isolé, peut atteindre 20 mètres de hauteur, avec 
un diamètre de 15 centimètres. 

La gaine foliaire est veloutée extérieurement, blanchâtre, 
puis brunâtre, à orifice oblique, dont le bord, très arrondi en 
avant, où il n'y a pas de languette oppositipétiole, remonte en 
arrière, en s'atténuant, vers la base du pétiole. 

Celui-ci, assez grêle (1 centimètre environ), comprimé laté- 
ralement, velouté extérieurement, comme la gaine, est long 
d'au moins 35 centimètres. 

Le rachis, qui a de 12 à 14 millimètres de largeur au plus, 
est d'abord de même forme que le pétiole, puis il présente sur 
sa face supérieure, en s'aplatissant, une carène qui est à som- 
met élargi, très faiblement excavé, dans la région médiane du 
limbe, pour devenir, comme toujours, tranchant dans la par- 
tie terminale. Les premiers segments ont 35 à 45 centimètres 
de longueur sur 1 centimètre de largeur. Les segments mé- 

3 



34 H. JUMELLE 

dians ont 45 centimètres sur 13 à 15 millimètres. Les segments . 
voisins du sommet, très espacés (2 cm. 5 à 3 centimètres), ont 
30 à 35 centimètres sur 18 millimètres, les deux avant-derniers 
ayant 20 centimètres sur 10 millimètres. Ces segments por- 
tent inférieurement, et surtout vers la base, le long de la ner- 
vure médiane, de petites squamules brunâtres. 

Les spadices mâles sont par groupes de trois, avec une spa- 
the commune, chacune étant munie de cinq spathes propres. 
Le spadice que nous avons vu a 50 centimètres de longueur, 
dont 25 centimètres correspondent à sa partie florifère. Il est 
deux fois ramifié. La spathe commune n'est ni embrassante, 
ni engainante, même lorsqu'elle est jeune. La première spa- 
the propre a 20 centimètres de longueur ; la seconde a 60 cen- 
timètres ; la troisième, la quatrième et la cinquième ont 80 à 
90 centimètres. Il y a, en outre, une petite bractée étroite, 
linéaire, de 10 à 20 centimètres. Toutes ces spathes sont 
revêtues du même velouté brunâtre que celui de la gaine, 
du pétiole et du rachis. Les épis floraux sont longs de 6 à 
10 centimètres, à axe nu, à la base, sur environ 2 centimè- 
tres, dans les épis les plus longs. 

La fleur mâle est à calice tripartit, soudé jusque vers la 
moitié ; les pétales, environ trois fois plus longs, sont ovales 
et acuminés. L'androcée est un peu plus court que la co- 
rolle. 

Les spadices femelles sont isolés. Celui que nous avons vu a 
70 centimètres de longueur totale, dont 27 centimètres de 
partie florifère, qui est une seule fois ramifiée. Ces spadices 
sont à cinq spathes, sans compter une bractée linéaire courte 
(6 à 7 centimètres) sur le pédoncule floral. Les deux dernières 
spathes sont longues de 60 centimètres. Les épis fertiles ont 
13 à 19 centimètres, avec une partie inférieure nue de 2 cen- 
timètres environ. 

La fleur femelle est à sépales soudés sur à peu près la moi- 
tié de la longueur, à pétales largement ovales, acuminés, à 
peine deux fois plus longs que les sépales, et dépassant donc 
moins le cahce que dans la fleur mâle. L'ovaire, sensiblement 



RAVENEA ET LOUVELIA 35 

de même longueur que la corolle, entouré de 6 staminodes 
courts, est à stigmate terminal. 

Nous ne connaissons pas les fruits. 

Le bourgeon terminal de ce Palmier est amer ; d'où le nom 
indigène de mafekelij, qui signifie « petit amer ». 

Centre : Silve à Lichens du Tsaratanana, vers 2.000. mè- 
tres. (Perrier de la Bâthie, 16.070.) 

Ravenea latisecta Jum. 

Ce Ravenea de l'Analamazaotra a le port du R. madagas- 
cariensis de la même région ; il en diffère toutefois bien : 

lo Par le plus petit nombre de ses feuilles (six au plus), 
d'un tiers à un quart plus courtes que celles de ce Ravenea^ 
et, par contre, à segments beaucoup plus larges ; 

2° Par ses spadices, qui ne paraissent jamais fascicules ; 

3^ Par la brièveté de Taxe de la partie fructifère, qui est 
plus court que les épis, tandis qu'il est plus long chez le 
R. madagascariensis : 

40 Par la longueur de l'épi terminal du régime, qui est tou- 
jours plus long et plus épais que le plus long des épis latéraux ; 
alors qu'il est plus court que l'épi latéral le plus court 
chez le R. madagascariensis. 

Les faisceaux libéro-ligneux du bois sont, en outre, plus 
nombreux et plus gros ici que dans l'autre espèce. 

Enfin les fruits, à maturité, sont plus gros et plus allon- 
gés que ceux du R. madagascariensis^ et ils sont jaunâtres, 
au lieu d'être rouges. 

La gaine foliaire du /?. latisecta est à orifice arrondi en 
avant ; elle est glabre intérieurement et abondamment pique- 
tée extérieurement par de petites touffes de poils noirs dont 
l'ensemble est toutefois ■ — dans les spécimens que nous avons 
vus — interrompu par de longues lignes sinueuses obliques, 
glabres, correspondant aux nervures, qui sont fortement 
saillantes, à sec, sur la face interne. 



I 



36 H. JUMELLE 

Le pétiole a au moins 40 à 50 centimètres de longueur ; il 
est tacheté de noir sur le dos, comme la gaine. 

Le rachis, large de 2 centimètres, est presque plan sur le - 
dos, où il porte un mince tomentum brunâtre ; la carène de m 
sa face supérieure est épaisse, à sommet un peu élargi (9 milli- " 
mètres), nettement excavé en petite gouttière à section trian- 
gulaire. Les segments foliaires sont remarquables par leur 
largeur. Les segments de la base ont 1 mètre de longueur sur 
2 cm. 5 à 3 cm. 5 de largeur ; ceux de la région médiane ont 
80 centimètres sur 5 à 6 centimètres ; ceux qui sont voisins 
du sommet sont larges de 1 cm. 5 à 2 cm. 5. 

Les inflorescences mâles, que nous avons dites solitaires, 
sont pendantes ; les épis ont 15 à 20 centimètres de longueur 
et sont grêles. Il y a cinq spathes, la dernière étant insérée à 
la place de la longue écaille stérile du R. mada^ascariensis. 

Le" pédoncule de l'inflorescence femelle est long de 60 milli- 
mètres, robuste, comprimé, large de 3 centimètres, épais de 
15 millimètres. Les cinq spathes sont étroites et obtuses. La 
première a 20 centimètres de longueur ; la seconde, située 
5 centimètres au-dessus, a 90 centimètres ; la quatrième est à 
10 à 15 centimètres de la base : et la cinquième, à 7 à 10 centi- 
mètres au-dessous du premier épi, a 70 centimètres. L'axe de M 
la partie florifère, que nous savons encore très court, et qui ne V 
dépasse pas 15 centimètres, porte une cinquantaine d'épis 
simples, très rapprochés, à axe épais (6 à 10 millimètres à la 
base) et non sinueux, pouvant avoir de 35 à 45 centimètres 
de longueur. 

Les fleurs femelles que nous avons vues sont déjà assez 
avancées, car elles ne sont plus représentées que par des ovai- 
res assez gros, à la base desquels reste seulement un calice très 
petit, tripartit, soudé sur un peu moins de la moitié de sa 
longueur et à dents triangulaires, accompagné de pétales 
marcescents, noirs, ovales, de 3 mm. 6 environ, à base large, 
et s'atténuant assez brusquement en un assez long acumen. 
L'ovaire est oblong, à stigmates rejetés latéralement. 

Les fruits, assez longuement pédicellés, sont ovales ou ellip- 



RAVENEA ET LOUVELIA 37 

tiques (10 millimètres sur 7 millimètres), à stigmates situés 
vers le milieu de la hauteur. Frais, ils sont d'abord jaune 
orange, puis rouges. 

Centre : Forêt de l'Analamazaotra, vers 900 mètres (Per- 
rier de la Bâthie, 12.008). 

Ravenea rivularis Jum. et Perr. 

Ravenea rivularis Jumelle et Perrier de la Bâthie ; Palmiers 
de Madagascar, in Ann. du Mus. Col. de Marseille., 1913, p. 54, 
pi. XXIX, XXX et XXXI. 

Ce beau Palmier, qui se plaît en sols humides, sur les bords 
des cours d'eau et des marais, est une espèce à la fois du ver- 
sant occidental et du versant oriental de l'île. 

Sur le versant occidental, où c'est une des espèces caractéris- 
tiques de tout le bassin géologique de l'Ouest, on le trouve dans 
le Sud, dans les bassins de l'Onilahy et du Fiherenana. M. Per- 
rier de la Bâthie l'a vu sur les grès et les gneiss, au pied de 
l'Isalo, au confluent de l'Imalato et du Béna, où c'est le gora 
des Sakalaves, sur les grès de Manera, vers 400 mètres, sur les 
bords du Fiheranana, où c'est le bakaly des Bara, sur les grès 
du Makay, dans le bassin du Mangoky. 

Sur le versant oriental, il croît jusqu'au voisinage de la 
mer, dans le bassin du Matitana, où c'est Vakoraka des Ta- 
nala. 

Partout, il est très reconnaissable à son tronc blanc et à ses 
inflorescences dressées. 

Le stipe, qui peut atteindre une hauteur de 30 mètres, est 
lisse, à peine annelé, presque cylindrique ou un peu renflé ; 
son diamètre ne dépasse pas 40 centimètres à la base. Au 
sommet sont 20 à 25 feuilles de 1 m. 20 à 1 m. 50 de longueur, 
à segments distants de 2 centimètres environ. 

La gaine est glabre en dedans, cotonneuse et blanche en 



38 H. JUMELLE 

dehors ; son ouverture, presqvie perpendiculaire au pétiole, 
est large de 4 à 5 centimètres et à bords découpés en lobes 
irréguliers et anguleux. Le pétiole, de 10 à 20 centimètres 
de longueur, est également blanc et cotonneux sur la face 
inférieure. 

Le rachis, de 10 à 12 millimètres de largeur vers la région 
médiane, a même aspect sur cette face inférieure, qui est 
presque plane ou très légèrement convexe. Sur la face supé- 
rieure, la carène est à sommet très aplati, presque aussi large 
(8 à 9 millimètres) que le rachis lui-même ; les segments 
paraissent donc logés, à leurs insertions, dans deux gouttiè- 
res latérales. 

Les segments basilaires ont 45 à 55 centimètres de lon- 
gueur sur 7 à 9 millimètres de largeur. Les segments médians 
ont 55 à 60 centimètres sur 18 millimètres. Les segments 
voisins du sommet (le cinquième, par exemple, en deçà du 
sommet) ont 40 centimètres sur 10 millimètres. Tous por- 
tent, au moins dans certains exemplaires, le long de la ner- 
vure médiane, sur la face inférieure, d'assez grosses squamu- 
les brunâtres ; en outre, et dans tous les cas, sur les deux faces, 
quoique surtout encore sur l'inférieure, sont, sur toutes les 
nervures, d'autres squamules minuscules qui forment à la sur- 
face du limbe un petit pointillé blanc, plus ou moins clair- 
semé. 

Il y a, par pied, quatre ou cinq inflorescences dressées, roi- 
des, longues de 90 centimètres à 1 m. 40. 

L'inflorescence mâle que nous avons vue, et qui est deux 
fois ramifiée, est plus petite que Tinflorescence femelle, qui 
est à ramifications simples. 

L'une et l'autre sont munies de cinq spathes duveteuses, 
blanchâtres extérieurement. 

Les spadices femelles sont isolés ; le spadice mâle que nous 
avons vu l'est également, mais nous ignorons si le fait est 
constant. 

L'axe de ce spadice mâle, qui est long de 90 centimètres, 
est aplati et porte, en plus de ses cinq spathes, qui sont ana- 



RAVENEA ET LOUVELIA 39 

logues à celles du spadice femelle, et à 30 centimètres envi- 
ron de la base, une longue bractée étroite, longuement aiguë, 
de 35 centimètres sur 2 centimètres. A 15 centimètres au- 
dessus de l'insertion de cette bractée est la première rami- 
fication, à la base de laquelle se trouve une seconde brac- 
tée, filiforme, de 6 centimètres sur 2 millimètres. 

Le calice de la fleur mâle est tripartit, soudé sur la moi- 
tié de sa hauteur environ, à dents triangulaires aiguës. Les 
pétales, un peu plus de deux fois plus longs, sont ovales, avec 
acumen triangulaire. Les six étamines sont à peu près de 
même hauteur que ces pétales et entourent un ovaire très 
rudimentaire. 

L'axe du spadice femelle est aplati. Le pédoncule est long 
de 40 à 50 centimètres ; la partie florifère a 70 à 80 centimè- 
tres, et les épis floraux, un peu sinueux, ont -20 à 25 centi- 
mètres. Des cinq spathes, la première a 25 centimètres de 
longueur sur 6 centimètres de largeur ; la seconde a 35 cen- 
timètres sur 7 centimètres ; la troisième a 65 centimètres sur 

6 centimètres ; la quatrième a 1 m. 30 sur 5 centimètres : 
la dernière a 1 m. 50 sur 4 cm. 5. 

Le calice de la fleur femelle, tripartit, est à très larges 
dents triangulaires, avec assez long acumen étroit ; les péta- 
les, deux fois plus longs que les dents du calice, au-dessus de 
la partie soudée de ce calice, sont aussi triangulaires très 
aigus. Il y a 6 staminodes courts, à anthères bien formées, 
mais vides. L'ovaire, ovoïde, brièvement conique en haut, 
est un peu plus court que la corolle. 

Les fruits, rouge-orangé vif et à pulpe amère quand ils sont 
mûrs, sont globuleux, à stigmates latéraux, un peu plus rap- 
prochés cependant du sommet que de la base. Frais, ces fruits 
ont 8 millimètres de diamètre ; desséchés et ridés, ils ont 6 à 

7 millimètres. La graine, à albumen corné très dur, est aussi 
sphérique, de 6 millimètres environ de diamètre. 

Ouest : Grès et gneiss de l'Onilahy ; bords des rivières Bena 
et Imalato, près de leur confluent. (Perrier de la Bâthie, 



40 H. JUMELLE 

11.958.) — Sur les grès, près de Teaii, à 400 mètres, dans les 
environs de Manera, sur le Fiheranana {/c?., oct. 1924, 16.580). 

Ravenea robustior Jum. et Perr. 

Ravenea robustior Jum. et Perr. de la Bàthie ; Palmiers de 
Madagascar, in Ann. du Mus. Col. de Marseille, 1913, p. 549, 
pi. XXVII. 

L'espèce type est le loharanga d'Analamazaotra. 

Le tronc, droit, bien cylindrique et peu distinctement an- 
nelé, est haut de 15 à 30 mètres, avec un diamètre de 30 à 
50 centimètres. Il est surmonté d'une douzaine de feuilles 
deux fois plus longues et plus larges que celles du Ravenea 
madagascariensis, puis aussi moins étalées et à segments plus 
mous que chez ce Ravenea. 

La gaine, assez longue, est à ouverture presque droite, 
mais avec un bord prolongé en avant en une grande languette 
oppositipétiole triangulaire, à sommet aigu, de 20 centimè- 
tres environ de hauteur et 15 centimètres de largeur basilaire. 
Cette gaine est glabre intérieurement, mais couverte extérieu- 
rement d'un tomentum épais, d'abord blanchâtre, puis brun,* 
formant velours et composé d'un mélange de poils simples et 
incolores, qui lui donnent l'aspect blanchâtre, et de poils 
écailleux bruns, finement et abondamment laciniés. Les bords 
de l'orifice de la gaine et surtout de la languette sont d'abord 
irréguhèrement frangés, puis, plus tard, se dissocient en gros 
filaments fibreux. 

Le pétiole a 6 à 10 centimètres de longueur et 5 à 6 centi- 
mètres de largeur ; il est un peu convexe en dessous, plan et 
à peine incurvé en gouttière en dessus. Il porte inférieure- 
ment le même court tomentum, d'abord blanc, puis brun, 
que le dos de la gaine. 

Le rachis, long de 3 à 4 mètres, et large de 3 centimètres à 
3 cm. 5, dans la région médiane, est, comme le pétiole, un peu 
convexe et tomenteux en dessous ; sa face supérieure, d'abord 



FI. IV. 




Ravenea robustior. 



I 

1 



I 



RAVENEA ET LOUVELIA 41 

plane, se soulève ensuite en une carène qui est à sommet aplati 
vers le milieu, puis devient tranchant dans le tiers supérieur 
de la longueur du limbe. Le sommet, dans la partie où cette 
carène est aplatie, est très large (2 centimètres à 2 cm. 5), 
de sorte que, comme chez les Ravenea rivularis^ les segments, 
dans cette partie de la feuille, semblent partir de deux gout- 
tières latérales. 

Le premier segment, à la base, a 65 à 70 centimètres sur 
1 cm. 5. Les segments médians ont 1 mètre et plus de lon- 
gueur, sur 3 à 4 centimètres de largeur. Les segments voisins 
du sommet ont 50 centimètres sur 1 cm. 4. Tous ces segments 
présentent, sur la face inférieure, le long de la nervure mé- 
diane et des autres nervures principales, des squamules bru- 
nâtres. 

Les inflorescences mâles seraient isolées, — ce qui est excep- 
tionnel pour le genre — tout comme les inflorescences femel- 
les. Les premières, axillaires, au nombre de 2 ou 5 par pied, 
sont deux fois ramifiées, pendantes, un peu plus courtes que 
les inflorescences femelles, qui sont dressées, pouvant attein- 
dre 2 mètres de longueur, et sont une seule fois ramifiées. 

L'inflorescence mâle est à cinq spathes, couvertes du même 
tomentum brunâtre que celui des feuilles. La première de ces 
spathes, large, mais courte, a 25 centimètres de longueur à 
peu près ; la seconde, plus large, a 20 centimètres lorsqu'elle 
est ouverte ; la troisième, plus étroite, a 40 à 65 centimètres ; 
les deux dernières ont de 80 centimètres à 1 mètre. Les épis 
mâles, groupés par 5 ou 6 sur de courts rameaux plats qui ne 
dépassent pas 5 à 6 centimètres de longueur, sont larges de 
35 centimètres environ. 

Le calice de la fleur mâle, long de 2 à 3 millimètres, est 
hautement soudé, tripartit, la partie soudée formant, sur- 
tout dans la fleur non encore épanouie, un court tube que 
surmontent trois dents triangulaires. Les pétales de la fleur 
ouverte, deux fois plus longs environ que les sépales, sont 
largement ovales, acuminés. Les étamines, à filet étroit, ont 
à peu près môme longueur que ces pétales. 



42 H. JUMELLE 

Sur le spadice femelle, les épis ont environ 60 centimètres 
de longueur. Le calice de la fleur femelle, — tel, du moins, 
que nous avons pu le voir à la base de tout jeunes fruits — est 
semblable à celui de la fleur mâle, peut-être seulement un peu 
moins nettement tubuleux à la base. L'ovaire, après la fécon- 
dation, est oblong ou peu obovoïde, arrondi au sommet, à 
stigmates latéraux. 

Les fruits sont ordinairement uniloculaires et à une graine; 
ils sont alors à peu près globuleux, de 15 millimètres environ 
de diamètre,, à stigmates rejetés latéralement dans la moi- 
tié inférieure. La pulpe a 1 millimètre environ d'épaisseur. 
Plus rarement, on trouve des fruits à deux graines, et alors 
bilobés (2 centimètres de largeur, 1 cm. 5 de hauteur), avec 
stigmates terminaux, ou encore des fruits à trois graines, et 
alors trilobés (2 centimètres de largeur, 1 centimètre de hau- 
teur),' avec stigmates terminaux logés dans la dépression 
apicale que forment les trois lobes correspondant aux trois 

loges. 

Dans les bois humides de TAnalamazaotra, le Ravenea 
rohustior croît vers 800 mètres. 

Avec les cendres de son tronc, les indigènes préparent du 
sel. Avec ses jeunes segments foliaires, ils confectionnent des 
chapeaux, d'ailleurs de mauvaise qualité. Le bourgeon ter- 
minal est comestible. 

A rencontre des troncs de la plupart des anivo^, qui sont 
très durs au centre, le tronc de loharanga est très tendre ; on 
l'écrase facilement sur le sol, lorsqu'il est abattu. Et il est, en 
effet, surtout constitué intérieurement par un abondant tissu 
conjonctif qui reste mou, parcouru seulement par de nom- 
breux faisceaux libéro-ligneux, plus espacés au centre qu'à 
la périphérie. Les cellules de cette moelle sont remplies de 
très petits grains d'amidon lenticulaires ou elliptiques, de 
9 à 12 millièmes de millimètre de diamètre, simples ou, plus 
rarement, géminés. C'est donc une sorte de « sagou », dont les 
éléments sont d'ailleurs bien différents, comme forme et 
comme dimensions, de ceux du véritable sagou de Metroxy- 




Fig. 2. — Régime de Ravenea robusUor. 



RAVENEA ET LOUVELIA 45 

lon^ et de ceux aussi de la moelle du Medemla nobilis^ le satra- 
nabé de l'Ouest de Madagascar, qui, de formes diverses, ellip- 
tiques, triangulaires, coniques ou piriformes, peuvent avoir 
60 millièmes de millimètre de plus grande longueur. 

Variété Kouna. — Nous considérons comme une simple 
variété du Ravenea rohustior de TAnalamazaotra un grand 
Palmier qui croit vers 2.000 mètres d'altitude dans les forêts 
à sous-bois herbacé du Tsaratanana, où c'est le kona des 
Sakalaves. 

Le tronc du kona^ isolé, est cylindrique, grisâtre, d'une 
vingtaine de mètres de hauteur et de 50 centimètres de dia- 
mètre. 

La gaine, légèrement veloutée extérieurement, est, ici en- 
core, munie, en avant, d'une forte languette triangulaire, 
haute environ de 6 centimètres et large, à la base, de 8 cen- 
timètres. 

Sur le rachis, qui a 20 à 22 millimètres de largeur dans sa 
région médiane, la carène, en cette région, est à sommet très 
aplati, de 18 millimètres de largeur à peu près, les segments 
semblant donc bien encore partir de deux gouttières latéra- 
les. Ces segments ont des dimensions qui sont sensible- 
ment celles des segments du loharanga. 

Les spadices mâles sont isolés. Leurs fleurs sont à calice 
soudé sur un tiers environ de sa hauteur ; les pétales sont lar- 
gement ovales, brièvement acuminés, nettement plus longs 
que le calice ; les étamines sont à peu près de même longueur 
que la corolle. 

A côté de ces caractères communs aux deux Palmiers, nous 
relevons cependant les différences suivantes : 

Le tomentum du kona est bien moins abondant sur les 
feuilles et sur les inflorescences que celui du loharanga. 

La languette oppositipétiole, dans l'exemplaire du Tsara- 
tanana que nous avons vu, est plus courte que celle du type, 
puis arrondie au sommet, au lieu d'être anguleuse ; enfin sa 
nervation est un peu différente. 



46 H. JUMELLE 

Dans la plante, en effet, de l'Analamazaotra, tous les fais- 
ceaux de la languette sont droits et viennent se terminer pres- 
que parallèlement, et sans se recourber, sur les bords de la lan- 
guette. Dans la plante du Tsaratanana, ces faisceaux sont 
sinueux, et, au lieu de se terminer aux bords de la languette, 
contournent en arceaux ces bords et le sommet. 

Dans la fleur mâle, les pétales sont deux fois plus longs 
que le calice chez le R. rohusiior type et près de trois fois chez 
le kona. 

Ce sont ces quelques différences qui nous empêchent de 
réunir complètement au R. robiistior le kona., pendant que 
les nombreuses ressemblances également signalées semblent 
nous interdire tout autant une absolue séparation. Nous abou- 
tissons bien, dans ces conditions, à ne voir dans le Palmier 
du Tsaratanana qu'une variété de celui de l'Analamazaotra. 

L'inflorescence mâle du kona a 1 mètre au moins de lon- 
gueur totale ; le pédoncule est long de 40 centimètres et la 
partie florifère a à peu près 60 centimètres de longueur sur 
40 centimètres de largeur. Les deux dernières spathes ont 
1 m. 20 de longueur. La partie florifère est deux ou trois fois 
ramifiée ; les épis ont 10 à 20 centimètres. 

Sur les spadices femelles, une seule fois ramifiés, les épis 
sont longs de 30 centimètres environ. Le calice de la fleur 
femelle est à dents largement ovales, acuminées ; les pétales 
sont plus fortement striés extérieurement et sont moins lar- 
gement ovales que ceux de la fleur mâle, mais encore acu- 
minés, et ils dépassent un peu moins longuement le calice que 
dans cette fleur mâle. L'ovaire jeune, mais émergeant déjà de 
la corolle, est ovoïde, à stigmates terminaux. 

Le fruit — le seul que nous ayons vu — est presque glo- 
buleux, très légèrement déprimé, de 12 à 14 millimètres de 
diamètre quand il est sec. La graine a 10 millimètres environ. 

Centre : Bois de l'Analamazaotra, à la limite de la région 
orientale (Perrier de la Bâthie, 11.795 ; espèce type). — Tsa- 
ratanana, vers 2.000 mètres [Id., 16.069; var. Koiina). 



RAVENEA ET LOUVELIA . 47 

II. — Le genre Louvelia. 

Nous avons indiqué plus haut les caractères qui nous sem- 
blent séparer ce genre du précédent, et nous avons dit que, 
tel que nous le caractérisons, nous y plaçons actuellement 
deux espèces, que nous pouvons distinguer par la carène qui 
surmonte le rachis foliaire. 

Cette carène est à sommet plan dans le Louvelia madagas- 
cariensis et est excavée en gouttière dans le Louvelia Lakalra. 

Louvelia madagascariensis Jum. et Perr. 

Louvelia madagascariensis Jum. et Perr. de la Bàthie ; 
Palmiers de Madagascar, in Ann. du Mus. Col. de Marseille, 
1913, p. 58, pi. XXXIII. 

Ce Louvelia madagascariensis., qui est, à Analamazaotra, 
le lakamarefo des indigènes, est dioïque, puisque c'est en- 
core un caractère du genre. 

Son tronc, qui est à bois dur, comme celui de la plupart des 
anivos, n'a que 2 à 3 mètres de hauteur, mais atteint jusqu'à 
50 centimètres de diamètre. Il est recouvert par les restes des 
gaines foliaires. 

Les feuilles ont 2 m. 50 à 3 mètres de longueur. 

Leur gaine, d'au moins 60 centimètres, large de 3 centi- 
mètres, est recouverte extérieurement d'un mince duvet de 
couleur cuir, sur les échantillons desséchés. Elle présente en 
avant une languette oppositipétiole de 5 à 6 centimètres de 
hauteur, arrondie au sommet. 

Le pétiole, long de 70 centimètres, est légèrement convexe 
en dessous, d'abord un peu en gouttière, puis plan en dessus, 
piqueté sur les deux faces de nombreuses squamules brunâ- 
tres. 

Le rachis, parsemé des mêmes squamules, est à section 
trapézoïdale dans la région médiane, car la carène, qui est 



48 H. JUMELLE 

forte, s'amincit seulement un peu vers le sommet, qui est 
plan et a 6 millimètres de largeur, au lieii d'être mince plus 
bas et de s'élargir au sommet, comme chez tous les Havenea 
que nous avons décrits. 

Les segments sont espacés de 2 centimètres environ, alter- 
nes ou presque opposés suivant les niveaux. Les segments 
hasilaires ont 50 centimètres de longueur sur 1 centimètre de 
largeur. Les segments médians ont 70 centimètres sur 3 cm. 5. 
Les segments voisins du sommet ont 30 centimètres sur 1 cm. 1 . 
La plupart — sauf les terminaux — portent de nombreuses 
petites squamules sur toute la longueur de la nervure médiane, 
sur la face inférieure. 

Il y a ordinairement deux inflorescences par pied. Ces inflo- 
rescences sont dressées, mais dépassent peu les spathes. L'in- 
florescence mâle seule est exserte dans sa partie florifère ; l'in- 
florescence femelle reste plus ou moins cachée par la dernière 
spathe. 

Les inflorescences des deux sortes ont quatre spathes (à 
moins qu'une spathe basilaire ne soit tombée dans nos échan- 
tillons). 

La première des quatre spathes est toujours fendue laté- 
ralement, même dans les spadices très jeunes ; les autres se 
fendent tardivement. 

Le spadice mâle, de forme générale pyramidale, est long de 
40 à 50 centimètres ; ses spathes sont couvertes des mêmes 
squamules brunes que celles de la face supérieure du rachis. 
La première spathe a environ 10 centimètres de longueur ; la 
seconde a 13 centimètres ; la troisième en a 17 ; la quatrième 
et dernière en a 25. Le pédoncule du spadice a 25 à 30 cen- 
timètres ; la partie florifère est une seule fois ramifiée. A la 
base du premier rameau est, comme chez les Eavenea, une 
bractée triangulaire très aiguë, longue de 3 centimètres et 
large, à la base, de 6 millimètres. Les épis sont grêles, longs 
de 10 centimètres au plus. 

Le calice de la fleur mâle est réduit à trois petites dents 
triangulaires, écartées, et paraissant, au plus, réunies à la 



RAVENEA ET LOUVELIA 49 

base par un léger bourrelet. Les trois pétales, étroits, lancéo- 
lés, aigus, de 7 millimètres à peu près de longueur, sont sou- 
dés sur 2 millimètres environ. Ils dépassent longuement les 
anthères (alors que pétales et étamines semblent ordinaire- 
ment à peu près de même longueur chez les Rai>enea). Les 
filets des étamines épisépales semblent soudés aux bords des 
pétales voisins. 

Sur les spadices femelles, la seconde spathe, fendue jus- 
qu'à la moitié à peu près, a 10 centimètres de longueur ; la 
troisième a 16 centimètres ; la quatrième en a 21. La lon- 
gueur totale du spadice est de 40 centimètres, le pédoncule 
ayant environ 12 centimètres. Les rameaux sont simples. 

Nous n'avons pu voir de fleur femelle complète et nous 
ignorons si les pétales sont soudés basilairement, comme dans 
la fleur mâle. Sur les fleurs que nous avons pu examiner, et 
dont la corolle était tombée, les trois sépales étaient très fai- 
blement soudés. L'ovaire, vaguement trigone, plutôt un p^u 
plus large que haut, et à stigmates terminaux, est à trois loges 
uniovulées. 

Lorsque le régime est arrivé à maturité, il se dégage des spa- 
thes qui enveloppaient complètement jusqu'alors l'inflores- 
cence. La partie fertile de ce régime a 20 centimètres de lon- 
gueur, sur 15 centimètres de largeur maxima. 

Les fruits, qui sont jaunâtres à maturité, ont 20 centimè- 
tres environ de diamètre. Ils sont normalement globuleux ; 
mais, très nombreux sur chaque rameau, ils se trouvent plus 
ou moins déprimés par dépression réciproque. Les stigmates 
restent apicaux. 

Secs, ces fruits sont à surface ferme et brillante, piquetée 
de légères lenticelles. Ce sont des drupes, à l'intérieur desquel- 
les sont ordinairement trois noyaux bien distincts, contenant 
chacun une graine à albumen non ruminé. Lorsque, par avor- 
tement, le fruit n'est qu'à une ou deux loges, les stigmates 
restent apicaux. 

Ce Palmier est à bois d'un brun noirâtre uniforme. 



50 H. JUMELLE 

Est : Bois d'Analamazaotra, vers 800 mètres d'altitude, 
à la limite de la région centrale. (Perrier de la Bâthie, 12.021.) 

Louvelia Lakatra Jiim. 

Cet autre Palmier de l'Analamazaotra, où M. Perrier de la 
Bâthie l'a trouvé vers 700 mètres d'altitude, à Anevoka, est 
le lakatra des indigènes. 

Son port, dit M. Perrier de la Bâthie, est celui du Ravenea 
robustior, dont on ne le distingue, à première vue, que par les 
cicatrices foliaires beaucoup plus profondes qui persistent 
sur son tronc — comme chez le L. madagascariensis — jus- 
qu'à la base de ce tronc. 

La gaine foliaire est celle de ce Louvelia ; elle est revêtue 
extérieurement d'un duvet assez épais, blanchâtre, puis bru- 
nâtre, et présente en avant une languette oppositipétiole 
arrondie au sommet, haute de 4 centimètres et large, à la 
base, de 8 centimètres. 

Le pétiole a environ 50 centimètres de longueur ; il est fai- 
blement convexe en dessous, recouvert d'un tomentum brun 
court ou de petites squamules espacées. 

Le rachis, fort (25 millimètres de largeur), est surmonté, 
dans sa région médiane, d'une forte carène très profondément 
creusée en gouttière, la profondeur de cette gouttière étant de 
1 centimètre environ, et ses bords dressés étant très tran- 
chants. Les segments basilaires ont 60 centimètres de lon- 
gueur environ sur 8 à 10 millimètres de largeur. Les seg- 
ments mxédians ont 1 mètre sur 3 centimètres à 3 cm. 5. Les 
segments voisins du sommet ont 38 à 40 centimètres sur 17 
à 24 millimètres. Ces derniers segment sont sans squamules ; 
les médians et les basilaires n'en possèdent que quelques-unes, 
çà et là, sur la nervure médiane, à la face inférieure. 

Nous ne connaissons pas les inflorescences, et nous n'avons 
vu qu'un régime, dont l'aspect est tout à fait celui du régime 
du lakamarefo. 

Le pédoncule de ce régime a 4 cm. 5 d'épaisseur. Les épis- 



RAVENEA ET LOUVELIA 51 

fructifères, forts et sinueux, sont longs de 35 à 40 centimè- 
tres. 

Les fruits, globuleux, et de même teinte que les précé- 
dents, lorsqu'ils sont secs, ont 18 millimètres de diamètre. 
Ceux que nous avons vus n'étaient pas complètement mûrs, 
car la graine n'était représentée à l'intérieur que par une 
pulpe molle, mais ils semblaient avoir atteint leur grosseur 
normale. Ils sont tous uniloculaires, mais à stigmates termi- 
naux. A l'intérieur du péricarpe est une zone scléreuse que 
ne présentent pas les fruits de Rauenea, et qui correspond 
aux noyaux bien nets du L. madagascariensis. 

Au-dessous du fruit, le périanthe de la fleur femelle est 
encore représenté par trois sépales triangulaires ou ovales, 
acuminés, soudés sur à peine un tiers de la hauteur, et quel- 
quefois, en outre, par trois pétales non soudés, de 9 à 10 mil- 
limètres, trois fois plus longs environ que les sépales. 

On voit combien il est regrettable que nous ne puissions 
dès maintenant établir, d'après l'examen d'inflorescences et 
de fleurs mâles, une comparaison plus étroite avec le L. mada- 
gascariensis^ ce qui nous permettrait de mieux définir le 
genre Louçelia, presque uniquement caractérisé actuelle- 
ment, en définitive, par ses fruits drupacés et à stigmates 
terminaux, puisque nous ne sommes pas fixés sur la valeur 
générique réelle de la gamopétalie des fleurs mâles. Nous ne 
savons pas, non plus, s'il est constant que les inflorescences 
mâles soient isolées et qu'il n'y ait que quatre spathes à l'in- 
florescence. 

Est : Bois de l'Analamazaotra, à Anevoka, vers 700 mè- 
tres d'altitude (Perrier de la Bâthie, 12.022). 



7-27. ORLÉANS, IMP. H. TESSIER 



1Q*^3 



( 



l^r Fascicule. 
2™^ Fascicule. 
3n»e Fascicule. 



H. Jumelle : Les Aponogeton malgaches. 

H. Jumelle : Le Cycas Thouarsii. 

H. Chermezon : Revision des Cypéracées de Mada- 
gascar (2° partie). 

H. Jumelle : Les Chrysalidocarpus, Palmiers de Ma- 
dagascar. 



1^'' Fascicule. 
2™® Fascicule 



1923 

H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections bota- 
niques du Musée Colonial de Marseille : Afrique 
Equatoriale Française. 

P. Choux : Nouvelles Etudes biologiques sur les Asclé- 
piadacées de Madagascar. 

G. Clôt : Quelques Graines oléagineuses des Colonies 
Françaises. 
™e Fascicule. — Van Gaver : Contribution zoologique à l'Etude des 
Huiles d'Animaux marins. 

1924 

1er Fascicule. — V. Autran : Notes sur les Plantes oléagineuses de 
l'Afrique Equatoriale Française. 
Vidal et Aribert : Essais de fabrication de papier 

avec le Leptadenia Spartum, 
H. Jumelle : Les Neodypsis, Palmiers de Madagascar. 
P. Choux : Les Tubercules du Panicum maximum et 
du Cyperus articulatus. 
4ine Fascicule. — E. Mif.ge : Note sur un Cotonnier marocain. 



2™e Fascicule 
3™s Fascicule. 



l®'' Fascicule. 
2me Fascicule. 



3^ Fascicule. 



1 925 

Labrande : Etude chimique du Bdellium d'Afrique. 

L. Margaillan : Etude chimique de quelques graines 
oléagineuses des pays chauds, et, en particulier, des 
colonies françaises. 

H. Jumelle : Blé et orge de Mauritanie. 

P. Choux : Index des Sapindacées de Madagascar. 

L. Margaillan : Etude chimique des graines et des 
huiles de pracachy et d'owala. 

P. Choux : Etude microscopique de la graine et du 
tourteau du Pentaclethra filamentosa. 

L. Margaillan : Etude chimique de la graine et de 
l'huile de jaboty. 

A. GuiLLAUMiN : Contributions à la flore de la Nou- 
velle-Calédonie. 

1926 

F. Gagnepain : Contribution à l'Étude géo-botanique 
de l'Indochine. 
2e et dernier Fascicule. — Kuno Mezger : Notes illustrées sur les bois 
de Nouvelle-Calédonie et sur les arbres qui les 
fournissent. 



1®' Fascicule. 



MODE DE PUBLICATION 
ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 
1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs 
fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur 
importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographi- 
ques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris, à laquelle 
toutes les demandes de renseignements, au point de vue 
commercial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à 
M. Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, 
directeur du Musée Colonial de Marseille, Faculté des 
Sciences, place Victor-Hugo, à Marseille. 



Chez Baillière et Fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuille, Paris. 

LES HUILES VÉGÉTALES 
Or^ines ; procédés de préparation ; caractères et usages 

par Henri Jumelle, 
Professeur à la Faculté des Sciences 

1 volume de 490 pages : 15 francs 



ORLÉANS, IMP. H. TES9IER 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du Musée Colonial de Marseille 



Trente-cinoiuièine année. 4« série, 5® volume (1927) 

SECOND «ÎT DERNIER FASCICULE 

LES GYNANGHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 

par M. P. CHOUX 

Docteur ès-sctences, Assistant de Botanique 
à la Faculté des Sciences de Marseille 



Mémoire couronné en 1927 par l'Académie de Marseille 
(Prix Joseph LAURENT, 1903-1926; 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 
1927 



Les Plantes alimentaires chez tous les peuples et à tra- 
vers les âges, par D. Bois, Professeur de Culture au 
Muséum d'Histoire Naturelle. 



Paul Lechevalier, éditeur, 12, rue de Tournon, Paris, 1927, 595 pages 

et 255 figures. 
Prix, broché 75 fr. 

Les plantes alimentaires des pays tempérés et des pays chauds sont 
encore insuffisamment connues. On pourrait en introduire un grand 
nombre avec avantage d'une région dans une autre, en s'attachant à 
propager les variétés les plus améliorées ; mais pour cela une connais- 
sance parfaite dé tous les facteurs entrant en jeu est nécessaire : con- 
naissance des espèces et des variétés au point de vue de leurs caractè- 
res distinctifs, de leurs qualités propres, des possibilités de leur culture, 
pour obtenir les meilleurs rendements, sous les climats et aux époques 
les plus favorables. 

Oeuvre d'un des hommes les plus compétents en ces matières, cet 
ouvrage établit, autant qu'il est possible de le faire, les mérites vrais de 
nombreuses plantes et renseigne d'une manière générale sur l'ensem- 
ble des végétaux phanérogames de toutes les parties du globe qui en- 
trent ou pourraient entrer à des degrés divers dans l'ahmentation de 
l'homme. Une bibliographie étendue permet de se reporter aux écrits 
concernant leur histoire et leur utiUsation. 

Ce volume est consacré aux plantes légumières ; un second, sur les 
végétaux fruitiers, est en préparation. 



ANNALES 

DU 

MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

Année 1927 



f 



I 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

Fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées par 
M. Henri JUMELLE 

Correspondant de l'Institut, 

Professeur à la Faculté des Sciences 

Directeur du .Musé2 Colonial de Marseille 



Trente-ciniuième année. 4^ série, 5« volume (1927) 

SECOND ET DERNIER FASCICULE 

LES GYNANGHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 

par M. P. CHOUX 

Docteur ès-scîences, Assistant de Botanique 
à la Faculté des Sciences de Marseille 



Mémoire couronné en 1927 par 1 Académie de Marseille 

(Prix Joseph LAURENT, 1903-1926; 



FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE 
MUSÉE COLONIAL 

PLACE VICTOR-HUGO 

1927 



WEW YORK 

••TANICAL 

OAKDEM 



LES CYNANCHUM A FEUILLES 
DE MADAGASCAR 

PAR 

M. P. CHOUX 

Docteur ès-sciences, Assistant de Botanique 
à la Faculté des Sciences de Marseille 



Le genre Cynanchum^ pris au sens large où l'entend K. Schii- 
mann dans le Pjlanzenjamilien^ est, parmi les Asclépiada- 
cées, celui qui, à Madagascar, groupe actuellement le plus 
grand nombre d'espèces. On en connaît, en effet, dans notre 
grande île africaine, trente-huit représentants^ que l'on peut 
d'ailleurs, tout de suite, classer en deux catégories bien dis- 
tinctes, suivant que leurs tiges sont dépourvues de feuilles 
ou bien portent au contraire des feuilles normalement déve- 
loppées. 

Les Cynanchum aphylles malgaches (1) forment un groupe 
biologique aujourd'hui bien connu, surtout depuis les tra- 
vaux de MM. Jumelle et Perrier de la Bâthie (2). Nous-même, 
en 1914 (3), avons fait connaître cinq nouvelles espèces de 
Cynanchum sans feuilles, en même temps que nous avons 



(1) Plus de la moitié des Asclépiadacées aphylles de Madagascar 
(exactement dix-huit sur trente-et-une) appartiennent au genre Cynan- 
chum. 

(2) H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Notes biologiques 
sur la végétation du Nord-Ouest de Madagascar : les Asclépiadées {Ann. 
du Mus. col. de Marseille, 1908, p. 189-194). — Une Asclépiadée sans 
feuilles et une Asclépiadée à tubercules du Nord-Ouest de Madagascar 
{Rev. gén. de Bot., t. XXI, 1909, p. 49). — Les Asclépiadées aphylles 
dans l'Ouest de Madagascar [Ib., t. XXIII, 1911, p. 248). 

(3) P. Choux : Etudes biologiques sur les Asclépiadacées de Mada- 
gascar {Ann. du Mus. col. de Marseille, 1914, p. 102-117). 



6 p. CHOUX 

résumé dans nn tableau les principaux caractères distinctifs 
des seize Cynanchum aphylles connus à ce moment-là. Depuis 
la publication de ce tableau, les seules espèces qu'il y ait lieu 
d'y ajouter sont, d'une part le Cynanchum Ihunberti Choux (1), 
qui peut être considéré comme un C. ampanihense Jum. et 
Perr., dans lequel les cinq lobes sont dépourvus de filet mé- 
dian, et, d'autre part, le Cynanchum Lecomtei Choux (2), qui, 
avec sa couronne urcéolée surmontée de cinq longs filaments 
dressés oppositisépales, devrait, dans notre tableau, se pla- 
cer à côté du C. compactum Choux, mais qui est cependant 
bien distinct de cette espèce par l'organisation différente de 
sa couronne. 

Par contre aucune étude d'ensemble n'a été tentée jusqu'ici 
sur les Cynanchum dont les tiges sont pourvues de feuilles 
normalement développées. Décrits à des époques très diver- 
ses et par des auteurs différents, ces Cynanchum malgaches 
n'ont été bien souvent que très sommairement caractérisés 
par leurs créateurs, et cela sans que les liens qui les unissent 
ou les différences qui les éloignent aient été suffisamment 
précisés. C'est pourquoi l'étude de nouveaux matériaux recueil- 
lis à Madagascar par M. Perrier de la Bâthie (3), ainsi que l'exa- 
men des collections de l'herbier du Muséum de Paris (4), nous 



(1) P. Choux : Les Asclépiadacées récoltées à Madagascar en 1924, 
par M. Humbert [Bul. du Mus. d'IJist. tiat. de Paris, n° 5, 1926, p. 307- 
314). 

(2) P. Choux : Nouvelles observations sur les Asclépiadacées mal- 
gaches de la région d'Ambovombé {Id., 1927, n» 2, p. 193-200). 

(3) Nous sommes particulièrement reconnaissant à M. Perrier de la 
Bâthie de nous avoir permis, grâce aux nombreux envois qu'il nous a 
adressés ces dernières années, de réunir sur ce groupe de nombreux 
documents, qui donnent à notre étude d'aujourd'hui une grande par- 
tie de son intérêt. 

(4) M. le Professeur Lecomte a bien voulu mettre à notre disposi- 
tion une série de Cynanchu?n non encore étudiés de l'herbier du Muséum 
de Paris. Nous l'en remercions bien vivement, car nous avons trouvé là 
plusieurs types intéressants, qui nous ont permis une mise au point plus 
complète. 



LES CYNANCHUM (A FEUILLES DE MADAGASCAR 7 

ont engagé à tenter pour ces Cijnanchum à feuilles une mise 
au point analogue à celle que nous avons faite récemment 
pour le genre Secamone (1). Il nous a paru opportun de met- 
tre un peu d'ordre dans un groupe générique où le nombre 
assez élevé des espèces rendait, nous semble-t-il, cette opé- 
ration plus particulièrement nécessaire. D'autre part, si le 
côté purement systématique forme bien une part importante de 
cette étude, nous avons par ailleurs pu mettre en relief un cer- 
tain nombre de faits d'ordre biologique ou phyto géographique, 
qui nous paraissaient plus spécialement dignes d'être relatés. 



I. — Les principales espèces de Cynanchum a feuilles 

SIGNALÉES A MADAGASCAR 

C'est Decaisne qui fit connaître à Madagascar les premiers 
représentants du genre Cynanchum, tel que nous l'entendons 
aujourd'hui, en décrivant en 1838 (2) — ô combien succinc- 
tement ! — les Cyathella bojeriana, mucronata et repanda, 
que, quelques années après, dans le Prodrome (3), il rappor- 
tait au genre Cynoctonum de Meyer, en modifiant toute- 
fois le nom spécifique du Cyathella mucronata, dont il fai- 
sait le Cynoctonum ohmatum. Bans le Prodrome également, 
Decaisne signalait d'autre part une quatrième espèce, lie 
Cynoctonum Eurychiton, de Nossi-bé et de la baie de Bombe- 
toka. 

Beaucoup plus tard, en 1885, Vatke (4) décrivait un Vin- 
cetoxicum [Cynoctonum) rutenbergianum, qu'il déclarait voi- 
sin du Cynoctonum repandum de Decaisne, et qui, en fait, 



(1) P. Choux : Le genre Secamone à Madagascar (Mém. de l'Acad. 
malgache, fasc. I, Tananarive, 1926). 

(2) Decaisne : Etudes sur quelques genres et espèces de la famille 
des Asclépiadées {Ann. des Se. nat., 2e sér., t. IX, Bot., 1838, p. 332-333). 

(3) Decaisne : Asclepiadeœ (Prodrome D. C. VIII, 1844, p. 529). 

(4) Vatke : Reliquiœ Rutenbergianse, VI (Ahhandl, herausg, v. natur- 
wissen. Ver., zu Bremen, IX, Band, 1885, p. 125-126). 



8 p. CHOUX 

doit être identifié avec cette espèce, ainsi que nous l'avons 
démontré antérieurement (1). 

Quelques années après, en 1893, K. Schumann apportait 
une contribution plus importante à la connaissance des 
Cynanchiun malgaches en créant (2) quatre espèces, les Vin- 
cetoxicum {Cyathella) eurychitoides et {Cynoctormm) ?nadagas- 
cariense, récoltés par Scott-Elliott dans la région de Fort- 
Dauphin, ainsi que les V incetoxicum (Cynoctonum) virescens 
et îeuca?iihum, trouvés par Hildebrandt, l'un dans la partie 
septentrionale de l'île Nossi-Mitsio, et Tautre dans les bois 
d'Ankafina, au sud du Betsileo. 

Puis successivement Schlechter, en 1896, signalait le 
Cynanchum subcoriaceum (3), récolté, comme le précédent, 
par Hildebrandt dans les bois d'Ankafina, alors qu'en 1897 
N. E. Brown (4), à Kew, avec des échantillons recueillis par 
Baron, décrivait les Cynanchum cucuHatum et lineare. 

Le genre Cyjianchum n'était donc représenté à Mada- 
gascar que par onze espèces à feuilles, avant que les pa- 
tientes et fructueuses explorations de M. Perrier de la 
Bâthie ne permissent d'augmenter notablement ce nom- 
bre. 

Et c'est ainsi déjà qu'en 1908 MM. Jumelle et Perrier de la 
Bâthie (5) décrivaient un Cynanchum erythranthum des bois 
du Tampoketsa (Ambongo). En 1914, nous étions amené, 



(1) P. Choux : Nouvelles études biologiques sur les Asclépiadacées 
de Madagascar (Ann. du Mus. col. de Marseille, 1923, 2^ fasc, p. 23). 

(2) K. Schumann : Asclepiadaceœ africanae in A. Engler, Beitrage 
zur Flora von Afrika (Bot. Jahr. h. v. A. Engler, Band 17, 1893, p. 136- 
139). 

(3) Schlechter : Asclepiadacese, in Beitrage zur Kenntnis des 
afrikanischen Flora, neue Folge {Bull, de Vherb. Boissier, IV, 1896, 
p. 447). 

(4) N.-E. Brown : Diagnoses Africanae, X [Bull, of Miscel, inform., 
Kew, 1897, p. 272-273). 

(5) H. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie : Notes biologiques 
sur la végétation du Nord-Ouest de Madagascar : les Asclépiadées (Ann. 
du Mus. col. de Marseille, 1908, p. 190-191). 



LES CYNANCHLM A FEUILLES DE MADAGASCAR 9 

nous aussi, à créer trois espèces nouvelles (1), les Cynanchum 
helicoideum^ napifemm et pycnoneuroides\ auxquelles, en 
1923 (2), nous en ajoutions encore trois autres, rencontrées 
dans le Massif d'Andringitra, les Cynanchum andringitrense^ 
appendiciilatum et papillaium. Enfin, en 1925 (3), il nous sem- 
blait nécessaire de considérer comme une espèce nouvelle le 
Cynanchum trouvé en 1924 par M. Decary dans la région 
d'Ambovombé et que nous avons dénommé Cynanchum 
Decaryi. 

Pour compléter cet exposé historique, il faut également 
citer le Cynanchum Eusillonii, décrit en 1908 par M. Hoch- 
reutiner (4), avec des échantillons récoltés par Rusillon en 
mars 1902 dans les environs de Marmarivo (Imerina). En 
réalité, ainsi que nous avons pu nous en assurer en exami- 
nant le type de cette espèce, que le savant Professeur de 
Genève a eu l'amabilité de nous communiquer, le C. Rusil- 
lonii n'est autre que le Pycnoneurum junciforme de Decaisne. 
L'enroulement apical des lobes de la corolle et l'organisa- 
tion de la couronne, tout à fait identiques dans les deux espè- 
ces, ne permettent, à notre avis, aucune hésitation. En tout 
cas, le fait que l'échantillon de Rusillon ait été, de la part 
d'un botaniste aussi averti que M. Hochreutiner, rapporté 
au genre Cynanchum^ souligne bien ce fait, maintes fois si- 
gnalé, de la parenté des deux genres Pycnoneurum et Cynan- 
chum^ dont on peut par suite discuter la valeur et le main- 
tien. 

D'autre part, il nous semble bien que, parmi les espèces 
précédemment citées, il en est deux qui doivent être iden- 



(1) P. Choux ; Etudes biologiques sur les Asclépiadacées de Mada- 
gascar (Ann. du Mus. col. de Marseille, 1914, p. 152-164). 

(2) P. Choux : Nouvelles études biologiques sur les Asclépiadacées 
de Madagascar {Id., 1923, 2^ fasc, p. 10-23). 

(3) P. Choux : Les Asclépiadacées malgaches de la région d'Ambo- 
vombé (5m//. du Mus. d'IIist. nat., 1925, n» 5, p. 397-398). 

(4) Hochreutiner : Sertum madagascariense {Annuaire du Con- 
seri>. et du Jard. bot. de Genève, 1908, p. 91-92). 



10 



p. CHOUX 



tifiées avec d'autres types spécifiques antérieurement coa- 
niis et qui, par conséquent, doivent disparaître de la nomen- 
clatiu-e : ce sont le C ynanchiim virescens de K. Schumann et 
notre Cynanchiim helicoideum. 

Le Cynanchum virescens de K. Schumann n'est en effet, 
d'après nous, que le C. Eurychiton de Decaisne, ainsi que nous 
avons pu nous en assurer en comparant, d'une part le type de 
Schumann — qui, ainsi que les autres Cynanchum du même 
auteur, nous a été très obligeamment communiqué par 
M. Diels, directeur du Muséum de Berlin, — et d'autre part 
le type de Decaisne, conservé dans l'herbier du Muséum de 
Paris, et que M. le Professeur Lecomte a bien voulu mettre à 
notre disposition pour cette étude. 

A vrai dire, Schumann avait signalé ime parenté entre ces 
deux espèces que, néanmoins, d'après lui, certains carac- 
tères différentiels éloignaient. Il déclarait notamment que 
le C. virescens se distinguait de l'espèce de Decaisne par sa 
couronne non lobée et ses anthères dont les bords cartilagi- 
neux sont tordus à gauche. En réalité, que l'on examine des 
spécimens du C. Eurychiton et du C. virescens, on retrouve 
dans les deux cas la même organisation florale, en particu- 
lier la même couronne entière et les mêmes anthères si carac- 
téristiques. 

Il semble d'ailleurs que Schumann se soit aperçu ultérieu- 
rement de son erreur, car, dans le Pflanzenjamilien (1), paru 
deux ans après son mémoire, il ne fait pas mention de soq 
C. virescens, alors qu'il cite les trois autres espèces décrites 
en même temps. Mais, n'indiquant point lui-même la syno- 
nymie avec le C. Eurychiton, et ne mentionnant pas d'au- 
tre part toutes les espèces de Cynanchum connues, il n'est 
pas permis d'émettre une affirmation catégorique, et, en 
tout cas, aucun élément n'était susceptible d'attirer l'atten- 
tion sur cette identification. C'est en revisant, en vue de 

(1) K. ScHiMAN.N : Asctepiadacese [Die natuii. Pflanzenfamilien v, 
Engler u. Prantl, IV Teil, Abt. 2, 1895, p. 252-253). 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 11 

notre travail, toutes les espèces de Cynanchum déjà décrites 
que nous avons pu nous convaincre de ce fait, maintenant 
bien certain, (jue le C. virescens de Schumann est bien le 
C Eurychiton de Decaisne. 

Un rapprochement analogue doit être opéré entre notre 
C. helicoideum et le C. madagascariense. Il ne nous avait pas 
été loisible d'étudier cette dernière espèce au cours de notre 
travail de 1914 et rien dans la description de Schumann ne 
pouvait nous faire soupçonner une parenté quelconque avec 
les spécimens pour lesquels nous avions cru devoir créer une 
espèce nouvelle. Il n'est pas fait mention dans cette descrip- 
tion des inflorescences très spéciales que nous avons indi- 
quées et figurées (pi. XXX), et sur lesquelles les fleurs sont 
disposées en une hélice régulière et assez serrée. Il est vrai 
que dans le type de Schumann l'hélice est plus lâche et que 
les cicatrices laissées sur le pédoncule floral par les pédicelles 
florifères tombés ne sont pas contiguës, ce qui fait que la dis- 
position est moins nette. Schumann ne parle pas non plus 
des côtes saillantes des pétales. Mais surtout rien dans la cou- 
ronne ne pouvait attirer notre attention sur l'identité des 
deux espèces. D'une part en effet dans notre C. helicoideum^ 
les dix lobes arrivent sensiblement à la même hauteur, alors 
que dans le C. madagascariense Schumann parle de lobes 

inégaux {lobis majoribus cum minoribus ). D'autre 

part, Schumann indique que les grands lobes (oppositipé- 
tales) sont en forme de crochet et plies, ce qui évidemment 
ne pouvait guère permettre de penser à un rapprochement 
avec les lobes que, grâce aux fleurs conservées dans le for- 
mol dont nous disposions, nous avons décrit comme ayant 
très nettement la forme d'une cuiller avec un court manche. 
Par ailleurs, il faut bien le reconnaître, la structure de 
la couronne n'est pas exactement la même dans les deux cas. 
Si les lobes élargis en forme de T dont parle Schumann cor- 
respondent bien à nos cuillers oppositipétales avec court 
manche, les crochets dirigés vers le bas que portent les bords 
internes de ces lobes dans le type de Schumann n'existent 



12 - p. CHOUX 

pas dans notre espèce. Mais c'est là, à notre avis, une sim- 
ple différence de détail, car l'organisation générale reste la 
même, et comme, par ailleurs, tous les autres caractères con- 
cordent, l'identification s'impose. Nous nous trouvons là en 
présence d'une de ces variations morphologiques dont la fré- 
quence ne saurait plus nous surprendre. Et, dans le cas pré- 
sent, elle doit d'autant moins nous étonner que, dans un indi- 
vidu présentant une racine vivace tubéreuse, d'où part une 
tige grimpante herbacée, et qui est à rapporter au C. mada- 
gascariense {n^ 12.459) — individu récolté par M. Perrier de 
la Bâthie, en février 1919, à Itremo (ouest du Betsileo), dans 
les bois des pentes occidentales, vers 1.500 mètres d'alti- 
tude — les dix lobes de la couronne n'arrivent pas à la même 
hauteur, les lobes oppositisépales étant un peu plus courts 
que les cuillers oppositipétales. Il semble donc bien que, 
dans le C. madugascariense, la couronne soit susceptible de 
présenter quelques variations, et ce sont précisément ces 
variations qui nous avaient induit en erreur précédemment. 

En définitive, on connaîtrait donc actuellement à Mada- 
gascar dix-sept Cynanchum à feuilles dont l'identité nous pa- 
raît bien certaine. Le nombre des espèces malgaches appar- 
tenant à ce genre est cependant notablement plus élevé, puis- 
que, dans les matériaux récoltés à Madagascar par M. Per- 
rier de la Bâthie, ainsi que dans les collections de l'herbier du 
Muséum de Paris, nous avons trouvé onze espèces qui nous ont 
paru nouvelles. Nous en indiquerons tout à Vheure les princi- 
pales caractéristiques^ après avoir au préalable : 

1° donné quelques précisions sur le mode de vie de ces Cynan- 
chum à feuilles ; 

2o signalé les (variations morphologiques que peuvent pré- 
senter certaines espèces. 

Nous terminerons notre travail en indiquant dans un ta- 
bleau dichotomique les principaux caractères différentiels per- 
mettant de reconnaître les vingt-huit espèces de Cynanchum à 
feuilles que l'on connaît désormais à Madagascar, et enfin en 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 13 

donnant un aperçu de la dispersion géographique de ces dif- 
férentes espèces. 



II. — Port et mode de vie des Gynanchum a feuilles 

MALGACHES 

La très grande majorité des Cijnancham à feuilles de Mada- 
gascar sont des lianes, comme d'ailleurs la plupart des Asclé- 
piadacées malgaches. Peu nombreux, par contre, sont les types 
dressés. Nous avons déjà cependant signalé antérieurement 
parmi ces derniers le C. napiferum Choux, herbe de petite 
taille dont les tiges ne dépassent pas 9 cm. de hauteur, le C. 
pycnoneuroides Choux, espèce à souche rampante émettant de 
loin en loin des rameaux dressés et le C. appendiculatuni 
Choux, arbuste à tiges dressées, mais peu raides cependant. 
Il nous faut mentionner aujourd'hui que le C. Decaryi Choux, 
signalé à Ambovombé par M. Decary (1) comme une liane, 
est, d'après M. Perrier de la Bâthie, qui l'a récolté en juin 1910 
sur le plateau mahafaly près du Menarandra (n» 11664), un 
arbuste à latex blanc poisseux, à rameaux sarmenteux.à la 
fin, la tige unique à la base étant crassulescente. Et ceci nous 
amène à faire remarquer qu'il ne faut pas, tout au moins pour 
certaines espèces, donner à cette question du port une impor- 
tance trop grande, car certaines conditions de milieu peu- 
vent faire varier le port d'une même espèce. Un des types les 
plus démonstratifs à cet égard est le C. lineare N.-E. Br., qui 
est un bel exemple d'accommodation aux feux de brousses et 
à la dénudation. Nous avons déjà indiqué il y a quelques 
années que ce C. lineare peut être, dans certains cas, une 
plante dressée, alors que d'autres fois il a des tiges grim- 
pantes et si nous avions également relaté que, d'après M. Per- 
rier de la Bâthie, les spécimens grimpants ont été modifiés 



(1) P. Choux : Les Asclépiadacées malgaches de la région d'Ambo- 
vo.-nbî (Bull, dx Mus. (Tllist. nat. de Paris, 1925, n» 5, p. 397). 



14 p. CHOUX 

par les feux, nous n'avions pu préciser le sens exact de cette 
modification (i). D'autres observations du même récolteur 
complètent aujourd'hui ces données premières. En effet, 
pour M. Perrier de la Bâthie, le C. lineare a dans la prairie 
une tige droite, simple, à feuilles toujours linéaires ; mais, 
, dès que les broussailles se développent à ses côtés, ses tiges 
deviennent volubiles, en même temps que ses feuilles s'élargis- 
sent souvent, caractère sur lequel nous reviendrons ulté- 
rieurement. Et il en serait de même du C. jimbriatum — es- 
pèce nouvelle que nous décrirons plus loin — récolté par 
M. Perrier de la Bàthie en décembre 1924 dans des prairies 
soumises aux feux, dans le Tampoketsa d'entre l'Ikopa et la 
Betsiboka, vers 1.600 mètres d'altitude, et qui a une tige 
dressée munie d'un long tubercule pivotant, mais qui se 
retrouve souvent dans la même station avec des tiges volu- 
biles. 

D'autre part, quand il s'agit de lianes, les tiges sont tantôt 
persistantes et tantôt annuelles^ et cela parfois dans la même 
espèce. Il semble cependant que, beaucoup plus fréquem- 
ment, ces Cynanchum grimpants aient des tiges herbacées 
annuelles^ mais soient vivaces grâce à des tubercules. 

Il est en effet un autre caractère biologique de ces Cynan- 
chim à feuilles, sur lequel il est nécessaire d'insister, et dont 
on ne soupçonnait pas autrefois la fréquence, c'est la présence 
de tubercules. En 1914, nous avons, pour la première fois 
croyons-nous, et cela grâce aux indications fournies par 
M. Perrier de la Bâthie, signalé à Madagascar des Cynanchmn 
à tubercules. Nous avons, en particulier, mentionné ces for- 
mations dans les C. lineare N.-E. Br., madagascariense K. Sch. 
et napiferum Choux. Ultérieurement, en 1923, nous avons fait 
connaître que des organes de réserve souterrains existent 
également dans quatre autres Cynanchmn^ qui provenaient 
du massif d'Andringitra, les C. andringitrense Choux, appen- 



(1) P. Choux : Nouvelles études biologiques- sur les Asclépiadacées 
de Madagascar (Ann. du Mus. col. de Marseille, 1923, 2^ fasc, p. 23-24). 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 15 

diculatiim Choux, pupillatum Choux et repandum Dcne. Mais, 
indépendamment de ces sept espèces, on rencontre encore des 
tubercules dans quatre Cynanchum, les C. bojerianum Dcne, 
leucanthum K. Sch., siibcoriaceum Schlecht. et Decaryi Choux, 
qui, bien que déjà connus et parfois même décrits depuis 
longtemps, n'ont pas été signalés comme possédant de ces 
organes. Enfin cinq espèces qui nous ont paru nouvelles, les 
C. angavokeliense, Danguyanum^ fimbrialiun, Jiimellei et 
moramangensc sont également dans le même cas. On connaî- 
trait donc à Madagascar seize Cynanchum à feuilles pourvus 
de tubercules et nous inclinons même à penser que de nou- 
velles observations pourraient vraisemblablement accroître 
ce nombre. 

Au point de vue de leur forme, ces tubercules sont, comme 
nous l'avons encore fait remarquer antérieurement (1), assez 
fréquemment napijormes. C'est le cas, non seulement de ceux 
des C. uapiferum, papillatum, repandum et lineare (dans cette 
dernière espèce le tubercule allongé peut avoir de 15 'cm. à 
20 cm. de longueur sur 25 mm, à 35 mm. de largeur), mais 
encore des C. angaQokeliense^ fimbriaîum et Jumellei (dans 
cette dernière espèce le tubercule est en outre finement annelé 
à l'extérieur). Dans le C. andringitrense Choux, il y aurait, 
tantôt im, tantôt plusieurs tubercules napiformes, devenant 
verruqueux en vieillissant, et enfin le C. leucanthum aurait 
une souche vivace, soit à un seul tubercule, soit avec plu- 
sieurs tubercules napiformes. 

III. — Polymorphisme de quelques Cynanchum 
A feuilles malgaches 

Peu d'exemples de variations morphologiques ont été signa- 
lés jusqu'ici chez les Cynanchum à feuilles de Madagascar. En 



(1) P. Choux : Les Asclépiadacées à tubercules à Madagascar [Rev. 
de Bot. appliq. et d'Agric. col, 30 avril 1923, p. 252-257). 



16 



p. CHOUX 



tout cas, les quelques modifications constatées, chez le C. li- 
neare et chez le C. madagascariense par exemple, n'ont pas 
l'ampleur de celles que l'on peut rencontrer chez certains 
Secamone ou chez certains Pentopetia. 

Nous pouvons cependant faire connaître aujourd'hui chez 
quelques-uns de ces Cynanchum un polymorphisme assez 
accusé, susceptible d'amener parfois des confusions entre 
des groupements spécifiques cependant différents. 

Nous examinerons successivement ces variations morpho- 
logiques dans les cinq espèces où nous les avons constatées. 

Cynanchum leucanthum K. Sch. 

Le C. leucanthum est une liane qui a été décrite par K. Schu- 
mann, en 1893, avec des échantillons récoltés par Hildebrandt 
dans les bois d'Ankafina (sud du Betsileo). Cette espèce pos- 
sède, ce que ne signalait pas Schumann, une souche vivace, 
avec un ou plusieurs tubercules napif ormes, d'où partent des 
tiges herbacées annuelles. Certains spécimens récoltés par 
M. Perrier de la Bâthie, en février 1925, dans les buissons des 
bords de l'Onive, près de Tsinjoarivo, vers 1.300 mètres d'al- 
titude (no 16 937), sont assez analogues, au point de vue 
foliaire, au type de Schumann. Les feuilles, ovales, ovales- 
allongées ou oblongues, y sont à base cordée, et de ce fait 
parfois un peu sagittées (pi. I). Par contre, dans d'autres 
individus, la fortne et les dimensions de ces feuilles peuvent 
varier. C'est ainsi que dans un C. leucanthum provenant des 
bois des pentes occidentales de Manerinerina, vers 1.500 mè- 
tres d'altitude (décembre 1923, n» 16 878), le limbe, à base 
légèrement cordée, peut atteindre jusqu'à 7 cm. 3 de lon- 
gueur sur 3 cm. 6 de largeur (pi. II), au lieu de 4 cm. 5 sur 
3 cm. 5, dimensions maxima indiquées par Schumann. Dans 
un autre spécimen, provenant de la même région (n» 16 877), 
les feuilles sont, non plus ovales ou ovales-oblongues, mais 
lancéolées, à base légèrement cordée (pi. III), et surtout plus 
étroites, puisqu'elles mesurent de 4 cm. à 4 cm. 8 de longueur 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 17 

sur 8 à 10 mm. de largeur. Enfin les feuilles peuvent être del- 
toïdes^ à base tronquée ou légèrement cordée, comme dans un 
échantillon trouvé dans la forêt à sous-bois herbacé du mont 
Angavokely, à 1.400 mètres d'altitude (n» 11 678). 

Dans les fleurs des cinq échantillons que nous avons exa- 
minés, le calice (2 mm, à 2 mm. 5 de longueur) a sensible- 
ment les mêmes dimensions que dans le type. Par contre, la 
corolle^ blanche ou teintée de rose, a des dimensions un peu 
moindres que celles indiquées par Schumann (6 mm. 5 à 
7 mm. 7 au lieu de 8 mm.). D'autre part, si, en général, le 
tube corollaire, de 3 mm. de longueur et légèrement plus 
court que les lobes, représente un peu plus du tiers de la hau- 
teur totale, parfois, au contraire, la corolle est soudée sur plus 
de la moitié de sa hauteur (tube de 4 mm. pour une longueur 
totale de 7 mm. 7). 

Des variations analogues existent dans la couronne, qui tan- 
tôt est comme trapue, assez courte, ne dépassant pas 3 mm. 
à 3 mm. 5 de hauteur, avec des pièces libres de 1 mm. à 1 mm. 5, 
et tantôt est plus allongée, atteignant 5 mm. 5 de hauteur 
totale avec des pièces libres triangulaires de 2 mm., égale- 
ment plus longues. Ajoutons enfin, à propos de cette cou- 
ronne, qui, avec ses vésicules basilaires, oppositipétales comme 
les lobes, est bien caractéristique, que la figure donnée par 
Schumann dans le Pflanzenfamilien ne reproduit pas exacte- 
ment le véritable aspect de cette couronne, car le dessin sem- 
ble avoir été fait d'après des fleurs desséchées, et non d'après 
une couronne gonflée par un séjour dans une lessive de po- 
tasse, et par conséquent ayant sa forme à peu près normale. 

Cynanchum lineare N.-E. Br. 
et Cynanchum andringitrense Choux. 

Nous avons déjà signalé antérieurement (1923, p. 24), à 
propos d'un échantillon de C. lineare provenant du Massif 
d'Andringitra, que cette espèce peut avoir des feuilles plutôt 
lancéolées-linéaires que linéaires, c'est-à-dire un peu plus lar- 



18 p. CHOUX 

ges que dans le type de N.-E. Brown. Mais des feuilles ana- 
logues (ayant 4 mm. 5 à 6 mm. de largeur) se retrouvent 
dans d'autres C. lineare récoltés par M. Perrier de la Bàthie 
et provenant, Tun de la brousse éricoïde du mont Ibity, au 
sud d'Antsirabé, dans des rocailles, vers 2 000 mètres d'al- 
titude (février 1914, n» 8 146), l'autre des bois des pentes 
occidentales des environs d'Antsirabé, à 1.600 mètres d'al- 
titude (décembre 1913, no 11 673), où l'espèce est une liane à 
tige grêle, ligneuse, vivace, grimpant sur les arbustes. 

D'autres fois, comme dans un spécimen récolté sur des 
quartzites entre la Mania et l'Ivato, vers 1.500 mètres d'al- 
titude, en février 1919 (no 12 380), on trouve, à côté de ra- 
meaux à feuilles linéaires, des rameaux à feuilles plus cour- 
tes, mais plus larges, lancéolées ou ohovales-lancéolées, ayant 
jusqu'à 12 mm. de largeur (pi. IV). Enfin, dans un échan- 
tillon provenant de la brousse éricoïde du mont Androno- 
mongitsy, près Ranomainty, vers 1.600 mètres d'altitude 
(juin 1912, no 11.654), les feuilles ne sont plus linéaires, mais 
nettement lancéolées et ont de 4 cm. 2 à 6 cm. 9 de longueur 
sur 1 cm. 2 à 1 cm. 7 de largeur (1). 

Ce polymorphisme foliaire du C. lineare parait d^ ailleurs 
lié aux variations de port, variations dues elles-mêmes à 
l'action des feux de brousse. M. Perrier de la Bâthie précise 
en effe't que, si le C. lineare dressé a bien des feuilles toujours 
linéaires, lorsque ses tiges deviennent volubiles, les feuilles 
s'élargissent souvent. 

Signalons enfin que, si les fleurs présentent toujours la 
même organisation (2), leurs dimensions peuvent, par con- 
tre, varier dans des limites assez étendues (un peu plus du 



(1) Cet échantillon portait des fruits. Ces derniers, jamais décrits 
croyons-nous, sont des follicules de 4 cm. 5 à 5 cm. 3 de longueur et à 
paroi mince. Les graines, de 3 mm. 5 à 4 mm. 5 de longueur, sur 2 mm. 
à 2 mm. 5 de largeur, sont à base arrondie. Leur sommet tronqué porte 
une aigrette de poils de 2 cm. à 2 cm. 3 de longueur. 

(2) Dans certaines fleurs cependant \t bord supérieur de la couronne 
est un peu frangé. 



i 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 19 

simple au double), puisque la longueur de la corolle s'éche- 
lonne entre 3 mm. et 6 mm. 5, que celle de l'urne coronaire 
s'échelonne de même entre 2 mm. et 4 mm. 5 et que le gynos- 
tège subit des variations analogues. Il y a donc ainsi des 
C. lineare à petites fleurs (corolle de 3 mm.), à jleiirs de dimen- 
sions moyennes (corolle de 4 mm. 5 à 5 mm.) et à grandes 
fleurs (corolle de 6 mm. 5). 

Ce polymorphisme du C. lineare mérite encore d'être si- 
gnalé parce qu'il peut amener des confusions avec une espèce 
qui en est évidemment voisine, mais qui nous paraît néan- 
moins bien distincte, le Cynanchum andringitrense Choux. 
La confusion est d'autant plus possible que ce C. andringi- 
trense n'a pas toujours des feuilles aussi développées que celles 
que nous avons décrites et figurées (pi. Il) en 1923. C'est ainsi 
déjà que dans un échantillon de C. andringitrense provenant 
des rocailles du mont Ibity, au sud d'Antsirabé, entre 
2.000 mètres et 2.300 mètres d'altitude (février 1914, 
n° 11672), les feuilles sont souvent un peu plus étroites, puis- 
qu'elles n'ont que 8 mm. 5 à 9 mm. 5 de largeur au lieu de 
1 cm. 2 à 2 cm. 2 (1). Dans un autre spécimen de la même 
espèce récolté par M. Perrier de la Bâthie, en février 1925, 
sur les bords des rivières et dans les buissons à Tsinjoarivo, 
par 1.400 mètres d'altitude (n^ 16932), il y a, à côté de feuil- 
les normales, des feuilles plus petites, de 1 cm. 8 de longueur 
sur mm. 8 de largeur (pi. V). Enfin, dans un dernier C. an- 
dringitrense, trouvé en février 1919 dans les bois des envi- 
rons d'Ambatofangena, à 1.800 mètres d'altitude (n^ 12389), 
les limbes, tous petits, peuvent n'avoir que 2 cm. de lon- 
gueur sur 8 mm. de largeur ou même 1 cm. 1 sur 5 mm. 5. 
Or, c'est précisément ce dernier spécimen que M. Perrier de 
la Bâthie confond avec le C. lineare, notamment avec le 



(1) Dans cet échantillon, les fleurs, à corolle brunâtre et à couronne 
blanche avec la gorge rougeâtre, sont d'autre part légèrement plus 
grandes que celles décrites précédemment, puisque la corolle a 5 mm. 
de longueur (au lieu de 4 mm. à 4 mm. 7) et la couronne 3 mm. 5 (au 
lieu de 2 mm. 6 à 3 mm.). 



20 p. CHOUX 

no 12380 (figuré dans la planche IV). Donc, même sur place 
et pour un observateur aussi averti que M. Perrier de la 
Bâthie, la distinction entre les deux espèces ne s'impose pas 
d'emblée, bien au contraire. Il nous parait donc nécessaire 
de préciser ici les principaux caractères qui, à notre avis, 
empêchent de confondre le C. lineare et le C. andringitreme. 

En ce qui concerne tout d'abord Fappareil végétatif, le 
doute n'est évidemment possible que si le C. lineare pré- 
sente des feuilles larges. Mais le C. andringitrensé a toujours 
des feuilles dont la base est nettement échancrée en cœur, alors 
qu'il n'y a rien de semblable dans le C. lineare. 

Au point de vue floral, il y a des ressemblances indénia- 
bles. La corolle a une couleur et des dimensions sensiblement 
identiques ; la couronne également, et, de plus, cette cou- 
ronne a une organisation assez semblable dans les deux cas. 
C'est en effet une urne avec des plissements oppositipétales 
déterminant des lobes un peu en forme de capuchon à leur 
partie supérieure. Mais il y a aussi des différences que l'on 
peut résumer de la manière suivante. 

10 Dans le C. lineare, les dents du sommet sont assez ser- 
rées les unes contre les autres et à sommet obtus ou arrondi. 
Dans le C. andringitrensé, les lobes oppositipétales sont un 
peu plus nettement indiqués que les dents de l'espèce pré- 
cédente, et surtout ces lobes oppositipétales sont munis à 
leur sommet d'une petite pointe, qui est plus ou moins dis- 
tincte du lobe lui-même suivant les spécimens, ce qui les rend 
plus nets encore. 

2o Un deuxième caractère, tiré du gynostège, nous parait 
de nature à lever tous les doutes, si la couronne en laissait 
subsister. Dans le C. lineare, le gynostège est sessile, surbaissé, 
avec cinq pointes opposipétales bien nettes. Dans le C. andrin- 
gitrensé, ce gynostège est stipité, plus haut par conséquent ; 
les pointes cartilagineuses n'existent que dans sa partie tout 
à fait supérieure, sont petites, peu saillantes et débordent à 
peine la circonférence extérieure de ce gynostège, qui est de 
ce fait presque arrondi, avec cependant cinq petites pointes 



1 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 21 

légèrement saillantes. On peut donc dire que, si les couron- 
nes offrent certains traits de ressemblance, en revanche les 
gynostèges sont profondément différents, et en tout cas les 
différences signalées nous paraissent largement suffisantes 
pour justifier le maintien des deux espèces, 

Cynanchum subcoriaceum Schltr. 

Les variations observées chez le C. subcoriaceum sont ana- 
logues à celles que nous venons de décrire, en ce sens qu'elles 
permettent un rapprochement, voire même une confusion, 
possible, entre cette espèce et le Cynanchum repandum Dcne. 

Mais rappelons tout d'abord que nous avons déjà signalé 
chez le C. subcoriaceum Schltr. (Humbert, no 3159), des fleurs 
un peu plus grandes que celles du type (1). De même, on peut 
trouver des fleurs un peu plus petites, où les pétales n'ont 
que 4 mm. de longueur sur 1 mm. 5 de largeur et la couronne 
1 mm. 5 de hauteur. Et c'est ce que l'on peut constater dans 
un C. subcoriaceum recueilli par M. Perrier de la Bâthie, en 
janvier 1911, à La Mandraka, sur la falaise orientale, }iar 
1.200 mètres d'altitude (n^ 11659). Rappelons, en outre, la 
coloration variable de la corolle qui peut être blanche, rouge- 
brunâtre ou verte, et signalons de plus qu'il y a des individus 
à pétales brunâtres (n» 8075) et d'autres à pétales jaunes 
(no 11653). 

Ajoutons maintenant que la multiplicité des échantillons 
dont nous disposions nous a révélé chez ce C. subcoriaceum 
un polymorphisme foliaire très net. C'est ainsi que chez un 
individu provenant de la forêt à sous-bois herbacé de la 
Montagne d'Ambre, vers 800 mètres d'altitude (novem- 
bre 1909, no 11658), les feuilles, ovales-allongées et à base 
subaiguë, tout en étant sensiblement identiques à celles que 
nous avons décrites en 1923 — et qui sont figurées dans la 



(1) P. Choux : Les Asclépiadacées récoltées à Madagascar en 1924 
par M. Humbert {But. du Mus. d'IIist. nat. de Paris, n° 5, 1926, p. 309). 



22 p. CHOUX 

planche VI du présent mémoire — peuvent être plus allon- 
gées, puisqu'elles peuvent avoir jusqu'à 5 cm. 7 de longueur 
(au lieu de 5 cm. 3) sur 2 cm, 7 de largeur (au lieu de 2 cm.). 
D'autres fois, comme dans des C. suhcoriaceum récoltés en 
décembre 1912 par M. Perrier de la Bâthie au mont Tsara- 
tanana, soit dans les bois par 2.000 mètres d'altitude 
(no 11653), soit dans la sylve à lichens par 2.500 mètres d'al- 
titude (no 11656), les feuilles sont deltoïdes et également assez 
élargies, puisqu'elles peuvent avoir jusqu'à 2 cm. 5 de lar- 
geur. Puis, dans un spécimen provenant de la sylve à lichens 
des environs d'Analamazoatra, vers 1.000 mètres d'altitude 
(no 8974), il y a, à côté de feuilles deltoïdes, des feuilles un 
peu sagittées et des feuilles deltoïdes-sagittées (pi. VII). De 
plus, ces feuilles peuvent être de grandes dimensions, puis- 
que le pétiole peut atteindre jusqu'à 3 cm. 4 et le limbe lui- 
même avoir 7 cm. 6 de longueur sur 4 cm. 5 de largeur. Enfin, 
dans un échantillon recueilli, en décembre 1911, dans la forêt 
à sous-bois herbacé de la falaise orientale, sur le Haut-Manan- 
jary, vers 1.100 mètres d'altitude (n^ 11657), on retrouve de 
même des feuilles deltoïdes-sagittées. 

Il y a donc bien chez le C. subcoriaceum des modifications 
assez importantes de l'appareil foliaire ; mais, dans les six 
échantillons dont nous venons de parler, l'organisation flo- 
rale est identique, et, en particulier, la couronne offre la 
même disposition. 

Il n'en est pas de même en revanche dans une liane, à latex 
blanc poisseux, récoltée par M. Perrier de la Bâthie dans les 
rocailles gneissiques de la pelouse à xérophytes de l'Ankara- 
tra, vers 2.200 mètres d'altitude (n» 8075), liane que nous 
croyons devoir rapporter au C. subcoriaceum^ mais où la par- 
tie retournée de la couronne est plus courte que d'habitude, 
et où les plissements oppositipétales que présente cette par- 
tie rabattue sont également moins nets que dans les autres 
spécimens et se dirigent un peu moins vers le centre de la 
fleur. Or, cette couronne, évidemment aberrante, se rappro- 
che un peu comme organisation de celle du C. repandum, dont 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 23 

nous avons signalé autrefois la parenté avec le C. siihcoria- 
eeum. Et ce rapprochement même nous paraissant de nature 
à pouvoir entraîner des confusions qu'il importe de dissiper, 
nous croyons devoir préciser ici les caractères fondamentaux 
de la couronne dans ces deux espèces. 

La couronne du C. repandum est en forme de coupe évasée 
au sommet. Celle du C. subcoriaceum est tubuleuse, et donc 
moins élargie au sommet. 

La couronne du C. repandum. dépasse peu ou pas le gynos- 
tège, qui, d'autre part, par suite de l'évasement de cette cou- 
ronne, s'aperçoit toujours nettement. Dans le C. subcoriaceum^ 
la couronne dépasse très nettement le gynostège, et, comme 
d'autre part cette couronne est peu élargie, le gynostège 
s'aperçoit moins nettement 

Enfin la portion de la couronne qui est rabattue intérieu- 
rement est plus longue dans le C. subcoriaceum que dans le 
C. repandum^ et surtout — et c'est là le caractère majeur — 
présente dans la première de ces espèces des plissements oppo- 
sitipétales qui n'existent pas dans la seconde. Si le rabatte- 
ment de la couronne s'accompagne dans le C. repandum de 
boursouflures irrégulières, il ne détermine jamais, comme 
dans le C. subcoriaceum, de plissements oppositipétales régu- 
liers. Et c'est pour cela qu'il nous apparaît bien que les affi- 
nités de la liane d'Ankaratra sont du côté subcoriaceum. Il 
n'en reste pas moins que c'est là un de ces types de transi- 
tion qu'il est parfois difficile de faire rentrer dans telle ou 
telle entité spécifique, de même que ce phénomène de con- 
çergence morphologique démontre bien la plasticité de cer- 
taines espèces. 



Cynanchum papillatum Choux. 

Le dernier exemple de polymorphisme que nous ayons à 
relater ici nous est fourni par le C. papillatum Choux. 

En effet, dans un spécimen de cette espèce, individu petit 



24 p. CHOUX 

et rabougri, à feuilles très étroites, récolté par M. Perrier de la 
Bâthie dans le Tampoketsa d'Ankazobé, vers 1.700 mètres 
d'altitude, en novembre 1925 (n» 17424) (1), les inflorescen- 
ces sont sessiles, alors que dans l'échantillon qui nous a servi 
à créer l'espèce en 1923 elles sont pédonculées. De plus, les 
fleurs sont un peu plus petites, la corolle n'ayant que 3 mm. 5 
de hauteur (au lieu de 4 mm. 5 à 5 mm.) avec un tube de 

1 mm. 5. La réduction est encore plus grande pour la cou- 
ronne qui n'a que 1 mm. à 1 mm. 4 de hauteur (au lieu de 

2 mm. 7 à 2 mm. 8). 

Ces différences peuvent peut-être, ainsi précisées, paraî- 
tre de minime importance. Et cependant, à première vue, la 
plante en question ne rappelle nullement le C. papiUatum 
type. M. Perrier de la Bâthie l'avait même déterminée comme 
étant le PyOïoneurum juncijorme Dcne. Et ce n'est qu'après 
un examen approfondi, et après discussion des principaux 
caractères, que nous sommes arrivés à identifier cette plante 
avec le C. papiUatum. 

Cette manière de voir nous parait d'autant plus justifiée 
qu'il est encore un autre C. papiUatum un peu aberrant. C'est 
une plante tuberculeuse, dont les tiges, annuelles et résistant 
aux feux, portent des fleurs rosées, et qui a été trouvée par 
M. Perrier de la Bâthie dans les rocailles et les prairies (lieux 
découverts) de la vallée de la Loky (Nord) (n» 8999). Or, cette 
plante a, comme la précédente, des feuilles très étroites et 
filiformes et des cymes contractées et ombelliformes, termi- 
nales, et surtout sessiles. Les fleurs y sont également de pe- 
tite taille. Mais, de plus, la corolle, qui a 3 mm. 2 de hau- 
teur, est à pétales plus hautement soudés que d'habitude, 
puisque le tube, de 2 mm., représente presque les deux tiers 
de la hauteur totale (et non la moitié comme dans le type). 



(1) Les fruits, jamais décrits, du C. papiUatum sont des follicules 
grêles, un peu en forme de fuseau, amincis aux deux extrémités, à paroi 
très mince, et ayant de 3 cm. 3 à 4 cm. 8 de longueur sur 2 mm. à 2 mm. 5 
de largeur. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 25 

L'urne coronaire n'a que 1 mm. 4 de hauteur et le diamètre en 
est infiniment moins considérable que dans le type. 

Par contre, dans cet individu comme dans le précédent, la 
corolle a bien les caractères du C. papillatum, c'est-à-dire des 
lobes en forme de capuchon et des mamelons alternant avec 
ces lobes ; seulement ces caractères sont moins nets, les fleurs 
étant plus petites. Enfin, et surtout, on retrouve partout la 
même couronne, c'est-à-dire une urne à paroi mince, dépas- 
sant un peu le gynostège, avec des plissements oppositipéta- 
les (cependant ici moins accusés) et avec de petites dents 
oppositipétales. 

Si donc on voulait séparer du C. papillatum ces deux spé- 
cimens, on ne pourrait retenir pour cela que les différences 
suivantes : inflorescences sessiles, fleurs plus petites, et, pour 
le dernier seulement, corolle plus hautement soudée. Est-ce 
vraiment suffisant ? Nous ne le pensons pas et nous sommes 
d'autant plus enclins à adopter cette manière de voir que ce 
dernier caractère nous paraît fournir un argument de plus 
en faveur de la réunion. C'est qu'en effet — et nous n'avons 
point encore signalé ce fait, — il est incontestable que les 
deux individus dont nous venons de parler appartiennent 
bien à la même espèce. La couronne y est trop semblable, 
pour que l'on puisse songer à les séparer, et la hauteur plus 
ou moins grande du tube corollaire, bien que donnant à la 
corolle un aspect un peu différent, ne saurait constituer à 
elle seule un critérium distinctif. Mais, précisément, parce 
que les variations observées ne sont pas superposables, cela 
prouve bien la variabilité de l'espèce. Un seul exemple de 
variation, ou deux exemples concordants, peuvent entraîner 
quelques doutes. Mais deux exemples différents prouvent 
beaucoup mieux la réalité de cette variation. D'ailleurs, dans 
le cas présent, il s'agit d'individus paraissant rabougris et 
anormaux. L'un d'eux même pousse dans ces prairies où 
sévissent les feux de brousse, ce qui peut tout expliquer. 

Mais vraiment combien ce polymorphisme crée de diffi- 
cultés pour les botanistes et avec quelle prudence il faut agir 



26 p. CHOUX 

pour établir des espèces nouvelles. A un autre point de vue, 
cette élasticité morphologique de certaines espèces, contras- 
tant avec la fixité de certaines autres qui se présentent tou- 
jours avec les mêmes caractères, est un fait dont nous devons 
une fois de plus souligner l'importance et dont chacune de 
nos études nous montre d'autres modalités. Les conditions 
écologiques semblent, à Madagascar, agir d'une façon parti- 
culièrement accusée sur certaines espèces spécialement plas- 
tiques en leur donnant des caractères morphologiques suffi- 
samment différents pour qu'un observateur superficiel n'hé- 
site pas à faire plusieurs espèces de ce qui peut, après un exa- 
men plus approfondi, être groupé sous un même nom spécifi- 
que et former ainsi une espèce à cadre plus élargi. 

Après avoir ainsi passé en revue les principaux exemples 
de polymorphisme que nous ont présenté les C ijnanchum à 
feuilles de Madagascar, il nous faut encore mentionner les 
remarques faites à ce sujet, et sur place, par M. Perrier de la 
Bâthie. Nous avons eu si souvent l'occasion d'apprécier la 
valeur des observations du botaniste averti qu'est M. Per- 
rier de la Bâthie que nous ne saurions omettre de citer ici ce 
qu'il dit au sujet de quelques-uns de ces Cynanchum à feuil- 
les, et notamment à propos des C. andringitrense^ leucanthum, 
lineare et siihcoriaceiim , ainsi que de trois espèces nouvelles, 
dont nous parlerons plus loin, les C. Jumellei, masoalense et 
moramangense. 

« Tous ces Cynanchum », dit M. Perrier de la Bâthie, « sont 
« atteints d'un polymorphisme de croissance très net, c'est-à- 
« dire que leurs feuilles ont des formes différentes suivant les 
« niveaux successifs qu'elles occupent sur la tige. Chez deux 
« individus d'une même espèce poussant dans les mêmes con- 
« ditions et avec la même vigueur, ces différentes formes de 
« feuilles se succèdent dans un ordre donné, toujours le même. 
« Mais un autre individu de la même espèce développé dans 
« des conditions différentes peut ne présenter qu'une seule ou 
« quelques-unes de ces formes. Ainsi un de ces Cynanchum^ 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 27 

« qui portera dans un endroit humide et très ombragé de lar- 
« ges feuilles dans le haut de ses tiges, peut n'avoir plus que 
« des feuilles linéaires s'il pousse dans un endroit dénudé, 
« sans tuteur et si ses tiges traînent sur le sol en pleine lu- 
« mière. D'ailleurs, dans les Cijnanchum à tiges volubiies, 
«les formes linéaires ne s'observent que vers la base (1), ou 
« seulement sur certaines formes basses habitant les endroits 
« découverts, ou manquant de tuteurs, ou à tuteurs courts, 
« toujours enfin sur des tiges placées au voisinage du sol. Si 
« on ajoute que ce polymorphisme de croissance se compli- 
« que d'accommodations à des conditions de milieu ou à des 
<( climats différents, on entrevoit la cause des formes multi- 
« pies que peut prendre une espèce^ sans qu'en souffre son entité 
« spécifique. Les réactions de l'espèce vis-à-vis des condi- 
(( tions de milieu ne sont pas d'ailleurs les mêmes chez toutes 
« les espèces, loin de là, et permettraient, si elles étaient par- 
« faitement connues, de les caractériser spécifiquement. 

« La dénudation, V action des feux de brousse et ses conséquen- 
« ces (plus grande lumière, destruction des tuteurs, ablation 
« d'une partie du collet, nombreux bourgeons latéraux et 
<( nombreuses tiges grêles qui en résultent) ont générale- 
« ment pour effet de rendre annuelle et herbacée une tige li- 
« gneuse, dressée et raide une tige volubile^ les feuilles plus 
<( étroites, les fleurs plus grandes et plus nombreuses. Mais ces 
« accommodations ne sont pas fixées, et ne peuvent l'être, car 
« ces plantes vivaces peuvent bien continuer à vivre sur un 
« sol latéritique dénudé, mais ne peuvent s'y reproduire par 
« graines. « 

Ainsi donc le polymorphisme de ces Cynanchum à feuilles 
de Madagascar serait encore plus complexe et plus varié dans 
ses manifestations que ce que les quelques espèces passées 
précédemment en revue le laisseraient supposer. Cependant, 
ce que nous avons dit à propos d&s C. lineare et andringi- 



(1) C'est bien ce qui a déjà été indiqué en 1914 à propos du C. mada- 
gascariense K. Sch. (C helicoideutn Choux). 



28 V. CHOIX 

trense doit, nous semble-t-il, obliger à une certaine réserve. 
Il est bien possible qu'au milieu de toutes ces variations une 
espèce finisse par ressembler à une autre et que par suite on 
puisse les confondre toutes deux, si on ne les étudie pas atten- 
tivement. 

Mais nous avons prouvé par plusieurs exemples que, mal- 
gré ces convergences morphologiques, l'entité spécifique de- 
meure, et alors, pour affirmer le polymorphisme, il faut être 
bien sûr, au préalable, de l'identité spécifique de l'individu 
considéré. 

Par contre, il nous est agréable de retrouver sous la plume 
de M. Perrier de la Bâthie, et sur ce problème si attrayant du 
polymorphisme, plusieurs des idées générales que nous avons 
maintes fois émises sur cette question. C'est la preuve la plus 
tangible que ce que nous a révélé l'étude patiente et détaillée 
de multiples spécimens d'herbiers n'est pas une invention de 
« botaniste de laboratoire », mais bien l'expression vivante 
de la nature elle-même, telle qu'elle se présente à Madagas- 
car dans certaines familles végétales. 



IV. — Quelques nouvelles espèces de Cynanchum 

Nous avons déjà mentionné, au début de ce travail, que 
l'étude des herbiers de M. Perrier de la Bâthie et du Muséum 
de Paris nous avait permis de reconnaître, parmi les maté- 
riaux mis à notre disposition, onze espèces nouvelles de Cynan- 
chum. Il nous faut maintenant donner la description de ces 
dernières. 

Nous y ajouterons également celle des C. hojerianum et 
ohovatum., qui ont été signalés, plutôt que décrits, par Decaisne, 
et dont il nous paraît nécessaire de préciser les principaux 
caractères, ce que n'a point fait leur créateur dans les quel- 
ques lignes qu'il leur a consacrées. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 29 

Cynanchum Jumellei nov. sp. 

Perenne^ tiihere napiformi. Caiilibus miiltis, brevibus^ scan- 
dentibus. Ramis gracilibiis, junioribus pubesceniibiis. Foliis 
linearibus aciitis^ parce pubesceniibiis^ 1 cm. 9-5 cm. 7 lo}igis, 
1 mm. 5-3 mm. 8 {rarius 5 mm.) latis, petiolatis {petiolo 2 mm. 
5-7 mm. longo, rarius 12 mm.). Inflorescentia umbellata paii- 
ciflora (3-7), manifeste pedunculata {pedunculo 2 cm. 3-6cm. 2 
longo), pedicellis breçibus 5 mm. 5-11 mm. 5 longis^ utrisque 
puberiilis. Sepalis triangulis obtusis^ glandulosis, marginibus 
ciliolatis^ 1 m??i. 7-2 mm. lotigis^ mm. 7-0 mm. 8 k/«6'. Petalis 
ovatis aciitis, 4 mm. 5-5 mm. 5 longis^ basi parum (1 mm.- 
1 ?y«m. 2) coalitis, 2 mm.-2 mm. 5 /a^w. Corona tubiilosa., 2 mm. 3 
al^a, /ère intégra (1 m/?i. 7), gynostegium subsequanle ; 5 /o^i^ 
oppositisepalis brevibus., latis (0 /?im. 6-0 mm. 9), rutundatis, 
apice inflexis^ ligiilatis, ligiilis subulatis cum lobis concres- 
centibus, deinde liberis (0 mm. 3-0 mm. 4), lobis longioribus ; 
intus, sub ligulis, decem lobiilis. Gynostegio cum corona alte 
concrescente, parte libéra 1 tnm. 5 alta. Antherœ appendiculis 
ovatis-triangulis acutis, mm. 6 altis., mm. 4 /rt^w, supra 
stigma injlexis et stigma subœquantibus . Polliniis oblongis 
(0 mm. 175-0 mm. 230 a/^w ; mm. 105-0 mm. 122 latis), trans- 
latoribus valde obliquis elongatis (0 mm. 140-0 mm. 240), reti- 
naculo angusto (0 mm. 166-0 mm. 210 a/^o, mm. 078-0 «?;/l 087 
lato). Stigmate /«m. 7 alto, pentagono, apice (0 m;/?. 2) conico. 

Le C. Jumellei est une plante vivace, grâce à un tubercule 
napiforme finement annelé à l'extérieur et pouvant mesurer 
12 cm. de longueur sur 5 cm. de largeur. Il a été rencontré 
par M. Perrier de la Bâtliie, une première fois «n février 1914 
dans des prairies à l'Est d'Antsirabé, sur des argiles latériti- 
ques de basalte, vers 2.000 mètres d'altitude (n» 11654), 
et une deuxième fois en janvier 1920 dans les prairies d'.4n- 
karatra, également vers 2.000 mètres d'altitude (no 12990). 
Dans cette dernière station, la multiplicité des tiges, leur fai- 
ble longueur, la végétation environnante indiquent que cette 



30 p. CHOUX 

espèce est représentée ici sous son port de prairies, c'est-à-dire 
modifié par les feux (attaque du collet, destruction des sup- 
ports et dénudation entraînant l'insolation précoce). 

Les tiges, courtes (40 cm. à 60 cm. de hauteur), grêles et 
nombreuses, sont annuelles et volubiles. Elles portent des 
feuilles linéaires ; mais, tout à fait à leur base, se trouvent de 
petites feuilles ovalaires, courtement pétiolées et ayant de 
12 mm. 5 à 19 mm. de lons^ueur sur 4 mm. 5 à 6 mm. de lar- 



geur. 



La corolle est blanche avec l'extrémité des divisions brune 
du côté externe. La couronne, tubulée, de 2 mm. 3 de hau- 
teur et de 2 mm. de diamètre, est entière sur 1 mm. 7 de hau- 
teui" et se termine par cinq lobes oppositisépales assez courts 
(0 mm. 6), larges (0 mm. 6 à mm. 9 à la base), arrondis, à 
bords un peu irréguliers. Ces lobes, dans leur région supé- 
rieure, s'infléchissent vers le centre de la fleur et il en est de 
même des ligules qui les prolongent. Ces dernières se réunis- 
sent, en s'entrecroisant plus ou moins, au centre de la fleur 
et par-dessus le sommet du stigmate qu'elles dépassent légère- 
ment (de mm. 2), de sorte que la couronne est plus ou moins 
fermée à sa partie supérieure, et que, si on regarde la fleur 
par en haut, le gynostège est plus ou moins dérobé aux re- 
gards. D'autre part les ligules, qui affectent la forme de poin- 
tes un peu subulées, prennent naissance à la partie supérieure 
de la couronne, sensiblement au même niveau que les lobes, 
et sont soudées à la partie médiane de ces derniers jusqu'à 
leur sommet, mais par contre les dépassent un peu, la partie 
libre des ligules mesurant mm. 3 à mm. 4 de longueur. 
Enfin la face interne de la couronne porte encore, au-dessous 
de chaque ligule et faisant suite à cette dernière, deux lobules, 
partiellement soudés à la couronne, mais dont le sommet 
arrondi est libre. Il y a ainsi dix lobules à l'intérieur de la 
couronne. 

Les filets staminaux sont intimement soudés à la couronne 
sur mm. 6 de hauteur et le gynostège, qui est de ce fait ses- 
sile, mesure (dans sa partie libre) 1 mm. 5 de hauteur sur 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 31 

1 mm. 5 de largeur à la base. Les membranes staminales s'in- 
fléchissent par-dessus le stigmate qu'elles recouvrent entiè- 
rement en le dépassant très légèrement (de mm. 1). Le stig- 
mate est une masse pentagonale, légèrement conique dans sa 
partie tout à fait supérieure, et à sommet minusculement 
bilobé. 

Par ses feuilles linéaires et par sa couronne ligulée, le 
C. JumeUei se rapproche du C. pycnoneuroides Choux. Mais 
ce sont là les seuls points de contact entre ces deux espèces, 
qui par ailleurs diffèrent très sensiblement. 

Cynanchum angavokeliense nov. sp. 

Scandens, gracile^ rauns jiinioribas piibescentUnis^ iahcre na- 
pifornii 12-15 Cf?i. longo^ 3 cm. lato. Foliis linearibus-jUifor- 
mihus, leviter acutis, pahescentibas, 4 cm. 2-6 cm. longis, 1 m?n,- 
3 mm. 8 latis^ breviter petiolatis {petiolo 2 min.-l mm. longo). 
Injlorescentia umbellata paucijlora (4-8) distincte pedunciilata 
(pediinciilo 8-17 m/n. longo, puberulo)., pedicellis brevioribus 
3 mm.-b mm. 5 longis puberulis. Sepalis ovatis aciitis çel sulmcii- 
tis, glandulosis, subglabris, 1 mm. 2-1 mm. 7 longis, mm. 7- 

mm. 8 latis. Corolla rotacea. Petalis oblongis obtusis vel rotun- 
datis, 3 mm. 2-3 )nm. 5 longis, basi parum (0 mm. 7-0 mm. 9) 
coalitis, 1 mm.-i mm. 2 latis. Corona leviter urceolata, 1 mm. 3- 

1 mm. 5 alla, basi (1 mm.-i mm. 1) intégra, superius 5 lobis 
brevibus (0 mm. 3-0 mm. 4 altis) opposiiipetalis leviter aciitis 
angiistis. Gynostegio jere sessili, 1 mm. 5 alto, coronam siibse- 
qiiante ; antherse appendicibus ovatis-elongatis apice aciitis, 
mm. 8-0 mm. 9 altis, mm. 4 latis, erectis, conum efficienti- 
hiis. Polliniis globosis, parvis (0 mm. 122-0 mm. 157 altis ; 
mm. 070-0 mm. 105 latis) ; translatoribus brevibus (0 mm. 052) 
retinaculo mm. 105-0 mm. 122 alto, mm. 066-0 mm. 070 
lato. Stigmate conico mm.1-0 mm. 8 alto, apice bilobiiisciilo. 

Le C. angavokeliense (pi. IX) est une liane grêle, à écorce 
rougeâtre, pourvue d'un tubercule napiforme, et qui a été récol- 



32 p. CHOUX 

tée par M. Perrier de la Bâthie dans les rocailles du mont 
Angavokely (Imerina), vers 1.800 mètres d'altitude, en décem- 
bre 1919 (no 12937). 

Le bouton floral est ovoïde obtus et a 3 mm. à 3 mm. 2 de 
hauteur sur 1 mm. 7 à 1 mm. 8 de largeur ; les pétales y sont 
recouvrant à droite et non tordus. 

La couronne, un peu urcéolée, est entière sur un peu plus 
des deux tiers de sa hauteur. Elle se termine par cinq lobes 
oppositipétales, étroits, triangulaires, à sommet faiblement 
aigu, bien distincts les uns des autres, et séparés par des par- 
ties interlobaires nettes, dont le bord supérieur est un peu 
en arc de cercle et parfois très légèrement crénelé. D'autre 
part, la partie soudée de la couronne présente, dans sa por- 
tion supérieure (sur mm. 5), des plissements saillants, aux- 
quels font suite les lobes dont nous venons de parler. Enfin, 
du milieu du tube coronaire, émerge le cône formé par les 
appendices staminaux dressés, et ici très développés. Le som- 
met de ce cône staminal arrive sensiblement à la même hau- 
teur que le sommet des lobes, mais les lobes étant oppositi- 
pétales sont en alternance avec les appendices. 

Le gynostège, presque sessile, mesure 1 mm. 5 de hauteur, 
dont mm. 9 pour le cône staminal. Les appendices stami- 
naux, dressés et un peu inclinés vers le centre de la fleur, for- 
ment, comme nous venons de le dire, un cône qui entoure le 
stigmate et le recouvre. De plus, ils sont assez souvent irré- 
gulièrement ou brusquement rétrécis vers le sommet, qui est 
aigu. 

Cyrianchum fimbriatum nov. sp. 

Erectiim vel scandens, tiibere longo et in rectum descendente ; 
ramis junior ibiis pubescentihus. Foliis linearibus-filiformibus, 
acutis, pubescentibus , 3 cm. -4 cm. 2 longis, mm. 6-1 mm. latis, 
brevissime petiolatis {petiolo 1 mm.-2 mm. longo). Inflorescen- 
tia unibellata pauciflora (4-5), breviter pedunculata {pedunculo 
3 mm. 5-4 mm. longo., puberulo), pedicellis brevibus quoque, 
3 mm.-^ mm. 5 longis, puberulis. Sepalis ovatis acutis, glandulo- 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 33 

sis^ subglabris, 1 mm. 8-2 mm. longis, mm. 9-1 mm. latis. 
Petalis oblongis^ apice Ui'iter arciiatis^ 4 mm. 8-5 mm. longis, 
basi pariim (1 mm.) coalitis^ 1 mm. 4-1 mm. 5 lalis. Corona 
magna tnbulosa, 3 mm. 5 alta^ 2 wm. 5 lata, gynostegium dis- 
tincte siiperante, basi (2 mm.) intégra b-plicata, deinde b-lobata, 
lobis oppositipetalis 1 mm. 5 altis^ apice fimbriatis. Cynostegio 
sessili 2 mm. alto ; antheras appendicibus magnis^ erectis, apice 
subcontortis^ penicillum 1 mm.-i mm. 3 altum efficientibus. 
Polliniis oblongis (0 mm. 262-0 mm. 280 altis ; 7?iA/i. 122- 
mm. 140 /aiw) ; translatoribus breçibus (0 mm. 105-0 mm. 122 
longis) ; retinaculo ovato (0 7wm. 245 alto ; mm. 140 lato). 
Stigmate conico, 6 mm.-l mm. alto., appendiculis breçiori. 

Le C. fimbriatum, que nous avons examiné, est une plante à 
tige dressée, munie d'un long tubercule pivotant (pi. X). Mais, 
d'après M. Perrier de la Bâthie, il s'agit là d'un individu dont 
le port a été modifié par les feux, car ce Cijnanchum se re- 
trouve souvent dans la même station avec des tiges volubiles. 
Il a été récolté en effet, en décembre 1924, dans les prairies, 
soumises aux feux, du Tampoketsa d'entre l'Ikopa et la Bet- 
siboka, vers 1.600 mètres d'altitude (n^ 16756). 

Le bouton floral, ovoïde, à sommet obtus, a 4 mm. 5 de 
hauteur sur 2 mm. 5 de largeur. Le calice y est à préfloraison 
quinconciale et les pétales sont recouvrant à droite et un 
peu tordus vers le sommet. 

La couronne, tubulée, est d'assez grandes dimensions. 
Entière sur 2 mm. de hauteur, elle présente, dans cette por- 
tion soudée, des plissements oppositipétales visibles jusqu'à 
la base. Ces plissements, d'abord assez étroits, s'élargissent 
ensuite jusqu'à devenir confluents, ou presque, au moment 
où ils deviennent. des lobes indépendants les uns des autres. 
Les lobes, qui font suite ainsi à ces plissements, ont sensible- 
ment la même forme que ces derniers : ils sont plus ou moins 
convexes et leur paroi externe est semi-circulaire. D'autre 
part, le bord supérieur de chaque lobe, bord qui est plus ou 
moins horizontal, est très nettement frangé, caractère que 

3 



34 p. CHOUX 

rappelle le nom donné à cette espèce. Les bords latéraux, au 
voisinage du sommet, le sont également, mais à un degré 
moindre. 

Le gynostège, sessile, a 2 mm. de hauteur, dont 1 mm. à 
1 mm. 3 pour le cône formé par les membranes staminales, 
et 1 mm. 8 de diamètre. Le sommet de ce cône staminal se 
trouve au même niveau que la naissance des lobes ; la cou- 
ronne dépasse donc le gynostège de 1 mm. 5 environ. Les 
appendices staminaux, de grandes dimensions, sont dressés 
et d'autre part un peu enroulés au sommet en s'encastrant 
les uns dans les autres, ce qui fait que Vensemble de ces cinq 
appendices forme une sorte de pinceau, dont l'extrémité est un 
peu tordue. De plus, les appendices staminaux sont repliés 
vers l'extérieur de part et d'autre de leur axe médian. 

Le stigmate, conique, très obscurément bilobé, est plus 
court que les appendices staminaux, qui le dépassent d'en- 
viron 6 mm. 

Le C. jinibriatuni est voisin du C. lineare, à la fois par ses 
feuilles et par ses fleurs. Néanmoins, si la couronne de notre 
C. fimbriatum rappelle au premier abord celle du C. lineare, 
on peut cependant distinguer Tune de l'autre de la manière 
suivante. 

La couronne est presque entière dans le C. lineare. Les 
dents du sommet sont peu élevées et d'autre part chaque 
dent est plus ou moins fermée à sa partie supérieure, par suite 
du rabattement du bord supérieur de part et d'autre de la 
côte saillante. 

Dans le C. fimbriatum, la couronne est nettement lobée. 
Ces lobes, de 1 mm. 5 de hauteur, de contour semi-circulaire, 
et très nettement frangés à leur partie supérieure, ne sont pas 
fermés dans cette région supérieure. 

Cynanchum moramangense nov. sp. 

Herha annua, scandens, cum tubere ; ramis gracillimis, pubes- 
centibus. Foliis linearibus vel linearibus-filiformibus, acutis vel 



LES CYNANCIIUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 35 

suhacutis {rariiis obovatis-linearibus apice rotundatis mucro- 
natis)^ pnbescentibiis vel siibglabris^ 1 cm. 5-6 cm. 2 longis, 
1 ?nm.-3 mm. 5 latis, breviter petiolatis {pctiolo 2 mm. -A nint. 5 
longo). I njlorescentia umbellata paiiciflora (4-5), pedunculis 
5 mm.-i2 mm. longis^ pedicellis breçioribiis 3 mm.-^ mm. 5 lon- 
gis, iitrisqiie piiberulis. Sepalis ovatis-triangulis., leuiter acutis\ 
1 mm.-i mm. 1 longis^ ihih. 6-0 m?H. 8 /a/w, glandulosis, 
subglahris. Petalis ovatis vel ovatis-triangulis obtiisis emargi- 
natis, 3 mm. altis., basi (0 mm. 8-1 mm.) coalltis, 1 m??L 3- 
1 mm. 5 /a/i.ç. Corona cyathiformi., 1 7?im. 3-1 mm. 5 aito, gynos- 
tegiiim siibœquante, fere intégra, 5 ^oèi5 oppositipetalis latis 
alte coaluis, apice {0 mm. 2-0 mm. 3) liberis, erectis, deinde 
intus et recta linea ad imum injlexis {parte injlexa mm. 5- 
mm. 7 alta). Gynostegio fere sessili, 1 mm. 4 alto, 1 mm. »'> 
Zato ; antherœ appemliculis erectis, ovatis-triangiilis, obtusis, 
mm. 5 a^^w latisque, ad stigma applicatis. Polliniis ellipticis 
(0 mm. 236-0 m. 245 latis, mm. 140-0 mm. 157 /afi^); ïran^'- 
latoribus brevibus (0 m7?i. 087-0 ;?«;/«. 105) ; retinaculo ovato 
(0 mm. 227-0 m//i. 262 a/to ; mm. 140 /a^o). Stigmate subco- 
nico, mm. 8-0 mm. 9 a/Zo, appendiculas leviter (0 m/w. 2) 
superante. Folliculis brevibus et gracilibus. 

Le C. moramangense (1) est une plante à tubercules avec 
des tiges grimpantes, herbacées, annuelles. Il a été trouvé 
par M. Perrier de la Bâtliie dans la savoka à Philippia (Eri- 
cacée) des environs de Moramanga, entre 850 et 900 mètres 
d'altitude (no 8 971) (n^ 18 687, février 1925). 



(1) Le C. moramangense a, comme les C. Jumellei, angai'okeliense et 
fimbriatum que nous venons de décrire, des feuilles linéaires. Il nous 
faut signaler à ce propos qu'il y a, au point de vue de l'appareil végéta- 
tif, — tout au moins en ne considérant que les spécimens d'herbier — 
une très grande ressemblance entre la plupart des Cynanchum malga- 
ches à feuilles linéaires, exception toutefois du C. pycnoneuroides Choux. 
Il en résulte que très souvent il est pratiquement impossible de les dis- 
tinguer les uns des autres, sans avoir recours à l'examen des fleurs, qui 
seul peut permettre leur identification spécifique. 



36 p. CHOUX 

La corolle est verte ou brunâtre. La couronne, très blan- 
che, cyathiforme, de 2 mm. de diamètre et de 1 mm. 3 à 
1 mm. 5 de hauteur, est presque entière, tout au moins vue 
de l'extérieur. Elle se compose en effet de cinq grandes piè- 
ces oppositipétales, soudées sur 1 mm. 1 à 1 mm, 3 de hau- 
teur et libres sur mm. 2 à mm, 3 seulement. Mais les lobes, 
après cette portion dressée et relativement courte, dans 
laquelle ils se touchent par leurs bords latéraux, se replient 
à l'intérieur de la couronne, verticalement et vers le bas, 
comme dans les C. repandum Dcne et suhcoriaceum Schltr.. 
La portion retournée de chaque lobe, qui mesure mm. 5 à 
mm. 7 de longueur, est plus ou moins concave en son cen- 
tre, alors que les parties latérales sont un peu plus saillantes 
et un peu plus rapprochées du centre de la fleur. Il en résulte 
que, si on regarde la fleur par en haut, cette portion retour- 
née n'est pas régulière, mais présente cinq concavités, et 
chacune de ces dernières est séparée de ses voisines par deux 
saillies accouplées. Ajoutons enfin que la couronne est bien 
ouverte au sommet et qu'on aperçoit bien, en regardant la 
fleur par en haut, le sommet du gynostège ; ce dernier a sen- 
siblement même hauteur que la couronne ou bien la dépasse 
très légèrement (de mm. 2). 

Le stigmate se compose d'un très court pédicelle, que sur- 
monte une masse tronconique à sommet très légèrement bi- 
lobé. Il y a lieu de remarquer d'autre part que, bien que le 
sommet du stigmate ne dépasse que fort peu les membranes 
staminales, il y a cependant, en raison de la forme tronconi- 
que qu'il présente, une notable partie de ce stigmate qui est 
bien visible. 

Les fruits sont de petits follicules (3 cm. à 4 cm. 8 de lon- 
gueur), grêles (2 mm. de largeur) et à paroi très mince. Les 
graines, ovales et à sommet tronqué, ont 3 mm. 5 de longueur 
sur 2 mm. de largeur et sont surmontées d'une aigrette de 
poils de 15 à 17 mm. de longueur. 

Par sa couronne repliée intérieurement, le C. nwrainan- 
gense fait partie de ce groupe, pour lequel Decaisne avait créé 



LES CYNANCHUM A FEUILIES DE MADAGASCAR 37 

l'ancien genre Cyathella, avec les deux espèces Cyalhclla 
repanda et mucronata, et qui comprend encore les Cynanchum 
eurychitoides K. Sch. et subcoriaceum Schltr., ainsi qu'une 
espèce nouvelle, dont nous parlerons tout à l'heure, le Cynan- 
chum masoalense. En tout cas, par ses feuilles linéaires, comme 
par Torganisation de sa couronne, l'espèce que nous venons 
de décrire se distingue bien de tous les autres types du même 
groupe. 

Cynanchum obovatum Dcne. 

Cette espèce est l'ancien Cyathella mucronata de Decaisne. 
Un échantillon de l'herbier du Muséum, de Paris, et récolté 
par Humblot (n^ 61), échantillon qu'il y a lieu de rapporter à 
ce Cynanchum obovatum, nous fournit l'occasion de donner 
une description de cette espèce, la diagnose de Decaisne étant 
notoirement insuffisante, voire même erronée en ce qui con- 
cerne la couronne. 

Le C. obovatum est une liane glabre, à tiges blanchâtres ou 
blanc-verdâtres. 

Feuilles. — La plante est bien caractérisée par ses feuilles 
■obovales (1), à sommet arrondi ou un peu émarginé avec un 
minuscule mucron, et à base aiguë (ou plus rarement très 
légèrement auriculée). Les limbes, dont les bords sont légè- 
rement enroulés inférieurement, sont de coloration plus pâle 
à la face inférieure qu'à la face supérieure. La nervure mé- 
diane y est presque seule apparente, surtout en dessous. Ils 
ont de 2 cm. 8 à 5 cm. 8 de longueur sur 1 cm. 6 à 3 cm. 7 de 
■ largeur et sont portés par des pétioles de 1 cm. à 2 cm. 3. 

Inflorescences. — Les inflorescences sont des cymes plu- 
riflores (de 7 à 9 fleurs), courtement pédonculées (4 à 5 cm.). 
Les pédicelles florifères sont également courts (5 à 8 mm.). 

Galice. — Les sépales, ovales, à sommet un peu obtus, 
glabres, sont de petite taille (1 mm. delongueur surOmm. 7 à 
1 mm. de largeur) . Il y a une glande allongée entre chacun d'eux. 



(1) Une seule feuille était rhomboïdale. 



38 P. CHOUX 

Corolle. — La corolle, rotacée, est à pétales ovales, légère- 
ment émarginés au sommet. Ces pétales, soudés sur 1 mm. 5, 
ont 5 mm. de longueur sur 2 mm. 4 à 2 mm. 5 de largeur. 

Couronne. — La couronne , entière, est une urne dont le bord 
supérieur est replié intérieurement. Elle présente cinq côtes 
oppositipétales très nettement saillantes et visibles aussi bien 
dans la partie dressée que dans la partie retournée. Aussi, en 
regardant la couronne par en haut, ces côtes donnent-elles 
rimpression de cinq arceaux falciformes qui seraient en quel- 
que sorte fixés sur cette couronne pour la maintenir. Ces ar- 
ceaux se rejoignent au centre de la fleur, dérobant par con- 
séquent aux regards le gynostège (1). L'urne coronaire a 2 mm. 
de hauteur au niveau des côtes, 1 mm. 6 à 1 mm. 7 seulement 
dans l'inters-alle, et son diamètre est de 2 mm. 8 à 2 mm. 9. 
De même, la partie retournée a 1 mm. de longueur au niveau 
des côtes et mm. 6 à mm. 7 seulement dans Tintervalle. 
Enfin la couronne dépasse (au niveau des côtes) le sommet du 
gynostège d'environ mm. 6 à mm. 7 de hauteur. 

Etamines. — Le gynostège, brièvement stipité, de 1 mm. 3 
de hauteur, est large (1 mm. 7 à 1 mm. 8) et surbaissé. Les 
anthères portent sur leur face dorsale une gibbosité triangu- 
aire arrondie et saillante. Il en résulte que, comme dans le 
C. madagascariense par exemple, le pentagone g^mostégial est 
à angles oppositisépales, ces derniers étant formés précisé- 
ment par les gibbosités dorsales des anthères. Dans ce penta- 
gone se trouve incluse une étoile à cinq branches constituée 
par les bords cartilagineux des anthères, ^t dont les pointes^ 
légèrement saillantes, alternent avec les angles du pentagone . 

Les membranes staminales, ovales, un peu aiguës, de 
mm. 7 de hauteur sur mm. 5 de largeur, sont rabattues 



(1) Nous ne voyons vraiment pas pourquoi Decaisne parle de cou- 
ronne staminale à dix lobes, car il n'y a bien que cinq arceaux, et cela 
aissi bien dans l'échantillon d'Humblot que dans le type avec lequel 
D 3caisne a créé son espèce, et que M. le Professeur Lecomte a bien voulu 
nous communiquer. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 39 

sur le stigmate, qui est lui aussi très surbaissé et qui ne dé- 
passe que fort peu les anthères proprement dites. 

Les pollinies, globuleuses, ont mm. 280 à mm. 315 de 
hauteur sur mm. 192 de largeur. Les caudicules, courts 
{0 mm. 087), peu obliques, s'insèrent sur les parties latéra- 
les d€s pollinies, et non à leur sommet. Le rétinacle, cordi- 
forme, a mm. 245 à mm. 262 de hauteur sur mm. 210 
à mm. 236 de largeur. 

Stig-mate. ■ — Le stigmate, peu élevé (0 mm. 6 de hauteur), 
est un plateau pentagonal dont les angles saillants sont munis 
d'encoches pour l'insertion des rétinacles et qui est déprimé 
en arc de cercle dans l'intervalle. Le plateau est surmonté 
d'une petite pointe à sommet obscuirément bilobé. 

Affinités. — La couronne du C. obovatum présente une cer- 
taine ressemblance avec celle du C. eurychitoides K. Sch., et 
cette ressemblance est due à la présence dans les deux espè- 
ces de côtes épipétales en forme d'arceau. On ne s'attendrait 
peut-être pas à cette parenté en comparant la description 
que nous venons de donner du C. ohovatiwi et celle du C. eiirij- 
chytoides fournie par Schumann. Ce dernier parle en effet 
d'une couronne à dix lobes peu nets, — ce qui peut à la ri- 
gueur se comprendre dans certains spécimens de cette espèce 
que nous avons pu examiner, comme le n" 3808 de Baron (1) 
— mais ne cite pas les côtes oppositipétales, pourtant si typi- 
ques, qui forment en quelque sorte cinq lobes, et qui exis- 
tent dans l'échantillon de Scott-EUiott pour lequel Schumann 
a créé son espèce (2). 

Cependant, si cette parenté est réelle (3), les deux espèces 



(1) Cet échantillon de Baron se trouve au Muséum de Paris. Dans 
la collection du même établissement le C . eurychitoides est encore repré- 
senté par un échantillon de Cloisel (n" 104), récolté à Fort-Uauphin, où 
c'est la liane Vahimbalé. 

(2) Cet échantillon, conservé au Muséum de Berlin, nous a été très 
obligeamment communiqué par M. le Directeur Diels. 

(3) Signalons ici Terreur que commet Schumann dans le Pflanzen- 
amllien en parlant, à propos du C. eurychitoides, de pièces enroulées 



LO 



p. CHOUX 



sont néanmoins bien distinctes par toute une série de carac- 
tères. Outre que le C. eurychitoides a des feuilles ovales à base 
échancrée en cœur, des inflorescences longuement pédoncu- 
lées et des fleurs plus grandes (corolle de 6 à 7 mm.), que cel- 
les du C. ohovatum, où les feuilles sont obovales et les inflo- 
rescences courtement pédonculées, la couronne de la pre- 
mière espèce ne ressemble pas exactement à celle de la se- 
conde. Dans l'espèce de Schumann, cette couronne se com- 
pose en quelque sorte de deux parties superposées séparées 
par un étranglement, alors que cet anneau inférieur manque 
dans le C. obovatum. De plus les côtes ne s'y rejoignent pas 
au centre de la fleur, les bords sont moins profondément 
retournés vers l'intérieur, et, au lieu de plonger verticale- 
ment et vers le bas, sont simplement appuyés plus ou moins 
horizontalement — ou même un peu obliquement vers le 
haut — sur le stigmate, qui, bien visible, émerge du centre 
de la couronne et égale sensiblement la hauteur de cette der- 
nière. 

Cynanchum masoalense nov. sp. 

Scandens, gracile ; ramulis junioribus piibescentibus. Foliis 
leviter coriaceis oblongis-ellipticis, apice acuminatis, basi siiba- 
cutis et glandulosis, glabris, marginibus répandis, breviter 
petiolatis (petiolo 6 mm.- 12 mm. Ion go), 3 cm. 5-9 cm. 4 lon- 
gis, 1 cm. 4-3 cm. 6 latis. Cymis umbellijormibus, miiltijloris 
(âO-35), breviter pedunculatis (7 mm.), pedicellis brevibiis 
(3 mm. 5-5 mm.). Sepalis ovatis-triangulis, leviter aciitis, 
1 ?nm.-l mm. 2 altis, mm. 6-0 mm. 7 latis. Corolla rotacea 
fusca subrubra. Petalis oblongis obtusis, 3 mm. 6-3 mm. 9 lon- 
gis, basi (1 jmn.-i mm. 2) coalitis, 1 mm. 5 Mis. Corona alba, 
urceolata, cum quinque costis prominentibus epipetalis, 2 fnm. 
alta, margine super iore intra inflexa imprimis inter intermlla 
costarum {parte inflexa mm. 4-0 jnm. 5 alta) gîjnostegium 

vers l'extérieur, alors que dans la diagnose de l'espèce, il précisé le con- 
traire (lobis inflexis).. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 41 

supcrante (0 mm. 6). Gynostegio 1 mm. 3 allo^ 1 mm. 6-1 //?//?. 7 
/a/o, rotundato ; antherœ appendicuUs ovatis acutis, 7?z/?z. 8- 
mm. 9 a^/t^, m})i. 7. /a/;',ç, stigma incumhentibiis. PolUniis 
piriformibus (0 mw. 280-0 irun. 315 îongis, mm. 192-0 mm. 218 
latis); translatoribus valde elongatis fere verticalibus (0 mm. 437- 
mm. 455 longis) ; retinaculo brevi (0 mm. 157-0 mm. 166 a/to, 
m/??. 122 Zfl/o). Stigmate pentagono, 1 m/??, a/^o. 

Le C. masoalense est une liane grêle, qui a été trouvée en 
octobre 1912 par M. Perrier de la Bâthie dans les bois de la 
côte est (forêt orientale), à Masoala, par 500 mètres d'alti- 
tude (no 11655). 

La base des limbes parait presque aiguë, si on l'observe à 
l'œil nu ; mais en réalité la loupe la montre minusculement 
auriculée. Le bouton floral, ovoïde, à sommet obtus, mais 
avec une petite pointe, a 3 mm. 5 de hauteur sur 2 mm. 3 de 
largeur ; les pétales y sont recouvrant à droite. 

La couronne, blanche, entière, est une urne avec des côtes 
saillantes épipétales dues à des plissements. Son bord supé- 
rieur se replie vers l'intérieur, mais d'une façon inégale. Alors 
qu'au niveau des côtes cette partie repliée est plus ou moins 
horizontale et que par suite le sommet de ces côtes est en 
forme de capuchon ouvert, dans l'intervalle la même partie 
repliée, plus longue d'ailleurs qu'au niveau des plissements, 
se rabat plus ou moins verticalement vers le bas, La couronne 
a ainsi un tout autre aspect que celle du C. obovatum^ où le 
rabattement, régulier, se fait aussi bien au niveau des côtes 
que dans leur intervalle, et où d'autre part les arceaux falci- 
formes décrivent en se rabattant une convexité bien nette. 
Dans le C. masoalense^ au contraire, les côtes sont verticales 
comme la paroi de l'urne coronaire et se rabattent horizon- 
talement en décrivant une convexité beaucoup moins accu- 
sée. Ajoutons encore que, si les côtes épipétales ont un peu la 
forme d'arceaux, comme dans le C. obovatum, ces arceaux, 
plus courts, ne se rejoignent pas au centre de la fleur et que, 
par suite, si on regarde la couronne par en haut, on aperçoit 



42 p. CHOUX 

parfaitement bien le gynostège. L'urne coronaire a 2 mm. de 
hauteur au niveau des côtes et 1 mm. 8 dans l'intervalle ; son 
diamètre est de 2 mm. La partie rabattue a, dans l'intervalle 
des côtes, mm. 4 à mm. 5 et son bord libre est denticulé. 
Enfin la couronne dépasse d'environ mm. 6 le sommet du 
gynostège. 

Les appendices staminaux sont rabattus sur le stigmate 
qu'ils recouvrent entièrement. Cependant l'extrême sommet 
de ces cinq appendices se relève un peu, formant ainsi une 
petite pointe médiane qui surmonte le gynostège. 

Le stigmate, de grandes dimensions par rapport au reste 
de la fleur, est une masse pentagonale en forme de plateau, 
avec cinq angles saillants encadrés par les caudicules qui 
s'appliquent sur leurs bords. Le sommet du plateau stigma- 
tique est surmonté par une pointe minuscule. 

Gynanchum Danguyanuni nov. sp. 

Scandens, herbaceum, glabrum ; radicibus îuberosis. foliis 
ovatis {rarius lute oi^atis çel suborbicularibiis) , apice aaimina- 
tis, basi manifeste cordatis {auriculis 5 mm.-i'è mm. altis), 
2 cm. 2-9 cm. longis, 1 cm. 3-7 cm. 5 latis, çalde petiolatis 
ipetiolo on. 9-7 cm. 5 longo). Cymis corymbiformibiis, plii- 
rijloris (4-10), longe pedunculatis {pedunculo 5 cm. 5-10 cm. 8), 
pedicellis florijeris 1 cm. 2-2 cm. 2 longis. I loribus albidis, 
magnis. Sepalis oçatis, leviter acutis, miiltiglandulosis, 1 mni. 7- 
2 mm. longis, 1 mm. 4-6 mm. latis. Corolla rotaceu, petalis 
ovatis-oblongis obtusis, 9 nun. -ii mm. longis, basi parum cou- 
litis (1 nun. 5-2 ?7im. 5), 2 mm. 5-4 mm. 1 latis. Coronu alba, 
magna, 6 jnm. 5 {rarius 5 ?nm.) alta, 5 mm. lata, iirceolata, 
extus breçiter pubescente, gynostegium leviter superante, basi 
composita, siiperiiis valde b-plicata, pseudo-lobis oppositipetalis 
apice cucullatis. Gynostegio 4 mm. 5-5 mm. alto, longe (2 mm.- 
2 mm. 5) stipitato ; lateribus induratis staminum prœacutis et 
redis ; antherx appendiculis oçatis-triangulis vel late ovatis., 
leviter acutis i>el truncatis, 1 mm.-X nun. 3 altis, i mm.-i mm. 2 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 43 

latis, papillosis, stigma incumbenlUms. Polliniis oblongis-elon- 
gatis (0 mm. 710-0 mm. 717 longis^ mm. 280-0 mm. 315 latis) ; 
translalorilms obliquis, hrevibus (0 mm. 202) lalisque ; retina- 
culo leviter ohovato (0 mm. 402-0 mm. 455 o//o, mm. 315- 
ww. 367 lalo). Stigmate 1 7;?;//. 2-1 mm. 5 a/^o, apjce 0^5- 
cure bilobo. 

Le C. Dangiiyanum est une plante à latex hlanc, à racines 
tubéreuses et à tiges herbacées grimpantes. Les tiges et les 
l)étioles sont rougeâtres. Les feuilles sont de dimensions assez 
différentes et atteignent parfois une taille assez grande 
(pi. XI). 

Les fleurs sont portées au sommet d'un pédoncule allongé 
et nu sur presque toute sa longueur. Le bouton floral, ovoïde, 
à sommet un peu obtus, a 7 mm. de hauteur sur 4 mm. 5 de 
largeur. Les pétales y sont à préfloraison tordue, leur bord 
droit étant recouvrant. 

La couronne est une urne entière., formée de deux portions 
très inégales séparées par un étranglement. Inférieurement 
se trouve une sorte d'anneau court, de 1 mm. à 1 mm. 2 de 
hauteur, de contour plus ou moins pentagonal et à peu près 
régulier. La portion supérieure est, elle aussi, d'abord à con- 
tour régulier, formant une sorte d'anneau, de 1 mm. de hau- 
teur, identique au précédent. Mais au-dessus la paroi pré- 
sente des plissements, qui s'accusent de plus en plus à me- 
sure que l'on gagne le sommet. Ces plissements forment ainsi 
cinq pseudo-lobes oppositipétales., très nettement accusés, et 
dont le sommet est en forme de capuchon. D'autre part les 
parties déprimées, épisépales, qui sont un peu moins élevées 
(1 mm. de moins) que les pseudo-lobes, se rejoignant presque 
complètement au centre de la fleur, la couronne, vue d'en 
haut, a la forme d'une étoile à cinq branches qui dérobe com- 
plètement le gynostège aux regards, et cela d'autant plus 
que chaque branche de l'étoile est fermée par suite du rabat- 
tement, dans chacune d'elles, du bord supérieur de la cou- 
ronne de part et d'autre de l'axe du lobe. Ajoutons enfin que 



44 p. CHOUX 

la couronne dépasse le gynostège de 1 mm. 2 à 2 mm. et 
qu'elle est revêtue extérieurement de nombreux poils courts, 
ce qui constitue une disposition rarement réalisée chez les 
autres espèces du genre. 

Au sommet des deux carpelles se trouve un style assez 
allongé (1 mm. 5), supportant une masse stigmatique plus ou 
moins conique, parfois papilleuse. Le sommet de ce stigmate 
est tantôt obscurément bilobé, et tantôt surmonté d'une peti- 
te pointe un peu bifide émergeant des membranes staminales. 

Le C. Danguyanum a été récolté, d'une part par M. Perrier 
de la Bâthie (n^ 12520), en mars 1919, dans les rocailles de 
Midongy (centre Ouest), vers 900 mètres d'altitude, et d'au- 
tre part par M. Decary, en 1923, à Maromandia (n^s 1502, 
1519, 1528 et 2112) (1). Mais il est encore commun dans l'Am- 
bongo et le Boina, où il habite de préférence la lisière des bois. 
En effet, la plante déterminée en 1908 par MAL Jumelle et 
Perrier de la Bâthie comme étant le Cynanchum Eurychi- 
ton Dcne, plante à laquelle s'applique cette dernière remar- 
que, est pour nous en réalité le C. Danguyanum. Une confu- 
sion analogue a d'ailleurs été faite dans les collections du 
Muséum de Paris, où plusieurs échantillons de ce C. Dangu- 
yanum ont été appelés C. Eurychiton. 

Et cette confusion s'explique, car il y a bien entre les deux 
espèces une certaine ressemblance, se manifestant surtout 
par la présence, chez l'une comme chez l'autre, de feuilles 
cordiformes et de jleurs assez grandes avec une couronne assez 
grande également et entière. Cependant, si, au premier abord, 
on est frappé par un certain air de parenté, un examen plus 
détaillé de la couronne et des verticilles internes fait ressor- 
tir des différences suffisamment nettes pour qu'une distinc- 
tion aisée soit possible. 

En ce qui concerne tout d'abord la couronne, elle est bien, 



(1) Le Cynanchum Danguyanum est également représenté dans les 
collections du Muséum de Paris par deux spécimens de Baron (n^» 4698 
et 4729) et un échantillon de Douillot (8 décembre 1892). 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 45 

dans les deux cas, grande, entière, avec des plissements oppo- 
sitipétales. Mais, dans le C. Eunjchiton^ ces plissements, plus 
ou moins rectangulaires et à sommet tronqué ou crénelé (1), 
sont, ainsi que les dépressions oppositisépales, moins accu- 
sés que dans le C. Dangmjamim. Il en résulte que la couronne 
y est largement ouverte supérieurement et qu'il n'y a aucune 
trace d'étoile à cinq branches. La courte pilosité de la cou- 
ronne chez le C. Danguijanum est encore un autre caractère 
différentiel. Donc, déjà avec la couronne, aucune hésitation 
ne semble possible. Mais le gynostège offre un caractère plus 
mathématique, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui entraînera 
mieux encore la conviction. En effet, dans le C. Eurychiton, 
ce gynostège^ avec les bords cartilagineux des anthères tordus 
vers la gauche^ est tout à fait caractéristique. Enfin le stigmate 
allongé (2 mm. 5 de haut), à sommet bifide et dépassant les 
membranes staminales, du C. Eurychiton ne saurait lui non 
plus prêter à confusion. 

Cynanchum comorense nov. sp. 

Glabrum. Foliis ovatis., apice acuminatis, hasi valde corda- 
tis [auriculis 3 mm.-il mm. altis)^ 3 cm. 2-8 cm. 5 longis^ 
2 cm. 8-6 cm. 4 latis^ manifeste petiolatis {petiolo 2 cm. 5-5 cm. 5 
longo). Cymis plurifloris (12), longe pedunculatis {pedanculo 
5 cm. 2-7 cm. longo), pedicellis floriferis breçioribus, 4 mm. 
longis. Floribus satis magnis. Sepalis triangulis acutis vel 
ovatis-triangulis, 2 nun. longis, 1 mm. 2-1 mm. 5 latis, multi- 
glandulosis. Corolla rotacea. Petalis ovatis-oblongis, apice 
late obtusis vel truncatis, 7 mm.S mm. longis, basi parum 
(2 mm.) coalitis, 2 mm. 7-3 mm. 9 latis. Corona magna, urceo- 
lata-inflata, 4 mm.-^ mm. 5 alta, 4 mm. 5 lata, leviter pubes- 
cente, margine superiore cum quinque lobis oppositipetalis 
brevibus triangulis extra et ad imam demissa {parte demissa 
mm. 6-1 mm.). Gynostegio 4 mm. alto, 3 m7?2. 5 lato, breviter 



(1) Ces plissements sont bien figurés dans le Pflanzenjamilien. 



46 p. CHOUX 

(0 mm. 7) stipitato ; lateribus induratis stamimim sinùtrorsum 
siihcontortis ut in Cynancho Eunjchiton^ antherse appendiculis 
ovatis leviter truncatis, papillosis, mm. 9-1 mm. altis, mm. 5 
latis. PoUiniis glohosis-eUipticis (0 mm. 437-0 mm. 463 altis., 
mm. 280 latis) ; translatoribus brevibiis (0 mf7i. 105) ; retina- 
culo ?nm. 385 aUo^ mm. 175 lato. Stigmate siibconico elon- 
gato, 1 mm. 5-2 7?z/??. 1 alto, apice papilloso et bijido, coronam 
siibœqiiaîite vel leviter superante (0 mm. 5) ; antherse appen- 
diculas guoque superante (0 mm. 4-1 mm.). 

Le C. Comorense provient, comme l'indique le nom donné 
à cette espèce, des îles Comores (Humblot, n^ 335 ; n^ 1182) (1). 

Les fleurs, moins grandes que celles du C. Danguyamim^ 
sont groupées en cymes contractées au sommet d'un pédon- 
cule, nu sur la plus grande partie de sa longueur. 

La couronne, entière, est tout à fait caractéristique. C'est 
en effet une sorte de jarre, de 4 mm. à 4 mm. 5 de hauteur, 
renflée dans sa partie médiane et dont l'ouverture circulaire 
est un peu rétrécie. De plus — autre disposition très spé- 
ciale, — le bord supérieur de cette couronne est rabattu en dehors 
et vers le bas et cette partie rabattue présente cinq lobes très 
courts épipétales et triangulaires. 

Les appendices staminaux sont dressés et appliqués con- 
tre le stigmate. Ce dernier ressemble à celui du C. Eurychiton, 

Le C. comorense est voisin à la fois du C. Danguyanum et du 
C. Eurychiton. Il est bien certain en effet que ces trois espèces 
ont des airs de parenté indéniables, et cela — nous l'avons 
déjà dit antérieurement — à cause de leurs feuilles cordées 
et de leurs grandes fleurs avec une couronne également assez 
grande. D'ailleurs, le C. comorense^ tout comme le C. Danguya- 
juim, a été confondu avec le C. Eurychiton. C'est ainsi que, 
dans l'herbier du Muséum de Paris, le n" 335 de Humblot a été 
déterminé comme C. Eurychiton et la même détermination a 



(1) L'archipel des Comores étant peu éloigné de Madagascar, nous 
avons cru pouvoir faire figurer dans cette étude sur les Cynanchum de 
Madagascar cette espèce spéciale aux Comores. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 47 

été faite au Muséum de Berlin par Sciilechter pour un autre 
spécimen du même récolteiir et portant le même numéro. En 
réalité, là où on n'a cru voir qu'une espèce, — et l'aspect 
extérieur peut permettre très facilement cette confusion — il 
y a bien trois types spécifiques différents. En ce qui concerne 
plus particulièrement le C. comorense^ si on retrouve dans la 
fleur quelques caractères du C. Eunjchiton, comme les bords 
des anthères tordus à gauche et le stigmate allongé, la cou- 
ronne est, par contre, tellement spéciale qu'elle ne peut être 
confondue avec aucune autre et qu'un simple coup d'œil per- 
met de la reconnaître aisément. 

Cynanchum Bojerianum Dcne. 

La remarque que nous avons faite précédemment à pro- 
pos du C. ohovatiim peut s'appliquer également au C. Boje- 
rianum, pour lequel un échantillon récolté par M. Perrier de 
la Bâthie, en décembre 1924, à Manerinerina, à la lisière des 
bois des pentes occidentales, situés sur le Tampoketsa d'en- 
tre rikopa et la Betsiboka, vers 1 500 mètres d'altitude, nous 
fournit l'occasion de donner une description complète de cette 
espèce (1). 

Le C. Bojerianum est une plante vivace, grâce à un tuber- 
cule, mais les tiges, grimpantes, sont herbacées et annuelles. 

Feuilles. — Les feuilles, pubescentes comme les tiges, sont 
ovalaires ou lancéolées (pi. XIII), à sommet aigu (quelque- 
fois acuminé), à base également aiguë. Les limbes ont 2 cm. 5 
à 5 cm. 2 de longueur sur 5 mm. à 9 mm. de largeur et sont 
portés par des pétioles de 4 mm. à 9 mm. Leurs bords sont, à 
sec du moins, irrégulièrement retournés à la face inférieure, 
ce qui pourrait les faire croire dentés. La nervation y est assez 
peu visible (2). 



(1) Le C. Bojerianum est encore représenté dans l'herbier du Muséum 
par quatre spécimens de Baron (n»* 2105, 3035, 3790 et 4435). 

(2) Presque toujours chaque nœud porte, outre les deux feuilles nor- 
males et bien développées, deux feuilles plus petites. 



48 p. CHOUX 

Inflorescences. — Les fleurs sont groupées en glomérules 
courtement pédoncules (0 cm. 8 à 1 cm.) et pluriflores (12 
à 30). Cependant, à l'extrémité des rameaux, il pevit y avoir 
des glomérules où les fleurs sont moins nombreuses et qui 
peuvent même ne plus comprendre que quatre, trois, ou 
même deux fleurs seulement, ce qui peut expliquer l'épithète 
de pauciflori employée par Decaisne. Les pédicelles florifères 
ont de 3 à 9 mm. et sont pubescents comme les pédoncules. 

Le bouton floral, assez caractéristique, affecte la forme 
d'un cône surbaissé, dont la base est assez large et dont le 
contour est pentagonal arrondi. Il a 4 mm. de hauteur sur 
6 mm. de largeur. Les pétales sont à préfloraison tordue avec 
bord droit recouvrant. 

Galice. — Les sépales, ovales-triangulaires, à sommet aigu, 
sont pubescents extérieurement et ont 2 à 3 mm. de hauteur 
sur 1 mm. à 1 mm. 5 de largeur. Il y a deux à cinq glandes au 
niveau de chaque sinus calycinal. 

Corolle. — La corolle, d'un pourpre vif, et qui conserve 
assez bien sa coloration dans les spécimens d'herbier, a 5 mm. 
à 6 mm. 5 de hauteur et est assez hautement soudée (sur 2 mm. 
à 2 mm. 5), Les lobes sont largement ovales, à sommet faible- 
ment aigu, et ont de 3 à 4 mm. de longueur sur 3 mm. 3 à 
4 mm. 5 de largeur. 

Couronne. — La couronne forme une coupe un peu éva- 
sée presque entière et à paroi mince. Le bord supérieur pré- 
sente, en face des pétales, cinq dents triangulaires, larges 
(1 mm. à la base), peu élevées et à sommet un peu obtus. 
D'autre part, cette région supérieure est légèrement incurvée 
vers le gynostège (1). Enfin la paroi de la couronne présente, 



(1) C'est du moins ce que l'on peut constater dans les fleurs bien épa- 
nouies. En effet, dans les fleurs qui viennent de s'ouvrir, mais dont l'épa- 
nouissement -n'est pas encore complet, la couronne conserve souvent la 
forme qu'elle a dans le bouton floral, où, par suite de la forme en cône 
surbaissé de ce bouton floral, elle est obligée de se replier vers le centre 
de la fleur, la partie rabattue étant plus ou moins ondulée avec des sail- 
lies épipétales correspondant aux dents et des dépressions épisépales. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 49 

au niveau des dents épipétales, une légère côte saillante visi- 
ble dans toute sa hauteur, et il faut ajouter également que, 
par suite de sa forme évasée, cette couronne n'est pas appli- 
quée contre le gynostège, mais qu'il y a un certain intervalle 
entre les deux. 

La couronne a 2 mm. 5 à 3 mm. de hauteur sur 3 mm. 7 à 
4 mm. 3 de largeur et dépasse très légèrement le gynostège. 

Etamines. — Le gynostège, brièvement stipité et à poin- 
tes saillantes nettes, a 2 mm. 8 de hauteur (dont mm. 4 à 
mm. 5 pour le pied) et 2 mm. 4 à 2 mm. 5 de largeur. Les 
m3mbranes staminales, ovales, à sommet un peu aigu, ont 
mm. 8 de hauteur sur mm. 5 de largeur et recouvrent 
complètement le stigmate sur lequel elles s'appuient. 

Les pollinies, oblongues-allongées, ont mm. 560 à 

m. 612 de hauteur sur mm. 192 à mm. 245 de largeur. 
L3S caudicules, courts (0 mm. 227 à mm. 262), très obli- 
ques, sont larges et s'élargissent encore à leur insertion sur 
les pollinies. Le rétinacle ovalaire a mm. 385 à mm. 427 
de hauteur sur mm. 253 à mm. 262 de largeur. 

Stigmate. — Le stigmate, de 1 mm. 4 de hauteur, est un 
peu en forme de champignon. Il comprend en effet un court 
pédicelle que surmonte une masse nettement tronconique 
de 1 mm. de hauteur. 

Gynanchum tsaratananense nov. sp. 

Scandens ; caules graciles suhvirides^ suhglahri. Foliis oi^a- 
tis, leviter peltatis, basi rotundatis, apice longe acuminatis, gla- 
bris, petiolatis {petiolo 1 cm. 2-2 cm. longo), 3 cm. 8-5 cm. 4 
longis, 1 cm. 5-2 cm. 3 latis. Cymis umbellifonnibus, plurijloris 
(7-10), longe pediinciilatis {pedunculo 2 cm. 9-6 cm. longo), 
pedicellis brevioribiis 6 mm.-\2 mm. longis. Sepalis oçatis, 
basi parum coalitis, leviter obtiisis, basi glandulosis, 1 fyim. 1- 

1 mm. 3 longis, mm. 8-1 mm. latis. Corolla campanulata. 
Petalis oblongis, apice obtusis çel rotundatis, 6 mm. b-1 mm. 7 
longis., basi (1 mm. 5-1 mm. 8) coalitis, 2 min. 7-3 mm. 4 latis. 

4 



50 p. CHOUX 

Corona 3 mm. 5-3 mm. 9 alta^ 3 mm. 5 lata, hasi (1 mm. 8- 
2 mw.) cijathiformi, deinde 5 filamentis oppositipetalis graci- 
libiis erectis leviter subulatis^ 1 mm. 7-1 mw. 9 altis, cijathiim 
subsequanùbus. Gynostegio 2 mm. 5 aZ/o, 2 mm.-2 mm. 3 too, 
cyathum coronarium leviter siiperante (0 mm. 6). Antheree 
appendiculis ovatis-elongatis, leviter aciitis, conum efjicientihiis 
stigma tegentem, 1 jnm. altis, mm. 5 latis. Polliniis ohlongis 
(0 mm. 385-0 mm. 402 a/zf^, mm. 157-0 /tîw. 192 Zaiw), trans- 
latorihus breçibus (0 w?/a?. 122-0 m/n. 140) /ère transversis ; 
retinaculo oçato (0 mm. 280-0 mm. 315 a?fo, mm. 183-0 mm. 192 
/ato). Stigmate ???;«. 9-1 w?a/?. a/to, apice (0 mm. 3) conico et 
leviter biïobo. 

Le 6". tsaratananense (pi. XIV) est une liane grêle, qui a été 
récoltée par M. Perrier de la Bâthie, en janvier 1923, dans la 
forêt à sous-bois herbacé du massif du Tsaratanana, vers 
1.700 mètres d'altitude. 

La couronne est une coupe assez haute., surmontée de cinq 
filaments épipétales, très nettement distincts et distants les 
uns des autres. Dans l'intervalle de ces filaments, le bord 
supérieur de la couronne, qui est horizontal, est très légère- 
ment éversé en dehors. De même les bords latéraux des fila- 
ments dressés sont un peu retournés en dehors. 

Dans le gynostège, les filets staminaux sont assez haute- 
ment soudés à la couronne, et la base des anthères est en 
forme de fer à cheval. 

Par sa couronne surmontée de cinq filaments subulés, le 
C. tsaratananense est bien distinct de tous les autres Cynan- 
ehum malgaches. 

Cjmanchum Baroni nov. sp. 

Ramis junioribus pubescentibus. Foïiis ovatis {rarius del- 
toideis) acwninatis, basi rotundatis vel subtruncatis, glabriSy 
petiolatis [petiolo 1 cm. 5-2 cm. Ion go), 3 cm. 3-7 cm. longis 
{acumine 1 cm. 5-1 cm. 8 longo), 2 cm.-3 cm. 6 latis. Cymis 



LES CYNANCHLM A FEtILLES DE MADAGASCAR 51 

laxifloris {nsqiie ii-f loris), pedunculo (11 mm.-20 mm. longo) 
pedicellisqiie (6 mtn.-il mm. longLs) puberulis. Sepalis basi 
leçiter coalitis 1 mm. 7-2 mm. longis, 1 mm. 3-1 mm. 5 latin, 
ovatis-triangutis obtiisis vel leviter aaitis, Petalis o^atis obtii- 
sis 5 mm. 5-6 mmi. 6 longis, basi parum (1 mm. 2-2 mm.) coali- 
tis, 2 mm. 1-3 mm. 3 latis. Carotia cyathijormi 2 mm. 5-3 mm. 
alla, basi {\ mm. 3-1 mm. 8) intégra, superius 5 lobis oppositi- 
sepalis triangidis 1 mm. 2-1 mm. 5 a//w, basi 1 mm. 5-1 mm. S 
Za/t.s\ stigma suhsequantibus i>el leviter (0 /»m. 5) siiperantibuSy 
ligulatis, ligulis ciiciiUatis lobas sabseqimntibiis ç'el ip.^is leviter 
(0 mm. 5-0 mm. 6) brevioribus, quinque lobiilis epipetalis mini- 
mis triangulis mm. 2-0 mm. 7 altis. Gi/nostegio 1 ;^/?m. 7-2 mm. 
lato, basi cum corona concrescente, parte libéra 2 mm. -2 mm. 3 
alta. Antherse appendiculis late ovatis vel siiborbicularibus 
mm. 8-0 mm. 9 Zaii5, mm. 7-0 mm. 9 latis, erectis, stigmate 
applicatis, stigm.a subsequantibus. Polliniis ellipticis{0 mm. 350 
mm. 420 altis, m./». 210-0 mm. 245 latis); translatoribus 
(0 mm. 140-0 m/?*. 192 longis) obliquis, retinaculo m//?. 361- 

mm. 365 a/fo, mm. 245-0 mm. 297 Za^o. Stigmatis capite 

1 mm. fl//o, 1 mm. 3-1 /nm. 4 lato. 

Il nous paraît nécessaire de créer une espèce nouvelle pour 
cette plante récoltée autrefois par Baron dans le Nord-Ouest 
(no 5147) et dans le Centre (n^ 2822) de Madagascar, et qui est 
représentée dans l'herbier de Kew et dans celui du Muséum 
de Paris par des spécimens non déterminés. Nous en avons 
fait le Cijnanchum Baroni (pi. XV). 

La couronne du C. Baroni, qui a une certaine ressemblance 
avec celle du C. Perrieri (espèce aphylle), est une coupe qiii 
présente dans sa partie supérieure cinq grands lobes triangu- 
laires épisépales, à base élargie, entre lesquels se trouvent 
des lobes très petits et triangulaires. Les lobes épisépales, 
dont le sommet égale sensiblement le sommet du stigmate, 
ou parfois le dépasse de mm. 5, sont doublés intérieure- 
ment par des ligules qui ont la forme d'un capuchon trian- 
gulaire soudé à la couronne et dont seule la partie supérieure 



52 p. CHOUX 

est libre. Ces ligules sont parfois à peine plus courtes que les 
lobes, alors que d'autres fois les lobes dépassent les ligules de 
mm. 5 à mm. 6. 

Les anthères présentent une gibbosité dorsale, ce qui fait 
que le pentagone gynostégial a des angles épisépales et que, 
sur le milieu de chacun des côtés du pentagone, les bords car- 
tilagineux des anthères forment des pointes légèrement sail- 
lantes, disposition analogue à celle du C. obovatum. Les appen- 
dices staminaux sont dressés et appliqués contre le stigmate, 
qui ne les dépasse que fort peu, mais dont cependant une 
notable partie est découverte, car ces membranes staminales 
ne sont pas très hautes et le stigmate est assez large. La tête 
stigmatique est une masse pentagonale, dont le sommet est 
en forme de dôme et présente un minuscule sillon médian. 

Par ses feuilles ovalaires, le C. Baroni est bien distinct des 
Cynanchum malgaches à couronne ligulée déjà signalés, les 
Cynanchum pycnoneuroïdes Choux et Jumellei Choux. Il ne 
saurait non plus être confondu avec deux autres espèces, éga- 
lement à couronne ligulée, qui nous ont paru nouvelles et 
que nous allons décrire, les C. analamazaotrense et pachycla- 
don. 

Cynanchum analamazaotrense nov. sp. 

Scandens ; caules graciles^ subfiisci^ leviter pubescentes. 
Foliis ovatis^ apice longe acuminatis {aciimine 1 cm. 7-1 cm. 8 
longo), basi rotiindatis vel triincatis, glandulosis, glabris, petio- 
latis [petiolo 1 cm. 6-2 cm. 5 longo), 6 cm. 6-9 cm. 8 longis^ 

2 cm. 3-4 cm. latis. Cymis bifurcatis, 7-15 floris, pubescentibus, 
pedunciilo 6 mm.-Q mm. longo, pedicellis 3 mm.-^ mm. longis. 
Sepalis imbricatis, ovatis-triangulis siibacutis, 1 mm. 2-1 mm. 4 
altis latisque, glabris. Corolla alba. Petalis ovatis leviter acutis 

3 mm. 5-4 mm. 5 longis, basi parum (1 mm.) coalitis, 1 mm. 4- 
2 mm. latis. Corona urceolata-tubiilosa, 2 mm. 5-3 mm. alla, 
gynostegium superante, basi (1 mm.) intégra, deinde (0 mm. 7- 
1 mm.) iO-plicata, deniqiie 5 lobis oppositisepalis triangulis 
leviter acutis, mm. 8-1 mm. altis, 5 lobulis epipetalis minimis 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 53 

i>el subnullis triafigulis vel leviter rotundatis ; intus {coram lobis 
episepalis) 5 ligulis cucullatis apice fissis lohos subsequantibus, 
basi (1 mm. 3-1 mm. 5) cum corona coalitis^ apice (1 mm.- 
1 mm. 4) liberis. Cynostegio 1 mm. 3 alto, 1 mm. 4-1 mm. 5 lato., 
fere sessili. Antherœ appendiculis late ovatis-triangulis, apice 
truncatis vel late rotundatis. Polliniis pirijormibus (0 mm. 385- 
miu. 420 altis., mm. 157-0 mm. 175 /a^Lç) ; translatoribus 
(0 ;/^7?z. 140-0 mm. 157 longis) obliquis ; retinaculo elongato 
(0 mm. 245-0 /»m. 280 a//o, mm. 105-0 mm. 113 lato). Stig- 
mate //?//?. 6 alto., apice iimbonato et bilobo. 

Le C. analamazaotrense est une liane grêle trouvée par 
M. Perrier de la Bâthie, en février 1921, dans la forêt d'Ana- 
lamazaotra, vers 800 mètres d'altitude. 

Les inflorescences sont, autant qu'il nous a semblé d'après 
nos échantillons, des cymes bipares plusieurs fois ramifiées 
et assez lâches, de 1 cm. 5 à 2 cm. 1 de longueur. Elles sont 
portées par des rameaux spéciaux, plus grêles que les rameaux 
ordinaires et dont les feuilles sont très peu développées. 

La couronne, urcéolée-tubulée, dépasse le gynostège de 
1 mm. à 1 mm. 6. Son diamètre est de 2 mm. 4 dans la région 
basilaire, puis diminue régulièrement et n'est plus que de 
1 mm. 2 au sommet. Cette couronne est entière et régulière 
sur 1 mm., puis parait formée de dix lobes juxtaposés, cinq 
épisépales plus longs et plus larges de 1 mm. 5 à 2 mm. et 
cinq plus courts épipétales de mm. 7 à 1 mm. 2. En réalité, 
dans le tiers moyen, les dix lobes correspondent uniquement 
à des plissements de la paroi coronaire saillants extérieure- 
ment, les intervalles entre ces plissements étant réduits et 
peu visibles. Et ce n'est que dans le tiers supérieur qu'il y a 
véritablement cinq lobes épisépales libres, triangulaires, à 
sommet un peu aigu, de mm. 8 à 1 mm. de hauteur et entre 
lesquels se trouvent de petits lobules épipétales, triangulaires, 
ou un peu arrondis, qui n'ont que mm. 1 à mm. 2 et qui 
peuvent même être encore plus réduits. La couronne est donc 
entière sur les deux tiers environ de sa hauteur et n'est lobée 



54 p. CHOUX 

que dans son tiers supérieur. D'autre part, les lobes et pseudo- 
lobes épisépales sont doublés par des ligules qui arrivent à la 
même hauteur ou qui sont im peu plus courtes. Ces ligules ont, 
par suite du rapprochement de leurs bords, la forme d'un 
capuchon triangulaire presque fermé et supporté par un court 
pédicelle de mm. 3 à mm. 5 de hauteur. Elles ont une hau- 
teur totale de 2 mm. 3 à 2 mm. 9 (y compris le pédicelle), 
ne sont libres que dans leur région supérieure et sont d'au- 
tre part fendues au sommet. Ajoutons encore que, dans la 
partie du capuchon ligulaire qui est soudée à la couronne, 
seule la partie médiane est soudée à cette couronne ; les bords 
sont libres et ces bords sont à base arrondie. 

Les anthères présentent une gibbosité dorsale et le penta- 
gone gynostégial a la même disposition que dans l'espèce pré- 
cédente. Les appendices staminaux ont mm. 507 à mm. 577 
de hauteur sur mm. 525 à mm. 560 de largeur. 

Le stigmate affecte la forme d'un plateau surmonté d'une 
petite pointe médiane dont le sommet est nettement bilobé. 
Sur la fleur, c'est seulement ce sommet du stigmate qui est 
visible, le reste étant caché par les membranes stigmatiques 
rabattues. 

L'unique fruit que nous possédons est un follicule à paroi 
un peu épaisse, coriace, de 8 cm. 5 de longueur. 

Cynanchum pachycladon nov. sp. 

Scandens ; ramis cr assis ^ pubescentibus, junior ibus tomento- 
sis. Foliis cordiformibus^ 5 an. 5-7 cm. 1 longis., 3 cm. 8-6 cm. 
latis, apice cuspidatis^ auriculis rotundatis 5 nun.-ii mm. altis, 
manifeste petiolatis {petiolo 2 cm. 2-3 cm. 5 longo), pubescen- 
tibus. Cymis umbelliformibus, plurifloris (8-13), petiolo brevic- 
ribus, 1 cm. 2-1 cm. 9 longis, breviter (4 mm.-l mm.) peduncula- 
tis, pedicellis brevibus (6 mm. -8 mm.) quoque, utrisque pubes- 
centibus. Sepalis oçatis-elongatis, subacutis., 1 /nm. 8-2 mm. 5 
altis, mm. 8-1 mm. 2 latis, multiglandulosis , extus margini- 
busque pubescentibus. Petalis deawibentibus, oblongis obtusis, 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 55 

4 mm. 5-4 mm. 8 altis., basi (1 mm. 4-1 mm. 5) coalitis\ 1 ;/i'///. 7- 

2 wm. latis. Corona tubulosa^ vel rarius cyathifonni., 3 mm. 5- 

3 mm. 7 «Zfa, gynostegiiim superante., basi (1 ///?a^) intégra., 
deinde (1 mm.) iO-plicata, denique iO-lobata ; 5 /o^w episepalis 
triangiilis 1 />/;/?. 5 a//i5% 5 Zo/>i5' epipetalis minoribus wzm. 5 
altis apice leviter emarginatis ; intus 5 ligulis episepalis lin- 
guiformibus stipitatis, tubo coronario brevioribus ., 1 mm. 8 
altis., cum corona fera omnino coalitis., inius quoque basi sùiimm 
10 lobiilis triangulis rotundatis. Gynosiegio 1 mm. 8 a/to, sti- 
pitato. Antherœ appendiculis suborbicularibus (0 mm. 420- 
mm. 490 alii^, mm. 612-0 m. 647 /a/i^), sligma incumben- 
tibus. PoUiniis globosis (0 mm. 262-0 mm. 280 altis^ mm. 175- 
}?im. 192 Za/i^) ; translatoribus breçibus (0 ;«;??. 105 longis, 
7^zm. 070-0 mm. 087 latis) ; retinaculo ovato (0 mm. 227 ato, 
m;». 175 lato). Stigmate mm. 6 «ito, a/>ice umbonato obs- 
cure bilobo. 

Le r. pachycladon est une liane récoltée par M. Perrier de 
la Bâthie, en octobre 1924, dans les bois gréseux du bassin 
du Fiherenana, vers 200 mètres d'altitude. 

Les rameaux de cette plante sont remarquables par leur épais- 
seur (pi. XVI), d'où le nom que nous avons donné à cette es- 
pèce. En effet, les extrémités de ces rameaux ont déjà 2 mm. 
de diamètre, et, à quelques centimètres au-dessous de cette 
extrémité, ils ont 4 à 5 mm. de diamètre. Cette espèce con- 
traste ainsi nettement avec l'aspect de liane grêle qu'ont sou- 
vent ces Cynanchum, et est, en tout cas, un des caractères qui 
frappent le plus dès l'abord. D'autre part, les rameaux jeu- 
nes sont fortement tomenteux et les rameaux un peu plus 
âgés, quoique ligneux et épais, sont encore abondamment 
pubescents. D'ailleurs ces deux caractères de pilosité et de 
crassulescence sont vraisemblablement des caractères d'adap- 
tation à la sécheresse, la plante ayant été récoltée dans les 
régions désertiques du Sud-Ouest. 

Les inflorescences, latérales ou subterminales, extra- 
axillaires, naissent assez souvent par paires au même niveau 



56 p. CHOUX 

que les feuilles, mais suivant un diamètre perpendiculaire. 
Le bouton floral (4 mm. de hauteur sur 2 mm. 5 de largeur) 
est conique légèrement obtus. Les pétales y sont couvrant à 
droite. 

La couronne (1), qui dépasse le gynostège de 1 mm. 7 envi- 
ron, ressemble un peu à celle du C. analamazaotrense^ en ce 
sens qu'au-dessus d'une portion basilaire régulièrement arron- 
die de 1 mm. de hauteur la paroi coronaire présente dix plis- 
sements. Seulement ici ces dix plissements se continuent tous 
par des lobes véritables. La couronne se compose donc de dix 
pièces assez hautement concrescentes, qui sont indiquées dans 
la partie soudée par des plissements saillants extérieurement 
et de 1 mm. de hauteur. Les plissements les plus larges (0 mm. 7 
à m. 8 de largeur à la base) et surmontés par les lobes les 
plus longs (partie libre des lobes : 1 mm. 5 à 1 mm. 7) sont oppo- 
sitisépales et triangulaires. Les plissements les moins larges 
(0 mm. 3 à mm. 2) et surmontés par les lobes les plus courts 
(0 mm. 5 à mm. 7) sont oppositipétales, étroits et à bords 
parallèles ; la partie supérieure en est un peu retournée en 
dehors et leur sommet est légèrement échancré. 

D'autre part, ce que Ton ne soupçonne pas en regardant 
la couronne de l'extérieur, et ce dont on ne peut se rendre 
compte qu'en ouvrant la couronne, c'est qu'il existe des ligu- 
les épisépales (2). Ces dernières sont presque entièrement sou- 
dées à la paroi coronaire et leur sommet reste un peu en-des- 
sous de la base des lobes. Elles comprennent un pied grêle 
(de mm. 8 de hauteur), partant de la base de la couronne et 
surmonté par une partie linguiforme (de 1 mm. de hauteur) un 
peu épaisse. Enfin, toujours à l'intérieur de la couroime et à la 
base des dépressions internes, se trouvent dix petits lobules 
triangulaires arrondis et libres sauf dans leur région d'insertion. 

(1) La couronne est parfois très nettement en forme de coupe par 
suite d'un évasement régulier de la paroi. Il nous semble cependant que 
le tube est plus fréquent que la coupe. 

(2) Lorsque la couronne est en forme de coupe, on aperçoit bien cepen- 
dant les ligules épisépales. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 57 

Le gynostège est nettement stipité. Le pied (0 mm. 8 de 
hauteur) est bien distinct et nettement plus étroit (0 mm. 7 
de diamètre) que la masse formée par les anthères (1 mm, 5 de 
diamètre). 

Les follicules — bien représentés dans la planche XVI — 
sont de grandes dimensions (12 à 13 cm. de longueur) et éga- 
lement assez larges. Ils sont plus rétrécis vers le sommet que 
vers la base qui est tronquée. Les graines, largement ovales, 
à base arrondie et à sommet tronqué, ont 9 mm. de longueur 
sur 5 mm. à 7 mm. de largeur. Elles portent une aigrette 
soyeuse de 4 cm. 2 à 6 cm. de longueur. 

V. — Classification des Cynanchum a feuilles malcaches 

Avec les espèces nouvelles que nous venons de décrire, on 
connaît donc maintenant à Madagascar vingt-huit Cynanchum 
à feuilles. Bien que ce nombre ne soit peut-être pas définitif, 
— car de nouvelles espèces pourront être encore signalées — 
il y a lieu cependant, dès maintenant, nous semble-t-il, de 
tâcher d'établir un lien entre tous ces Cynanchum dont les 
descriptions sont dispersées dans des publications différentes. 
C'est pourquoi nous donnons ci-après un tableau mettant en 
relief les principaux caractères permettant de reconnaître ces 
vingt-huit espèces de Cynanchum. 

A. Feuilles linéaires. 

a. Couronne ligulée. 

I. Plante possédant une souche ram- 
pante, émettant de loin en loin des 
rameaux dressés et épais. Feuilles 
plus ou moins verticillées. Cou- 
ronne à 10 lobes C. pycnoneuroides 

II. Plante tuberculeuse à tiges volu- 
biles, courtes et nombreuses, grêles. 
Feuilles opposées. Couronne à 

5 lobes C. Jumellei. 

h. Couronne dépourvue de ligule. 

I. Couronne repliée intérieurement . C. moramangense 



58 p. CHOUX 

II. Couronne non repliée intérieure- 
ment. 

1. Couronne égalant la colonne 
staminale ou moins haute que 
cette dernière. 

X Lobes de la corolle en 
forme de capuchon. Ap- 
pendices staminaux peu 
développés et rabattus 

sur le stigmate C. cucullatum. 

X X Lobes de la corolle non 
en forme de capuchon. 
Appendices staminaux 
' très développés, dressés, 
et formant un cône bien 
net qui coiffe le stigmate. 
+ Arbuste à tiges 
dressées. Couronne 
cyathiforme, moins 
haute que la colonne 
staminale, à 5 lobes 
épisépales plus ou 
moins hautement sou- 
dés, larges et juxta- 
posés C . appendiculatum. 

+ + Liane grêle. Cou- 
ronne urcéolée, éga- 
lant sensiblement la 
colonne staminale, 
entière inférieure - 
ment, terminée par 
5 lobes épipétales 
étroits et bien dis- 
tincts les uns des au- 
tres C. angavokeliense.. 

2. Couronne dépassant la co- 
lonne staminale. 

X Corolle avec lobes en 

forme de capuchon et 

mamelons alternant avec 

les lobes C. papUlatum. 

X X Corolle n'ayant ni des 

lobes en forme de capu- 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 59 

chon, ni dos iiiamcloiis 

alternant avec les lobes. 
+ Couronne à 5 plisse- 
ments épi pétales, 
presque entière, af- 
fectant vue d'en haut 
la forme d'une étoile 
excavée dont les 
branches sont fer- 
mées C. liiicare. 

+ + Couronne à 5 plis- 
sements épipétales, 
nettement lobulée ; 
lobules non fermés 
supérieurement et à 
sommet très nette- 
ment frangé C. fimbriatum. 

B. Feuilles ovales, oblongues, elliptiques, lan- 
céolées, obovales ou cordif ormes. 
a. Couronne ligulée (1). 

I. Couronne avec 10 plissements. 

1. Liane grêle à feuilles ovales 
à base arrondie ou tronquée. 
Couronne avec 10 plissements 
juxtaposés et 5 lobes épisépa- 
les, ligules presque aussi hautes 

que les lobes C. ajialanwzaotretifte. 

2. Liane à rameaux épais, à feuil- 
les cordiformes. Couronne avec 
10 plissements inégaux et 
10 lobes ; ligules seulem.eut 

dans la partie soudée C. pachycladon. 

IL Couronne sans plissements, en 
forme de coupe, avec 5 grands lobes 
triangulaires épisépales • . . . C. Baroni. 



(1) Faisons remarquer que cinq espèces seulement de Cynanchum à 
feuilles malgaches ont une couronne pourvue intérieurement de ligules, 
savoir, d'une part les C. pycnoneuroides et Jumelîei parmi les espèces à 
fouilles linéaires, et d'autre part les C. analamazaotrcnse, pachycladon 
et Daroni. 



60 



p. CHOUX 

b. Couronne dépourvue de ligule. 

I. Couronne retournée extérieure- 
ment C. comorense. 

II. Couronne repliée intérieurement. 

1. Couronne avec côtes saillan- 
tes épipétales dans sa portion 
dressée. 

X Feuilles nettement et lar- 
gement échancrées en 

cœur à la base C. eurychitoides. 

X X Feuilles non échan- 
crées en cœur à la base . . . 
-f Feuilles obovales. 
Côtes de la couronne 
en arceaux falcifor- 
mes se rejoignant au 
centre de la fleur . . C. ohovatum. 
-f + Feuilles oblon- 
gues-elliptiques. Cô- 
tes de la couronne 
verticales, se rabat- 
tant ensuite à angle 
droit, en forme de ca- 
puchon ouvert au 
sommet, et ne se re- 
joignant pas au cen- 
tre de la fleur C. masoalense. 

2. Couronne sans côtes saillan- 

tes épipétales dans sa por- 
tion dressée. 

X X Couronne cyathiforme 
dépassant peu ou pas la 
colonne staminale ; partie 
repliée assez courte et 
s'accompagnant de bour- 
souflures irrégulières ... C. repandum. 
X X Couronne tubuleuse 
dépassant nettement la 
colonne staminale ; par- 
tie repliée assez longue et 
s'accompagnant de plisse- 
ments épipétales régu- 
liers C. subcoriaceum. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 61 

III. Couronne non retournée exté- 
rieurement, ni repliée intérieure- 
ment. 

1. Corolle de 15 mm. de hauteur . C. erythranthum. 

2. Corolle ayant moins de 
15 mm. de hauteur. 

X X Corolle à tube plus 
allongé que les lobes. 
+ Couronne à 10 lo- 
bes C. madagascariense. 

+ + Couronne à 5 lo- 
bes épipétales et avec 
5 vésicules basilaires 
épipétales comme les 

lobes C. leucanthum. 

X X Corolle à tube moins 
allongé que les lobes. 
+ Tube corollaire re- 
présentant plus du 
tiers de la longueur 
totale de la corolle. 
= Feuilles à base 
plus ou moins 
échancrée en 
cœur ou tron- 
quée. Couronne 
avec 5 vésicules 
basilaires épipé- 
tales C. leucanthum. 

= — Feuilles à 
base aiguë. Cou- 
ronne sans vési- 
cules basilaires 

épipétales C. bojerianum. 

+ + Tube corollaire 
représentant au plus 
le tiers de la hauteur 
totale de la corolle, 
souvent le quart ou 
moins du quart. 
[Voir la suite en A 
à la ligne sui- 
vante). 



62 p. CHOUX 

A. Corolle d'assez grandes dimensions (entre 
6 mm. 5 et 11 mm. de longueur). 

a. Couronne grande, ayant 5 mm. de hau- 
teur ou davantage (jusqu'à 6 mm. 5), 
entière, avec 5 plissements épipétales 
formant 5 pseudolobes (1). 

I. Bords des anthères tordus vers la 

gauche C. Eurychiton. 

II. Bords des anthères disposés radia- 
lement et non tordus vers la gau- 
che. 

1. Couronne avec étranglement 
inférieur, ayant sensiblement 
même diamètre dans toute sa 
hauteur et terminée par 5 pseu- 
dolobes dressés à sommet en 
forme de capuchon. Colonne 
staminale longuement stipitée, 
de 4 mm. à 5 mm. de hauteur, 
plus haute que la moitié de la 

couronne , C Danguyanwn. 

2. Couronne sans étranglement 
inférieur, avec partie infé- 
rieure plus large que la partie 
supérieure qui présente 5 pseu- 
dolobes un peu obliques vers le 
centre de la fleur et terminés 
par deux lobules aiTondis s'ap- 
pliquant Tun contre l'autre et 
fermant le sommet du pseu- 
dolobe. Colonne staminale 
courtement stipitée, de 2 mm. 
de hauteur, n'égalant pas la 

moitié de la couronne C. Becanji. 

b. Couronne moins grande, de 3 mm. 5 à 
3 mm. 9, entière sur la moitié de sa hau- 



(1) Signalons ici que bien souvent dans la couronne de ces Cynanchum 
à feuilles, les lobes ou les dents, s'il n'y en a que 5, ou bien les lobes ou les 
dents les plus accusés, s'il y en a 10, sont oppositipétales. Or, il ne paraît 
pas en être de même chez les Cynanchum du continent africain, et ce 
n'est pas non plus ce que l'on constate chez les Cynanchum aphylles 
malgaches, où ces lobes ou dents sont au contraire oppositisépales. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 63 

leur environ et terminée par 5 filaments 

(de 1 mm. 7 à 1 mm. 9 de hauteur), grè- " 

les et bien distincts les uns des autres ... C. tsaratananense. 



B. Corolle de dimensions plus réduites variant 
entre 4 et 5 mm. (1). 

a. Couronne urécolée terminée par 5 lobes 
épipétales munis à leur sommet d'un 
petit bec. Gynostège stipité. Pointes 
staminales petites et peu saillantes. 

Feuilles à base échancrée en cœur C. andruigàrense. 

b. Couronne urcéolée terminée par 5 dents 
épipétales à sommet obtus ou arrondi 
(en forme de capuchon) non munies 
d'un petit bec. Gynostège sessile avec 
5 pointes saillantes oppositipétales net- 
tes. Feuilles non échancrées en cœur à 
la base. 

I. Herbe de petite taille (9 cm. de 
hauteur), à feuilles d'abord ova- 
laires à la base, puis ovales-lancéo- 
lées et lancéolées C. napiferum. 

II. Liane à feuilles lancéolées ou lan- 
céolées - linéaires, mais pouvant 

avoir aussi des feuilles linéaires ... . C. lineare (2). 



(1) Cependant le C. lineare peut avoir parfois une corolle de 6 mm. 5 
de longueur. 

(2) Nous avons cru pouvoir, dans le tableau que nous venons de don- 
ner, faire un groupe spécial des Cynanchum à feuilles linéaires, que nous 
opposons aux autres Cynanchum où les feuilles sont plus larges, en revê- 
tant des formes d'ailleurs diverses. Mais, pour nous rapprocher autant 
que possible de la vérité, nous avons fait figurer le C. lineare à la fois 
dans les deux groupes, car si cette espèce a bien des feuilles linéaires, 
comme l'indique le qualificatif qui lui a été appliqué par N.-E. Brown, 
elle peut avoir aussi des feuilles lancéolées. D'autre part, il y a lieu de 
faire remarquer que, lorsque cette dernière éventualité est réalisée, le 
C. lineare se trouve dans notre tableau voisiner avec le C. napiferum 
Choux, ce qui n'est pas fait pour nous étonner, puisque nous écrivions 
déjà en 1914 r «Les fleurs présentent une très grande ressemblance 
dans le C. napijerum et dans le C. lineare, à tel point même que, si l'on 



64 p. CHOLX 

VI. RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES GyNANCHUM 

A FEUILLES MALGACHES 

Au point de vue de la répartition géographique des Cynan- 
chum à feuilles de Madagascar, le fait dominant qu'il faut 
tout de suite mettre en relief, c'est la prédominance marquée 
de ces Cynanchum dans le domaine du Centre^ où Von rencontre 
en effet dix-huit espèces^ alors que les domaines de l'Ouest, du 
Sambirano, du Sud-Ouest et de l'Est comptent seulement et 
respectivement quatre, une, deux et quatre espèces (1). 



faisait abstraction de l'appareil végétatif, on pourrait croire que l'on se 
trouve en présence d'une seule et même espèce ». Cette affirmation 
n'est-elle pas, à la lumière des faits que nous avons signalés plus haut, à 
propos du polymorphisme du C. lineare, susceptible d'être modifiée ; 
autrement dit le C. napijerum ne serait-il pas une simple modification 
de forme du C. lineare ? Nous ne le pensons pas. En effet, le C. lineare 
n'a des feuilles élargies que lorsque ses tiges poussent dans les bois et 
bs broussailles ou dans les endroits où la végétation arborescente a été 
récemment brûlée. Lorsque dans les prairies de date un peu ancienne, il 
a des tiges dressées, les feuilles sont bien linéaires. Or le C. napiferum, 
qui est dressé et de petite taille, a des feuilles ovales. D'ailleurs il est à 
cet égard deux documents particulièrement probants ; ce sont les plan- 
ches XVIII et XIX de notre mémoire de 1914 , représentant la première 
un pied de C. lineare et la seconde quelques pieds de C. napiferum. 11 
semble bien, en comparant ces deux échantillons, qu'ils appartiennent 
à deux espèces différentes et nous croyons pouvoir affirmer — tout au 
moins dans l'état actuel de nos connaissances — que le C. napiferum 
doit être maintenu comme entité spécifique distincte du C. lineare, 
bien que les fleurs présentent une très grande ressemblance dans les 
deux cas. 

(1) 11 y a lieu de mettre tout à fait à part dans ce chapitre de la répar- 
tition géographique le C. comorense, qui n'est pas connu à Madagascar, 
mais seulement dans l'archipel des Comores. D'autre part nous ne pos- 
sédons aucun renseignement sur la dispersion géographique du C. obo- 
vatum Dcne, représenté dans l'herbier du Muséum de Paris par deux 
échantillons, un de Dupetit-Thouars (qui a servi à Decaisne à créer son 
espèce) et un autre de Humblot, mais tous deux sans indication de loca- 
lité. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 65 

Dans le domaine des plaines et plateaux de l'Ouest 
ET DU Nord (1), on connaît quatre Cynanchum. Deux d'en- 
tre eux paraissent spéciaux à ce domaine ; ce sont le C. ery- 
thranthum Jum. et Perr, du Tampoketsa de la rive gauche de 
la Mahavavy (Ambongo) et le C. Dangiiyanum Choux, com- 
mun dans TAmbongo et le Boina, que l'on trouve aussi plus 
au Nord à Maromandia (non loin du domaine de Sambirano), 
et qui d'autre part existe sur les confins du domaine du Cen- 
tre, puisque M. Perrier de la Bâthie l'a trouvé à Midongy 
par 900 mètres d'altitude. Par contre, le C. papUlatiim Choux, 
de la vallée de la Loky, se retrouve dans le domaine du Cen- 
tre, et le C. Eurychiton Dcne, rapporté autrefois par Bojer 
de la baie de Bombetoke, existe également à Nossi-bé et à 
Nossi-Mitsio ; c'est d'ailleurs le seul Cynanchum à feuilles du 
domaine du Sambirano. 

Dans le domaine subdésertique du Sud-Ouest, il nous 
faut signaler deux espèces, le C. pachycladon Choux, du bas- 
sin du Fiherenana, et le C. Decaryi Choux, qui existe à la fois 
sur le plateau Mahafaly près du Menarandra, et à Ambo- 
vombé. 

Dans le domaine des plaines et basses montagnes de 
l'Est, nous connaissons le C. masoalense Choux, de la forêt 
orientale, à Masoala, et le C. analamazaotrense de la forêt 
d'Analamazaotra (800 mètres d'altitude), qui, comme on le 
sait, est située dans la zone oîi la forêt orientale passe insen- 



(1) Nous avons adopté ici, comme dans nos travaux antérieurs, les 
subdivisions phytogéographiques établies par M. Perrier de la Bâthie 
dans son bel ouvrage, désormais classique, sur La végétation ttialgache 
(Ann. du Mus. col. de Marseille, 1921). Par contre, nous avons utilisé 
pour désigner ces subdivisions, non pas la terminologie initiale de 
M. Perrier de la Bâthie, mais celle, plus conforme avec les règles actuel- 
les de la phytogéographie, qui, après avoir été proposée par M. lium- 
bert, dans son remarquable travail sur Les Composées de Madagascar 
(Mém. Soc. Linn. de Normandie, t. XXV, 1923), vient d'être tout récem- 
ment adoptée par M. Perrier de la Bâthie lui-même dans une étude sur 
les trois grands massifs de Madagascar : Le Tsaratanana, V Ankaratra et 
VAndringitra [Mém. de V Académie malgache, fasc. III, 1927). 



66 p. CHOUX 

siblement à la forêt du Centre. Mais ces espèces sont-elles les 
seules de ce domaine, ou faut-il y ajouter encore les C. eury- 
chitoides K. Sch. et madagascariense K. Sch., trouvés par 
Scott-Elliott dans la région de Fort-Dauphin ? On ne peut 
malheureusement être catégorique à ce sujet. En effet, Fort- 
Dauphin est sur la limite du domaine de l'Est (1) et du do- 
maine du Sud-Ouest et les espèces récoltées dans cette région 
par Scott-Elliott proviennent les unes manifestement du 
domaine du Sud-Ouest et les autres du domaine de TEst. 
Cependant, le C. madagascariense, que Ton connaît aussi dans 
le domaine du Centre, notamment au mont Bekinoly, près 
de Zazafotsy, aux alentours du mont Belambana, aux envi- 
rons d'Ambalava, et plus au Nord à Itremo dans les bois des 
pentes occidentales, serait, précisément en raison de ces au- 
tres habitats, plutôt du domaine de TEst que de celui du Sud- 
Ouest. Par contre, nous ne possédons aucune indication de ce 
genre pour le C. eurychitoides, que Cloisel a récolté lui aussi à 
Fort-Dauphin, mais sans préciser plus que Scott-Elliott. 

En tout cas, dans ces divers domaines : Ouest, Sambirano, 
Sud-Ouest et Est, on ne connaît que onze Cynanchum, alors 
que dans le seul domaine des hauts plateaux et hautes 
MONTAGNES Du Centre, Oïl cu signale dix-huit, sur lesquels 
tous sont spéciaux à ce domaine, sauf le C. madagascariense, 
dont nous venons de parler et le C. papillatiim que l'on re- 
trouve dans l'Extrême-Nord. Certaines de ces espèces spécia- 
les ont dans ce domaine une aire de répartition assez éten- 
due. 

C'est ainsi que le C. subcoriaceum Schltr. existe dans pres- 
que toute la longueur du domaine du Centre, puisqu'en allant 
du Nord au Sud on le trouve à la Montagne d'Ambre (800 mè- 
tres), au mont Tsaratanana (2.000 mètres et 2.500 mètres), 
dans la forêt d'Analamazaotra (950 mètres) et ses environs 



(1) Dans le cours de notre exposé, nous avons employé, pour dési- 
gner les différents domaines, les abréviations de domaines de l'Est, du 
Centre, du Sambirano, de l'Ouest et du Sud. 



LÉS CYNANCHUM a FEUÎLLES DE MADAGASCAR G7 

(1.000 mètres), sur les pelouses à xérophytes de l'Ankaratra 
(2.200 mètres), dans les bois d'Ankafina, sur la falaise orien- 
tale dans la région du Haut-Mananjary (forêt à sous-bois 
herbacé, 1.100 mètres) et à La Mandraka (1.200 mètres), en- 
fin dans le massif d'Andrincritra (1.800 mètres) et dans la forêt 
à l'Est d'Ivohibé (1.000 mètres). 

Le C. lineare N.-E. Br. a également une aire de réparti- 
tion assez large, puisqu'il a été récolté sur la cime du Ketsa, 
dans le Tampoketsa d'entre le Bemarivo et la Mahazamba, 
dans les bois des pentes occidentales aux environs d'Antsi- 
rabé (1.600 mètres), au mont Ibity au sud d'Antsirabé 
(2.000 mètres), au mont Andronomongitsy près de Rano- 
mainty (1.600 mètres), entre la Mania et l'Ivato (1.500 mè- 
tres), enfin dans la partie est du massif d'Andringitra 
(1.600 mètres). 

Sont encore connus dans plusieurs stations : 

le C. leucanthum K. Sch., signalé dans les bois des pentes 
occidentales à Manerinerina (1.500 mètres), au mont Ango- 
vokely, dans la forêt à sous-bois herbacé (Imerina, 1.400 mè- 
tres), dans les bois d'Andrainarivo (Imerina), sur les bords de 
l'Onive près de Tsinjoarivo (1.300 mètres), et dans la forêt 
d'Ankafina ; 

le C. andringitrense Choux, trouvé à Tsinjoarivo (1.400 mè- 
tres), dans une île de l'Onive au-dessus de Tsinjoarivo, au 
mont Ibity au sud d'Antsirabé (2.000 mètres-2.300 mètres), 
aux environs d'Ambatofangena (1.800 mètres), et dans le 
massif d'Andringitra (1.600 mètres) ; 

le C. repandum Dcne, trouvé sur l'Onive près de Tsinjoa- 
rivo (1.400 mètres) et dans le massif d'Andringitra (2.200 mè- 
tres) (1). 



(1) Dans le Prodrome, Decaisne signale que le C. repandum se trouve 
dans la baie de Bombetoke. Mais M. Perrier de la Bàthie n'ayant point 
rencontré ce C. repandum dans le domaine de l'Ouest et l'ayant récolté 
dans le domaine du Centre et à des altitudes assez élevées, nous nous 
demandons si le renseignement de Decaisne est bien exact et nous avons 
cru préférable de ne pas en faire état pour le moment. 



68 p. CHOUX 

Par contre sont, dans Tétat actuel de nos connaissances 
tout au moins, d\ine dispersion plus limitée : 

le C. tsaratananense Choux, du massif du Tsaratanana 
(1.700 mètres) ; 

le C. hojerianum Dene, de Manerinerina, sur le Tampoketsa 
d'entre Tlkopa et la Betsiboka (1.500 mètres) ; 

le C. fimbriaium du même Tampoketsa ; 

le C. moramangense Choux, des environs de Moramanga 
(850-900 mètres) ; 

le C. angavokeliense Choux, du mont Angavokely (1.800 mè- 
tres) ; 

le C. cucuUatum N.-E. Br., du mont Ambohitrakoholahy 
(mont Ankaratra) (1).; 

le C. napijerum Choux, de la prairie centrale aux environs 
de Tsinjoarivo (1.500 mètres) ; 

le C. Jumellei Choux, des prairies de l'Ankaratra (2.000 mè- 
tres) et de l'Est d'Antsirabé (2.000 mètres) ; 

les C. appendiculatum Choux et pyc?wneuroides Choux, du 
massif d'Andringitra (1.800 mètres-2.500 mètres) (2). 

Quant au C. Baroni Choux, Baron indique, à propos de 
l'un de ses échantillons (n^ 2822), que c'est une espèce du 
Centre, alors qu'un autre porte la mention « chiefly from 
North-West Madagascar ». Mais le Xord-Ouest de Mada- 
gascar est un mot bien vague qui ne signifie pas forcément 
que la plante ait été récoltée dans ce que M. Perrier de la 
Bâthie considère comme le domaine de l'Ouest. Aussi, jus- 
qu'à plus ample informé, nous considérerons cette plante 
comme appartenant au domaine du Centre. 



(1) Localité indiquée par Baron dans le Compendium des plantes mal- 
gaches. 

(2) On connaît plusieurs espèces de Cynanchum à feuilles dans le 
massif d'Andringitra. Indépendamment des C. appendiculatum et pycnc- 
neuroides qui ne sont connus que là. on y retrouve encore les C. andrin- 
gitrense, lineare, papillatum, repandum et subcoriaceum. D'autre part, si 
le C. pycnoneuroides est à souche rampante, les six autres espèces sont 
pourvues de tubercules. 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 69 

Enfin deux espèces ne sont pas spéciales au domaine du 
Centre ; ce sont le C. madagascariense dont nous avons pré- 
cisé plus haut la dispersion géographique et le C. papillatum, 
qui existe dans le Tampoketsa d'Ankazobé (1.700 mètres), 
au Sud de Tsinjoarivo (1.400 mètres) et dans le massif d'An- 
dringitra (2.000 mètres), 

La répartition géographique que nous venons d'indiquer 
peut être résumée dans le tableau suivant. 

A. — Domaine de l'Ouest 

Ç. Danguyanum . . . . Maromandia Decary, fév. 1923 

(n" 1502), mars 
1923 (no 1519 et 
1528), juin 1923 
(no 2112). 
Plateau du Tampoketsa 

Ambongo et Boina . . Perrier. 

Midongy Perrier, mars 1919 

(no 12520). 

C. erythranthum . . . . Tampoketsa de la rive 

gauche de la Maha- 
vavy (Ambongo) . . . Perrier, 1904. 

(Seulement dans le domaine de l'Ouest). 

C. papillatum Vallée de la Loky Perrier, sept. 1909 

(no 8999). 

(Aussi dans le domaine du Centre). 

C. Eurychiton Baie de Bombetoka . . . Bojer. 

(Aussi dans le domaine du Sambirano). 

B. — Domaine du Sambirano 

C. Eurychiton Nossi-bé Bojer. 

Nossi-bé Boivin, 1849 (no 2079 

ter). 



70 p. CHOUX 

Nossi-Mitsio Hildebrandt, mars 

1880 (no 3367). 

(Aussi dans le domaine de l'Ouest). 

C. — Domaine du Sud-Ouest 

C. pachycladon Bassin du Fiherenana Perrier, oct. 1924 

(no 16602). 

C. Decaryi Plateau mahafaly, près 

du Menarandra .... Perrier, juin 1910 

(no 11664). 

Ambovombé Decary, juin 1914 

(no 2807 et 2863). 

(Seulement dans le domaine du Sud-Ouest). 

D. — Domaine de l'Est 

C. masoalense Masoala (forêt orien- 
tale) Perrier, oct, 1912 

(no 11655). 

C. analqmazaotrense . Forêt d'Analamazaotra Perrier, fév. 1921 

(no 16024). 

C. eurychitoides .... Près de Fort-Dauphin . Scott-Elliott (no 2629) 

Fort-Dauphin Cloisel (no 104). 

(Seulement dans le domaine de l'Est). 

C. madagascariense . Près de Fort-Dauphin . Scott Elliott (n" 2882) " 
(Aussi dans le domaine du Centre). 

E. — Domaine du Centre 

C. suhcoriaceum .... Montagne d'Ambre . . . Perrier, nov. 1909 

(no 11658). 
Mont Tsaratanana . . . . Perrier, déc. 1912 

(no 11653). 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 71 

Silve à lichens du mont 

Tsaratanana Perrier, déc. 1912 

(no 11656). 
Forêt d'Analamazaotra Viguier et Humbert, 

oct. 1912 (no 952). 
Environs d'Analama- 
zaotra Perrier (n" 8974). 

Pelouses à xérophytes 

de l'Ankaratra Perrier (n» 8075. 

Bois d'Anfakina Hildebrandt, 1881, 

(no 3966). 
Falaise orientale : haut- 

Mananjary Perrier, déc. 1911, 

(no 11657). 
Falaise orientale : La 

Mandraka Perrier, janv. 1911 

(no 11659). 
Massif d'Andringitra . . Perrier, fév. 1922 

(no 14393). 
Forêt à l'est d'Ivoliibé.. Humbert, nov. 1924 

(no 3159). 

C. Uneare Cime du Ketsa .- Perrier. 

Tampoketsa entre Be- 
marivo et Maha- 

zamba Perrier, déc. 1910 

(no 11690). 
Bois des pentes occi- 
dentales aux envi- 
rons d'Antsirabé ... . Perrier, déc. 1913 

(no 11673). 
Mont Ibity au sud 

d'Antsirabé Perrier, fév. 1914 

(no 8146). 
Mont Andronomongitsy 

près Ranomainty . . . Perrier, juin 1912 

(no 11654). 
Entre la Mania et 

i'Ivato Perrier, fév. 1919 

(no 12380). 

Betsileo Baron (no 109). 

Est du massif d'An- 
dringitra Perrier, mars .1922 

(no 14446). 



72 p. CHOUX 

C. leucanthum Bois des pentes occiden- 
tales, Manerinerina . Perrier, déc. 1923 

(noo 16877 et 16878) 
Bois d'Andrainarivo . . R. P. Campenon, 

1887. 
Mont Angavokely, forêt 

à sous-bois herbacé . . Perrier (n° 11678) 
Bords de l'Onive, près 

Tsinjoarivo Perrier, fév. 1925 

(no 16397). 
Forêt d'Ankafina Hildebrandt (no3917). 

C. andringitrense . . . Tsinjoarivo Perrier, fév. 1925 

(no 16932). 
Sur l'Onive, près Tsin- 
joarivo Viguier et Humbert, 

déc. 1912 (no 1908). 
Mont Ibity, sud d'Ant- 

sirabé Perrier, fév. 1914 

(no 11672). 
Environs d'Ambatofan- 

gena Perrier, fév. 1919 

(no 12389). 
Massif d'Andringitra . . Perrier, fév. 1922 

(no 14477). 

C. repandum Sur l'Onive, près Tsin- 
joarivo : . Perrier, fév. 1925 

• (no 16913). 

Massif d'Andringitra .. Perrier, mars 1921 

(no 13690) ; fév. 
1922 (no 14392). 

C. tsaratananense . . Massif du Tsaratanana Perrier, janv. 1923 

(no 15390). 

C. bojerianum Manerinerina, sur le 

Tampoketsa entre 

Ikopa et Betsiboka . Perrier, déc. 1924 

(no 16780). 

C. fimbriatum Tampoketsa entre Iko- 
pa et Betsiboka .... Perrier, oct. 1924 

(no 16756). 

C. moramangense . . Environs de Moramanga Perrier (no 8971), fév- 

1925 (no 16887). 



LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADAGASCAR 73 

C . angavokeliense ... Mont Angavokely Perrier, oct. 1919 

(n° 12937). 

C. cucuUatum Mont Ambohitrakoho- 

lahy Baron (n» 2036). 

C. napiferum Prairie centrale, envi- 
rons de Tsinjoarivo . . Perrier 

C. Jumellei Est d'Antsirabé Perrier, fév. 1914 

(no 11674). 
Prairies d'Ankaratra .. Perrier, janv. 1920 

(no 12990). 

C. appendiculatum . Massif d'Andringitra . . Perrier, avril 1921 

(no 13654) ; janv. 
1922 (no 14332). 
Central Madagascar .. Baron (no 4424). 

C. pycnoneuroides . . Massif d'Andringitra .. . Perrier. 

C. Baroni Central Madagascar . . . Baron (no 2822). 

(Seulement dans le domaine du Centre). 

C . madagascariense . . Bois des pentes occi- 
dentales, Itremo ... Perrier, fév. 1919 

(no 12459). 
Mont Bekinoly, près 

Zazafotsy Perrier. 

Alentours du mont Be- 

lambana Perrier. 

Environs d'Ambalava . Perrier. 

(Aussi dans le domaine de l'Est). 

C. papillatum Tampoketsa d'Anka- 

zobé Perrier, nov. 1925 

(no 17424). 
Sud de Tsinjoarivo ... . Perrier, fév. 1925 

(no 17094). 
Massif d'Andringitra . . Perrier, fév. 1922 

(no 14331). 
Central Madagascar ., Baron (no 4130). 

Aussi dans le domaine de l'Ouest). 



74 



p. CHOUX 



En résumé, le groupe des Cynanchmn à feuilles de Mada- 
gascar, sur lequel on n'avait guère attiré l'attention jusqu'ici, 
comprend un nombre d'espèces assez important. Au point de 
vue biologique, il apparaît surtout intéressant parce que 
beaucoup de ces espèces sont pourvues de tubercules, et d'autre 
part se rencontrent surtout dans le domaine du Centre. Par ail- 
leurs, il semble bien, dans l'état actuel de nos connaissances 
tout au moins, que toutes ces espèces soient spéciales à Mada- 
gascar, ou aux îles (voisines comme les Comores, et que, si parmi 
les Cynanchum aphylles on connaisse une espèce, le Cynan- 
chum aphyUum (Thbg.) Schltr., qui se retrouve en Afrique 
orientale, aucun Cynanchum à feuilles ne soit dans ce cas. 



Ce travail a obtenu à l'Académie des Sciences, Lettres et 
Beaux-Arts de Marseille le prix de la Fondation Joseph Lau- 
rent (1903-1926). Qu'il nous soit permis, en adressant nos 
très vifs remerciements pour l'honneur que cette Académie 
nous a fait en distinguant notre travail, et en nous décer- 
nant pour la première fois ce prix nouvellement créé, d'évo- 
quer la mémoire du jeune savant dont cette fondation doit 
perpétuer le souvenir. 

C'est pour nous un devoir d'autant plus sacré que Joseph 
Laurent fût notre camarade au Laboratoire de Botanique 
générale de la Faculté des Sciences de Marseille, et nous ne 
saurions rappeler sans émotion que c'est au moment où le 
diplôme de Docteur ès-sciences allait couronner le résultat 
de ses belles recherches sur le nanisme, — recherches précé- 
dées par la publication de plusieurs notes particulièrement 
intéressantes sur l'anatomie du genre Pinus, — que la mort 
est venue faucher cette jeune intelligence dont l'avenir scien- 
tifique s'annonçait particulièrement brillant. 



I-I928. ORLEANS, IMP. H. TESSIER 



i 



Annales du MuSi'e Colonial de Marseille 
1927. 




PI. I. — CYNAXCKUM LEUCANTHUM K. Sch. 
(feuilles ovales et oblongues). 



Imp Catala frères. Paris. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
1927. 




PI. II. ~ CYNANCHUM LEUCANTHUxM K. Sch. 
(feuilles de grandes dimensions). 



CHOUX. Photo. 



Tmp. CaUla frères. Psris. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
1927. 




PI. m. — CYNANCHUM LEUCAN IHUM K. Sch. 
(feuilles lancéolées). 



CHOUX, Fholo. 



lui p. CaUila frères. H:iiU. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
1927. 




PI. IV. CYXANCHUM LINEARE N. E. Br. : feuilles linéaires (à gauche) 
et feuilles lancéolées et obovales-lancéolées (à droite). 



CHOUX. Photo. 



Imp. Catala frères. Paris. 



Annales du Musée Colonial de Marseille 
1927. 




PI. V. — CYNANCHUM ANDRINGITRENSE Choux. 



CHOUX, Photo. 



Imp. Catala frères. Paris 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
192L 




PI. VI. - CYNANCHUM SUBCORIACEUM Schltr. 
(feuilles ovales-allongées à hase subaigue). 



CHOUX, Photo. 



Imp. Catala frères. Paris. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
1927. 




PI. VII. — CYNANCHUM SUBCORIACEUM Schltr. 

(feuilles deltoïdes et dehoides-sagittées). 



CHOUX, Photo. 



linp. Catala frères. Paris. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
1977. 




PL VIII. — CYNANCHUM REPANDUM Dcne. 



CHOUX, Photo. 



Imp. ('.atala frères. Paria. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
1927. 



I 




PI. IX. — CYNANCHUM AXGAVOKELIENSE Choux. 



CHOUX, Photo. 



Inip. Catnia frères. ParU. 



[iinales du Musée Colonial de Marseille. 
1927. 




PI. X. — CYNANCHUM FIMBRIATUM Choux. 



lOUX, Photo. 



Imp. Cutala frères. Paris. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
19^7. 




PI. XI. — CYNANCHUM DANGUYANUM Choux. 



CHOUX, Photo. 



Imp Cataln frères. P.ti 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
1927. 




llKlili. MIS. l'AlilS, 



PI. XII. - CYNANCHUM COMORENSE Choux (spécimen de l'herbier 

du Muséum de Paris). 



CHOUX. Photo. 



Tmp. Catala frèrps. Paris. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
VJ27. 



» 




PL XIII. — CYNANCHUM BOJERIANUM Dcne. 



CHOUX, Photo. 



Im|i. Catala frères. Paris. 



Annales du Musée Colonial de Marseille. 
1927. 




PI. XiV. — CYNANCHUM TSARATANANENSE Choux. 



:hoix. Photo. 



Imp. Catala frèrCN. Paris. 



W27. 




PI. XV. — CYNANCHUM BARONI Choux (spécimen de l'herbier 

du Muséum de Paris). 



CHOUX, Photo. 



Imp. Catala frères. Paris 



Aniialeà du Musée Colonial de Marseille. 
19'2/. 




PI. XVI. — CYNANCHUM PACHYCLADON Choux. 



CHOUX, Photo. 



Irap. Catala frères. Parif» 



Traité de Géographie physique, par Emmanuel de 
Martonne, professeur à la Sorbonne. (Nouvelle édition 
entièrement refondue et considérablement augmentée). 

Tome troisième : Biogéographie (en collaboration avec A. Chevalier 
et L. Guénot). Un vol. in-S», 464 pages, 94 figures dans le texte, 
24 photographies hors texte (Librairie Armand Colin, 103, Boule- 
vard Saint-Michel, Paris). 

Broché 60 fr . 

Voici près de vingt ans qu'a paru la première édition de ce Traité de 
Géographie physique. 

Le Tome III, Biogéographie, qui complète la troisième édition, cons- 
titue à lui seul un ouvrage entièrement nouveau : 404 pages au lieu de 
154, 94 figures au lieu de 62, 25 pages de bibliographie au lieu de 10. La 
complexité croissante des questions et l'abondance des études techni- 
ques sont telles qu'il a paru nécessaire de faire appel à deux spécialistes 
réputés, MM. Chevalier, directeur du Laboratoire d'Agronomie colo- 
,niale de l'Ecole des Hautes Etudes, et Cuénot, professeur de zoologie à 
l'Université de Nancy. Ce volume comprend un chapitre important et 
original sur les principes généraux communs aux deux sciences de la 
Géographie botanique et de la Géographie zoologique. 

A la Géographie botanique sont consacrés cinq chapitres, dont l'un, 
considérable, sur la science des sols ; un autre, sur la « sociologie végé- 
tale », où sont exposés les progrès de la systématique des associations 
et les résultats des études les plus récentes sur leur évolution ; un autre 
enfin, dont l'originalité sera particulièrement appréciée, traite de l'in- 
fluence de l'homme sur la végétation et contient un essai de classifi- 
cation des systèmes de culture. 

. A la Géographie zoologique sont consacrés trois chapitres sur l'évo- 
lution des espèces et de leur répartition, sur les rapports avec les divers 
milieux. 

Pour tous les géographes, cet ouvrage sera une véritable mine de 
renseignements précieux. Agriculteurs, économistes, coloniaux y trou- 
veront aussi une foule de détails intéressants sur les procédés de cul- 
ture, les plantes et les animaux domestiques, les pêcheries, etc. . 



MODE DE PUBLICATION 
ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 
1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs 
fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur 
importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographi- 
ques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris, à laquelle 
toutes les demandes de renseignements, au point de vue 
commercial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à 
M. Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, 
directeur du Musée Colonial de Marseille, Faculté des 
Sciences, place Victor-Hugo, à Marseille. 



Chez Baillière et Fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuille, Paris. 

LES HUILES VÉGÉTALES 
Origines ; procédés de préparation ; caractères et usages 

par Henri Jumelle, 
Professeur à la Faculté des Sciences 

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